Saint-jean-de-la-porte (AOC)

Saint-jean-de-la-porte
Image illustrative de l’article Saint-jean-de-la-porte (AOC)
Vignobles à Saint-Jean-de-la-Porte.

Appellation(s) principale(s) vin de Savoie
Type d'appellation(s) dénomination au sein d'une AOP
Reconnue depuis 1957 (cru d'un VDQS) et 1973 (DGC d'une AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble de Savoie
Localisation Savoie
Climat semi-continental sous influence montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 894 heures (à Chambéry)[1]
Superficie plantée 16,6 hectares (en 2024)[2]
Cépages dominants mondeuse R[note 1]
Vins produits rouges
Production 806 hectolitres (en 2024)[2]
Pieds à l'hectare minimum 5 000 ceps/ha[3]
Rendement moyen à l'hectare 48 hl/ha (en 2024)[2]

Un saint-jean-de-la-porte[note 2], ou un vin de Savoie Saint-Jean-de-la-Porte, est un vin rouge de Savoie, produit sur la commune de Saint-Jean-de-la-Porte. C'est une dénomination géographique complémentaire au sein de l'appellation d'origine contrôlée « vin de Savoie » depuis 1973.

Histoire

Comme dans toute la vallée de l'Isère, la colonisation romaine développa la culture de la vigne, ce qui incita les riches patriciens à se faire construire ici leurs villae urbana[4]. Les vins du cru sont en pleine renaissance dès le XIe siècle. Aux XIIIe et XIVe siècles, leur qualité est bien assise et ils sont réservés aux tables des évêques et des comtes de Savoie, tant à Chambéry qu'à Turin[5].

On sait qu'après l'occupation des troupes espagnoles de 1742 à 1748, la mondeuse qui jouxtait le château de Saint-Philippe fut rebaptisée « mondeuse des Maures » (ce qui fut déformé en mondeuse de la mort)[5]. Au XVIIIe siècle, le vignoble appartenait à plusieurs propriétaires. Le premier était les hospices de Chambéry. Quelques gros propriétaires extérieurs à la commune ont laissé trace de leurs noms comme les familles De Laravoire, Riverieux de Chambost, Decerteau et Jacquemet[5]. Au siècle suivant, les vignes couvrent l'ensemble du coteau jouxtant le village[6]. Le vin de Saint-Jean-de-la-Porte est en grande renommée. En 1807, le préfet Verboeilh proclame « la partie supérieure de cette commune est couverte de ses meilleurs vignobles ». Trente ans plus tard, ce même cru est toujours considéré comme « le plus exquis de la Savoie »[5]. La crise du phylloxéra provoque la destruction du vignoble, mais à la fin du XIXe siècle les viticulteurs replantent de nouvelles vignes. La production du vignoble est relancée[6],[4].

Service d'un saint-jean-de-la-porte.

C'est l'arrêté du qui autorise de rajouter le nom du « cru » Saint-Jean-de-la-Porte à celui de l'appellation d'origine (AO) vin de Savoie (qui a droit au label « vin délimité de qualité supérieure », VDQS, depuis 1954)[7]. Par le décret du , le « Vin de Savoie » est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC)[8]. Le cahier des charges de l'appellation est modifié en [3].

Vignoble

Aire de production

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de la dénomination
Orthophoto du parcellaire de la dénomination

Le saint-jean-de-la-porte est le dernier cru situé dans la combe de Savoie quand on remonte vers Albertville[4]. Administrativement, son aire de production se limite à la commune de Saint-Jean-de-la-Porte[6]. Pourtant, de la révolution de 1789 jusqu'au milieu du XXe siècle, le vignoble s'étendait sur l'ensemble du coteau où sont implantés les trois villages de Montlambert[5].

Orographie et géologie

Le vignoble, dont les parcelles sont disséminées sur plusieurs coteaux, s'étend au pied du massif des Bauges[6]. Ces coteaux sont tous situés sur la rive droite de l’Isère[4].

Ce terroir viticole est composé de sols d'alluvions, de moraines glaciaires, de cônes d’éboulis et de terrasses fluviales. Les ceps sont essentiellement plantés sur des sols marneux[6].

Climatologie

Ce territoire bénéficie d'un climat de type tempéré continental montagnard. De plus dans cette région de montagne, l'ensoleillement est relativement important[6]. La station météorologique de Chambéry (sur l'aéroport de Chambéry - Savoie-Mont-Blanc, à 235 mètres d'altitude : 45° 38′ 29″ N, 5° 52′ 41″ E)[9] est à 22 km au nord-ouest de Saint-Jean-de-la-Porte.

