Saint-Laurent-des-Mortiers
| Saint-Laurent-des-Mortiers | |
L'église Saint-Laurent. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Pays de la Loire |
| Département | Mayenne |
| Arrondissement | Château-Gontier |
| Intercommunalité | Communauté de communes du Pays de Château-Gontier |
| Statut | Commune déléguée |
| Maire délégué | Agnès Taunais |
| Code postal | 53290 |
| Code commune | 53231 |
| Démographie | |
| Gentilé | Laurentais |
| Population | 185 hab. (2023) |
| Densité | 18 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 47° 46′ 19″ nord, 0° 32′ 50″ ouest |
| Altitude | Min. 41 m Max. 82 m |
| Superficie | 10,06 km2 |
| Élections | |
| Départementales | Azé |
| Historique | |
| Fusion | 2019 |
| Intégrée à | Bierné-les-Villages |
| Localisation | |
Saint-Laurent-des-Mortiers est une commune déléguée française, située dans le département de la Mayenne en région Pays de la Loire, peuplée de 185 habitants[Note 1].
Depuis le , Saint-Laurent-des-Mortiers est intégré dans la commune nouvelle de Bierné-les-Villages née de la fusion avec Argenton-Notre-Dame, Bierné et Saint-Michel-de-Feins[1].
La commune fait partie de la province historique de l'Anjou (Haut-Anjou)[2].
Géographie
La commune est située dans le Sud-Mayenne.
Toponymie
Le cartulaire du Geneteil de 1120 évoque déjà le nom de Capellanus Sancti Laurentii de Morteriis ; le nom changera peu ensuite. Sous la Révolution, « Saint-Laurent » disparaît : la commune porte uniquement le nom des Mortiers en 1794[3].
« Saint-Laurent » est le vocable de l'église, d'après Laurent de Rome, un des premiers martyrs chrétiens du IIIe siècle ; ce nom signe souvent une église ancienne du haut Moyen Âge. Pour « Mortiers », deux hypothèses sont évoquées : l'importance du lieu, cour royale attestée en 1283, avec présence d'un président à mortier jamais attestée ; l'autre signification est la boue en raison des marais et étangs autour de la forteresse sur le ruisseau de Savesnière.
Histoire
La commune faisait partie de la sénéchaussée angevine de Château-Gontier dépendante de la sénéchaussée principale d'Angers depuis le Moyen Âge jusqu'à la Révolution française.
Dès 1307, elle est identifiée sous le nom de Saint Laurentz des Mortiers dans le chartrier de la Roé. En 1283 elle est dotée d'une cour royale, deuxième cour de l’Anjou avec Angers à laquelle sont rattachés des notaires de Château-Gontier, Bazouges, Saint-Denis-d'Anjou, Craon, Pommerieux, Saint-Gault, Quelaines, Villiers, Maisoncelles, Bouère, Préaux, La Bazouge-de-Chemeré, Parné[3].
Cette partie de l'Anjou n'est pas épargnée par la guerre de Cent Ans avec prise, reprise et destruction de sa forteresse.
Les combats de la chouannerie sont la cause de l'incendie de la nef de l'église[4].
En 1790, lors de la création des départements français, une partie du Haut-Anjou est intégrée au département de la Mayenne sous l'appellation d'usage de Mayenne angevine.
Le préfet de la Mayenne approuve le la fusion des communes d'Argenton-Notre-Dame, Saint-Michel-de-Feins, Saint-Laurent-des-Mortiers et Bierné pour créer la commune de Bierné-les-Villages le [5].
Politique et administration
Administration municipale
Administration avant 2019
Administration depuis 2019
Depuis le , Saint-Laurent-des-Mortiers constitue une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Bierné-les-Villages et dispose d'un maire délégué.
Démographie
En 2023, la commune comptait 185 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2007, 2012, 2017, etc. pour Saint-Laurent-des-Mortiers[11]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 2].
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
Le logis seigneurial de la Juquaise a été construit à l'emplacement de l'ancien château de Brûlon[14].
L'église Saint-Laurent est d'origine romane. Le mur méridional présente des chaînages en arêtes de poisson et plusieurs ouvertures romanes. Une pierre de proclamation est installée sur un chapiteau gallo-romain, la nef brûle quand des chouans cherchent à enfumer des bleus réfugiés dans le clocher[4].
-
Église Saint-Laurent des Mortiers au bout du chemin pavé. -
Transept méridional et ses deux ouvertures romanes. -
Arc roman surbaissé sur une ouverture murée, pierre de proclamation sur un chapiteau gallo-romain. -
Arc brisé roman de la porte méridionale. -
Décor du chœur XIXe. -
Galerie XIXe de la reconstruction de la nef. -
Plaques des deux prêtres martyrs.
La forteresse du Heyaume était située en contrebas du village. Entourée de fossés et d'étangs sur le ruisseau de Savesnière, elle a complètement disparu depuis 1830. Le clocher de l'église aurait servi de tour de guet et l'église de chapelle castrale. Elle est prise par les Anglais en 1427 pendant que Jacques de Scépeaux est à la messe puis reprise par le sire de Retz. D'Arondel dévaste la fortification en 1433 et 1437. À la fin du XVIIIe siècle, les habitants ont le droit de prendre les pierres des ruines pour construire leurs maisons[3],[4].
