Saint-Carné
| Saint-Carné | |||||
La mairie. | |||||
![]() Héraldique |
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| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | |||||
| Région | Bretagne | ||||
| Département | Côtes-d'Armor | ||||
| Arrondissement | Dinan | ||||
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération Dinan Agglomération | ||||
| Maire Mandat |
Ronan Trellu 2026-2032 |
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| Code postal | 22100 | ||||
| Code commune | 22280 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Carnéen, Carnéenne | ||||
| Population municipale |
1 167 hab. (2023 |
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| Densité | 140 hab./km2 | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 48° 25′ 00″ nord, 2° 03′ 51″ ouest | ||||
| Altitude | 75 m Min. 7 m Max. 118 m |
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| Superficie | 8,36 km2 | ||||
| Type | Commune rurale à habitat dispersé | ||||
| Unité urbaine | Dinan (banlieue) |
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| Aire d'attraction | Dinan (commune de la couronne) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Canton de Lanvallay | ||||
| Législatives | Deuxième circonscription | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Côtes-d'Armor
Géolocalisation sur la carte : Bretagne (région administrative)
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| Liens | |||||
| Site web | saintcarne.com | ||||
Saint-Carné [sɛ̃kaʁne] (en breton : Sant-Karneg) est une commune du département des Côtes-d'Armor, dans la région Bretagne, en France. Démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plumaudan, elle appartient historiquement au Poudouvre, dans le pays de Dinan.
Géographie
Localisation
Saint-Carné est située à environ 6 km au sud de Dinan, sur une hauteur dominant la vallée de la Rance. La commune s'étend sur 836 hectares.
Jean-Baptiste Ogée décrivait en 1778 un « pays couvert, qui produit beaucoup de cidre », dont le territoire, « arrosé des eaux de la rivière de Rance et de plusieurs ruisseaux, offre des terres bien cultivées, quelques prairies, et peu de landes »[1].
Les communes limitrophes sont Bobital, Calorguen, Dinan, Lanvallay, Trélivan et Trévron.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par la Rance et le canal d'Ille et Rance[2],[Carte 1].
La Rance, d'une longueur de 104 km, prend sa source dans la commune du Mené et se jette dans la Manche entre Dinard et Saint-Malo, après avoir traversé 28 communes[3].
Le canal d'Ille-et-Rance est un canal, chenal et un cours d'eau naturel navigable, d'une longueur de 84 km. Il prend sa source dans la commune de Montreuil-sur-Ille et se jette dans l'Ille à Saint-Grégoire, après avoir traversé 25 communes[4].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[5]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[6]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[7]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[8]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[9],[10].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 1,2 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 759 mm, avec 12,4 jours de précipitations en janvier et 6,9 jours en juillet[5]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleurtuit à 18 km à vol d'oiseau[11], est de 11,9 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 752,0 mm[12],[13]. La température maximale relevée sur cette station est de 40 °C, atteinte le ; la température minimale est de −13,7 °C, atteinte le [Note 3].
Pour afficher une liste d'indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[14], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme
Typologie
Au , Saint-Carné est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[15]. Elle appartient à l'unité urbaine de Dinan, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue[16],[17]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dinan, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[17]. Cette aire, qui regroupe 25 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[18],[19].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (80,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (80,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (51,4 %), zones agricoles hétérogènes (19,9 %), forêts (13,3 %), prairies (9,4 %), zones urbanisées (6 %)[20]. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Formes historiques
Le nom de la localité est attesté sous les formes Seint Karnay en 1291 (mention de « Jehan de Seint Karnay », bourgeois de Léhon), Sanctus Karnetus et Sancto Karneto vers 1330 (pouillé latin publié par Auguste Longnon), S. Karnetus à la fin du XIVe siècle, Saint Carne en 1513 (réformation de l'évêché de Dol)[21],[22].
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Sant-Karneg[23].
