Saint-sardos (AOC)

Saint-sardos
Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1974 (VDP), 2005 (VDQS) et 2011 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) moyenne Garonne
Localisation Tarn-et-Garonne et Haute-Garonne
Climat océanique dégradé, avec influence méditerranéenne
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
2 075 heures (à Toulouse-Blagnac)
Superficie totale 230 hectares
Superficie plantée 80 ha (moy. 2022-2024)[1]
Cépages dominants syrah N[note 1] et tannat N
Vins produits 80 % rouges et 20 % rosés
Production 2 750 hectolitres (moy. 2022-2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 38 hl/ha en rouge et 39 en rosé (en 2024)[1]

Un saint-sardos[note 2] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée (AOC) produit principalement dans le département de Tarn-et-Garonne et dans quelques communes de la Haute-Garonne. Il fait partie du vignoble du Sud-Ouest. Il est produit en rouge et en rosé.

L'appellation saint-sardos a accédé au statut d'AOC par le décret du [2], après avoir reconnue comme VDQS le [3]. La superficie de production est de 80 hectares (moyenne 2022-2024[1]). Les vins rouges représentent approximativement 80 % de la production (moyenne 2022-2024[1]). Les vins rouges et rosés sont des vins d'assemblage avec la syrah et le tannat comme cépages principaux[2].

Histoire

Moyen Âge

Fondée en 1114 à Bouillac, l'abbaye de Grandselve, rattachée à l'ordre cistercien, fut à l'origine du vignoble local. Ce fut en 1274 que Richard Cœur de Lion, roi d’Angleterre et duc d'Aquitaine, autorisa la libre circulation des vins du Haut-Pays jusqu’à Bordeaux. Ce qui permit aux vins de Saint-Sardos d'être appréciés en Angleterre. Les Bordelais obtinrent que ce passe-droit prît fin et mirent même à sac les chais de Grand Selve en 1357.

Période moderne

Au milieu du XIXe siècle, le vignoble de Saint-Sardos couvrait 15 % de la SAU (surface agricole utile). Mais il fut complètement décimé par le phylloxéra en 1876.

Période contemporaine

Une grande partie du vignoble fut replantée, mais les gelées de 1956 lui portèrent un nouveau coup. À nouveau reconstitué, cette fois sur la base de cépages plus nobles, la production se fait à partir de sous le nom de « vin de pays de Saint-Sardos »[4], avec une aire de production modifiée en [5], ainsi que ses critères en [6].

Le syndicat des producteurs de vins de pays déposa une première demande de labellisation en vin délimité de qualité supérieure (VDQS), en 1984 auprès de l'INAO puis en 1997. En , le dossier fut accepté et le Comité national, deux ans plus tard, nomma une commission d’expertise, pour la délimitation géographique et parcellaire. Les conclusions de celle-ci furent avalisées en et l'arrêté voté au comité national, le , et il fut publié dans le Journal officiel du [3]. Depuis le , elle est reconnue en tant qu'appellation d'origine contrôlée (AOC), avec publication du décret le [2].

Étymologie

L'AOC saint-sardos tient son nom de la commune de Saint-Sardos, nommée ainsi en l'honneur de saint Sacerdos, évêque de Limoges[7].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

Le vignoble s'étend à l'ouest de la Garonne (sur la rive gauche), sur une partie des départements du Tarn-et-Garonne et de la Haute-Garonne. L'aire d'appellation concerne un total de 23 communes :

Le saint-sardos est situé au sud-est du vignoble de la vallée de la Garonne, entre le brulhois au nord-ouest et le fronton au sud-est, sur l'autre rive de la Garonne.

Orographie

La zone géographique s’étend sur la rive gauche de la Garonne, dans la région naturelle de la Lomagne. Le relief est organisé en terrasses étagées culminant à près de 300 mètres d’altitude et s’abaissant progressivement jusqu’à la basse plaine du fleuve, autour de 100 mètres. Ces terrasses sont entaillées par de nombreuses vallées secondaires, formant un paysage de plateaux disséqués et de coteaux aux pentes et expositions variées. La vallée de la Gimone, au sud‑ouest de l’aire, constitue la vallée secondaire la plus large[2].

Géologie et pédologie

Le vignoble repose sur des terrasses d’alluvions anciennes de la Garonne, déposées au cours des glaciations du Quaternaire sur un substrat de molasses tertiaires du bassin aquitain, principalement d’âge éocène à oligocène[8]. Ces formations alluviales anciennes sont constituées principalement d’éléments siliceux, tels que sables, graves et galets, et se caractérisent par l’absence de calcaire. Dans certaines vallées secondaires, notamment celle de la Gimone, le substrat molassique affleure localement[2].

Les sols sont issus des terrasses alluviales anciennes et présentent une forte diversité. La terrasse moyenne est constituée de sols lessivés hétérogènes mêlant limons, sables et argiles, tandis que la haute terrasse et les coteaux portent des sols riches en graviers et galets, bien drainés. Sur les versants développés sur les molasses tertiaires, les sols sont majoritairement bruns argilo‑calcaires.

Le vignoble est implanté de manière dispersée, principalement sur les plateaux aux sols les moins fertiles et les mieux drainés, ainsi que sur le haut des versants des coteaux les mieux exposés[2].

