SS Cynthia Olson

SS Cynthia Olson
illustration de SS Cynthia Olson
Naufrage du SS Cynthia Olson en décembre 1941. La photographie est prise par Saburo Hayashi, membre d'équipage du sous-marin japonais I-26.

Autres noms 1918-1940 : SS Coquina
1940-1941 : SS Cynthia Olson
1941 : USAT Cynthia Olsen
Type Navire de charge
Histoire
Chantier naval Manitowoc Shipbuilding Company
Lancement
Statut Coulé le
Équipage
Équipage 35
Caractéristiques techniques
Longueur 205,5 pieds (62,6 m) (LP)
Maître-bau 43,7 pieds (13,3 m)
Tonnage 2 140 tonneaux (en 1920)
Propulsion 1 × machine à vapeur à triple expansion alimentée par deux chaudières et entraînant une seule hélice
Puissance 1 250 ch
Vitesse 10 nœuds (18,5 km/h)[1]
Profondeur 20,1 pieds (6,1 m)
Carrière
Affréteur
  • 1918-1925 : United States Shipping Board
  • 1925-1931 : Pillsbury-Curtis
  • 1931-1934 : Los Angeles Steamship Co.
  • 1934-1935 : California Steamship Co.
  • 1935-1940 : Matson Navigation Co. - Alexander & Baldwin
  • 1940-1941 : Oliver J. Olson & Company
  • 1941 : US Transportation Corps
Pavillon Drapeau des États-Unis États-Unis
Indicatif
  • UIT : LQRK
  • US official number (en) : 210534
Localisation
Coordonnées 33° 42′ nord, 145° 29′ ouest
Géolocalisation sur la carte : océan Pacifique
(Voir situation sur carte : océan Pacifique)
SS Cynthia Olson
SS Cynthia Olson

Le SS Cynthia Olson est un cargo construit en 1918 dans l’État du Wisconsin sous le nom de SS Coquina. Rebaptisé en 1941 USAT Cynthia Olsen, le navire est affrété par l’armée américaine en août 1941 afin d’assurer le transport de ravitaillement vers Hawaï. Le 7 décembre 1941, alors qu’il navigue entre Tacoma et Honolulu, le cargo est intercepté par le sous-marin japonais I-26, qui le coule au canon. Le commandant du sous-marin veille à ce que l’équipage puisse évacuer le navire à bord des embarcations de secours, mais aucun survivant ne sera par la suite retrouvé. Le Cynthia Olson est considéré comme le premier navire de la marine marchande américaine coulé après l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale.

Construction

Le SS Coquina est commandé par l’United States Shipping Board pendant la Première Guerre mondiale. Sa construction débute à la fin de l’été 1918. Assemblé à partir de sections d’acier préfabriquées, le navire peut être mis à l’eau dès le 30 novembre 1918[2]. Le cargo fait partie d’une série de neuf navires de type Emergency Fleet Corporation Design 1044, connus sous le nom de « Laker, type Manitowoc », construits par le chantier naval Manitowoc Shipbuilding Company à Manitowoc. Le Coquina, portant le numéro de chantier 100, est achevé en avril 1919. Il reçoit le numéro officiel 217871 ainsi que les lettres d’appel LQRK[3][4]. Le navire affiche une jauge brute d’environ 2 153 tonneaux, ramenée par la suite à 2 140 tonneaux dans le registre de 1920. Il mesure 76,3 mètres de longueur, 13,3 mètres de largeur et possède un tirant de profondeur de 6,1 mètres[4][5][6].

Historique

Les hostilités prenant fin avec l’armistice du 11 novembre 1918, le SS Coquina devient excédentaire pour les besoins militaires. Après son achèvement, le navire est immobilisé sur le lac Michigan. En décembre 1919, il est affrété afin de participer à l’exportation de stocks de whisky devenus invendables aux États-Unis après l’entrée en vigueur du Volstead Act, qui instaure la prohibition. Le navire connaît ensuite une nouvelle période d’inactivité à New York avant d’être acheté en 1925 par les sociétés Pillsbury and Curtis pour le commerce du bois sur la côte ouest américaine. Après transformation et remise en état, il rejoint la baie de San Pedro en Californie, mais est de nouveau désarmé. En 1931, le cargo est revendu pour la somme symbolique de 10 dollars à la Los Angeles Steamship Company, filiale de la compagnie maritime Matson Navigation Company. En 1933, il passe sous le contrôle d’une autre filiale du groupe, la California Steamship Company, avant d’être transféré en 1936 à la société mère Matson Navigation. Il commence alors à effectuer des voyages affrétés le long de la côte ouest pour le transport de bois[2][3][6]. Le 1er janvier 1940, le Coquina est mis en vente puis acheté pour 85 000 dollars par la société Oliver J. Olson & Company de San Francisco, qui le rebaptise Cynthia Olson. En août 1941, le navire est affrété coque nue par le Transportation Corps (en) de l’armée des États-Unis[7],[8].