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 12,8 % des toponymes de la commune sont bretons[24].
Étymologie
L'étymologie du toponyme est discutée. Une hypothèse propose une dérivation de l'ancien breton Ker Nay (« village de La Haye »)[22], une autre de carnaé (amas de pierre)[25]. Toutefois, le préfixe Saint- plaide pour un hagionyme, c'est-à-dire un nom dérivé de celui du saint patron de la paroisse.
L'identité controversée du saint patron
L'identité du saint éponyme fait l'objet de trois hypothèses contradictoires dans la littérature savante, sans qu'aucune ne s'impose[22],[21],[26] :
- Un saint inconnu. Dom Guy-Alexis Lobineau, dans Les Vies des saints de Bretagne (Rennes, 1725), qualifie ce saint d'« inconnu » et suggère une possible déformation ancienne cachant le nom de saint Hern ou Hernin, anachorète qui vécut dans la forêt de Carnoët ;
- Saint Hernin. Joachim Gaultier du Mottay, dans sa Géographie départementale des Côtes-du-Nord (1862) et son Essai d'iconographie et d'hagiographie bretonne (1869), identifie le patron avec saint Hernin, patron de Locarn et de Saint-Hernin ;
- Un saint irlandais. Certains érudits ont proposé un Carnaich cité dans d'anciennes litanies bretonnes du Xe siècle. Tanguy Daniel rejette cette identification sur des bases phonologiques : le nom Carnaich ne peut s'accorder avec les graphies Karnay (1291) et Karnetus (vers 1330)[26].
Le site Nominis de la Conférence des évêques de France propose une quatrième piste : un évêque irlandais du Ve siècle, fêté le . Dans l'église, une statue le représente en costume épiscopal[27].
Bernard Tanguy, dans son Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor (Douarnenez, Chasse-Marée/ArMen, 1992), identifie la paroisse comme l'une des 93 paroisses du diocèse de Dol. Son Grand dictionnaire historique des saints et saintes de Bretagne (Morlaix, Skol Vreizh, 2024, 688 p., œuvre posthume complétée par un comité de six chercheurs), qui recense près de 800 saints répartis dans 1 500 communes bretonnes, constitue la référence hagiographique la plus récente susceptible de traiter du saint patron de la paroisse[28].
Histoire
Préhistoire et Antiquité
Des haches néolithiques ont été découvertes sur le territoire communal. Un bracelet d'or gaulois a été mis au jour en 1866. Des substructions gallo-romaines (fondations) ont également été identifiées[21],[22].
Moyen Âge
Saint-Carné est un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plumaudan, dont les limites paroissiales suggèrent une création artificielle[21]. La première mention écrite date de 1291 avec « Jehan de Seint Karnay », bourgeois de Léhon. Vers 1330, la paroisse est attestée avec un recteur dans le pouillé latin publié par Auguste Longnon (Pouillés de la province de Tours, Paris, 1903).
Des mottes castrales sont attestées à Pont-Roux par les états de sections du cadastre de 1809 (archives départementales des Côtes-d'Armor, 3P280), où figurent les toponymes « les Murailles », « le jardin sur la motte », « les douves » et « les mottes »[21].
Guillaume Ferron, chevalier du Temple né à Saint-Carné, fut témoin de la charte du duc Conan IV en 1160 relative aux chevaliers du Temple[22].
Le château du Chesne-Ferron aurait été fondé par Payen Ferron à son retour de croisade (vers 1248). Le fief passe aux Ferron par le mariage d'Olivier Ferron avec Jeanne Du Val en 1443[29].
Ancien Régime
Organisation administrative et ecclésiastique
La paroisse de Saint-Carné, enclavée dans l'évêché de Saint-Malo, faisait partie du doyenné de Bobital relevant de l'évêché de Dol, et était sous le vocable de saint Pierre. C'est l'une des 24 enclaves doloises dans le diocèse de Saint-Malo. La cure était « à l'alternative » (le Pape et l'évêque nommaient alternativement). Le seigneur du Pin était considéré comme supérieur fondateur et prééminencier de l'église[30].