Climatologie

Ce vignoble est soumis à deux influences. La méditerranéenne avec le vent d'autan chaud et sec ; au début de l'automne, il hâte la maturation des raisins tout en freinant le développement des maladies cryptogamiques. La seconde est océanique avec des hivers doux. La variété du relief détermine de nombreux micros climats favorables à la vigne. La station météorologique de Montauban (sur l'aérodrome, à 106 mètres d'altitude : 44° 01′ 40″ N, 1° 22′ 36″ E)[9] fournit les moyennes suivantes :

Relevés à Montauban de 1991 à 2020
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 9,7 11,6 15,6 18,3 22,1 25,9 28,3 28,6 24,9 20 13,6 10,2 19,1
Moyenne 5,9 6,8 10,2 12,8 16,5 20,2 22,4 22,5 18,8 14,9 9,5 6,4 13,9
Minimale moyenne 2,2 2 4,7 7,3 10,9 14,5 16,5 16,3 12,7 9,7 5,4 2,7 8,7
Nombre de jours avec gel 10,1 9,7 3,3 0,3 0 0 0 0 0 0,5 3,7 9,3 36,9
Précipitations
Hauteur (mm) 58,2 44,4 51 74,6 71,9 68,1 47,4 55,8 56,1 58,7 63,2 60,8 710,2
Ensoleillement
Heures 83,5 119,9 176 189,8 220,5 242,5 270,1 259,5 213,8 154,3 93,1 80,7 2 103,8
9,7
2,2
58,2
20 mm
40 mm
60 mm
jan.
11,6
2
44,4
fév.
15,6
4,7
51
mars
18,3
7,3
74,6
avril
22,1
10,9
71,9
mai
25,9
14,5
68,1
juin
28,3
16,5
47,4
jui.
28,6
16,3
55,8
août
24,9
12,7
56,1
sep.
20
9,7
58,7
oct.
13,6
5,4
63,2
nov.
10,2
2,7
60,8
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Le saint-sardos est obligatoirement un vin d'assemblage, avec pour cépages principaux la syrah N[note 1] (au minimum 40 % de l'encépagement) et le tannat N (20 % minimum). S'y ajoutent comme cépages secondaires le merlot N (10 % maximum) et le cabernet franc N[2].

Rendements

Le rendement visé est fixé à 55 hectolitres par hectare. Le rendement butoir est de 63 hl/ha[2].

Méthodes culturales

Les vignes présentent une densité minimale à la plantation de 4 000 pieds par hectare, avec un écartement entre les rangs de 2,50 m maximum. Les vignes sont conduites en taille Guyot simple ou double ou en taille en cordon bi-latéral. La charge maximale est de 9 000 kilogrammes par hectare (7 000 kg/ha en cas d'irrigation)[2].

Normes analytiques

La richesse minimale en sucre des raisins à la récolte est de 180g/l pour les vins rosés par pressurage et 189g/l pour les vins rosés par saignée et les vins rouges. Le titre alcoométrique volumétrique naturel est de 11 %. Après enrichissement, le titre alcoométrique volumétrique maximal est de 13 %.

Vins

Volumes

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes[1], sont :

Année saint-sardos rouge saint-sardos rosé
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 69 2 558 37 20 782 38
2023 61 1 755 29 16 515 31
2024 56 2 112 38 14 534 39

Gastronomie

Dégustation de l'AOC saint-sardos.

Les vins, bien constitués, d’une couleur profonde, charnus et harmonieux, doivent leurs qualités au terroir et au climat aussi bien qu'aux cépages. Ici la syrah, originaire de la vallée du Rhône, est cultivée depuis plus de 100 ans. C'est le seul vignoble du Sud-Ouest où elle est cépage principal. Le cabernet franc apporte aux assemblages finesse et arômes de petits fruits rouges.

Le tannat, exigeant et à la récolte souvent tardive, est implanté sur les coteaux les plus ensoleillés de parfaire sa maturité. Le merlot donne des vins puissants, mais à la structure souple, tout en dégageant des arômes de fruits mûrs.

Structure des exploitations

Il a 88 propriétaires ou exploitants dans le vignoble. Sur les 230 hectares de l'appellation, une trentaine de viticulteurs en détient 150. La cave des vignerons de Saint-Sardos regroupe la quasi-totalité des producteurs. Il y a deux vignerons indépendants, l'un sur la commune de Bouillac, l'autre sur celle du Burgaud.

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.

Références

  1. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
  2. « Cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « SAINT-SARDOS » » [PDF], homologué par le décret no 2011-1455 du publié au JORF no 0259 du p. 54.
  3. « Arrêté du 1er septembre 2005 relatif à l'appellation d'origine « Vin délimité de qualité supérieure Saint-Sardos » », publié au JORF no 229 du .
  4. « Arrêté du 29 juillet 1974 portant délimitation de la zone de production répondant aux exigences fixées par le décret 73-1067 du 29-11-1973 pour le « Vin de pays de Saint-Sardos » », publié au JORF du .
  5. « Arrêté du 11 mars 1975 portant modification de l'aire de production des « Vins de pays de Saint-Sardos » délimitée par l'arrêté du 29-07-1974 », publié au JORF du .
  6. « Décret du 25 janvier 1982 définissant les conditions de production des vins de pays de Saint-Sardos à compter de la récolte 1981 », publié au JORF du numéro complémentaire.
  7. « Saint-Sardos en Tarn-et-Garonne (82), le site officiel de la commune : Histoire », sur saint-sardos82.fr (consulté le )
  8. « Les Molasses dans le Bassin d'Aquitaine », sur www.vinsvignesvignerons.com (consulté le )
  9. « 82121002 – MONTAUBAN – AERODROME » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  10. « Fiche 82121002 » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).

Voir aussi

Liens externes

Articles connexes

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