Rue des Tournelles

3e & 4e arrts
Rue des Tournelles
Voir la photo.
Statue de Beaumarchais,
par le Toulousain Louis Clausade (1897)[1],
marquant l'entrée sud de la rue,
côté Saint-Antoine et 4e.
Voir la plaque.
Situation
Arrondissements 3e au nord,
4e au sud
Quartiers de l'Arsenal au sud (4e ar. ;
n° 1[2] à 29, 2[2] à 44)[3] ;
des Archives au nord (3e arr. ; n° 31 à 51, 46 à 88)[3] ;
délimités entre eux par
la rue du Pas-de-la-Mule
Début entre 8[3],[4] et 8 bis, 10 voire 12

rue Saint-Antoine au sud

Fin 77[3],[4] boulevard Beaumarchais
au nord-est
Morphologie
Longueur 580[4] m
Largeur 10 (à 15,50)[5],[3],[4] m
Historique
Création à partir de 1400 environ,
juillet 1605 ;
puis en 1637 (partie nord), etc.[3]
Dénomination en 1839 pour l'actuelle rue dans son entier[3]
Ancien nom Jean-Beausire (jusque vers 1546)[4],
voire [petite] rue Saint-Antoine,
puis des Tournelles (au sud) ;
petite rue neuve Saint-Gilles (au nord)
Géocodification
Ville de Paris 9372
DGI 9382 (Cfa)[Quoi ?][3] ;
feuilles n° 92D2, 92B2[3][Quoi ?]
Géolocalisation sur la carte : Paris
(Voir situation sur carte : Paris)
Rue des Tournelles
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La rue des Tournelles se situe dans le quartier parisien du Marais, et court sur les 3e (au nord),[4] et 4e arrondissements[4] (au sud) de la capitale française, toute proche aussi de la Bastille et des 11e et 12e arrondissements.

Situation et accès

En équerre[4] (ou L majuscule d'imprimerie), cette rue forme donc un angle droit, entre deux sections de longueurs inégales :

  • l'une courte, au nord, axée ouest-est (1res photographies suivantes), qui jouxte à l'est le boulevard Beaumarchais perpendiculaire ;
  • l'autre plus longue, axée sud-nord, avec pour limite sud les numéros 8 et 8 bis à 10 voire 12 rue Saint-Antoine orthogonale (et leurs numéros impairs et rue de Lesdiguières, en vis-à-vis), [au niveau d'une grande statue de Beaumarchais (photo de l'infobox) - personnalité qui occupa une propriété non loin, à l'angle des actuels boulevards Beaumarchais et Richard-Lenoir... -, d'une grille/bouche d'aération du métro[6], d'un robinet d'eau public, d'une station de taxis, et de leur placette triangulaire en grande partie piétonnière sans odonyme propre, bordée à l'ouest par des numéros pairs (8 bis à 10 voire 12, donc) de la rue Saint-Antoine longés d'arbres -cf. photo en infobox-, à l'est par la chaussée, le trottoir, et le premier numéro pair ou n°2 de la rue des Tournelles, adresse notamment de la librairie Opéra[7] BD].

Du sud au nord, soit dans son sens unique pour les automobilistes l'empruntant (double sens possible à vélo, et bien sûr à pied par deux trottoirs, un de chaque côté de la chaussée), cet axe principal borne ou croise ceux des autres voies suivantes :

  • une partie du nord-est de la rue Saint-Antoine (son point de départ au sud, qui part et arrive alors elle-même tout juste, quant à elle de ou vers la place de la Bastille, à l'est), au niveau de la statue déjà évoquée ; la rue de Lesdiguières lui fait face dans quasiment le même axe, de l'autre côté de cette artère Saint-Antoine (voir plus haut et en infobox) ;
  • la rue borne ensuite, entre ses numéros 2 et 4, l'ouest de celle de la Bastille (entre les numéros 2 et 1 de cette dernière, contrairement à l'usage de numéroter les rues de Paris plus ou moins parallèles à la Seine dans le sens du cours dudit fleuve, de l'amont vers l'aval), une partie de son berceau ci-après avec les trois voies Jean-Beausire, rue de la Bastille non empruntable désormais par les autos venant des Tournelles, sinon dans l'autre sens par celles arrivant des impasse ou rue Jean-Beausire, ou/et du boulevard ;
  • l'ouest du passage piétonnier Jean-Beausire au double accès privatisé et tenant davantage d'une cour intérieure pavée plus ou moins longiligne, entre 12[4] rue des Tournelles et 11 rue Jean-Beausire[4] ;
  • puis l'axe croise celui de la rue du Pas-de-la-Mule qui délimite les 4e et 3e arrondissements (quant à elle à sens unique ouest-est pour les voitures et les bus 29) ;
  • il borne l'est des rues Roger-Verlomme (uniquement empruntable dans le sens est-ouest en voiture) puis des Minimes (empruntable dans l'autre sens pour la circulation automobile, à partir de la rue de Béarn) ;
  • croise la rue Saint-Gilles (en sens unique auto et des bus 29 est-ouest) ;
  • enfin, il continue plein nord puis tourne à environ 90° vers l'est (comme son sens de la circulation automobile), via son tronçon nord évoqué ci-avant et lui-même perpendiculaire au boulevard Beaumarchais.