Saint-Carné comptait environ 600 communiants (soit 850 à 1 000 habitants) vers 1778, relevait de la subdélégation de Dinan, et disposait d'une haute justice appartenant à M. de Bruc (seigneurie du Pin)[1].
Données fiscales
En 1790, la commune était « extraordinairement chargée de rentes seigneuriales et de capitation au Roi, car presque la moitié de son territoire est en landes et en montagnes ». Le total des impositions s'élevait à 1 900 livres (capitation : 632 l., vingtièmes : 1 024 l., fouages : 338 l.). Sur 132 contribuables en 1778, 85 payaient moins de 3 livres[22],[31].
Révolution française et Chouannerie
La première municipalité est élue début 1790. L'abbé Gilles-René Marie de Miniac (Baguer-Morvan, – Saint-Carné, ), docteur en théologie, recteur-doyen de Saint-Carné depuis 1778, est élu député suppléant aux États généraux par l'assemblée du clergé du diocèse de Dol le . Il refuse le serment constitutionnel, rejoint la Société du Cœur de Jésus, est déclaré déchu le , puis s'exile à Jersey et à Bagnorea (États pontificaux). Il revient mourir à Saint-Carné en 1803[30],[32].
La paroisse est supprimée en 1792 et rattachée à Trévron. Elle est rétablie en 1803 avec adjonction de Bobital, qui en est séparée le .
Les biens ecclésiastiques vendus comme biens nationaux comprennent le Clos aux Prêtres, le Chauchix et la prestimonie de la Rue-Josse, acquis par Joseph Brillard le . L'argenterie d'église (calices, ostensoir, croix) est inventoriée le avant envoi à la Monnaie[30].
Un traité de paix est signé le au château du Chêne-Ferron entre les chouans de la région et le général La Barolière, dans le cadre de la pacification de la chouannerie en Bretagne[22],[25].
XIXe siècle
L'église est substantiellement reconstruite entre 1826 et 1845 (voir section Lieux et monuments). Jusqu'en 1835, un logis au nord-est de l'église abritait la perception pour Saint-Carné, Lanvallay, Quévert, Aucaleuc, Trélivan et Léhon, transférée ensuite à Dinan[33].
Le château du Chêne-Ferron est restauré et agrandi dans les années 1880 par Bertrand de Ferron, probablement par l'architecte Henri Mellet[34].
Seconde Guerre mondiale
Le monument aux morts porte les noms de 45 soldats morts pour la Patrie[35] : 39 sont morts durant la Première Guerre mondiale et 6 durant la Seconde Guerre mondiale.
Louis Hesry
Louis Jean-Baptiste Hesry (Saint-Jacut-de-la-Mer, – Saint-Jacques-de-la-Lande, ), électricien installé à Saint-Carné, dirigeait une petite entreprise avec sa sœur. Son épouse, Madeleine Ollivier, était institutrice en poste dans la commune. Chef de groupe, il reconstitue le groupe de l'Organisation civile et militaire (OCM) de l'abbé Barré après l'arrestation de ce dernier. Il participe à plusieurs parachutages et sabotages de lignes de communication. En , au sein d'un groupe d'une vingtaine de résistants de la région de Dinan, il participe à la libération de deux membres importants de la direction FTP d'Ille-et-Vilaine, incarcérés à Dinan. L'opération, très risquée, est couronnée de succès dans la nuit du 11 au . Le , il se rend au café Roussel du Hinglé en compagnie de Charles Maillard. Les Feldgendarmes de Dinan investissent les lieux et les désarment. Conduits à la prison de Dinan, ils sont torturés. L'arrestation est la conséquence d'une dénonciation. Transféré à la prison Jacques-Cartier de Rennes, il est condamné à mort le . Le lendemain , il est fusillé à 6 h 35 au camp de la Maltière avec neuf camarades. Il avait trente ans[36],[37].
