Royaume Kom

Royaume Kom

XVIIIe siècle – fin du XIXe siècle

Informations générales
Statut Royaume
Capitale Laikom
Superficie
Superficie 725 km²
Histoire et événements
XVIIIe siècle Expansion ; création de nouvelles localités, dont Njinikom
fin du XVIIIe siècle-début du XIXe siècle Affirmation de la puissance Kom ; guerres victorieuses et annexion de territoires (vallée de Belo, sud du royaume) ; communautés comme Baiso, Mbengkas et Mejang deviennent vassales
1865-1912 Règne de Yuh I ; Kom atteint son extension maximale et devient le principal exportateurs d'esclaves des Grasslands
fin du XIXe siècle Colonisation allemande
Actuel Drapeau du Cameroun Cameroun

Le royaume Kom est l’un des plus importants royaumes de la région des Grassland au nord-ouest du Cameroun. Il tire son origine de flux migratoires débutant au XVIIIe siècle depuis laquelle émergent trois dynasties. La croissance démographique provoque l'expansion du territoire jusqu'à son apogée à la fin du XIXe siècle. Situé sur un territoire d’environ 725 km2, il s’organise autour de sa capitale Laikom et comprend historiquement quarante-deux villages et plusieurs États vassaux. Aujourd’hui, le royaume Kom conserve une forte identité culturelle tout en étant intégré dans l’État camerounais moderne.

Géographie

Le royaume Kom se situe au cœur des Grasslands, dans une zone de savane entrecoupée de vallées boisées. Ses frontières lient Kom à Oku et Nso à l’est, Kedjom Keku et les plaines de Ndop au sud, Bafut à l’ouest, et Bum et Mmen au nord[1].

Histoire

Selon la tradition orale, les ancêtres des Kom migrent de Ndobo, dans le nord du Cameroun, avec d’autres groupes tikars, avant de s’installer à Babessi. Une légende rapporte un conflit avec le roi de Babessi qui conduit à la mort d’une partie des Kom et au suicide rituel de leur roi. Le python considéré comme son incarnation guide alors les survivants vers leur établissement définitif à Laikom, après plusieurs étapes migratoires[1].

Le premier souverain de Kom est Jinabo I. Trois grandes lignées constituent les clans fondateurs : Ekwu, Intinalah et Achaf. Dès le XVIIIe siècle, une expansion se produit en raison de la croissance démographique et du besoin de terres agricoles et de chasse. Plusieurs nouvelles localités apparaissent, dont Njinikom, qui accueille des exilés et dissidents. La fin du XVIIIe siècle et le début du XIXe siècle marquent l’affirmation de la puissance de Kom. Les guerres contre les voisins aboutissent à l’annexion de territoires dans la vallée de Belo et dans le sud, où des communautés comme Baiso, Mbengkas et Mejang deviennent vassales du royaume. Sous le règne de Yuh I (1865–1912), Kom atteint son extension maximale et s’impose comme le principal exportateur d’esclaves dans la région des Grasslands[1].

À la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle, Kom fait face à la colonisation allemande puis britannique. Le pouvoir du fon (roi) est placé sous tutelle coloniale. Des réformes administratives, telles que la création de Native Authorities en 1922, modifient les structures traditionnelles. Le christianisme est introduit en 1927. Après la Seconde Guerre mondiale, les élites kom s’impliquent dans les mouvements nationalistes, notamment par le biais du Parti démocratique national du Kamerun (PDNK), actif dans les années 1950[1].

À la réunification du Cameroun en 1961, le royaume traditionnel Kom est intégré dans l’État national. En 1992, la création du département du Boyo redéfinit le territoire administratif du royaume, réparti entre les subdivisions de Belo, Njinikom et Fundong. Les années 1990 et 2000 voient d’importantes transformations, avec la construction de routes bitumées et l’introduction des télécommunications, qui modifient profondément les échanges et les modes de vie. Le royaume conserve néanmoins une identité culturelle forte, liée à ses traditions politiques et artistiques[1].

Société

Statue de reine-mère[2].

Organisation politique

Le pouvoir est exercé par le fon (roi), détenteur d’une autorité sacrée, entouré de ses conseillers, gardes, épouses et pages. Il est assisté par le nkwifoyn, organe exécutif chargé de contrôler ses décisions et de garantir un équilibre des pouvoirs. Dans les villages, les ibonteh (chefs) représentent l’autorité royale et assurent l’application des décisions[1].

Vie économique et culturelle

L’économie repose sur l’agriculture, pratiquée principalement par les femmes, qui cultivent le maïs, base alimentaire, ainsi que des produits tels que les ignames, les cocoyams (en), le manioc, la patate douce, l’arachide ou l’okra. L’artisanat occupe une place centrale, notamment la sculpture sur bois, domaine pour lequel Kom est réputé. Une école de sculpture fondée sous le règne de Yuh produit l’« Afo-a-Kom », statue de bois grandeur nature devenue emblème artistique du royaume[1].

Notes et références

  1. (en) Walter Gam Nkwi, « Kom », dans Saheed Aderinto, African Kingdoms : An Encyclopedia of Empires and Civilizations, ABC-CLIO, , 383 p. (ISBN 978-1-61069-579-4), p. 149-153
  2. (en) Christraud M. Geary, « Memorial figure of a queen mother : Kom kingdom, Cameroon, mid-19th century », in Africa: the art of a continent: 100 works of power and beauty, Guggenheim Museum Publications, New York, 1996, p. 154-155

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) E. M. Chilver et P. M. Kaberry, « The Kingdom of Kom in West Cameroon », dans West African Kingdoms in the Nineteenth Century, Routledge, , 123–151 p. (ISBN 978-0-429-49164-1, DOI 10.4324/9780429491641-5, lire en ligne)
  • Jean-Pierre Warnier, « Traditional Government and Social Change: A Study of the Political Institutions among the Kom of the Cameroon Grassfields. By P. N. Nkwi. Fribourg: University Press, 1976. Pp. v, 233, bibl., plates, tables, maps. Sw.F.22. », Africa, vol. 48, no 3,‎ , p. 305–305 (ISSN 0001-9720 et 1750-0184, DOI 10.2307/1158481, lire en ligne, consulté le )
  • Christraud Geary, « Ludwig Brandl's Historical Notes on the Kingdom of Kom (cameroon) », Paideuma, vol. 26,‎ , p. 41–77 (ISSN 0078-7809, lire en ligne, consulté le )
  • Paul Nchoji Nkwi, « Slavery and Slave Trade in the Kom Kingdom of the 19th Century », Paideuma, vol. 41,‎ , p. 239–249 (ISSN 0078-7809, lire en ligne, consulté le )
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