SNCASO Deltaviex
| Rôle | Avion expérimental |
|---|---|
| Constructeur |
|
| Équipage | 1 |
| Statut | En restauration |
| Premier vol | |
| Production | 1 |
Dimensions
| Longueur | 7,1 m |
|---|---|
| Envergure | 3,4 m |
| Hauteur | 2,5 m |
| Max. à vide | 0,555 t |
|---|---|
| Max. au décollage | 0,92 t |
| Moteur(s) | 1 × turbine à gaz à flux centrifuge Turbomeca Marboré II |
|---|---|
| Poussée unitaire | 3,92 kN |
| Vitesse maximale | 400 km/h |
|---|---|
| Distance franchissable | 300 km |
Le SNCASO Deltaviex ou SNCASO-ONERA Deltaviex est un petit avion à réaction expérimental français, qui a volé pour la première fois le et qui se distingue par ses ailes à faible envergure et à grande flèche.
Il a été conçu pour explorer la possibilité de contrôler le roulis et le lacet avec de fins jets d'air purgés du compresseur du moteur.
Histoire
Au début des années 1950, peu d'appareils opérationnels sont capables de passer le mur du son autrement qu'en piqué. Maintenir le vol supersonique en horizontal nécessite d'optimiser la motorisation, la structure, et l'aérodynamique de l'avion. En cherchant à se doter d'un tel appareil, la France mène différentes études, dont certaines sur les voilures à très forte flèche[1].
Le Deltaviex est étudié par l'ONERA et conçu à l'atelier des prototypes de la SNCASO à Courbevoie à partir de 1953, et vise à éprouver les spécificités de l'aile « en queue d'hirondelle » à très forte flèche [1][2]. Il réalise son premier vol d'essai le 30 avril 1954 au centre d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge, piloté par Robert Fouquet, sous forme de « sauts de puces » qui révèlent l'instabilité de l'appareil[3]. L'installation d'un dispositif de soufflage du bord de fuite est décidée pour palier à ce problème, et l'avion reprend les vols d'essais le 21 septembre 1955.
Le Deltaviex sert alors également à étudier le concept de volets fluides. Il a permis d'élaborer le premier système de contrôle actif au monde[1]. Les expérimentations restent secrètes jusqu'à sa présentation officielle en vol au président de la république René Coty le 8 novembre 1956.
En 1957 l'appareil est testé dans la grande soufflerie S1Ch au centre ONERA de Meudon, ainsi qu'à Modane, pour étudier son comportement lors des phases de décollage et d'atterrissage[1].
Cependant le Deltaviex n'a jamais pu réaliser de vrai vol car jugé trop instable et dangereux. Une panne de son unique réacteur entraînerait immédiatement la perte des moyens de contrôle, sans siège éjectable pour le pilote[2].
L'unique exemplaire est retiré du service et vendu à un garagiste qui en fait son enseigne. Il est retrouvé et récupéré en 1984 par les Ailes Anciennes de Toulouse, où il est en cours de restauration depuis 2015[2].
Caractéristiques
Contrairement à ce que son nom indique, le Deltaviex n'a pas de voilure delta mais dispose d'ailes en position basse à très forte flèche de 70° au bord d'attaque et 40° au bord de fuite[2]. L'appareil, très petit, se distingue également par sa faible envergure de 3,4 m, et repose sur un train tricycle étroit mais rétractable. Les entrées d'air de son unique moteur sont latérales et sont montées au dessus des ailes, juste derrière le pilote, avec un piège à couche limite. La canopée originale à vitres ovale, qui limitait la vision du pilote, a été modifiée au moins une fois par une plus conventionnelle.
Pour compenser des volets de petites tailles, environ 2% des gaz éjectés par le compresseur du Marboré sont soufflés sur les bords de fuites via des trous de 700 μm de diamètre pour augmenter la portance et contrôler le roulis. Le jet d'air permet également de remplacer la gouverne de direction pour contrôler le lacet[2].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « SNCASO Deltaviex » (voir la liste des auteurs).
- Mathilde Elie, De l'aérostation à l'aérospatial : le centre de recherche de l'ONERA à Meudon, Châtillon, ONERA, , 135 p.
- « ONERA Deltaviex », Ailes Anciennes Toulouse (consulté le )
- ↑ Pierre Gaillard, Les avions français de 1944 à 1964, Paris, EPA, (ISBN 2-85120-350-9)
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