Rue Émile-Zola (Lyon)

Rue Émile-Zola
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La rue en 2025, vue en direction de la place Bellecour.
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Situation
Coordonnées 45° 45′ 33″ nord, 4° 49′ 58″ est
Ville Lyon
Arrondissement 2e
Quartier Bellecour
Début Place Bellecour
Fin Place des Jacobins
Rue Jean-Fabre
Morphologie
Type Rue
Longueur 200 m
Largeur 7,5 m
Superficie 1 380 m2
Histoire
Création 1562
Anciens noms Rue Saint-Dominique
Rue Chalier
Géolocalisation sur la carte : Lyon
(Voir situation sur carte : Lyon)
Rue Émile-Zola

La rue Émile-Zola est une voie située dans le 2e arrondissement de Lyon, qui relie la place Bellecour à la place des Jacobins après avoir traversé la rue des Archers.

Elle appartient à la zone de la ville classée au patrimoine mondial par l’UNESCO.

C'est l'une des rues commerçantes les plus fréquentées de Lyon, ayant de nombreux magasins réservés à une clientèle huppée.

Odonymie

Ancienne

La rue était anciennement nommée rue Saint-Dominique, nom temporairement changé en rue Joseph-Chalier en 1793, après le siège de Lyon.

Actuelle

Elle est nommée Émile Zola en hommage à l'écrivain du même nom après une délibération du conseil municipal du [1].

Configuration

La rue se compose :

  • d’un trottoir de 3,5 mètres de large sur son côté Ouest, qui comporte des arbres, stationnements pour cyclistes et places de livraison,
  • d’une voie de circulation de 3 mètres de large,
  • et d’un trottoir d’un mètre de large côté Est.

Histoire

Percement (1562)

La voie est percée par François de Beaumont, baron des Adrets, au XVIe siècle, vers 1562, pour relier plus facilement le champ de manœuvre, qu'est à cette époque la place Bellecour, depuis le couvent des Jacobins où il réside après la prise de Lyon par ses troupes protestantes.

L'occupation protestante de la ville (1562-1564) permet de réaliser militairement des travaux que le consulat lyonnais n'a pas su imposer aux congrégations religieuses catholiques.

Éclairage (1835 puis 1986)

Allumage au gaz (1835)

En 1835, la Compagnie du Gaz de Perrache fit ses premières tentatives d'allumage au gaz dans cette rue.

Éclairage des façades (1986)

En 1986, la rue est la première de Lyon à être dotée d’un dispositif d’éclairage vertical des façades la nuit[2]. Le dispositif est inauguré lors d’une déambulation en présence du maire de la ville de l’époque, Francisque Collomb.

Le dispositif s’élargit à une grande partie des rues de la Presqu'île dans les années 1990, dans le cadre du premier Plan lumière de la ville[3].

Réaménagements (2019 puis 2023-2024)

Végétalisation annulée (2019)

En 2019, un vaste projet de végétalisation du secteur entre les places Bellecour et des Terreaux, mené par la mairie, prévoit de supprimer certaines places de stationnement pour y implanter des bacs à arbres[4].

Le projet ne voit cependant le jour que sur la rue du Président-Édouard-Herriot quelques mois durant, laissant la rue inchangée.

Réaménagement (2023-2024)

Entre 2023 et 2024, la rue connaît quatorze mois de travaux liés à son réaménagement en zone de rencontre dans le cadre du plan d’aménagement Presqu’île à vivre, mené dans la Presqu'île de Lyon.

Aménagement

La rue est recouverte d’un revêtement pavé et agrémentée de 11 nouveaux arbres, dont des pommiers et des magnolias.

Le stationnement automobile y a été quasi-totalement supprimé : seules quelques places de livraison subsistent.

Le sens de circulation de la rue est inversé, faisant désormais circuler les véhicules de la place des Jacobins vers la place Bellecour[5].

Inauguration et controverse

Le , le président de la Métropole Bruno Bernard et le maire de Lyon Grégory Doucet inaugurent la rue.

Cet événement est l’occasion d’un échange entre les dirigeants écologistes locaux et les opposants au plan Presqu’île à vivre[6].

Éléments remarquables

La rue était principalement composée de maisons des fabricants de soie (de textiles en or ou en argent).

Hôtels

La rue a eu deux hôtels prestigieux accueillant les voyageurs à Lyon au XIXe siècle : l'Hôtel du Commerce et l'Hôtel des Courriers[7].

