Saint-Pierre-de-Semilly
| Saint-Pierre-de-Semilly | |
L'entrée de la commune. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Saint-Lô |
| Intercommunalité | Saint-Lô Agglo |
| Maire Mandat |
Jean-Claude Braud 2020-2026 |
| Code postal | 50810 |
| Code commune | 50538 |
| Démographie | |
| Gentilé | Semillais |
| Population municipale |
421 hab. (2023 |
| Densité | 92 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 07′ 15″ nord, 1° 00′ 16″ ouest |
| Altitude | Min. 78 m Max. 174 m |
| Superficie | 4,59 km2 |
| Type | Commune rurale à habitat dispersé |
| Unité urbaine | Hors unité urbaine |
| Aire d'attraction | Saint-Lô (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Pont-Hébert |
| Législatives | Première circonscription |
| Localisation | |
Saint-Pierre-de-Semilly est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de 421 habitants[Note 1].
Géographie
La commune est située à l'est du département de la manche, à 6 km à l'est de Saint-Lô.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ruisseau des Etangs de Semilly[2],[Carte 1].

Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le plan d'eau 1 de la commune de Saint-Pierre-de-Semilly, d'une superficie totale de 1,4 ha (0,9 ha sur la commune) et le plan d'eau 2 de la commune de Saint-Pierre-de-Semilly (1,2 ha)[Carte 1],[3].
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[4]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[5]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[6] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[7]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[8],[9].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,4 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 11,9 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 996 mm, avec 14,4 jours de précipitations en janvier et 8,5 jours en juillet[4]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Condé-sur-Vire à 8 km à vol d'oiseau[10], est de 11,3 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 956,7 mm[11],[12]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,5 °C, atteinte le ; la température minimale est de −19 °C, atteinte le [Note 3].
Urbanisme
Typologie
Au , Saint-Pierre-de-Semilly est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[13]. Elle est située hors unité urbaine[14]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Lô, dont elle est une commune de la couronne[Note 4],[14]. Cette aire, qui regroupe 63 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[15],[16].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (93,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (94,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (58,5 %), terres arables (28,7 %), zones urbanisées (6,5 %), zones agricoles hétérogènes (6,3 %)[17]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous la forme Saint Pierre du Chastel de Semilly en 1310[18].
L'hagiotoponyme Saint-Pierre fait référence à l'apôtre Pierre.
Le nom de Semilly représente l'appellation initiale d'un domaine qui fut démembré en deux paroisses, Saint-Pierre-de-Semilly et La Barre-de-Semilly.
Le gentilé est Semillais.
Histoire
Saint-Pierre-de-Semilly fut probablement occupé dès l'époque gallo-romaine, comme le laisse supposer le passage sur son territoire de la voie romaine Isigny-Vire qui passait près du presbytère et du château actuel, et un peu à l'ouest de l'ancien château fort, et, la découverte de divers débris et objet de cette époque[19], notamment de nombreuses médailles romaines du Haut-Empire découvertes vers la fin du XVIIe siècle, près du château[20].
Un village existe probablement à l'époque mérovingienne, et un premier village fortifié accolé à une motte castrale voit le jour afin de contrôler un passage à gué sur l'antique voie romaine d'Isigny à Vire.
Au XIe siècle, les ducs de Normandie sur une éminence dominant le gué, érige un donjon, accolé à une basse-cour, l'ensemble protégé par des levées de terres et des fossés et par les étangs créés à cette époque sur l'ancien gué avec la construction d'une digue-chaussée.