Ce site est desservi par des stations de métro de la RATP : Bastille au sud-est (lignes 1, 5 et 8, sorties 7 et 8), et Chemin Vert au nord-est (ligne 8) ; et par des arrêts d'autobus de la même régie de transports en commun : Tournelles - Saint-Gilles (ligne 29) ou Bastille - Beaumarchais/Saint-Antoine, à l'est (lignes 29, 69, 76, 91, ex-arrêt de la ligne 20 et de l'ex-ligne 65) voire plus à l'ouest (ligne 96, place des Vosges).

Des places de taxis en file, sans borne d'appel, existent par ailleurs au débouché de la rue dans celle de Saint-Antoine, au pied de la statue de Beaumarchais (nettoyée en 2024 en même temps que son socle), et à côté du robinet supra.

Une partie cyclable existe désormais sur la chaussée de la rue, à contresens de celui de la circulation automobile que peuvent également emprunter les deux-roues. La voie entière est parsemée de plusieurs "parcs" pour garer et attacher ces derniers.

Origine du nom

Place des Vosges "mitoyenne" :
de l'hôtel des Tournelles,
royal de 1407 à sa destruction
vers 1563 ;
à la place Royale...

Le tracé de la rue longe le côté oriental de l'"hôtel", "palais" ou château royal des Tournelles qui s'élevait jadis sur l'emplacement principal de l'actuelle place des Vosges "attenante"[3],[4].

Cette résidence des Tournelles est démolie en 1563 ou 1565 à l'instigation de la reine mère Catherine de Médicis, qui lui substitue un marché aux chevaux plus tard loti par le roi de France Henri IV en sa forme d'aujourd'hui inaugurée en 1612 ou 1615 par Louis XIII, jeune fils et successeur encore mineur de ce dernier.

Historique

La rue des Tournelles est ouverte progressivement :

  • autour de 1400[4] pour sa partie sud entre les actuelles rues Saint-Antoine et Saint-Gilles[4] ; comme une "desserte" :
  • puis en 1637 pour la partie nord comprise entre la rue Saint-Gilles (elle-même ouverte vers 1640[3] ou 1657[4]) et le (futur) boulevard Beaumarchais alors occupé par le rempart de Charles V[3], partie appelée "petite-rue-Neuve-Saint-Gilles", avec laquelle elle fusionnera en 1839 pour former la rue des Tournelles dans l'intégralité que nous lui connaissons depuis (arrêté du )[3].

La place Royale quasiment adjacente a été édifiée dans l'intervalle, de ses trois premiers côtés lotis et construits dès 1604 -cf. photo du panneau d'Histoire de Paris ci-avant, en section "Origine du nom"- (lettres patentes de juillet 1605) à 1612 essentiellement[3], les bâtiments Est de l'actuelle place des Vosges s’ouvrant d’ailleurs par leurs arrières sur la rue des Tournelles.

Celle-ci est citée sous ce nom « des Tournelles » dans un manuscrit de 1636 où le procès-verbal de visite indique qu'elle est trouvée « orde, salle et pleine de boues et immundices » (cf. cour de miracles adjacente, rue du Petit-Musc non loin).

Alexandre Gady relève l’appellation, au XVIIe siècle, « rue du Devers-du-Rempart », qu'elle longeait intérieurement[9], avant la transformation de ladite muraille en boulevard à partir d'environ 1670.

Située alors dans l'aristocratique quartier du Marais, la rue des Tournelles hébergea entre autres :
- l'auteur de chansons Philippe-Emmanuel de Coulanges, cousin maternel de Madame de Sévigné, qui y mourut en son hôtel[Où ?] le , âgé de 82 ans et demi[10] ;
- et Marie-Émilie de Joly de Choin, épouse secrète survivante du Grand Dauphin, qui y demeura[Où ?], une fois devenue veuve fin 1711, jusqu'à sa mort survenue en 1732[11].