Enseignes

Le restaurant Lucotte, détenu par Couderc en 1827, avait son plafond décoré d'une peinture à l'huile par Sarrabat intitulée Sunrise, réalisée vers 1710. En 1864, l'enseigne de la coutellerie Lacouture était un robot habillé en rouge[8].

Signe de sa richesse, elle a été décrite comme une rue bourgeoise en raison de la présence de nombreuses boutiques haut de gamme[9], notamment des boutiques de vêtements, des bijouteries, etc[10].

Personnalités

Pierre-Alphonse Celler, l’ingénieur des ponts et chaussées et directeur des services de la voirie lyonnaise, a, jusqu'à sa démission le , vécu au n°6[11].

L'historien et écrivain lyonnais du XIXe siècle Aimé Vingtrinier a vécu au numéro 3, ce que rappelle une plaque fixée à la porte[10].

Parmi les habitants historiques de la rue, on peut citer Jean-Jacques Rousseau, de nombreux juges, trésoriers, sculpteurs et architectes au cours des 18e et XIXe siècles.

Le poète lyonnais Alexis Rousset naquit dans cette rue.

Au XVIIe siècle, le numéro 3 fut la maison du seigneur de la Croix-Rousse, Simon-Claude Boulard de Gatelier.

Les bureaux de la Compagnie du Canal de Givors étaient au numéro 14 en 1843[8].

Architecture

Ancienneté des bâtiments

Elle commence avec une tour d'angle du XXe siècle sur la place des Jacobins.

La plupart des bâtiments datent des 18e et XIXe siècles.

Ornements

Il reste des balcons d'époque et de belles portes, en bois ou en pierre avec des têtes sculptées, certains d'entre elles pouvant être franchies.

Certaines portes mènent à des cours, comme au numéro 15. On y note aussi des entrées fortement décorées[10].

Événements

La rue illuminée pour le mois de décembre 2025.

Fêtes de fin d’année

La rue est illuminée par des décorations lumineuses à l’occasion des fêtes de fin d'année.

Références culturelles

Dans le théâtre

Un personnage de la pièce en trois actes Le malade imaginaire de Molière, l'apothicaire Fleurant, est l'un des habitants de la rue[12],[13].

Références

  1. ↑ Maurice Vanario, Rues de Lyon : à travers les siècles, Lyon, ELAH, , 333 p. (ISBN 2-84147-126-8), p. 316
  2. ↑ « Photographes en Rhône-Alpes::[Inauguration de la mise en lumière de la rue Emile-Zola] », sur numelyo.bm-lyon.fr (consulté le )
  3. ↑ « Lyon, ville lumière : 1989-1999 », sur Light ZOOM Lumière - Portail de la Lumière et de l'Éclairage, (consulté le )
  4. ↑ « Presqu’île nature : ça pousse ! », sur mairie5.lyon.fr (consulté le )
  5. ↑ Gérald Bouchon, « Rue Emile Zola : un aperçu de Presqu'île à Vivre », sur Lyon Demain, (consulté le )
  6. ↑ La rédaction, « À Lyon, la rue Émile Zola inaugurée comme un avant-goût de la « Presqu'île à vivre » », sur Tribune de Lyon, (consulté le )
  7. ↑ J. Lions, Guide du voyageur à Lyon, ou Lyon ancien et Lyon moderne, (lire en ligne), p. 172–73
  8. Louis Meynard, Dictionnaire des lyonnaiseries — Les hommes. Le sol. Les rues. Histoires et légendes, vol. 2, Lyon, Jean Honoré, (réimpr. 1982), p. 168–72
  9. ↑ Éric Charmes, La rue, village ou décor? : parcours dans deux rues de Belleville, Creaphis, , 157 p. (ISBN 2-913610-66-8, lire en ligne), p. 6
  10. « Rue Émile Zola », Rues de Lyon (consulté le )
  11. ↑ Guide indicateur de la Ville de Lyon: et du département du Rhône, Lyon, E.-B. Labaume, imprimeur-libraire, , 1009 p. (lire en ligne), p. 441 et 864
  12. ↑ Robert Brun De La Valette, Lyon et ses rues, Paris, Le Fleuve, , p. 182
  13. ↑ Gilbert Bouchard, L'histoire des rues de Lyon, Grenoble, Glénat, , 124 p. (ISBN 2-7234-3442-7), p. 124
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