Roussette du Bugey

Roussette du Bugey
Image illustrative de l’article Roussette du Bugey
Bouteille de roussette du Bugey 2011 (de Flaxieu).

Appellation(s) principale(s) comprend deux DGC : montagnieu et virieu-le-grand
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1958 (VDQS) et 2009 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Bugey
Sous-région(s) Haut-Bugey et Bas-Bugey
Localisation Ain
Climat semi-continental avec influence montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 989 heures (à Ambérieu)[1]
Sol calcaires et morainiques
Superficie plantée 21 hectares (en 2023)[2]
Cépages dominants altesse B[note 1]
Vins produits blancs
Production 819 hectolitres (en 2023)[2]
Pieds à l'hectare minimum de 5 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 42 hl/ha (en 2023)[2]

Une roussette du Bugey est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit dans le Bugey, à partir du cépage altesse, appelé « roussette ».

Il s'agit d'une des appellations du vignoble du Bugey, avec le bugey. Deux dénominations géographiques existent au sein de cette appellation : la roussette du Bugey Montagnieu et la roussette du Bugey Virieu-le-Grand.

Historique

Par l'arrêté du , l'appellation d'origine (AO) « Roussette du Bugey » est reconnue (en même temps que le « vins du Bugey ») comme ayant droit au label « vins délimités de qualité supérieure » (VDQS), pour du vin blanc produit à partir de l'altesse et du chardonnay, avec la possibilité de rajouter six noms de « cru » que sont Anglefort, Arbignieu, Chanay, Lagnieu, Montagnieu et Virieu-le-Grand (dont les aires sont limitées à ces communes), avec un rendement maximum de 32 hl/ha, pour des vins titrant au minimum 10,5° d'alcool (11° pour les crus)[4]. En 1963, l'aire de production du montagnieu est étendue à une seconde commune (Seillonnaz)[5]. En 1972, l'aire du montagnieu passe à trois communes (+ Briord)[6]. En 1984, le degré d'alcool minimum est baissé à 9.5° (10° pour les crus)[7]. En 2004, le nombre de dénominations géographiques est réduit à deux (Montagnieu et Virieu-le-Grand), l'appellation devient mono-cépage (uniquement l'altesse)[8].

Le décret du reconnait la roussette du Bugey comme une appellation d'origine contrôlée (AOC), avec une petite baisse des rendements (maximum à 59 et 53 pour les dénominations ; butoir à 65 et 58)[9]. Le cahier des charges a été modifié en [10], puis en [3].

Étymologie

La roussette désigne le cépage utilisé pour faire ce vin, plus connu sous le nom d'altesse.

Quant au Bugey, on peut donner deux origines différentes : une légende raconte que « Bugia », compagne de Bel, fils de Japhet, petit-fils de Noé, a donné son nom au Bugey. Plus historiquement, dès 1195, le terme de terra de beuzeis disparait pour se transformer en beugeys en 1372 puis en beugeis en 1613 pour enfin trouver sa forme actuelle en 1722.

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes parcellaires de l'appellation
Orthophoto du parcellaire de l'appellation

La roussette du Bugey est produite en France, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, plus précisément dans la partie orientale du département de l'Ain : le Bugey. L'aire de production est très morcelée, en plus d'être très limitée : 21 hectares ont été revendiqués en 2023[2].

L'aire d'appellation concerne les 65 communes suivantes : L'Abergement-de-Varey, Ambérieu-en-Bugey, Ambléon, Andert-et-Condon, Anglefort, Arbignieu, Argis, Artemare, Belley, Belmont, Bénonces, Béon, Boyeux-Saint-Jérôme, Brens, Briord, Cerdon, Ceyzériat, Ceyzérieu, Charnay, Chavornay, Chazey-Bons, Cheignieu-la-Balme, Contrevoz, Conzieu, Corbonod, Cressin-Rochefort, Culoz, Cuzieu, Flaxieu, Groslée, Jujurieux, Journans, Lagnieu, Lavours, Lhuis, Magnieu, Marignieu, Massignieu-de-Rives, Mérignat, Montagnieu, Nattages, Parves, Peyrieu, Pollieu, Poncin, Pugieu, Rossillon, Saint-Alban, Saint-Benoît, Saint-Germain-les-Paroisses, Saint-Champ-Chatonod, Saint-Martin-de-Bavel, Saint-Martin-du-Mont, Saint-Sorlin, Seillonnaz, Seyssel, Talissieu, Torcieu, Tossiat, Vaux-en-Bugey, Villebois, Virignin, Virieu-le-Grand, Vieu et Vongnes[3].

Dénominations géographiques

L'appellation compte deux dénominations géographiques[3] :

Géologie et orographie

Le Bugey est composé d'un relief montagneux plissé, partiellement karstifié, qui est la prolongation méridionale du massif du Jura. La datation des roches calcaires du Bugey se situe entre le Jurassique pour les anticlinaux et le Crétacé pour les synclinaux. Les plissements sont bien visibles selon les affleurements et les falaises[11].

Les vignes sont plantées sur des coteaux pierreux calcaires et morainiques.