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire

  • Au n°6 (après le premier bornage sud-est ci-avant entre les numéros 2 et 4 de la rue) : porte cloutée[4] (a priori sur rue). L'une des entrées du passage Jean-Beausire, rejoignant le 11 de la rue du même nom[réf. nécessaire].
  • No 11 : immeuble construit en 1885 par l'architecte Joseph (?) Bourdeix[12],[13].
L’aile des Tournelles forme un « U », la façade de l’ensemble[Lequel ?][Où ?] est de pure facture du début du XVIIe siècle[réf. souhaitée]. Madame de Sévigné, née « de Rabutin-Chantal en l'actuel 1 de la place des Vosges alors « Royale" et quasiment neuve, aurait séjourné dans cette aile de l’hôtel[réf. souhaitée]. Victor Hugo vécut de 1832 à 1848 dans un appartement situé au second étage de sa partie centrale du 6 place des Vosges (actuel musée de la « maison de Victor Hugo », inauguré le  ; hôtel et cours classés, avec des (anciens) accès dérobés à ce 17 rue des Tournelles et impasse Guéménée). Aux rez-de-chaussée et entresol, Lucienne Heuvelmans, première femme impétrante d'un grand prix de Rome et pensionnaire de la Villa Médicis (1911), installa son atelier de sculpture. Un appartement et l'escalier de pierre des parties communes y ont parfois servi de lieu de tournage de longs-métrages, comme en 1972-73 (voir section Au cinéma ci-après).
  • No 18 : cour et escalier.
  • No 19 : immeuble dont la cour intérieure offre à ses occupants un accès direct vers / depuis la place des Vosges[Où ?].
  • No 19 bis : école publique / communale (et bureau de vote occasionnel).
  • No 20 : immeuble construit en 1910 par l'architecte Félix Boiret[15].
  • No 32 : on remarquera qu'il n'y a qu’une fenêtre par étage.
  • No 33 : maison du XVIIe siècle, porte.
  • No 35-37 : emplacement d’un couvent fondé en 1624 pour les filles pauvres et malades, sous la protection d’Anne d’Autriche. Cette maison fut appelée « couvent des Hospitalières de Notre-Dame » après avoir été dénommée « des Hospitalières près les Minimes de la place Royale ». De 1660 à 1664, Françoise d’Aubigné, veuve Scarron, future madame de Maintenon, y fit retraite. Le couvent fut supprimé à la Révolution et plusieurs institutions de bienfaisance y prirent place jusqu'en 1906. Ensuite caserne des pompiers puis jardin Arnaud-Beltrame (accès par les n°35 et 37). Paul Chautard y est né.
  • No 36 : maison de 1642, construite pour le procureur du Châtelet, Louis du Baille. Cette demeure fut louée puis vendue à Ninon de Lenclos, en 1684. Fille d'un gentilhomme de Touraine, elle fut la maîtresse notamment du Grand Condé et du duc d'Estrées. La rue des Tournelles acquit alors une réputation de rue galante. Plus tard Ninon de Lenclos ouvrit un salon littéraire fréquenté par Molière (qui y présenta Tartuffe), le jeune Voltaire, la reine Christine de Suède, madame de Sévigné. Elle mourut en cette maison en 1705 à 85 ans.
  • No 40 : le , un tueur en série dit de l'Est parisien agresse une jeune psychomotricienne de 23 ans nommée Élisabeth Ortega. Elle en réchappe de justesse, et sera le témoin-clef poussant le violeur et tueur à avouer en pleurant, en plein procès le , sept meurtres et une agression, avant d'être lourdement condamné.
  • Nos 40-44 : ferronneries.
  • No 47 : le 30 janvier 1918, durant la Première Guerre mondiale, l'édifice correspondant à ce numéro est touché lors d'un raid effectué par des avions allemands[16].
  • No 48 : hôtel du XVIIIe. Pompe à eau en cuivre sur la droite dans la première cour.Porte, mansarde, escalier.
  • No 50 : hôtel du XVIIIe. Escalier avec rampe superbe à balustre de chêne. Façade avec balcons à pilastres en pierre, bel hôtel au fond de la cour.
  • No 56 : maison construite en 1684, par l'architecte Jacques Gabriel, grand-père de l'architecte de la place de la Concorde. Pompe à eau en cuivre sur la gauche dans la cour.
  • No 58 : une plaque explique : « Merlin de Thionville. Député à l'Assemblée législative, à la Convention, au Conseil des 500, représentant aux Armées, est mort ici le à l'âge de 71 ans ».
  • Nos 64-68 : maisons du XVIIe.
  • No 70 : demeure de Félix Pyat, journaliste républicain, membre de la Commune de 1871, surnommé par certains « le mauvais génie » de la Commune.
  • No 72 : maison du XVIIe siècle.
  • No 80 : porte cloutée.
  • No 88 : demeure de Charles Beslay, nommé commissaire de la République dans le Morbihan par le gouvernement provisoire en 1848, délégué au Comité central républicain des vingt arrondissements pendant le siège de 1870, puis délégué de la Commune auprès de la Banque de France.

