Saïda Rached

Saïda Rached, née en , est une médecin tunisienne, présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates entre 2013 et 2016. Il s'agit d'une organisation féministe en faveur de l'évolution de la Tunisie vers la démocratie, qu'elle a contribué à fonder en 1989.

Biographie

Saïda Rached naît en 1958[1], deux ans après l'indépendance de la Tunisie.

Pendant sa scolarité, elle satisfait sa passion en menant des études littéraires en sixième et septième après avoir commencé des études en filière scientifique[2]. Admise au baccalauréat lettres en 1975-1976[2], elle choisit finalement de suivre une filière scientifique[2]. Elle mène ensuite des études de médecine à Sousse, pour le premier cycle, et à Tunis pour le second[2]. Elle se marie jeune, dès sa deuxième année d'études[2].

Durant ses études de médecine, elle participe à l'activité de mouvements trotskistes. Ayant toujours eu des convictions féministes, elle intègre un club culturel, le Club Tahar-Haddad, dirigé par Jalila Hafsia, qui se réunit dans une vieille demeure de la médina de Tunis pour y discuter notamment des droits des femmes, en dehors des mouvements de féminisme d'État contrôlés par le président Habib Bourguiba. Ce club est le point de départ d'un mouvement féministe indépendant du pouvoir en Tunisie et devient l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD)[1], mouvement féministe qu'elle contribue à fonder[2].

Elle exerce ensuite comme médecin au service de pédiatrie de l'hôpital de Bizerte. Elle est l'une des fondatrices de l'ATFD en 1989, peu de temps après que Bourguiba soit chassé du pouvoir par Zine el-Abidine Ben Ali[1].

En et , la révolution tunisienne chasse du pouvoir le président Ben Ali qui choisit de s'exiler.

En , elle succède à Ahlem Belhadj à la présidence de l'ATFD lors du dixième congrès de l'association féministe, à Tunis, en présence de plus de 200 congressistes[3]. Elle en reste présidente jusqu'en , lorsque Monia Ben Jemia lui succède lors du onzième congrès de l'ATFD[4].

Cette période de 2013 à 2016 est une période importante pour la Tunisie après la révolution de 2010-2011, avec la mise au point d'une nouvelle Constitution, la lutte de mouvements laïques contre le parti Ennahdha, islamiste conservateur un moment majoritaire[1], d'autant que Saïda Rached a une conception large et collective du rôle de l'ATFD : « On est plurielles ; on vise non seulement les droits de la femme, mais les droits humains », explique t-elle[2]. C'est aussi l'époque de l'émergence de premières lois renforçant les droits des femmes et luttant contre les discriminations[2] et contre les violences faites aux femmes[5]. Rached lutte aussi à la direction de l'ATFD pour faire réviser le Code du statut personnel[6].

Elle reprend ensuite son activité médicale, devient médecin généraliste à Bizerte, prolonge parallèlement ses engagements et est pendant quelques années la trésorière de l'ATFD.

Références

  1. « Entretien avec Saïda Rached, la nouvelle présidente de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) », sur rofaf.org, (consulté le ).
  2. « Saïda Rached : un militantisme nommé sagesse », sur Leaders, (consulté le ).
  3. « Tunisie-Société civile : Saïda Rached élue à la présidence de l'ATFD », sur Kapitalis, (consulté le ).
  4. « Monia Ben Jémia élue présidente de l'association tunisienne des femmes démocrates », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
  5. Sana Sbouai, « La loi contre les violences faites aux femmes en Tunisie : un processus lent », sur Middle East Eye, (consulté le ).
  6. « Tunisie : absence de volonté politique flagrante concernant les droits de la femme », sur webdo.tn, (consulté le ).
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