Rue du Bât-d'Argent

Rue du Bât-d'Argent
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La rue en 2025, vue depuis son début rue du Président-Édouard-Herriot.
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Situation
Coordonnées 45° 45′ 58″ nord, 4° 50′ 11″ est
Ville Lyon
Arrondissement 1er
Quartier Terreaux
Début Rue Edouard-Herriot
Rue du Plâtre
Fin Quai Jean-Moulin
Morphologie
Type Rue
Longueur 270 m
Largeur 15 m
Superficie 3 080 m2
Histoire
Création Moyen Âge
Anciens noms Rue du Pet Étroit
Rue du Pet Estroit
Rue du Pas-Estroit
Rue Etrée
Monuments Collège-lycée Ampère
Géolocalisation sur la carte : Lyon
(Voir situation sur carte : Lyon)
Rue du Bât-d'Argent

La rue du Bât-d'Argent est une voie du quartier des Terreaux, située dans le 1er arrondissement de Lyon, en France.

La rue longe notamment le collège-lycée Ampère.

Situation

Elle débute perpendiculairement à la rue du Président-Édouard-Herriot pour se terminer sur le quai Jean-Moulin[1].

La rue Commarmot se termine sur cette voie.

Odonymie

Elle reçut son nom actuel en référence au métier de bourrelier ou bâtier[2], nom qui provient de l'enseigne en argent d'un commerce alors situé au numéro 11 ou 17 de la rue[3],[4],[5],[6].

Histoire

La rue a été initialement nommée rue du Pet Étroit (également orthographié Pet Estroit, nom déjà attesté en 1350)[7] en raison de son étroitesse et son odeur fétide[8], puis rue du Pas Étroit (ou Étrée, selon une autre source)[5] au XVIIe siècle.

gravure de la rue par Gustave Girrane en 1895.

La rue a été créée à la fin du Moyen Âge, et en 1793, le Club des Jacobins y tenait ses réunions dans la partie nord[9].

La section de la rue comprise entre la rue du Garet et le quai a été ouverte en 1551.

En 1827, neuf métiers à tisser étaient encore dans la rue[9].

La ville de Lyon acheta plusieurs immeubles entre 1844 et 1883 afin d'élargir la rue et de modifier les abords directs. Les hospices du numéro 13 furent achetés pour la somme de 210 000 francs en 1859.

En 1890, le Laboratoire municipal de Slaughter, utilisé pour les vaccinations publiques, s'est installé au numéro 21[10].

Au numéro 8, à l'angle avec la rue de la République, le restaurant du fabricant de chocolat Casati, le Café Casati, est pendant les années 1870 et 1880 l'un des points de rencontre des poètes et écrivains lyonnais, notamment Louisa Siefert, les frères Barthélémy, Clair, Jean et Alexandre Tisseur, ou Victor de Laprade et Joséphin Soulary ; les accompagnent les peintres Paul Chenavard et Joseph Guichard[11]. Il fut détruit en 1894, lors de l'assassinat de Sadi Carnot pendant les émeutes visant les établissements tenus par des Italiens[12].

Au bout de la rue, vers le quai, il y avait une voute de communication entre le collège et la maison à l'angle nord de la rue. Tous deux étaient reliés par la salle de jeu du collège, qui est devenue en 1793 le Club Central. Quant à la voûte, elle a été démolie[13].

La papillote a été créée dans cette rue par un apprenti pâtissier, dont le patron a été nommé Papillot, qui envoyait à sa fiancée des gourmandises enveloppées dans des lettres d'amour[14]. Au XIXe siècle, la plupart des fabricants ou vendeurs de selles de la ville étaient installés dans cette rue[15].

Parmi les habitants historiques de la rue figurent le sculpteur Antoine Coysevox au XVIIe siècle, André-Marie Ampère et son épouse en 1800[16], Stendhal en 1837, les peintres Jean-Pierre Crolle et François Nolin (au XVIIIe siècle) et Alphonse Daudet.