Naufrage

Le 6 décembre 1941, le SS Cynthia Olson navigue dans l’océan Pacifique, approximativement à mi-distance entre Tacoma et Honolulu, avec une cargaison de bois destinée à l’armée américaine. Vers 22 heures, heure d’Hawaï, le cargo est repéré par le sous-marin japonais I-26. Celui-ci dépasse le Cynthia Olson puis suit sa route en restant en surface pendant toute la nuit. Le commandant du sous-marin, Minoru Yokota, avait reçu l’ordre de ne pas engager les navires américains avant 8 heures du matin le 7 décembre, heure prévue pour l’attaque de Pearl Harbor. Huit heures après cette opération, la déclaration de guerre japonaise contre les États-Unis est publiée dans la presse japonaise le 8 décembre 1941[9]. À l’heure fixée, l’I-26 tire un coup de semonce avec son canon de pont de 14 cm afin d’ordonner l’arrêt du Cynthia Olson, mais le cargo poursuit sa route. Le sous-marin lance alors une torpille qui manque sa cible, mais contraint néanmoins le navire à stopper. Yokota observe ensuite l’équipage évacuer le cargo à bord de ses deux canots de sauvetage avant de tenter de couler le bâtiment au canon[10]. Avant d’abandonner le navire, l’opérateur radio du Cynthia Olson parvient à transmettre un message de détresse signalant une attaque de sous-marin. Le message est capté par le paquebot américain SS Lurline, alors en route vers San Francisco[11].

Entre-temps, dix-huit obus tirés contre le SS Cynthia Olson ne parviennent pas à couler le navire. Le commandant japonais Minoru Yokota ordonne alors à l’I-26 de plonger afin de lancer une seconde torpille, qui manque également sa cible. Le sous-marin refait ensuite surface et ouvre de nouveau le feu. Vingt-neuf obus supplémentaires sont tirés contre le cargo avant que celui-ci ne chavire finalement sur bâbord[11]. L’I-26 quitte alors la zone environ cinq heures après le début de l’attaque[12]. Le lendemain, le sous-marin japonais I-19 fournit de la nourriture à certains survivants. Cependant, aucune trace des 33 membres d’équipage et des deux passagers de l’armée américaine n’est retrouvée par la suite[11], alors que l'attention est concentrée sur le bombardement simultané de Pearl Harbor[13]. Le Cynthia Olson devient ainsi le premier navire marchand battant pavillon américain coulé après l’entrée des États-Unis dans la Seconde Guerre mondiale[14]. Le lendemain de sa perte, le président Franklin D. Roosevelt évoque indirectement le naufrage dans son discours devant le Congrès des États-Unis, resté célèbre sous le nom de « Discours de l'infamie »[15].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « SS Cynthia Olson » (voir la liste des auteurs).
  1. Tony Allen, « SS Cynthia Olson (+1941) », sur www.wrecksite.eu, The Wrecksite, (consulté le )
  2. Stephen Harding, Dawn of Infamy: A Sunken Ship, a Vanished Crew, and the Final Mystery of Pearl Harbor, Boston MA, Da Capo Press, (ISBN 978-0306825033, lire en ligne)
  3. McKellar, « Steel Shipbuilding under the U. S. Shipping Board, 1917-1921, Contract Steel Ships, Part IV », Steel Shipbuilding under the U. S. Shipping Board, 1917-1921, ShipScribe (consulté le ), p. 233
  4. Fifty Second Annual List of Merchant Vessels of the United States, Year ended June 30, 1920, Washington, D.C., Department of Commerce and Labor, Bureau of Navigation, (lire en ligne), p. 78
  5. Fifty First Annual List of Merchant Vessels of the United States, Year ended June 30, 1919, Washington, D.C., Department of Commerce and Labor, Bureau of Navigation, (lire en ligne), p. 78
  6. Historical Collections of the Great Lakes, « COQUINA », Bowling Green State University (consulté le )
  7. David Grover, U.S. Army Ships and Watercraft of World War II, Naval Institute Press, (ISBN 0-87021-766-6, LCCN 87015514), p. 6
  8. Priolo, « USAT Cynthia Olson », NavSource (consulté le )
  9. Gordon W. Prange, December 7, 1941: The Day the Japanese Attacked Pearl Harbor, Random House Publishing, (ISBN 978-0517066584, lire en ligne), p. 40
  10. Prange 1991, p. 89
  11. Craig Nelson, Pearl Harbor: From Infamy to Greatness, Thorndike Press, (ISBN 978-1410494733, lire en ligne), p. 208
  12. Prange 1991, p. 89
  13. Ebbert Webber, Retaliation: Japanese Attacks and Allied Countermeasures on the Pacific Coast in World War II, Oregon State University Press, 1975, p. 13-14.
  14. « Cynthia Olson », navylog.navymemorial.org, United States Navy Memorial (consulté le )
  15. Harding 2016, p. 71
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