Au cinéma

Des scènes du film de Philippe de Broca, Le Magnifique (1973) ont été tournées à l'hôtel particulier (de) Rohan-Guéménée, côté Tournelles (n° 17). On aperçoit les façades alors non ravalées avec une vieille enseigne défraîchie d'entreprise. Dans le film, François Merlin, personnage joué par Jean-Paul Belmondo, un écrivain de romans d'espionnage de gare François Merlin y habite un appartement. Il a des vues sur sa voisine d'immeuble, Christine, interprétée par Jacqueline Bisset. L'escalier de l'immeuble est le lieu de cascades belmondiennes minimalistes et la scène finale du film est tournée dans la cour. Une scène d'embouteillage automobile sous la pluie se situe sur la place de la Bastille toute proche, autour de la colonne de Juillet.

Notes et références

  1. Deux ans avant le centenaire du décès du statufié.
  2. Début de la rue vers sa fin : dans le sens croissant des numérotations parisiennes d'immeubles, à partir de la Seine dans les rues qui sont peu ou prou perpendiculaires à cette dernière.
  3. Nomenclature officielle des voies publiques et privées de Paris, rééditée périodiquement par la Mairie de Paris, ici dans sa 10e édition (alors à 24,35 euros), "état au 1er novembre 2004" (ISBN 2-907616-16-1), disponible : à la Bibliothèque historique de la Ville de Paris ; aux Archives de Paris ; au Pavillon de l'Arsenal, etc. :
    pages 532 pour la rue des Tournelles, 278 pour la rue Beausire, 43 pour celle de la Bastille, 487 pour la rue (Neuve) Saint-Gilles ouverte sur une partie de l'emplacement du palais des Tournelles, etc.
    Voir aussi le dernier renvoi bibliographique plus bas in fine.
  4. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de minuit, 1972, 1985, 1991, 1997, etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117), ouvrage alphabétique, 5e cité en bibliographie plus bas ; rééd° de 1997, volume 2, page 569 :
    - pour l'année d'environ 1400 ;
    - pour le retour d'équerre dès 1637 ;
    - un chemin qui devait devenir, vers 1657, la rue Saint-Gilles ;
    volume 1, page 671 pour la délimitation du passage Jean-Beausire sur ses deux côtés et issues.
  5. 15,50 mètres (moindre) entre les rues Saint-Antoine et de la Bastille ; 10 m le surplus "majoritaire" en longueur.
  6. Signalée, du 25 novembre 2024 environ, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes célébrée localement sur la place de la Bastille voisine, jusque vers la mi-décembre 2024, par un faux cétacé de plastique gonflable bleu-gris attaché au-dessus par des représentants[Lesquels ?] de l'Université Paris-IV, en soutien à la libération du militant écologiste emprisonné Paul Watson effective quelques jours plus tard.
  7. L'opéra Bastille est tout proche, de l'autre côté de la place de la Bastille à l'une de ses entrées orientales dans l'ouest du 12e arrondissement.
  8. L'ensemble un temps dénommé place de la porte Saint-Antoine du plan ultérieur d'Edmé Verniquet, aujourd'hui en partie à la base ouest de la "petite" rue de la Bastille, et au nord de la statue de Beaumarchais jouxtant la rue Saint-Antoine.
  9. Alexandre Gady, Le Marais : guide historique et architectural, Carré, (ISBN 978-2-908393-09-5).
  10. Auguste Jal : Dictionnaire critique de biographie et d'histoire , Paris, Plon, 1867, p. 436 ; consulté en salle de lecture, place 19, de la BHVP / Bibliothèque historique de la ville de Paris, le lundi pm 2 février 2026.
  11. Georges Mongrédien, La Maintenon du Grand Dauphin : Mademoiselle Choin, Mercure de France, n° 576, 33e année, tome CLVI, 15 juin 1922 ; consulté sous forme de feuillets reliés, à la BHVP, place 13, courant février 2026.
  12. Sur pss-archi.eu.
  13. Sur cths.fr.
  14. Si l'on y pénètre par la place des Vosges.
  15. PSS-ARCHI.EU : [1].
  16. Exelsior du 8 janvier 1919 : carte et liste officielles des bombes d'avions et de zeppelins lancées sur Paris et la banlieue et numérotées suivant leur ordre et leur date de chute.

Pour approfondir

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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