Henri Laplanche
Henri Ferdinand Laplanche (Saint-Carné, – Saint-Jacques-de-la-Lande, ), cordonnier installé à Dinan, est membre des Francs-tireurs et partisans (FTP) et du Parti communiste clandestin. Sa proximité avec les ouvriers carriers du bassin du Hinglé détermine probablement son engagement. Il participe à l'exfiltration des deux chefs de la Résistance en Ille-et-Vilaine incarcérés à Dinan[38]. Arrêté le au Hinglé par la Feldgendarmerie, il est transféré à la prison de Rennes, condamné à mort le , et fusillé le lendemain à 6 h 35 à la Maltière avec ses neuf camarades. Il avait vingt-six ans. Son nom figure sur la plaque du camp de la Maltière et sur le monument de la Résistance et de la Déportation de Dinan[39],[40].
Politique et administration
Liste des maires
Équipements et services publics
Population et société
Démographie
Évolution démographique
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[48]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[49].
En 2023, la commune comptait 1 167 habitants[Note 5], en évolution de +16,93 % par rapport à 2017 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Données historiques
Avant les recensements modernes, les sources anciennes fournissent les chiffres suivants[1],[22],[52] :
| Année | 1778 | 1790 | 1803 | 1838 | 1851 | 1870 | 1887 | 1913 | 1922 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Population | ~600 communiants | 704 | 612 | 860 | 808 | 815 | 787 | 748 | 640 |
La population augmente fortement à partir des années 1980, portée par la périurbanisation de l'agglomération de Dinan.
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
L'inventaire topographique de 2012 (enquêtrice : Véronique Orain, service de l'Inventaire du patrimoine culturel, Région Bretagne), mené dans le cadre du projet de Parc naturel régional Vallée de la Rance - Côte d'Émeraude, a recensé 167 éléments patrimoniaux et produit 10 dossiers d'étude détaillés[21]. Aucun monument de la commune n'est classé ni inscrit au titre des monuments historiques.
Église paroissiale Saint-Pierre
L'église paroissiale, dédiée à saint Pierre, présente un plan en croix latine avec nef unique à voûte lambrissée, chevet plat et clocher latéral au nord[53],[26].
Le clocher carré, seul élément ancien subsistant, date de 1666. La flèche en charpente couverte d'ardoises le surmonte. L'édifice a été presque entièrement reconstruit entre 1826 et 1845 : restauration du clocher (fendu de haut en bas) et reconstruction du bras sud du transept en 1826 (architecte M. Fossey, Dinan), restauration de la nef en 1839, réfection du portail en 1840, reconstruction totale du chœur et de la sacristie en 1845 (plans de Marc Boschel, entrepreneur Louis Labbé, achèvement le ). Une inscription sur la façade porte : « BOSCHEL MAIRE DE ST CARNÉ. ÉGLISE REBATIE PAR LES HABITANS... 1845 ». Le clocher est réparé après la foudre en 1909. En 2008-2010, une restauration complète du clocher est entreprise avec l'aide de la Sauvegarde de l'art français (10 000 €)[26]. L'église fait également l'objet d'un projet de restauration par la Fondation du patrimoine[54].
Le mobilier comprend trois autels avec retables du XVIIIe siècle à colonnes ioniques et niches latérales. On y trouve des statues polychromes de sainte Émérence et saint Étienne (XVIIIe siècle), ainsi qu'une statue de Carné en costume épiscopal[53],[22],[55].
Château du Chêne-Ferron
Dominant la vallée de la Rance, le château du Chêne-Ferron est le monument le plus remarquable de la commune. Le site est classé depuis le (« Le château du Chêne-Ferron et ses abords »)[34],[56].
