Séraphin de Montegranaro

Séraphin de Montegranaro
Image illustrative de l’article Séraphin de Montegranaro
Saint
Date de naissance
Lieu de naissance Montegranaro
États pontificaux
Date de décès
Lieu de décès Ascoli Piceno
États pontificaux
Ordre religieux capucin
Vénéré à Ascoli Piceno
Béatification 18 juillet 1729
par Benoît XIII
Canonisation 16 juillet 1767
par Clément XIII
Fête 12 octobre

Séraphin de Montegranaro (Montegranaro, 1540 - Ascoli Piceno, ) est un frère convers capucin italien considéré comme saint par l'Église catholique et fêté le . Dans un opuscule, Voltaire le surnomme saint Cucufin et se moque de deux signes de sa sainteté rapportés dans la bulle de canonisation.

Biographie

Il naît à Montegranaro dans une famille pauvre. Ses parents lui donne le prénom de Félix[1]. Tout jeune enfant, il est placé chez un paysan pour garder des troupeaux. Cette occupation accroît sa ferveur et son amour de la solitude ; il grave une croix sur un chêne devant laquelle il passe de longues heures en prière. Bientôt pourtant, la mort de son père l’oblige à rentrer à la maison paternelle pour travailler sous la férule de son frère aîné, ouvrier maçon, d'un caractère dur et violent[2].

Félix a peu d'aptitude pour ce nouvel emploi de manœuvre, et ses épaules trop faibles fléchissent sous le fardeau. Son frère aîné l'accable de reproches et d'injures, puis viennent les menaces et les coups[3]. Un jour, Manucci, riche propriétaire, leur confie un important travail[4]. Félix, qui a alors 16 ans[5], se lie d'amitié avec la jeune Ludovica Manucci, fille du propriétaire ; elle lit beaucoup de livres religieux à haute voix car Félix ne sait ni lire ni écrire ; celui de Denys le Chartreux sur les fins dernières le frappe beaucoup et Ludovica l'encourage à se faire capucin[3].

Le jour même, il se rend au couvent des capucins de Tolentino pour être admis comme frère convers . Quelques mois plus tard, il reçoit l'habit et commence son noviciat au couvent de Jesi sous le nom de Séraphin. Au début, il a beaucoup de difficulté à accomplir parfaitement les travaux que lui confie le supérieur, si bien qu'il songe à quitter l'ordre[6]. Il reste maladroit dans ses tâches[7], mais demeure serein et patient malgré les reproches et le mépris, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du couvent[8]. Il est, par contre, toujours disposé à rendre service, attentionné et bienveillant, plus particulièrement envers les pauvres[9]car il ne supporte pas de voir quelqu’un souffrir de misère[10].

Les récits hagiographiques relatent qu’à l’église, on le trouve près du tabernacle, plongé dans une profonde prière et le visage environné de lumière, avec des extases fréquentes et des apparitions de la Vierge[11]. Il lit dans les cœurs, connaît l’avenir, et possède le don de guérir les malades[9]. Lors de ses sorties, il récite souvent le rosaire et porte toujours sur lui un petit crucifix qu’il offre à baiser à ceux qu’il rencontre. C'est la raison pour laquelle il est généralement représenté avec le chapelet et le crucifix dans une main[12]. Sa réputation de sainteté est telle que ses supérieurs sont obligés de lui ôter la charge de quêteur car la foule coupe des morceaux de son manteau pour en faire des reliques[9].

Malgré sa maladresse, il est donc recherché par les supérieurs des différents couvents qui le veulent comme exemple de vertu[7]. C'est pourquoi durant ses soixante-quatre années de vie, il vit dans différents couvents des Marches[6]: Jesi (1557-1558), Fossombrone (1558-1562), Corinaldo (1562-1564), Gradara (1564-1566), Ancône (1566), Ostra (1567), Montegranaro (1567-69), Filottrano (1570-1571), de nouveau Montegranaro (1572-1576), Potenza Picena (1576-1577), Corridonia (1578-1583), Civitanova Marche (1583-1584), Sant'Elpidio a Mare (1585), Ripatransone (1585-1587), Santa Vittoria in Matenano (1587), Loro Piceno (1588-1589) et enfin Ascoli Piceno (1590-1602). C'est dans ce dernier couvent qu'il décède le [13].

Culte

En 1610, le pape Paul V permet verbalement que l'on place une lampe allumée devant le corps du capucin. Cet usage est confirmé en 1625 par Urbain VIII à la demande de Sigismond Donati, évêque d'Ascoli. Il est béatifié le par Benoît XIII avec sa fête fixée le et canonisé le par Clément XIII en même temps que Joseph Calasanz, Jérôme Emilien, Jeanne de Chantal, Joseph de Cupertino et Jean de Kenty[14]. Le corps de Séraphin repose à Ascoli Piceno dans l'église qui porte son nom et qui est décorée de fresques peintes par Augusto Mussini illustrant la vie du saint[15].

Notes et références

  1. Raguin et Sauty 1999, p. 370.
  2. Hugolin 1899, p. 245-246.
  3. Vie des saints illustrées : Octobre, t. X, Bonne Presse
  4. Svampa 1904, p. 29.
  5. Guérin 1876, p. 306.
  6. Cargnoni 2012, p. 247-254.
  7. Salvatierra 1936, p. 46.
  8. Salvatierra 1936, p. 43.
  9. Guérin 1873, p. 158.
  10. Salvatierra 1936, p. 44.
  11. Salvatierra 1936, p. 49.
  12. Svampa 1904, p. 151.
  13. (it) Michele Camaioni, « Serafino da Montegranaro, santo », dans Encyclopédie Treccani, vol. 92, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, (lire en ligne)
  14. Montor 1847, p. 189-194.
  15. (it) Francesco Santaniello, « Mussini, Augusto », dans Encyclopédie Treccani, vol. 77, Istituto dell'Enciclopedia Italiana, (lire en ligne)

Bibliographie

  • Alexis-François Artaud de Montor, Histoire des souverains pontifes romains, vol. 7, Paris, Firmin Didot frères, , 480 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Paul Guérin, Le palmier séraphique : ou vie des saints de l'ordre de saint François, t. II, Bar-le-Duc, Louis Guérin, (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Paul Guérin, Les petits Bollandistes : vies des saints, t. XII : du 3 octobre au 27 octobre, Paris, Bloud & Barral, , 7e éd. (lire en ligne), p. 305-306. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Hugolin, Nos saints : ou abrégé de la vie des saints et des bienheureux des trois ordres de notre séraphique père S. François, Québec, Imprimerie franciscaine missionnaire, , 471 p. (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (it) Domenico Svampa, Vita di san Serafino da Montegranaro, laico cappuccino, Tipografia arcivescovile, , 256 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Ernest-Marie de Beaulieu, Saint Séraphin de Montegranaro et Bienheureux Bernard d'Offide, capucins : deux émules de Saint Félix de Cantalice, Voix franciscaines, , 285 p.
  • Constant de Pélissanne, Vie admirable de Saint Séraphin de Montegranaro : profès laïc des Frères Mineurs Capucins, Librairie Saint-François, , 269 p.
  • (es) Prudencio de Salvatierra, Las grandes figuras capuchinas, Santiago du Chili, Imprenta universitaria, , 372 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Philippe Raguin et Nicole Sauty, Les prénoms chrétiens, Médiaspaul, , 459 p. (ISBN 978-2-7122-0657-4). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • (it) Costanzo Cargnoni, Sulle orme dei santi, Edizioni Padre Pio, , 584 p. (ISBN 978-8849901566). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Liens externes

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