Relevés à Chambéry de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 6,4 8,5 13,4 17,3 21,3 25,3 27,8 27,1 22,3 17 10,6 6,9 17
Moyenne 2,9 4,1 8 11,4 15,6 19,4 21,4 20,9 16,8 12,3 6,9 3,4 11,9
Minimale moyenne −0,7 −0,4 2,5 5,6 10 13,5 15 14,6 11,3 7,7 3,1 0 6,8
Nombre de jours avec gel 17,7 15,4 8,1 1,5 0,1 0 0 0 0 0,9 6,9 15 65,6
Précipitations
Hauteur (mm) 102,6 79,1 93,1 87,9 101 94,5 91,7 97,6 104,3 113,3 114,6 124,2 1 203,9
Ensoleillement
Heures 76,6 101,8 157,8 176,2 202,3 236,3 261,6 237,1 180,7 123,8 74,5 66,3 1 894,9
6,4
−0,7
102,6
40 mm
80 mm
120 mm
jan.
8,5
−0,4
79,1
fév.
13,4
2,5
93,1
mars
17,3
5,6
87,9
avril
21,3
10
101
mai
25,3
13,5
94,5
juin
27,8
15
91,7
jui.
27,1
14,6
97,6
août
22,3
11,3
104,3
sep.
17
7,7
113,3
oct.
10,6
3,1
114,6
nov.
6,9
0
124,2
déc.
Moyennes : ■ max ■ min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Ce cru est un vin de mono-cépage, puisque seule la mondeuse noire Rg[note 1] est autorisée[6].

L’unique cépage « profite d'un terroir propice à la mise en valeur de ses atouts[4]. ». Mais a prédominance de la mondeuse N est passée par de nombreux aléas.

Techniques culturales et réglementaires

Vignes de mondeuse N conduite en taille courte.

Si la densité minimale de plantation des vignes est fixée par décret à 5 000 pieds/ha, il existe des vignes à 6 000 pieds/ha qui permettent d'utiliser un tracteur vigneron ainsi que des vignes plantées à 8 000 pieds/ha qui nécessitent un tracteur enjambeur[10].

La taille guyot simple est généralisée (12 bourgeons au maximum) mais la taille courte est possible (8 bourgeons au maximum). Il est à signaler que cette dernière est obligatoire maintenant sur les mondeuses plantées après 1980[10].

Vins

Dégustation d'un saint-jean-de-la-porte lors d'une fête des vins.

Le vin de Savoie (ou savoie) Saint-Jean-de-la-Porte est une dénomination produite uniquement en vin tranquille rouge. Sur son aire de production, les vignerons peuvent élaborer de l'appellation vin de Savoie (qui se décline en blanc, rouge et rosé, mais aussi en mousseux blanc et rosé, ainsi qu'en crémant), mais aussi de l'autre appellation régionale qu'est le roussette de Savoie (uniquement en blanc), deux indications géographiques protégées (IGP comtés-rhodaniens et vin des Allobroges) et du vin sans indication géographique (VSIG, sous le nom de « Vin de France »).

Volumes

Lors de la campagne de 1994, le vignoble de Saint-Jean-de-la-Porte était d'environ 75 hectares dont 15 seulement planté en mondeuse[5]. En 2005, il passa à 20 hectares produisant 1 200 hectolitres par an en moyenne de vin rouge[4]. Actuellement sa superficie est 12 hectares, ce qui correspond à une production de vin annuelle de 700 hectolitres[6]. Selon le service des Douanes[2], les données de production des années récentes sont (un hectolitre = 100 litres = 133 bouteilles de 75 cl) :

Année vin de Savoie Saint-Jean-de-la-Porte
Superficie (ha) Production (hl) Rendement (hl/ha)
2022 18,7 747 40
2023 15,6 728 46
2024 16,6 806 48

Gastronomie

Raclette.

Ce vin rouge dégage des arômes de violettes et de petits fruits rouges spécifiques à la mondeuse. De plus, à l'agitation, on perçoit des notes plus poivrées et d'autres plus intenses de baies sauvages. La température idéale de service de ce vin est à 17° et son potentiel de garde se situe entre 2 et 6 ans. Il s'accorde heureusement avec des gibiers, viandes en sauces, fromages, gratin dauphinois, etc.[6].

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. ↑ Le nom du lieu devient ici le nom du produit, par antonomase : c'est un nom commun, il s'écrit donc avec des minuscules, cf. références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine. Sauf que le cahier des charges rajoute des majuscules au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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