Rosalie Kunoth-Monks
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| Naissance | Utopia (en) |
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| Décès |
(à 85 ans) Alice Springs |
| Nationalité | |
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| Distinctions |
Médaille de l'ordre d'Australie () Victorian Honour Roll of Women (en) () Dr. Mandawuy Yunupingu Human Rights Award (d) () |
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Rosalie Lynette Kunoth-Monks ( - ), également connue sous le nom de Ngarla Kunoth, est une actrice de cinéma, militante aborigène et femme politique australienne.
Jeunesse
Rosalie Lynette Kunoth est née le à Utopia, dans le Territoire du Nord (Arapunya). Elle est de descendance Arrernte et Anmatyerre[1],[2]. Son grand-père paternel, Harry Kunoth, est allemand, d'où son nom de famille allemand[3]. Lui et sa grand-mère, Amelia Kunoth (en) (une femme Arrernte), gèrent conjointement plusieurs élevages de bétail dans le Territoire du Nord, dont la station d'Utopia[4]. Son père s'appelle Allan Kunoth[3].
Dans une interview accordée à la série Australian Biography de Film Australia en 1995, Kunoth-Monks déclare être née sur les rives de la rivière Sandover. Sa mère, une femme Anmatyerr dont elle ne révèle pas le nom pour des raisons culturelles, est assistée à la naissance par une sage-femme aborigène. Sa mère est une femme Ngarla (en), appartenant à la communauté aborigène, et Kunoth-Monks précise qu'il existe également un groupe de femmes Ngarla qui sont ses ancêtres. Elle est l'une des huit enfants d'une famille nombreuse et grandit en parlant à la fois l'Arrernte et l'Anmatyerr. Elle apprend l'anglais comme troisième langue, son père commençant à le lui enseigner avant son entrée à l'école[3].
À l'âge de 9 ans, Kunoth-Monks est placée en pension au foyer St. Mary's d'Alice Springs et scolarisée en ville. À cette époque, de nombreux enfants métis sont arrachés à leurs familles dans le cadre des Générations volées, mais elle y échappe grâce à la protection de sa famille. Les Kunoth sont en effet une famille d'éleveurs réputée et ses parents peuvent se permettre de payer la pension de leurs enfants. Cela ne signifie pas pour autant qu'ils ont la possibilité de l'instruire à la maison ou dans un établissement plus proche de chez eux.
Kunoth-Monks craint initialement d'être bouillie pour éclaircir sa peau et déclare : « J'ai passé une semaine horrible à m'attendre à être bouillie, puis à réaliser que les enfants allaient bien dans cet endroit appelé école, et qu'ils étaient bruns, voire plus foncés. Et nous, nous n'avons pas été bouillis. »[3].
Carrière d'actrice

En 1951, Kunoth, alors âgée de 14 ans et pensionnaire du foyer St Mary's, est recrutée par les cinéastes Charles et Elsa Chauvel (en) pour interpréter le rôle-titre de leur film Jedda ( 1955)[5]. Surnommée Rosie, elle est rebaptisée Ngarla Kunoth par les Chauvel pour le film[2].
Kunoth est la première femme autochtone australienne à tenir un rôle principal. Ce film novateur est projeté au Festival de Cannes 60 ans plus tard, en 2015[2]. Cette expérience inspir la pièce de théâtre et la pièce télévisée Burst of Summer (en)[6].
Militantisme et politique
Kunoth passe dix ans, à partir de 1960, comme religieuse anglicane au sein de la Communauté du Saint-Nom à Melbourne. Elle quitte ensuite l'ordre, épousé Bill Monks et commence à travailler au Département des Affaires autochtones, où elle créé le premier foyer pour enfants autochtones du Victoria[3],[7]. Elle a une fille, Ngarla[3].
De retour dans la région d'Alice Springs, elle travaille pour Aboriginal Hostels Limited, le Central Australian Aboriginal Legal Aid Service et la Commission des Aborigènes et des Insulaires du détroit de Torres[7].
Le Ministre en chef du Territoire du Nord de l'époque, Paul Everingham (en), la nomme conseillère aux affaires aborigènes. Kunoth se présente aux élections de l'Assemblée législative du Territoire du Nord en 1980. Elle mène campagne contre le projet de construction d'un barrage qui menace de détruire des terres sacrées pour son peuple. Elle perd ces élections, mais poursuit son militantisme pour améliorer les conditions de vie des populations autochtones. En 1999, elle est nommée vice-présidente du conseil de l'Institut Batchelor d'enseignement supérieur pour les populations autochtones, puis présidente de ce même conseil[2].
