Séleucie (thème)

Les thèmes en Asie Mineure vers 950.

Le thème de Séleucie (en grec : θέμα Σελευκείας) est un thème byzantin (province civile et militaire) situé sur la côte sud de l'Asie Mineure et dont la capitale se situe à Séleucie (aujourd'hui Silifke).

Histoire

Les thèmes de l'Empire byzantin à la mort de Basile II en 1025.

Lors de l'Antiquité tardive, le port de Séleucie est la cité principale de la province d'Isaurie. Elle est le siège du comes d'Isaurie, c'est-à-dire du gouverneur de la province[1]. Au VIIIe siècle, la Séleucie est mentionnée comme une région d'abord dirigée par un turmarche (dirigeant d'une turme, une division d'un thème) puis par un drongaire soumis à l'autorité du thème naval des Cibyrrhéotes[1],[2]. Au début du IXe siècle, la Séleucie devient une petite kleisoura, c'est-à-dire une province frontalière fortifiée située entre les thèmes des Cibyrrhéotes, des Anatoliques, de Cappadoce et les territoires de Cilicie appartenant aux Abbassides le long de la rivière Lamos[3],[4]. Selon les géographes arabes Qudama Ibn Jaafar et Ibn Khordadbeh, la kleisoura comprend au IXe siècle la ville de Séleucie comme capitale ainsi que 10 forteresses et une armée de 5 000 hommes dont 500 cavaliers[3],[4].

La kleisoura devient un thème à part entière durant le règne de Romain Ier Lécapène, probablement vers 927-934[3],[5],[4]. Selon le De Thematibus de Constantin VII Porphyrogénète, le thème est divisé en deux commandements, un pour l'arrière-pays et un autre pour la côte[3].

La région tombe aux mains des Seldjoukides après la bataille de Manzikert en 1071. À cette époque, les régions montagneuses composant l'intérieur des terres sont principalement habitées par des Arméniens installés ici lors du siècle précédent[6]. Les Byzantins reprennent le contrôle de la région vers 1099-1100 et fortifient à nouveau Séleucie et Korikos. Séleucie devient le siège d'un gouverneur militaire byzantin (un doux). La région reste une province byzantine jusqu'à sa conquête par les Arméniens de Cilicie après 1180[1],[7].

Notes et références

  1. Kazhdan 1991, p. 1866
  2. ↑ Hild et Hellenkemper 1990, p. 45, 47 et 403
  3. Pertusi 1952, p. 147-148
  4. Hild et Hellenkemper 1990, p. 403
  5. ↑ Oikonomidès 1972, p. 250
  6. ↑ Hild et Hellenkemper 1990, p. 62 et 403
  7. ↑ Hild et Hellenkemper 1990, p. 67-74 et 403

Bibliographie

  • (en) Alexander Kazhdan (dir.), Oxford Dictionary of Byzantium, New York et Oxford, Oxford University Press, , 1re éd., 3 tom. (ISBN 978-0-19-504652-6 et 0-19-504652-8, LCCN 90023208)
  • Nicolas Oikonomidès, Les listes de préseance byzantines des IXe siècle et Xe siècle, Paris,
  • (it) A. Pertusi, Constantino Porfirogenito : De Thematibus, Rome, Rome : Bibliotheca Apostolica Vaticana,
  • (de) Friedrich Hild et Hansgerd Hellenkemper, Tabula Imperii Byzantini, vol. 5 : Kilikien und Isaurien, Vienne, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, , 96 p. (ISBN 3-7001-1811-2)
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