Architecture

La rue actuelle commence avec une section très large composée d'immeubles de quatre étages construits à la fin du XIXe siècle ; il reste encore une maison du XVIIIe siècle à l'intersection avec la rue de la Bourse[9]. Déjà au XVIIIe siècle, l'habitation du numéro 18 était composée de différentes pièces ayant chacune leur propre fonction et les enfants avaient même leur propre chambre, ce qui était assez rare à l'époque[17].

Autrefois au numéro 2, à l'angle avec la rue du Président-Édouard-Herriot (alors rue de l'Hôtel-de-Ville) se trouvait la Vierge à l'enfant[18] sculptée par Coysevox en 1676-77[19], laquelle est considérée comme un chef-d'œuvre baroque et conservée depuis 1771 dans l'église Saint-Nizier[20].

Références

  1. ↑ Maurice Vanario, Rues de Lyon : à travers les siècles, Lyon, ELAH, , 333 p. (ISBN 2-84147-126-8), p. 28
  2. ↑ Jean-Claude Bouvier, Les noms de rues disent la ville, (lire en ligne), p. 43
  3. ↑ « Les noms de rues ou de places liés à une enseigne » [PDF], Lyon (consulté le )
  4. ↑ Louis Maynard, Histoires, légendes et anecdotes à propos des rues de Lyon, avec indication de ce qu'on peut y remarquer en les parcourant, Les Traboules, , 412 p. (ISBN 978-2-911491-57-3), p. 39
  5. Jean Pelletier, Lyon pas à pas — son histoire à travers ses rues — Presqu'île, rive gauche du Rhône, quais et ponts du Rhône, Roanne / Le Coteau, Horvath, , 222 p. (ISBN 2-7171-0453-4), p. 20
  6. ↑ Rue du Bât-d'Argent sur ruesdelyon.net.
  7. ↑ Maurice Vanario, Rues de Lyon : à travers les siècles, Lyon, ELAH, , 333 p. (ISBN 2-84147-126-8), p. 225
  8. ↑ Gilbert Bouchard, L'histoire des rues de Lyon, Grenoble, Glénat, , 124 p. (ISBN 2-7234-3442-7), p. 13
  9. « Rue du Bât-d'Argent », Rues de Lyon (consulté le )
  10. ↑ Louis Maynard, Dictionnaire des lyonnaiseries — Les hommes. Le sol. Les rues. Histoires et légendes, vol. 1, Lyon, Jean Honoré, (réimpr. 1982), p. 147–50
  11. ↑ Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup et Bruno Thévenon (coord.), Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, Stéphane Bachès, 2009, 1054 p. (ISBN 978-2-915266-65-8), BNF 42001687), p. 289
  12. ↑ Robert Brun De La Valette, Lyon et ses rues, Paris, Le Fleuve, , p. 119
  13. ↑ Adolphe Vachet, À travers les rues de Lyon, Lyon, Laffitte reprints, , 1982, Marseille éd., 500 p. (ISBN 2-7348-0062-4), p. 58–59
  14. ↑ Patrice Béghain, Bruno Benoit, Gérard Corneloup et Bruno Thévenon, Dictionnaire historique de Lyon, Lyon, Stéphane Bachès, 1504 p. (ISBN 978-2-915266-65-8), p. 957
  15. ↑ Aimé Guillon, Lyon tel qu'il étoit et tel qu'il est ou tableau historique de sa splendeur passée; suivi de l'Histoire pittoresque de ses malheurs et de ses ruines, (lire en ligne), p. 65
  16. ↑ Robert Locqueneux, Ampère, encyclopédiste et métaphysicien, (lire en ligne), p. 77–80
  17. ↑ Gilbert Gardes, Lyon, l'art et la ville — Architecture, décor, vol. 2, Paris, Centre national de la recherche scientifique, , p. 80
  18. ↑ « Listing des Saints et Madones du 1er » [PDF], Lyon (consulté le )
  19. ↑ (Unknown author), Revue universelle des arts, vol. 1, (lire en ligne), p. 48
  20. ↑ Gilbert Gordes, Lyon, l'art et la ville — Architecture, décor, vol. 2, Paris, Centre national de la recherche scientifique, , p. 144
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