Le château du Bignon[Note 3] est situé à l'entrée méridionale du bourg[15]. Il a été construit dans les premières années du XIXe siècle par Marie Joseph de Bonchamps[Note 4], conseiller en l'élection de Château-Gontier, 1696, 1709. Le , on transporte d'Azé à Saint-Laurent-des-Mortiers le corps de M. Dubignon-Gouesse ;
- Jacob-Nicolas-François-Mathieu Guiteau, fils aîné de Jacob Guiteau. Ses trois sœurs s'étaient mariées dans les maisons des Haies, du Boul et de Gurie, il succéda à son père comme lieutenant général au présidial de Château-Gontier et épousa Élisabeth Nicole Gouesse, veuve, 1754, 1761, seigneur de Bannes, gendre et héritier de René Gouesse du Bignon. Lieutenant au présidial de Château-Gontier, représenté à l'assemblée de la noblesse en 1789, avait épousé le Florence Chotard, âgée de seize ans, fille de François Chotard et de Jeanne Duchemin de la Frogerie. Il était en prison pendant la Terreur. René François-Primaudière ordonna de le rendre à la liberté sous la responsabilité de la municipalité de Cossé-en-Champagne. Florence Chotard exprime sa reconnaissance au représentant et lui recommande sa mère, prisonnière « sans être ci-devant, ni parente d'émigrés, et très bienfaisante » ;
- Marie Joseph de Bonchamps, héritage de son épouse Jeanne-Louise Guitau, fille de Jacob François Guitau, seigneur de Bannes, lieutenant-général au siège présidial de Château-Gontier et d'Elisabeth Nicole Gouesse. Il a ensuite appartenu à son fils Louis Florent de Bonchamps sur l'emplacement d'une ancienne maison, au sud et tout près du bourg[15]. Alphonse-Victor Angot écrit que le grand logis, avec les deux pavillons qui joignent la grille donnant sur la rue, fut décoré avec prodigalité de bas-reliefs en plâtre ou ciment qui ne résistent plus « dans l'abandon où est laissée l'habitation, aux injures des eaux et de la gelée »[15]. Une chapelle dès longtemps en ruine avait été interdite, affirme-t-on, « depuis 200 ans » parce qu'on y avait enterré un homme assassiné dans le voisinage[15],[Note 5],[Note 6].
Personnalités liées à la commune
- Marie Joseph de Bonchamps (1749-1806), homme politique ;
- Louis Florent de Bonchamps (1782-1853), homme politique, fils du précédent ;
- Edmond Henri de Bonchamps (1811-1850), militaire, fils du précédent ;
Deux prêtres martyrs de la Révolution sont honorés par des plaques apposées à la façade de l'église :
- Louis Bault, noyé à Nantes le , prêtre réfractaire, curé de Saint-Laurent[16] ;
- André Duliou, guillotiné à Laval le , prêtre réfractaire natif de Saint-Laurent, curé de Saint-Fort, béatifié le avec les treize autres martyrs.
Pour approfondir
Articles connexes
Liens externes
- Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2014 (site de l'IGN, téléchargement du 1er mars 2015)
- Résumé statistique de Saint-Laurent-des-Mortiers sur le site de l'Insee
Notes et références
Notes
- ↑ Population municipale 2023, légale en 2026.
- ↑ Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
- ↑ Ne pas confondre ce château du Bignon avec le château de Bignon situé au Bignon-Mirabeau dans le département du Loiret. C'était la demeure du poète Patrice de La Tour du Pin.
- ↑ |Le château a été construit sur un domaine qui avait appartenu à :
- René Gouesse du Bignon, mort à Paris, 1748, et laissant encore : Molizé, le Bois-Bureau (Bierné), la Suhardière (Saint-Michel-de-Feins).
- ↑ Photographie sur le site du ministère de la Culture.
- ↑ Photographies anciennes sur le site des Archives nationales.
Références
- ↑ « recueil des actes administratifs » [PDF].
- ↑ Claude-Marin Saugrain, Dictionnaire universel de la France ancienne et moderne et de la Nouvelle France, vol. 3, , p. 391
- Angot, Alphonse, (1844-1917), Auteur., Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne., t. 3, Mayenne, J. Floch, (OCLC 493010484, lire en ligne), Saint-Laurent-des-Mortiers.
- Pays de Chateau-Gontier, « Saint Laurent des Mortiers », sur www.chateaugontier.fr (consulté le ).
- ↑ « Recueil des actes administratifs du 19 novembre 2018 » [PDF], sur le site de la préfecture de la Mayenne (consulté le ).
- « Saint-Laurent-des-Mortiers », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. III
- « Henri Boivin se représente pour un 4e mandat », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ Réélection 2014 : « Saint-Laurent-des-Mortiers (53290) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ « Bierné-les-Villages. Marie-Noëlle Tribondeau est élue maire de la commune nouvelle », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ « Municipales à Bierné-les-Villages. Marie-Noëlle Tribondeau a été réélue maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ Date du prochain recensement à Saint-Laurent-des-Mortiers, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- ↑ Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 20112012201320142015 2016 2017 2018 .
- ↑ « La Juquaise », sur www.juquaise.com (consulté le ).
- Angot et Gaugain 1900-1910.
- ↑ « Les prêtres angevins morts à Nantes », Revue de Bretagne, , p. 101-108 (lire en ligne).
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