Rue de la Bûcherie
![]() 5e arrt Rue de la Bûcherie
| |||
| |||
| Situation | |||
|---|---|---|---|
| Arrondissement | 5e | ||
| Quartier | Sorbonne | ||
| Début | Rue Saint-Julien-le-Pauvre | ||
| Fin | Rue du Petit-Pont | ||
| Morphologie | |||
| Longueur | 160 m | ||
| Largeur | 8 m | ||
| Historique | |||
| Création | Fin XIIe siècle | ||
| Géocodification | |||
| Ville de Paris | 1353 | ||
| DGI | 1357 | ||
| Géolocalisation sur la carte : Paris
Géolocalisation sur la carte : 5e arrondissement de Paris
| |||
La rue de la Bûcherie est une voie située dans le quartier de la Sorbonne du 5e arrondissement de Paris.
Situation et accès
Cette rue, qui est séparée par le square René-Viviani, est composée de 2 tronçons :
- Un premier tronçon, d'une longueur de 110 mètres, qui commence rues Frédéric Sauton et du Haut-Pavé et qui finit rue Lagrange ;
- Un second tronçon, d'une longueur de 50 mètres, qui commence rue Saint-Julien-le-Pauvre et qui finit rue du Petit-Pont et place du Petit-Pont.
Origine du nom
La rue doit son nom à la présence du port au Bois, également appelé « port de la Bûcherie », qui y était à proximité. La « bûcherie » vient de l'ancien français, « port aux Bûches », où les bûches étaient déchargées[1],[2].
Historique
Située près de la cathédrale Notre-Dame de Paris et de la place Maubert, entre la Seine et le boulevard Saint-Germain, la « rue de la Bûcherie » est une des plus anciennes rues de la rive gauche de Paris.
Elle est ouverte au début du XIIIe siècle sur le clos Mauvoisin et prend immédiatement son nom actuel de « rue de la Bûcherie ».
La rue est citée dans Le Dit des rues de Paris, de Guillot de Paris, sous la forme « rue de la Bucherie ».
Du fait de la proximité de l'Hôtel-Dieu de Paris, l'école de médecine ouvre dans la rue en 1472[2]. Vers 1575, Jean Robin créé le premier jardin botanique de Paris, entre la rue et la Seine[3].
Au XVIe siècle, les marchands de bois quittent ce port pour s'installer quai de la Rapée.
En 1606, une annexe de l'Hôtel-Dieu, la « salle Saint-Charles », est construite à cet emplacement, reliée à l'autre rive sur l'île de la Cité par le pont au Double construit en 1626, comprenant deux salles superposées, les salles Saint-Cosme et du Rosaire et un passage piétonnier accolé à ce bâtiment. Le pont fut doublé en 1654 par le pont Saint-Charles entre le pont au Double et le Petit-Pont
L'hôpital est prolongé en 1714-1719 par une nouvelle salle, la « salle Saint-Antoine », le long de la rue de la Bûcherie jusqu'au Petit-Châtelet[4]. Celui-ci est démoli en 1782 et les salles de l'Hôtel-Dieu de la rive gauche sont prolongées sur une partie de son emplacement.
Le graveur Nicolas de Launay réside dans la rue de la Bûcherie ; il effectue en 1771, une gravure à l'eau-forte et au burin sur papier de L'Épouse indiscrète, une peinture de Pierre-Antoine Baudouin. À cette date, une telle gravure se vend six livres chez « M. De Launay, rue de la Bûcherie, la porte cochère au-dessous de la rue des Rats »[5],[6].
Au XIXe siècle, cette rue commençait place Maubert et finissait rue du Petit-Pont. Les numéros de la rue étaient rouges[7]. Le dernier numéro impair était le no 41 et le dernier numéro pair était le no 22.
En 1837, le prolongement du quai de la Bûcherie (actuel quai de Montebello) est déclaré d'utilité publique[8]. Pour ce faire, l'ancien Hôtel-Dieu est démoli et une nouvelle annexe est construite par Jean-Jacques-Marie Huvé en 1840 entre le nouveau quai et la rue de la Bûcherie[9].
En 1887, une rue est créée dans le prolongement de la rue Monge, entre la place Maubert et le quai de Montebello. Le décret d'utilité publique autorisant le percement de cette rue, l'actuelle rue Lagrange, prévoit la disparition de la partie de la rue de la Bûcherie située entre la rue du Fouarre et la rue Saint-Julien-le-Pauvre (emplacement du square René-Viviani)[10]. L'annexe de l'Hôtel-Dieu n'est toutefois démolie qu’en 1908[11].
Jusqu'à la fin des années 1970, cet endroit était une rue parisienne populaire avec divers restaurants modestes (libanais, asiatiques, pakistanais), des magasins d'antiquités et des galeries d'art. Dans les années 1970, la galerie d'art contemporain d'Annick Gendron s'installa au no 1.
-
La rue de la Bûcherie sur un extrait du plan de Turgot. -
La vieille école de médecine en 1898 (photographie d'Eugène Atget). -
L'annexe de l'Hôtel-Dieu construite entre le quai de Montebello et la rue de la Bûcherie au XIXe siècle. -
Plaques de la rue datant de différentes époques.
