Rose Héré
Rose Héré, née le à Toull al Lann (île d'Ouessant)[1] et morte le , est une domestique connue pour avoir sauvé des marins naufragés du navire le Vesper[2].
Biographie
Yves Héré, marin pêcheur de Ouessant et Marie-Victoire Malgorn sont ses parents. Rose Héré est la troisième enfant du couple[3]. Elle grandit avec trois frères et quatre sœurs[2]. En 1903, son père meurt noyé sur les récifs de Porz Doun[3] à la pointe de Feunten Vélen. La même année, un de ses frères, membre de l'équipage d'un bateau-pilote[3], perd également la vie en mer[2].
Rose Héré travaille dès 8 ans comme bonne dans une famille d'un pilote de Lampaul et y reste 23 ans[1]. En 1903, elle quitte la seconde famille qu'elle servait en tant que domestique[3]. Elle vivait chez sa mère, dans sa maison de naissance, au moment du naufrage et se trouvait dans une situation particulièrement précaire[3].
Dans la nuit du 1er au , le cargo à vapeur Vesper fait naufrage en se perdant dans la brume à proximité de la pointe de Pern à Ouessant. Il venait d'Oran et à destination de Dunkerque et Rouen avec une cargaison comprenant du plomb et du vin[3]. Quatorze marins parviennent à se réfugier dans un canot. Rose Héré se trouvait à la pointe de Porz Doun quand elle entend les sifflets des naufragés puis leurs cris[3]. L'équipage, qui est parvenu à quitter les récifs de Pern, lui lance une corde qu'elle parvient à saisir après plusieurs essais et rejoint la baleinière[3]. Elle conduit les naufragés à la cale de Pen ar Roch[4]. Le bateau de sauvetage d'Ouessant, l'Anaïs, sauve le capitaine et les quinze autres hommes d'équipage restés à bord[3],[4].
Le journal Le Figaro organise en faveur de Rose Héré une souscription qui rapporte 1 992 francs[5].
« Quinze pilleurs d'épaves du vapeur Vesper, naufragé en novembre, [...] viennent de comparaître devant le tribunal correctionnel de Brest. Cette affaire n'aurait qu'une importance minime sans les scènes scandaleuses qui suivirent le naufrage. En effet, environ trois cents fûts de vin de six cents litres allèrent s'échouer sur tous les points de la côte depuis Molène jusqu'à Roscoff, et le procureur de retracer à l'audience les scènes auxquelles se livrèrent les riverains qui se ruèrent sur les tonneaux et les défoncèrent. Les hommes et les femmes ivres dansaient autour des tonneaux. Une femme, furieuse de voir les hommes boire plus qu'elle, s'élança tout habillée dans une barrique défoncée et dansa dans le tonneau. Les pêcheurs et les cultivateurs manquant d'ustensiles pour loger le vin emplirent tous les récipients en leur possession, jusqu'à des vases de nuit. Toute cette malheureuse côte, a continué le procureur, a été ravagée par une ivresse qui a duré plusieurs mois. Dans une ferme, père, mère et enfants sont restés ivres si longtemps qu'ils ont laissé mourir de faim leurs bestiaux. Il y eut aussi des scènes incroyablement comiques à Ouessant. Un tonneau d'huile de ricin fut bu. La cire qui se trouvait à bord du Vesper fut pillée, et tout le monde fabriquait des cierges pour s'éclairer[6]. »
Le , elle se marie avec Pierre-Marie Gélébart, un agriculteur[2].
En 1938, le journal Ce soir[7] la remettra à la une.

Hommage
Pour cet acte de bravoure elle reçut les décorations suivantes[1]:
- Prix Henri-Durand, médaille de bronze
- Prix Jean-Dufour et médaille d’or de la comtesse Foucher de Saint-Faron, décernés par la Société centrale de sauvetage des naufragés
- Médaille d’or décernée par la Société parisienne de sauvetage
- Diplôme d’honneur de la Société des sauveteurs de la Seine
- Médaille d’honneur en bronze de la Société nationale d’encouragement au Bien
- Médaille d’or de la Société The Honour
- Médaille de vermeil de la Société des hospitaliers sauveteurs de Brest.
- Médaille de vermeil de la Société nationale de sauvetage
En 1907, l'écrivain allemand Bernhard Kellermann passe plusieurs mois à Ouessant. Il écrit le roman La Mer. Un des personnages principaux du roman se nomme Roseher (Rosseherre en version originale allemande) en référence à Rose Héré.
Par ailleurs, un bateau porte son nom : il s'agit d'une vedette rapide à passagers assurant les liaisons entre le continent et les îles d'Ouessant et Molène dans le Finistère.
Galerie
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Portrait de Rose Héré. -
Carte postale à l'effigie de Rose Héré.
Références
- rédaction de Books, « La revanche des héroïnes », sur www.books.fr, (consulté le )
- « Rose au pays des naufrages », sur www.breizhfemmes.fr (consulté le )
- Noël Spéranze, « Rose Héré, Un sauvetage héroïque sur les écueils d'Ouessant », L'Ouest-Éclair dimanche : le grand hebdomadaire illustré de la famille : supplément [de l'Ouest-Éclair], no 33, , p. 8 (lire en ligne
)
- Société d'Archéologie et de Mémoire Maritime, « Le naufrage du vapeur VESPER », sur www.archeosousmarine.net (consulté le )
- ↑ Journal Le Figaro n° 157 du 5 juin 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k286634c/f2.image.r=Ouessant.langFR.
- ↑ Journal " L'Extrême-gauche (Alliance radicale-socialiste)" n° du 19 mars 1904, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55024162/f2.image.r=Ouessant.langFR.
- ↑ « L'histoire du femme qui sauva 14 naufragés », Ce soir, no 626, , p. 1,4 (lire en ligne)
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