Séisme d'Arica de 1868
| Séisme d'Arica de 1868 | ||
| Date | à 21 h 30 UTC (16 h 30 heure locale) | |
|---|---|---|
| Magnitude | 8.8–9.1 | |
| Épicentre | 18° 29′ sud, 70° 20′ ouest | |
| Régions affectées | nord du |
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| Victimes | +25 000 morts | |
| Géolocalisation sur la carte : Amérique du Sud
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Le séisme d'Arica de 1868 s'est produit le près d'Arica, alors au Pérou (aujourd'hui au Chili), à 21h30 UTC. Sa magnitude est actuellement estimée entre 8,8 et 9,1[1], bien que des études antérieures aient suggéré une fourchette plus large, de 8,5 - 9,3[2]. Ce séisme a engendré un ou plusieurs tsunamis dans l'océan Pacifique, enregistrés à Hawaï, au Japon, en Australie et en Nouvelle-Zélande[3],[4].
Contexte tectonique
Le séisme s'est produit à la limite entre la plaque sud-américaine et celle de Nazca. Il serait probablement dû à un chevauchement, provoqué par la subduction de la plaque de Nazca sous la plaque sud-américaine[5].
Les côtes du Pérou et du Chili ont une longue histoire de grands mégaséismes dus à cette limite de plaques, comme le séisme de Valdivia en 1960 et le séisme du Chili en 2010.
Dommages
Le tremblement de terre a causé des destructions presque complètes dans la partie sud du Pérou, notamment Arica, Tacna, Moquegua, Mollendo, Ilo, Iquique, Torata et Arequipa[3],[6], faisant environ 25 000 victimes, et de nombreux naufrages.
Le tsunami a poussé trois navires ancrés dans le port à près de 800m à l'intérieur des terres : la corvette péruvienne BAP (America) (1 560 tonnes), la canonnière américaine Wateree et le navire de ravitaillement américain Fredonia, entièrement détruit[3],[6]. Le brick Chañarcillo et deux goélettes, la Rosa Rivera et la Regalon, ont également péri[7]. Okal et al. (2006) ont suggéré que le tsunami avait aussi gravement touché la ville portuaire de Pisco, mais des études ultérieures ont considéré cette hypothèse comme peu convaincante, concluant plutôt que Pisco et Callao n'avaient probablement subi qu'une inondation mineure[2],[1].
Le tsunami causa des dégâts considérables à Hawaï, emportant un pont sur la rivière Waiohi. En Nouvelle-Zélande, il s'agit du seul tsunami mortel jamais recensé, ayant causé d'importants dégâts sur les îles Chatham et emporté une vingtaine de personnes en mer[4],[8]. Sur le continent, la péninsule de Banks est la plus durement touchée, avec notamment un village maori détruit et deux maisons emportés, des bateaux endommagés et un décès enregistré[3].
Caractéristiques
Tremblement de terre
Deux séismes distincts ont été décrits[9]. Ils pourraient tous deux faire référence au même événement.
Le séisme a été ressenti sur une vaste zone, jusqu'à 1400 km au nord-ouest à Samanco, au Pérou et 224 km à l'est en Bolivie.
Les estimations de son ampleur ont varié. Okal et al. (2006) établissent une fourchette large de 8,5 à 9,3 sur la base de la modélisation des tsunamis[2]. Néanmoins, Carvajal et al. (2025), sans contredire les valeurs basés sur la modélisation des tsunamis, ils y ajoutent les données des observations marégraphiques de l'océan Pacifique des États-Unis et de l'Australie, ce qui leur permet d'avancer qu'une fourchette plus étroite de 8,8 à 9,1 était plus plausible, et que les valeurs extrêmes des estimations précédentes seraient improbables[1]. Une longueur de rupture d'environ 600 kilomètres a été déduit du modèle d'isoséistes, ce qui en fait l'une des plus grandes ruptures de faille des temps modernes[2].
Environ 400 répliques sont enregistrées jusqu'au de cette année-là[3].
D'après les témoignages contemporains, les secousses du tremblement de terre ont duré entre cinq et dix minutes[7].