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
- Au no 10, emplacement de la maison où mourut Restif de La Bretonne[3]. Selon Alexandre Gady, la plaque apposée au no 16 est une erreur.
- Au no 11, le square Restif-de-la-Bretonne — l'auteur, Nicolas Edme Restif de La Bretonne, vécut dans cette rue entre 1788 et 1806.
- Au no 11 (mentionné à plusieurs reprises dans ses lettres à Nelson Algren), Simone de Beauvoir écrivit Les Mandarins dans un trois-pièces au cinquième. Elle y a vécu avec Claude Lanzmann[12]. Une plaque lui rend hommage.
- Nos 13-15 : site dit de l'hôtel de la Bûcherie, lieu d'implantation de la faculté de médecine de Paris du XIVe siècle à 1775.
À partir de 1938, local de la bibliothèque russe Tourguenev[13].
Siège de la Fondation France-Chine. - No 16 : Restif de La Bretonne, écrivain français, y vécut de 1790 jusqu'à sa mort en 1806[14]. Il y installe une presse pour imprimer chez lui[15]. Une plaque lui rend hommage.
- No 37 : librairie Shakespeare and Company, ainsi nommée à la mort de Sylvia Beach en 1962, en l'honneur d'une librairie fondée par Beach et qui a joué un grand rôle dans la culture anglo-américaine dans la première partie du XXe siècle[16]. La librairie de la rue de la Bûcherie a elle-même joué un rôle chez les écrivains de la beat Generation.
- No 39 : maison datée du XVIe siècle où est installé le restaurant « Le Petit Châtelet ».
- Square Pierre-Gilles-de-Gennes, en hommage au prix Nobel de physique.
-
No 15 : Vue l'amphithéâtre de l'ancienne faculté de médecine. -
No 37 : La librairie Shakespeare and Company en 2004. -
Square Pierre-Gilles-de-Gennes.
-
Plaque au no 11. -
Plaque au no 16.
Notes et références
- ↑ « Rue de la “Bûcherie”, ainsi nommée du port au Bois qui en était voisin. » Théophile Lavallée, Histoire des Français depuis le temps des Gaulois jusqu'en 1830, t. II, p. 322 (projet Gutenberg).
- Félix et Louis Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments, édition de 1844, p. 96 [lire en ligne].
- Alexandre Gady et Sylvain Pelly, La Montagne Sainte-Geneviève et le Quartier latin, Hoëbeke, (ISBN 978-2-84230-067-8).
- ↑ Jacques Hillairet, L'île de la Cité, Paris, éditions de Minuit, , p. 154
- ↑ Nicolas Delaunay, « L'Épouse indiscrète (The Indiscreet Wife) », sur Art Institute of Chicago, .
- ↑ Emmanuel Bocher, Les gravures françaises du XVIIIe siècle : ou, Catalogue raisonné des estampes, vignettes, eaux-fortes, pièces en couleur au bistre et au lavis, de 1700 à 1800 - Deuxième fascicule — « Pierre-Antoine Baudouin » - page 23, Paris, Jouaust-La Librairie des bibliophiles, 1875 [réédition] (lire en ligne).
- ↑ Jean de La Tynna, Dictionnaire topographique, étymologique et historique des rues de Paris.
- ↑ Adolphe Alphand (dir.), Adrien Deville et Émile Hochereau, Ville de Paris : recueil des lettres patentes, ordonnances royales, décrets et arrêtés préfectoraux concernant les voies publiques, Paris, Imprimerie nouvelle (association ouvrière), , « Ordonnance du 22 mai 1837 », p. 128-129.
- ↑ Félix et Louis Lazare, p. 325.
- ↑ Adolphe Alphand, « Décret du 19 août 1887 », p. 78-79.
- ↑ » Hôtel-Dieu de Paris », vers 1867, vergue.com.
- ↑ « Simone, la scandaleuse », sur Bibliobs (consulté le )
- ↑ Tatiana Ossorguine, « La bibliothèque Tourguenev », Bulletin d'information de l'ABF, no 41, (lire en ligne)
- ↑ Alain Dautriat, Sur les murs de Paris. Guide des plaques commémoratives, L'Inventaire, 1999, 167 p. (ISBN 978-2910490201), p. 47.
- ↑ Simone Roux, Regards sur Paris. Histoires de la capitale, Paris, Payot, , 213 p. (ISBN 978-2-228-90903-7), p. 163.
- ↑ Marilou Clair, « Sylvia Beach & Adrienne Monnier : un couple de femmes libraires au coeur du Paris littéraire de l’entre-deux guerres », L'effet Marguerite, 15 mars 2024.
Pour approfondir
Bibliographie
- Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de minuit, 1972, 1985, 1991, 1997, etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol. [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117).
Articles connexes
- Liste des voies du 5e arrondissement de Paris
- Liste des anciens noms de voies de Paris
- Liste de rues médiévales du quartier du Chardonnet
Liens externes
- Carte interactive des voies de Paris sur le site de la direction de l'urbanisme de la Ville de Paris
- Portail de Paris
- Portail des routes

_-_2021-07-28_-_1.jpg)
_-_2021-07-28_-_1.jpg)

