Rosa Solbes

Rosa Solbes
En .
Biographie
Naissance
Nationalité
Activités
Enregistrement vocal.

Rosa María Solbes López (Alicante, 1950) est une journaliste et militante féministe espagnole.

Figure majeure du journalisme valencien de la Transition démocratique, associant engagement démocratique, féminisme, rigueur professionnelle et défense des médias publics, son parcours révèle une lecture critique de l’histoire sociale, politique et médiatique du Pays valencien sur plus de quarante ans[1].

Biographie

Enfance et origines familiales

Rosa Solbes naît en à Alicante. Elle grandit dans un milieu populaire marqué par l’héritage républicain. Son père, ancien combattant de la guerre civile, a été emprisonné par le régime franquiste ; il transmet à ses filles des valeurs démocratiques et l’importance de l’éducation, notamment pour les femmes[2].

Formation et vocation journalistique

Très tôt, Rosa Solbes montre une grande facilité pour l’écriture. Durant ses études secondaires, un professeur l’encourage à participer à un concours littéraire qu’elle remporte avec un essai consacré à Antigone de Jean Anouilh, interprété comme une défense de la rébellion morale sous l’oppression[3].

En 1968, elle entre à l’École de journalisme, dans un contexte de censure franquiste, convaincue que la situation politique est vouée à évoluer dans les années à venir[3].

Débuts professionnels

Elle commence sa carrière à Alicante au début des années 1970 par des stages et collaborations dans Primera Página, puis travaille successivement pour La Marina, Ciudad (édition de Benidorm) et La Verdad[4].

En 1974, elle rejoint la rédaction de Valencia-Fruits et s’installe à Valence, marquant le début de sa présence durable dans le panorama journalistique valencien[4].

Journalisme de terrain et transition démocratique

Dès ses premières années, Rosa Solbes se distingue par la pratique d’un journalisme de terrain attentif aux réalités sociales marginales (pauvreté, exclusion, violence politique), une approche encore rare à la fin du franquisme[5].

Elle collabore à de nombreux médias valencians et espagnols, dont Valencia Semanal, Diario de Valencia, Saó, El Temps et El País, et est correspondante locale pour Interviú et El Periódico de Catalunya[5].

Rosa Solbes signe plusieurs reportages marquants durant la Transition, dont l’annonce en exclusivité de la libération de l’industriel Luis Suñer, enlevé par ETA, en . Cet épisode contribue fortement à sa reconnaissance professionnelle[6]. Une autre publication marquante du journalisme valencien durant la transition est la publication par Valencia Semanal de l'enquête Dreta, dreta, en blau la vertadera, qui met au jour l'activisme du blavérisme, mouvement régionaliste d'extrême droite alors en plein essors, à laquelle elle apporte sa contribution. En conséquence de cette enquête et d'autres connexes, le journal et à ses employés seront victimes de multiples tentatives d'intimidation et de dégradations matérielles, ainsi que des mises en cause judiciaires, bien que s'étant toujours soldées par un acquittement[7],[8].

Engagement féministe et conflits judiciaires

À partir de 1977, Solbes impulse, avec Emília Bolinches, une rubrique intitulée La sección feminista (« La section féministe ») dans le journal de Valence La Hoja del Lunes. Cette initiative provoque de fortes réactions, des poursuites judiciaires et des pressions personnelles.[9]

Toutes deux font face à des menaces, à des saisies de biens et à une obligation de comparution régulière devant la justice, tout en maintenant leur activité journalistique[9].

Radio et télévision

En 1984, Rosa Solbes rejoint Radiocadena Española à Valence, où elle développe des programmes à thématique féministe[10].

Entre 1986 et 1988, elle travaille pour TVE Valence, où elle présente notamment des journaux télévisés[10].

En 1988, elle quitte temporairement TVE pour devenir la première directrice de Ràdio 9, la radio publique valencienne. Elle revient à TVE entre 1995 et 2007[10].

Contribution à la mémoire historique féministe

Elle consacre une part importante de son activité à la récupération de la mémoire historique des femmes oubliées[11].

Elle est la première à interviewer Guillermina Medrano, ancienne conseillère municipale républicaine, lors de son retour d’exil[11].

En 1992, elle publie Dones valencianes entre el voler i el poder (« Femmes valenciennes entre le vouloir et le pouvoir »), ouvrage consacré aux femmes politiques valenciennes et à la militance féminine après le franquisme, incluant l’un des premiers travaux de recensement de la participation féminine dans les partis et syndicats[11].

Responsabilités et fin de carrière

Rosa Solbes préside pendant 4 ans l’Unió de Periodistes Valencians (es), la principale organisation professionnelle de journalistes de la Communauté valencienne, pour laquelle elle impulse des initiatives de réflexion professionnelle, notamment sur le traitement médiatique de la violence de genre (Notícies amb llaç blanc)[12],[13].

Elle assiste ensuite à la fermeture progressive de nombreux médias et à la disparition des médias publics valencians[12].

Après un plan social affectant El País, elle prend sa retraite[12]. Elle porte un regard critique sur l’avenir du journalisme et de l’information[12].

Notes et références

  1. (es) « Rosa Solbes, referente del periodismo insurgente valenciano », El País,‎ (ISSN 1134-6582, lire en ligne, consulté le )
  2. Costa 2016, p. 16–17.
  3. Costa 2016, p. 17–18.
  4. Costa 2016, p. 95–97.
  5. Costa 2016, p. 11–12, 53–55, 94–95.
  6. Costa 2016, p. 7–9, 11.
  7. Costa 2016, p. 27-37.
  8. Senso Vila 2017.
  9. Costa 2016, p. 54–56, 73–76.
  10. Costa 2016, p. 61–62, 80–81, 102–103.
  11. Costa 2016, p. 83–85.
  12. Costa 2016, p. 81, 94–95.
  13. Peris Vidal 2015, p. 19.

Annexes

Article connexe

Bibliographie

  • (ca) Esperança Costa, Rosa Solbes. El periodisme insurgent, Austrohongaresa de vapors, , 229 p. (ISBN 978-84-945191-2-3)
  • (es) Manuel Peris Vidal, La "violencia machista" en las columnas del diario "El país": discursos literarios y periodísticos en la obra de Luisa Etxenike y Rosa Solbes (thèse de doctorat), Universidad Pablo de Olavide, (lire en ligne)
  • (ca) Carles Xavier Senso i Vila, Valencia Semanal (1977-1980) : D‘altaveu valencianista contra el postfranquisme a centre de les pugnes internes del PSPV-PSOE (thèse de doctorat en histoire contemporaine), Valence, Universitat de València, , 671 p. (lire en ligne), p. 143-144
  • (ca) Carles X. Senso Vila, De la il·lusió al desencís: La Transició valenciana a través de Valencia Semanal, Universitat de València, (ISBN 978-84-9134-086-7)

Liens externes

  • icône décorative Portail du journalisme
  • icône décorative Portail des femmes et du féminisme
  • icône décorative Portail du Pays valencien