L'origine du fief remonte au mariage d'Olivier Ferron avec Jeanne Du Val en 1443. Les parties visibles les plus anciennes datent de la fin du XVIe siècle et du début du XVIIe siècle, avec un décor ornemental Renaissance (pilastres à colonnes cannelées, chapiteaux composites, appuis de fenêtres godronés). Les communs sont datés de 1731. L'ensemble est reconstruit partiellement en 1881 dans un style éclectique, probablement par l'architecte Henri Mellet[34],[29].
Le château est qualifié de « château parlementaire » en raison d'Étienne-François-Marie Ferron du Chesne (Dinan, – 1819), conseiller au Parlement de Bretagne à partir de 1760[29].
La chapelle du Chêne-Ferron, dédiée à sainte Émérencepetit édifice rectangulaire reconstruit vers 1731 et restauré en 1881, fait partie du domaine[34].
Propriété privée, le château n'est pas visitable.
Autres éléments patrimoniaux
- Croix du Chêne : croix ancienne en granit (haut Moyen Âge ou Moyen Âge), située au sud du château, comparable aux croix de Brusvily et Calorguen[57],[58].
- Manoir de la Mancelais (XVIe siècle-XVIIe siècle) : distingué par sa tourelle d'escalier du XVIe siècle. Appartenait à Simon Ferron en 1513[22].
- Manoir du Pin : avec haute justice, propriété de M. de Bruc à la Révolution ; en 1513, au sieur de Montmoron[22].
- Le bourg : alignements de maisons du XVIIe siècle avec portes en plein cintre et pignons aigus. Rue Josse mentionnée dans un aveu de 1697. Ancien logis du XVIe siècle ayant servi de perception[33].
- Ferme de la Basse Villeneuve (première moitié du XVIIe siècle, transformée en 1753)[59].
- Maison éclusière no 46 de Pont Perrin (XIXe siècle) : sur le canal d'Ille-et-Rance[60].
Personnalités liées à la commune
- Guillaume Ferron (XIIe siècle), chevalier du Temple, témoin à la charte du duc Conan IV en 1160[22].
- Gilles-René Marie de Miniac (1746-1803), recteur-doyen, député suppléant aux États généraux, prêtre réfractaire exilé[30],[32].
- Étienne-François-Marie Ferron du Chesne (1736-1819), conseiller au Parlement de Bretagne[29].
- Bertrand-Joseph-Marie Ferron du Chesne (Saint-Carné, – après 1881), zouave pontifical, combattant de Castelfidardo (1860) et Mentana (1867), blessé à la bataille de Loigny (1870), chevalier de l'Ordre de Pie IX. Il restaure le château dans les années 1880[29].
- Abbé Rémy Le Mée, ancien recteur de Saint-Carné, auteur d'Instruction du peuple en Bretagne avant la Révolution de 1789 (Saint-Brieuc, 1883)[22].
- Henri Ferdinand Laplanche (1918-1944), résistant FTP, fusillé à la Maltière[39].
- Louis Jean-Baptiste Hesry (1914-1944), résistant OCM, chef de groupe, fusillé à la Maltière[36].
Seigneuries et familles nobles
Ferron du Chesne
La famille Ferron du Chesne, seigneurs du Chêne-Ferron, est la principale famille noble de la paroisse. Armes : d'azur à une bande d'argent chargée de quatre hermines de sable, le champ semé de billettes d'argent sans nombre. Devise : Sans tache (accordée par Henri IV). Maintenue noble d'extraction (9 générations) par arrêts des et [29],[61].
Faits marquants de la lignée : Olivier Ferron épouse Jeanne Du Val en 1443 et acquiert le Chesne ; Jehan Ferron comparaît armé (brigandine et guisarme) à la montre de 1480 ; Simon Ferron possède le Chesne et la Mensilaye en 1513 ; Bertrand et Guillaume Ferron du Chesne combattent pour Henri IV contre les Ligueurs ; Étienne-François-Marie Ferron (1736-1819) est conseiller au Parlement de Bretagne dès 1760 ; René-François de Ferron du Chesne fait ses preuves de noblesse en 1788 pour être page du duc d'Orléans[29].