En 2008, elle retourne sur les terres natales d'Utopia, 260 km au nord-est d'Alice Springs et devient la même année présidente du comté de Barkly[8]. En , à Canberra pour Amnesty International, elle dénonce l'intervention du gouvernement fédéral dans le Territoire du Nord comme une « violation flagrante des droits humains », déplaçant « davantage d'Autochtones de leurs terres ancestrales, les privant de la possibilité de parler leur langue maternelle et rompant les liens avec [leur] culture. Notre existence est très fragile. Nous refusons d'être parqués par l'armée vers les grands centres urbains. »[2]. Deux mois plus tard, elle déclare : « Ce n'est pas qu'ils arrivent ici avec des bulldozers ou qu'ils envoient l'armée nous déplacer. C'est qu'ils essaient de nous affamer et de nous chasser de chez nous… Ils ne nous aideront pas à devenir autonomes. Si vous vous sentez traités comme des citoyens de seconde zone, si ce n'est pas un nettoyage ethnique, dites-moi ce que c'est. » Utopia, connue pour ses Papunya Tula, essaie de lancer son propre élevage bovin et veut devenir un centre culturel, déclare-t-elle[9].
Lors des élections fédérales de 2013, Kunoth-Monks se présente sans succès comme candidate au Sénat dans le Territoire du Nord pour le compte du Parti politique australien des Premières Nations[10]. En , Kunoth-Monks joue un rôle déterminant en organisant, avec Tauto Sansbury (en), un rassemblement national de leaders autochtones à Alice Springs afin de s'unir dans la lutte pour leurs terres – le « Mouvement pour la liberté »[11].
Apparitions médiatiques
Le , Rosalie Kunoth-Monks apparaît dans l'émission Q&A de la chaîne ABC, où elle prononce son discours cinglant et désormais célèbre « Je ne suis pas le problème »[2],[12].
Décès
Kunoth-Monks décède à Alice Springs le , à l'âge de 85 ans[2],[13].
Des funérailles nationales lui sont rendues à Alice Springs le , en présence de centaines de personnes. Michael Gunner (en), ministre en chef du Territoire du Nord, débute son éloge funèbre par ses célèbres paroles prononcées lors de son passage à l'émission Q&A d'ABC en 2014 : « N'essayez pas de me faire taire. Je ne suis pas le problème. Je n'ai jamais quitté mon pays, ni cédé la moindre parcelle de celui-ci. » Jeff Iversen, conseiller du désert central, la décrit comme « une héroïne et un trésor national »[14].
Reconnaissance et distinctions
- 1993 : Médaille de l'Ordre d'Australie, pour services rendus à la communauté aborigène[15].
- 2001 : Tableau d’honneur des femmes de l'État de Victoria[16]
- : Prix Dr. Yunupingu pour les droits de l’homme lors de la première édition des Prix nationaux des droits de l’homme des peuples autochtones[2]
- : finaliste pour l'Australian of the Year après avoir reçu le prix de l’habitant de l’année du Territoire du Nord[2]
- : Personnalité NAIDOC de l’année lors des célébrations de la semaine NAIDOC[2]
- Novembre 2015 : sujet d’une chanson hommage sur les réseaux sociaux, She Came Along, composée par Paul « Nultatjarra » Dixon[2]
Références
- ↑ Richard Sandomir, « Rosalie Kunoth-Monks, Champion of Indigenous Peoples, Dies at 85 », The New York Times, (lire en ligne, consulté le )
- (en) « Biography - Rosalie Lynette Kunoth-Monks - Indigenous Australia », ia.anu.edu.au (consulté le )
- (en) « Australian Biography: Rosalie Kunoth-Monks », National Film and Sound Archive (consulté le ).
- ↑ (en) Gordon Briscoe, Racial Folly, ANU Press, (ISBN 978-1-921666-21-6, DOI 10.22459/RF.02.2010, lire en ligne)
- ↑ Jedda, Charles Chauvel Productions, (lire en ligne)
- ↑ (en) Stephen Vagg, « The Flawed Landmark: Burst of Summer », Filmink, (lire en ligne)
- (en) Irene Whennan, « Report to Marion Council, SA on the Australian Local Government Women's Association Conference 2009 » [archive du ] (consulté le )
- ↑ « Central Australian shires elect presidents », ABC News, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) « Conditions in Utopia devastating, says Amnesty chief », sur The Age, (consulté le )
- ↑ (en) « Respect and listen » (consulté le )
- ↑ (en) « First People's freedom summit », Australian Broadcasting Corporation,
- ↑ (en-US) New Matilda, « Without The Back Story, Q&A Bombshell Goes Begging », sur New Matilda, (consulté le )
- ↑ (en) « Australia Lost A National Treasure Rosalie Kunoth Monks », 3 Kool n Deadly, (lire en ligne, consulté le )
- ↑ (en) Saskia Mabin, « Rosalie Kunoth-Monks remembered as a formidable advocate at state funeral in Alice Springs », ABC News (Australian Broadcasting Corporation), (consulté le )
- ↑ (en) « Australian Honours Search Facility », sur honours.pmc.gov.au (consulté le )
- ↑ (en) « Rosalie Kunoth-Monks OAM », sur www.vic.gov.au, (consulté le )
Liens externes
- (en) Paul Kalina, « Chauvel's Jedda led the way », The Age,
- (en) Rosalie Kunoth-Monks, « Land and culture - [[[sic]]] but not enough for the future », Alice Springs News, .
- (en) « Rosalie Kunoth-Monks inspires with her Q&A speech: 'I am not the problem' » [archive du ], NewsComAu,
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