Royaume Kuba
| Fondation | |
|---|---|
| Dissolution |
| Type |
État historique |
|---|

Le Royaume Kuba, ou la confédération Kuba, est une entité étatique et politique, regroupant près de 20 peuples bantous. Il se forme au XVIIe siècle comme une fédération qui se développe à partir de différents États bantous (notamment les Bushong, les Leele, les Pende, les Dengese et les Wongo).
Le royaume se situe en république démocratique du Congo, dans la province du Kasaï. La capitale est Mushenge. Il développe une organisation politique stable, une riche production artistique et un commerce actif jusqu’à son intégration dans l’État colonial du Congo à la fin du XIXe siècle. Reconnu sous la domination belge puis maintenu après l’indépendance congolaise, il perd progressivement son autonomie politique mais demeure une référence culturelle et historique pour les Bakuba.
Géographie et population
Le royaume Kuba s’étend dans une zone tropicale dense et forestière, encadrée par les rivières Luluwa, Kasaï et Sankuru. La région est majoritairement peuplée par les Bakuba et parlent le bushong, mais d’autres langues sont également présentes, notamment parmi les groupes twa[1].
Histoire
Selon la tradition orale, le roi Woto a régné sur le royaume vers le XVIe siècle de notre ère et en est aussi le créateur[2]. Il se réincarne dans le corps de ses souverains successeurs. Il est censé vivre 121 ans[3].
Le royaume Kuba émerge vers 1625, lorsque Shyaam aMbul aNgoong, issu des Bushong, entreprend un processus de centralisation politique. Selon la tradition orale, il est présenté comme un personnage réformateur, ayant rapporté de ses voyages chez les Pende, Leele, Ding et Mbuun des connaissances agricoles, artisanales et rituelles[1]. Il aurait rapporté la culture du maïs, du manioc, des haricots et du tabac, le tissage, la broderie, de nouveaux styles de forge et de sculpture sur bois[4]. Sous Shyaam et ses successeurs immédiats, Mboong aLeeng et MboMboosh, le royaume s’étend par le commerce, la guerre et les alliances matrimoniales. Cette période voit la fixation de capitales et la multiplication des rituels liés à la royauté[1].
Le 9e roi "Shamba Bolongolongo" apprit les techniques de tissages raphia et la sculpture sur bois avec les peuples voisins avant son accès au trône. Il transmit son art à son peuple et demanda à un artiste renommé de faire une statue de lui pour qu'on se souvînt de lui et de ses lois[5].

À partir de la fin du XIXe siècle, le royaume Kuba entre en contact avec l’État indépendant du Congo, fondé par Léopold II. En 1899, les Zappo Zaps, au service de cet État, mènent des campagnes violentes dans la région, imposant des tributs en caoutchouc et infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles. Intégré ensuite au Congo belge en 1908, le royaume conserve une autonomie limitée dans le cadre de l’administration indirecte[1].
Après l’indépendance du Congo en 1960, le royaume Kuba continue d’exister mais perd une grande partie de son autonomie, en particulier sous le régime de Mobutu Sese Seko. Des tentatives de restauration de l’autorité politique traditionnelle au début des années 1990 n’aboutissent pas. Aujourd’hui, le royaume Kuba est intégré dans l’État congolais et participe à des initiatives régionales visant au développement économique et à la modernisation des infrastructures. Le nyim actuel, Kot-a-Bweeky III, règne depuis 1969[1].
Société
.jpg)
Organisation politique
Le royaume est dirigé par le nyim (roi), dont le rôle est à la fois politique et rituel. La royauté repose sur un ensemble de traditions orales, de listes dynastiques et de rituels élaborés qui renforcent la légitimité du pouvoir. La figure de la reine mère y occupe une place symbolique, sans toujours être la mère biologique du roi. L’identité collective des Bakuba se fonde principalement sur l’allégeance au roi plutôt que sur une appartenance ethnique unique. La société combine filiation matrilinéaire et résidence patrilocale, caractéristique de la plupart des groupes intégrés au royaume[1].
Économie
Situé sur des routes fluviales stratégiques, le royaume développe un commerce actif. Les échanges portent sur les produits artisanaux et des coquillages contre de nouvelles denrées et techniques venues de l’extérieur. L’économie repose aussi sur l’exploitation des savanes, favorables à l’agriculture et à l’extraction du minerai de fer[1].
Art
Leo Frobenius dit sur ces peuples congolais : « Civilisés jusqu'à la moelle des os ! »[5]. Ici le moindre objet, même banal, porte la marque de l'exigence artistique commune et révèle une intention raffinée. L'art Kuba se caractérise par un sens exceptionnel des formes et des couleurs.
L'art Kuba est d'abord un art royal et aristocratique. L'art est sous forme de statues, peignes, porte rasoirs, boites à fard stylisé, coupe céphalomorphes, masque de danse, étoffes tissées en fibre raphia et brodées.
L’art kuba acquiert une notoriété particulière à travers la production textile et la sculpture sur bois, associée aux rituels royaux et à la vie quotidienne[1].
On trouve différents objets d'art du royaume Kuba dans les musées occidentaux comme :
- The British Museum (Royaume-Uni)
- Dallas Museum of Art (USA)
- Smithsonian Institution (USA)
- Musée du quai Branly (France)
- Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren (Belgique)
- Musée africain de Namur
Notes & sources
- (en) Sarah E. Watkins, « Kuba », dans Saheed Aderinto, African Kingdoms : An Encyclopedia of Empires and Civilizations, ABC-CLIO, , 383 p. (ISBN 978-1-61069-579-4), p. 159-162
- ↑ Théophile Obenga, Afrique centrale précoloniale Documents d'histoire vivante, Paris, PRESENCE AFRICAINE, , 187 p. (ISBN 978-2-7087-0312-4, lire en ligne), page 104
- ↑ E.Torday & T.A.Joyce -"Notes Ethnographiques sur des Populations Habitant les Bassins du Kasaï et Kwango Oriental", 1922 (Annales du Musée du Congo Belge)
- ↑ Hubert Deschamps, L'Afrique noire précoloniale, Presses universitaires de France, (lire en ligne)
- Dictionnaire des arts et des artistes
Voir aussi
Bibliographie
- (en) Jan Vansina, The Children of Woot: A History of the Kuba Peoples, 1978 (Univ of Wisconsin Press)
- (en) Rebecca Luechak, Kuba (Heritage Library of African Peoples Central Africa), 1997 (Rosen Publishing)
Articles connexes
Liens externes
- Portail de l’histoire
- Portail de la monarchie
- République démocratique du Congo