Autres familles
- Du Breil : dans la réformation de la noblesse de 1668, René du Breil, sieur de Saint-Carné, apparaît comme frère cadet de Louis du Breil, sieur du Pontbriand. Armes : d'azur à un lion d'argent, armé et lampassé de gueules[62].
- Saint-Cyr (de) : sieurs de Coatcarré, paroisse de Saint-Carné. Déboutés à la réformation de 1669. Françoise de Saint-Cyr épouse Bertrand Ferron en [63].
Héraldique
![]() |
Blason | D'azur semé de billettes d'argent à la bande brochante du même chargée de quatre mouchetures d'hermine de sable. Armes de la famille Ferron du Chesne, seigneurs du Chêne-Ferron. Devise : Sans tache (accordée par Henri IV). |
|---|---|---|
| Détails | Le statut officiel du blason reste à déterminer. |
Pour approfondir
Bibliographie
- Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, Nantes, Vatar fils aîné, .
- Ogée, Marteville et Varin, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne : Nouvelle édition, Rennes, Molliex/Deniel, 1843-1853.
- Bernard Tanguy, Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses des Côtes-d'Armor, Douarnenez, Chasse-Marée/ArMen, , 404 p..
- Bernard Tanguy, Grand dictionnaire historique des saints et saintes de Bretagne, Morlaix, Skol Vreizh, , 688 p. (ISBN 978-2-36758-175-0).
- Erwan Vallerie, Communes bretonnes et paroisses d'Armorique, Brasparts, Beltan, , 284 p..
- abbé Auguste Lemasson, Histoire du Pays de Dinan de 1789 à 1815, Dinan, Le Pays de Dinan, (1re éd. 1925).
- M.E. Monier, Châteaux, manoirs et paysages ou quinze promenades autour de Dinan, Mayenne, Joseph Floch, , p. 450-456.
- René Couffon, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, Saint-Brieuc, Les Presses bretonnes, 1939-1947.
- Jean Gourbil, Vieilles croix du Pays de Dinan, Pornichet, Jean-Marie Pierre, .
- Jean-Luc Flohic, Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor, Paris, Flohic, .
- Henri Frotier de la Messelière, Les manoirs bretons des Côtes-du-Nord, t. LXXII, p. 260.
- Alain Prigent et Serge Tilly, Les fusillés et les décapités dans les Côtes-du-Nord (1940-1944), , chap. 12.
Articles connexes
- Liste des communes des Côtes-d'Armor
- Communauté d'agglomération Dinan Agglomération
- Poudouvre
- Évêché de Dol
- Canal d'Ille-et-Rance
- Chouannerie
Liens externes
- Site officiel
- Ressources relatives à la géographie :
- « Présentation de la commune de Saint-Carné », sur patrimoine.bzh
- Saint-Carné sur Infobretagne
Notes et références
Notes
- ↑ Accès au lien de l'article Wikipédia de la commune limitrophe en cliquant sur celle-ci.
- ↑ Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
- ↑ Les records sont établis sur la période du au .
- ↑ La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
Cartes
- ↑ « Réseau hydrographique de Saint-Carné » sur Géoportail (consulté le 1 mai 2025).
- ↑ IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).
Références
- Jean-Baptiste Ogée, Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne, t. IV, Nantes, Vatar fils aîné, .
- ↑ « Fiche communale de Saint-Carné », sur le système d’information pour la gestion des eaux souterraines (consulté le ).
- ↑ Sandre, « La Rance ».
- ↑ Sandre, « Le canal d'Ille et Rance ».
- Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI 10.4000/cybergeo.23155, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le )
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- ↑ « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le )
- ↑ « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
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- ↑ « Station Météo-France « Dinard », sur la commune de Pleurtuit - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le )
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