Climatologie

Le Bugey connait des étés chauds propres à un climat semi-continental[note 2], propices à la culture de certains cépages, mais avec des précipitations importantes. Les hivers sont marqués par les influences montagnardes, un peu adoucis par les dernières influences océaniques venant buter sur les montagnes. Les précipitations sont importantes au pied des reliefs.

La station météorologique d'Ambérieu-en-Bugey (sur l'aérodrome, à 250 mètres d'altitude : 45° 58′ 35″ N, 5° 19′ 45″ E)[12] se trouve à la limite occidentale de l'aire d'appellation.

Relevés à Ambérieu de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 6,5 8,4 13,5 17,1 20,9 25 27,5 27,3 22,4 17,1 10,8 7 17
Moyenne 3,2 4,2 8 11,3 15,2 19 21,1 20,9 16,7 12,6 7,1 3,9 11,9
Minimale moyenne −0,1 0 2,6 5,5 9,5 13 14,7 14,4 10,9 8,1 3,5 0,8 6,9
Nombre de jours avec gel 15,9 14,5 9,1 2,8 0,1 0 0 0 0 1,4 7,2 14,2 65,2
Précipitations
Hauteur (mm) 84,9 70 75 87,2 106,4 88,8 86 83 106,1 117,7 117,9 94,5 1 117,5
Ensoleillement
Heures 67,9 98,4 170 193,6 220,3 251,9 287,8 261,1 188,9 121,6 72,8 54,9 1 989
6,5
−0,1
84,9
30 mm
60 mm
90 mm
jan.
8,4
0
70
fév.
13,5
2,6
75
mars
17,1
5,5
87,2
avril
20,9
9,5
106,4
mai
25
13
88,8
juin
27,5
14,7
86
jui.
27,3
14,4
83
août
22,4
10,9
106,1
sep.
17,1
8,1
117,7
oct.
10,8
3,5
117,9
nov.
7
0,8
94,5
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

La roussette du Bugey est depuis peu un vin mono-cépage (du temps du VDQS on pouvait faire un assemblage avec un peu de chardonnay B), produit uniquement à partir de l'altesse B[note 1], aussi appelée roussette, ou encore plus localement fusette (fusette d'Ambérieu ou fusette de Montagnieu).

C'est un cépage blanc typique des vignobles du Bugey et de la Savoie. Il mûrit tard, avec des rendements plutôt faibles ; les grappes résistent bien à la pourriture.

Sucre et alcoométrie

Les raisins vendangés doivent fournir au moins 153 grammes de sucre par litre de moût pour les vins susceptibles de bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée roussette du Bugey, et 162 grammes de sucre par litre de moût pour les vins susceptibles de bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée roussette du Bugey complétée par une dénomination géographique.

Les vins doivent présenter un titre alcoométrique volumique naturel minimum de 9,5 % vol. pour les vins susceptibles de bénéficier de l'appellation d'origine contrôlée roussette du Bugey, et de 10 % vol. pour une dénomination géographique.

Rendements

Le rendement doit être au maximum de 59 hectolitres par hectare (53 pour les dénominations géographiques), avec un rendement butoir fixé à 65 hectolitres par hectare (58 pour les dénominations géographiques).

Le rendement réel tourne en moyenne autour de 44 hectolitres par hectare[note 3], ce qui est très en dessous des rendements pratiqués pour les autres appellations du Bugey. En 2023, il a été de 42 hl/ha[2].

Vins

La roussette du Bugey (produite uniquement en vin tranquille blanc) d'une part et le bugey (qui se décline en blanc, rouge et rosé, ainsi qu'en mousseux blanc et rosé) d'autre part, sont les deux appellations régionales du vignoble du Bugey. Sur cette aire de production, les vignerons peuvent aussi élaborer les différentes dénominations géographiques de ces deux AOC que sont le cerdon (un mousseux rosé, produit sur dix communes), le manicle (en blanc et rouge, sur deux communes), le montagnieu (en mousseux blanc, en pétillant, en blanc et en rouge, sur trois communes) et le virieu-le-grand (uniquement en blanc, sur une seule commune), une indication géographique protégée départementale (l'IGP coteaux-de-l'ain) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

La production est réduite, avec 620 hectolitres de roussette du Bugey[Quand ?], auxquels se rajoutent les 315 hectolitres de roussette du Bugey Montagnieu et les 57 hectolitres de roussette du Bugey Virieu-le-Grand, soit un total de 992 hectolitres par an en moyenne[13]. Selon le service des Douanes, les données de production des années récentes sont[2] :

Année roussette du Bugey roussette du Bugey Montagnieu roussette du Bugey Virieu-le-Grand
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 12,6 539 43 8,81 327 37 données confidentialisées[note 4]
2023 12,9 547 42 8,36 271 32 données confidentialisées
2024 13,3 433 33 8,76 158 18 données confidentialisées

Vinification et élevage

À l'arrivée au chai, le raisin est foulé et pressé pour séparer le moût du marc de raisin. Le moût est mis en cuve en stabulation pour le dépôt des bourbes. Le soutirage du jus clair est le débourbage ; les bourbes peuvent être filtrées pour donner aussi un bon vin. La fermentation alcoolique débute sous l'action de levures indigènes ou de levures sélectionnées introduites lors du levurage. Cette opération transforme le sucre du raisin en éthanol. La maîtrise de la température de fermentation par un système de réfrigération permet d'exprimer le potentiel aromatique du produit.