Le bourg, situé à l'ouest de la forteresse, protégé par une seconde enceinte se développe autour de l'église. Rattaché au domaine royal français en 1204, la châtellenie est donné en 1259 par Saint Louis à Richard de Parfouru, à titre de ferme perpétuelle. Le domaine passe ensuite à la famille de Mathan, à la suite du mariage d'une petite-fille de Richard avec Jean III de Mathan, chevalier. Devenu inutile après la guerre de Cent Ans la forteresse est rasé, et l'on édifie un nouveau manoir seigneurial à peu de distance sur le rempart nord du village.
Un gibet était situé à l'est du bourg, et un Hôpital permettait d’accueillir les pauvres[19]. Une foire annuelle se tenait le [19].
Le château actuel de style Renaissance est construit par Georges Ier de Mathan (1528-1592), gouverneur de la ville et du château de Saint-Lô.
À la fin du XVIIe siècle, Louis de Mathan procède à des aménagements paysagers. Son fils, Bernardin de Mathan, au milieu du XVIIIe siècle fera de même. Au XIXe siècle, Georges de Mathan transforme le site de l'ancien château médiéval en parc avec une promenade autour des étangs.
Politique et administration
Le conseil municipal est composé de onze membres dont le maire et trois adjoints[24].
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[26]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[27].
En 2023, la commune comptait 421 habitants[Note 5], en évolution de −5,18 % par rapport à 2017 (Manche : +0,13 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Économie
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Château de Saint-Pierre-de-Semilly de style Renaissance des XVIe, XVIIIe – XXe siècles, inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du [30]. Le château se présente sous la forme d'un logis rectangulaire du XVIe, d'une tour octogonale, d'un pavillon d'entrée armorié.
- Ruines d'un château médiéval, sur une éminence naturelle dominant les étangs, vraisemblablement construit au XIe siècle et où ont séjourné Henri Ier Beauclerc, Henri II Plantagenêt et Richard Cœur de Lion où il signa plusieurs chartes.
- Jean sans Terre, alors qu'il était duc de Normandie, donna la quatrième année de son règne (1199-1204) divers commissions, datées de Rouen, à Robert de Trégoz, dont celle de remettre le château de Semilly à Guillaume II du Hommet († v. 1210), connétable de Normandie[31].
- Dans la première moitié du XIVe siècle, au cours de la guerre de Cent Ans, le château fut occupé par les Anglais jusqu'au retour de la Normandie à la France, et rasé peu après. De la forteresse médiéval, il ne subsiste au sommet du talus que quelques hauts pans de murs en schiste appareillés en « arêtes de poisson ». L'esplanade du donjon, dissimulé dans le sous-bois, est bordé au nord et à l'est par un ancien fossé. Au sommet de la butte, l'ancienne basse-cour est devenue un simple pré.
- Motte castrale. Située à gauche du bourg, celle-ci ne se devine plus, ensevelie sous le sous-bois.
- Vestiges du rempart urbain, enfoui sous la végétation. Il s'ouvre d’une brèche sur la route départementale 90 (vers Saint-Lô), et sous la passerelle qui l’enjambe on peut en voir l'importance.
- Grande ferme à cour carrée, à l'ouest du château, qui s'étend jusqu'à l'église.
- Église Saint-Pierre du XIIe siècle inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [32], d'origine romane comme en témoigne son portail sculpté sur la façade sud et l'appareillage des pierres de la nef en épi (opus spicatum). L'édifice, qui arbore un clocher carré et une nef unique, abrite des fonts baptismaux du XIIIe et des statues du XVIIIe[25].
- Presbytère.
- Croix de chemin dite Croix des douze Chênes du XVIIe siècle, et croix de cimetière du XVIIe siècle.
- L'étang de Saint-Pierre et les abords du château sont un site naturel classé et inscrit par arrêté des et [33].
-