Tsunami
Bien que cet événement ait généré un tsunami ressenti sur toute l'étendue de l'océan Pacifique, la plupart des dégâts associés se sont concentrés le long des côtes du sud du Pérou et de ce qui est aujourd'hui l'extrême nord du Chili[5]. La première vague parvient à Arica 52 minutes après le séisme, avec une hauteur de 12 m, suivie de la vague la plus grande d'une hauteur de 16 m, 73 minutes plus tard[6].
Risques à venir
En 2001, la région d'Arica est identifiée comme faisant partie d'une zone de silence sismique entre 15° et 24°S, sans séisme majeur depuis 1877. Conformément à cette théorie, un séisme majeur est considéré comme probable dans un avenir proche[5]. Plus précisément, en 2005, un séisme de magnitude 8,6 était prévu pour la partie nord du Chili de cette zone, là où justement s'est produit le séisme d'Iquique en 2014. Un séisme affectant le même secteur de la limite de plaques que celui de 1868, d'une magnitude de 8,8, était également prévu comme probable d'ici 2126[6]. Une répétition du séisme de 1868 entraînerait probablement davantage de victimes au XXIe siècle, en raison de l'augmentation de la population dans les zones à risque.
Articles connexes
- List of megathrust earthquakes
- 1877 Iquique earthquake
- Séisme de 2014 au Chili
- Liste de séismes au Chili
- Liste de séismes au Pérou
- Liste de séismes historiques
- Liste de naufrages de navires en
- Liste de tsunamis
Références
- (en) Carvajal, Gubler, Davies et Wang, « Large Size of Two 19th-Century Chile-Peru Earthquakes Inferred From Trans-Pacific Tsunami Records », Geophysical Research Letters, vol. 52, no 12, (ISSN 1944-8007, DOI 10.1029/2024GL113849, Bibcode 2025GeoRL..5213849C, lire en ligne)
- Okal et Borrero J.C. & Synolakis C.E., « Evaluation of Tsunami Risk from Regional Earthquakes at Pisco, Peru », Bulletin of the Seismological Society of America, vol. 96, no 5, , p. 1634–1648 (DOI 10.1785/0120050158, Bibcode 2006BuSSA..96.1634O, CiteSeerx 10.1.1.403.4006, lire en ligne, consulté le )
- « Arica, Peru (now Chile) 1868 August 13 21:30 UTC » [archive du ], Historic Earthquakes, United States Geological Survey, (consulté le )
- Latest from Australia, Star, Issue 92, 29 August 1868, Page 3
- Rabinovich et Kulikov E.A. & Thomson R.E., « Tsunami risk estimation for the coasts of Peru and northern Chile » [archive du ], ITS 2001 Proceedings, Session 1, (consulté le ), p. 281–291
- Zamudio et Berrocal J. & Fernandes C., « Seismic hazard assessment in the Peru-Chile border region », 6th International Symposium on Andean Geodynamics, (consulté le ), p. 813–816
- G.W. Allen, The Great South American Earthquakes of 1868, coll. « Harper's New Monthly Magazine », (lire en ligne), p. 613
- ↑ « Only deadly NZ tsunami on record hit the Chathams, 150 years ago », Stuff, (consulté le )
- ↑ National Geophysical Data Center / World Data Service (NGDC/WDS): NCEI/WDS Global Significant Earthquake Database. NOAA National Centers for Environmental Information., « Significant Earthquake Information », NOAA National Centers for Environmental Information, (DOI 10.7289/V5TD9V7K, consulté le )
Pour aller plus loin
- Manuel Fernández Canque, Arica 1868: Un Tsunami y Un Terremoto, University of Tarapacá, (ISBN 978-9562441940, lire en ligne)
- Quinn Dauer, Natural Disasters and Comparative State-Formation and Nation-Building: Earthquakes in Argentina and Chile (1822–1939) (thèse), FIU Electronic Theses and Dissertations, (DOI 10.25148/etd.FI12120403, lire en ligne)
Liens externes
- Portail des risques majeurs
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