La fermentation achevée, le vin est soutiré afin d'éliminer les lies. La fermentation malolactique n'est généralement pas réalisée, bloquée par un sulfitage du vin. Ce dernier peut être stocké en cuve pour le préparer à l'embouteillage ou élevé en barrique ou foudres de bois de chêne. Le vin est soutiré, filtré et stabilisé avant le conditionnement en bouteille.

Gastronomie

La région du Bugey, en plus d'être une région viticole, est réputée pour sa gastronomie : on appréciera dans cette région les grenouilles et écrevisses en garniture ou simplement pour elles-mêmes, les volailles ainsi que les différents gibiers. Les vins du Bugey accompagneront à merveille les différents plats de terroirs.

La roussette du Bugey est un vin blanc sec plutôt minéral qui se boit frais à température de cave (10 à 12 °C). Il accompagne très bien les poissons, les crustacés, mais aussi la raclette et la fondue.

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Selon le WWF et la National Geographic, le climat semi-continental (appelé aussi climat océanique dégradé) correspond à l'écorégion terrestre Western European broadleaf forests (forêt de feuillus de l'Europe occidentale). Source : « WWF Wildfinder » [archive du ], sur gis.wwfus.org.
  3. Le rendement se calcule en divisant le volume de production par la surface cultivé, soit 992 / 22,12 = 44,84 hectolitres par hectare.
  4. Quand les statistiques concernent moins de trois opérateurs ou qu'un seul en représente l'essentiel, la DGDDI ne les publie pas pour garantir la confidentialité des données dans le cadre du RGPD.

Références

  1. « Fiche 01089001 Ambérieu » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  2. « Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects : superficies et volumes en production par produit », sur douane.gouv.fr (consulté le ).
  3. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « ROUSSETTE DU BUGEY » » [PDF], homologué par l'arrêté du publié au JORF du .
  4. « Arrêté du 11 juillet 1958 sur les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant des appellations d'origine « Vins du Bugey » et « Roussette du Bugey » (appellations employées seules ou suivies d'un nom de cru) », publié au JORF du .
  5. « Arrêté du 27 septembre 1963 sur les conditions d'attribution du label aux vins délimités de qualité supérieure bénéficiant d'une appellation d’origine « Vins du Bugey » et « Roussette du Bugey » », publié au JORF du .
  6. « Arrêté du 1er juin 1972 sur les conditions d'attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant des appellations d'origine « Vin du Bugey », « Roussette du Bugey », « Mousseux ou pétillant du Bugey » ou « Vin du Bugey mousseux ou pétillant » employées seules ou suivies d'un nom de cru », publié au JORF du .
  7. « Arrêté du 24 septembre 1984 relatif aux appellations d'origine « Vin délimité de qualité supérieure » « Vin du Bugey », « Roussette du Bugey », « Vin du Bugey » suivie d'un nom de cru, « Roussette du Bugey » suivie d'un nom de cru, « Vin du Bugey mousseux ou pétillant » », publié au JORF du numéro complémentaire.
  8. « Arrêté du 13 janvier 2004 relatif aux appellations d'origine Vins délimités de qualité supérieure « Bugey » et « Roussette du Bugey » », publié au JORF no 66 du .
  9. « Décret no 2009-1275 du relatif aux appellations d'origine contrôlées « Saint-Pourçain », « Bugey », « Roussette du Bugey », « Morey-Saint-Denis », « Tavel » et « Châteauneuf-du-Pape » », publié au JORF no 0246 du .
  10. « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Roussette du Bugey » », homologué par le décret no 2011-1722 du publié au JORF no 0280 du page 20484.
  11. Notices des cartes du BRGM no 651 (Bourg-en-Bresse) et 676 (Saint-Rambert-en-Bugey), 652 (Nantua) et 700 (Belley).
  12. « 01089001 – AMBERIEU – AERODROME D'AMBERIEU » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr.
  13. « Page dédiée à la roussette du Bugey », sur vinsdubugey.net.

Voir aussi

Bibliographie

  • Savoie et Jura : Chignin, Seyssel, Bugey, Arbois, Château-Châlon, l'Étoile, Paris, La revue du vin de France et Le Figaro magazine, , 96 p. (ISBN 978-2-8105-0072-7).
  • Benoît Populorum, Les vins du Bugey, Châtillon-sur-Chalaronne, éditions la Taillanderie, , 47 p. (ISBN 2-87629-097-9).
  • Jean-Pierre de Monza, Le Jura, la Savoie et le Bugey, Paris, éditions J.-P. de Monza, coll. « L'atlas des vins de France », , 16 p. (ISBN 2-908071-52-5).

Liens externes

Articles connexes

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