La porterie du château. -

Le château Renaissance. -

L’église Saint-Pierre. Vue est. -

Le monument aux morts et l’église Saint-Pierre.
Activité et manifestations
Personnalités liées à la commune

- Geoffrey de Clinton († v. 1133), baron anglo-normand, chambellan et trésorier du roi d'Angleterre Henri Ier.
- Élisabeth de Surville (Saint-Pierre-de-Semilly, 1682 - 1718), cofondatrice de l'Institut des Filles du Bon Sauveur[34].
- Georges de Mathan ( - ), marquis de Mathan, pair de France, maréchal des camps et armées du roi, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, officier de l'ordre royal de la Légion d'honneur, est inhumé à Saint-Pierre-de-Semilly. La famille de Mathan, originaire de Saint-Pierre-de-Semilly, est en possession du château depuis 1330[25].
Pour approfondir
Bibliographie
- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 221.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 594.
Articles connexes
Liens externes
- Archives conservées par : archives départementales de la Manche (32 ED, ead_ir_consult.php?a=4&ref=FRAD050_00065)
- Ressources relatives à la géographie :
- Saint-Pierre-de-Semilly sur le site de l'Insee
- Généalogie de la famille de Mathan
- Notice biographique sur M. de Mathan, Mis de Mathan, Pair de France... Par M. Latrouette (Gallica - BNF)
- Article Ouest-France "Une histoire de famille qui perdure depuis 700 ans" (07/08/2013)
- Informations complémentaires à propos de Saint-Pierre-de-Semilly sur l'encyclopédie Wikimanche.fr
- « Climadiag Commune : diagnostiquez les enjeux climatiques de votre collectivité. », sur Météo-France, (consulté le ). Site élaboré à partir des données de projections climatiques de référence DRIAS-2020. Entrer le nom de la commune pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques.
Notes et références
Notes
- ↑ Population municipale 2023.
- ↑ Les ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.
- ↑ Les records sont établis sur la période du au .
- ↑ La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
- ↑ Population municipale de référence en vigueur au 1er janvier 2026, millésimée 2023, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2025, date de référence statistique : 1er janvier 2023.
Cartes
- « Réseau hydrographique de Saint-Pierre-de-Semilly » sur Géoportail (consulté le 13 avril 2025).
- ↑ IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).
Références
- Altitudes, superficie : répertoire géographique des communes[35].
- ↑ « Géoportail (IGN), couche « Limites Administratives » activée ».
- ↑ « Fiche communale de Saint-Pierre-de-Semilly », sur le système d’information pour la gestion des eaux souterraines (consulté le ).
- ↑ « Le millésime 2022 de la BD TOPAGE® métropole est disponible », sur eaufrance.fr (consulté le ).
- Daniel Joly, Thierry Brossard, Hervé Cardot, Jean Cavailhes, Mohamed Hilal et Pierre Wavresky, « Les types de climats en France, une construction spatiale », Cybergéo, revue européenne de géographie - European Journal of Geography, no 501, (DOI 10.4000/cybergeo.23155).
- ↑ Vincent Dubreuil, « Le changement climatique en France illustré par la classification de Köppen », La Météorologie, no 116, (DOI 10.37053/lameteorologie-2022-0012).
- ↑ « Le climat en France hexagonale et Corse. », sur meteofrance.com (consulté le ).
- ↑ « Zonages climatiques en France métropolitaine. », sur pluiesextremes.meteo.fr (consulté le ).
- ↑ « Réglementation environnementale RE2020 », sur ecologie.gouv.fr, (consulté le ).
- ↑ « Répartition des départements par zone climatique » [PDF], sur ecologie.gouv.fr (consulté le )
- ↑ « Orthodromie entre Saint-Pierre-de-Semilly et Condé-sur-Vire », sur fr.distance.to (consulté le ).
- ↑ « Station Météo-France « Condé Sur Vire_sapc », sur la commune de Condé-sur-Vire - fiche climatologique - période 1991-2020. », sur object.files.data.gouv.fr/meteofrance/ (consulté le ).
- ↑ « Station Météo-France « Condé Sur Vire_sapc », sur la commune de Condé-sur-Vire - fiche de métadonnées. », sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
- ↑ « La grille communale de densité », sur Insee, (consulté le ).
- Insee, « Métadonnées de la commune de Saint-Pierre-de-Semilly ».
- ↑ « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Saint-Lô », sur Insee (consulté le ).
- ↑ Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Insee, (consulté le ).
- ↑ « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole) », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique (consulté le ).
- ↑ Ernest Nègre, Toponymie générale de la France, Droz, , p. 1572.
- Delattre, 2002, p. 221.
- ↑ de Gerville 1829, p. 233 lire en ligne sur Gallica..
- ↑ Mort en exercice le .
- ↑ Mort en exercice le .
- ↑ Mort en exercice le .
- Jean-Claude Braud élu maire.
- Gautier 2014, p. 594.
- ↑ L'organisation du recensement, sur insee.fr.
- ↑ Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- ↑ Fiches Insee - Populations de référence de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020, 2021, 2022 et 2023.
- ↑ « Château », notice no PA00110596, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Charles de Gerville, « Recherches sur les anciens châteaux du département de la Manche : Arrondissement de Saint-Lô », dans Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, Mancel (Caen) - Ponthieu et Delaunay (Paris), (lire en ligne), p. 216-217.
- ↑ « Église », notice no PA00110597, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Document émis par la DREAL de Basse-Normandie.
- ↑ « La Fondation Bon Sauveur d'Alby - Les fondateurs du Bon Sauveur » (consulté le ).
- ↑ Site de l'IGN.
- Portail du département de la Manche
- Portail des communes de France





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