Sakuran (film)
| Titre original | さくらん |
|---|---|
| Réalisation | Mika Ninagawa |
| Scénario |
Yuki Tanada Moyoko Anno (manga) |
| Musique | Ringo Shiina |
| Acteurs principaux |
Anna Tsuchiya Asuka Saito Kippei Shiina Yoshino Kimura Hiroki Narimiya |
| Sociétés de production | TimeWarp Inc. |
| Pays de production |
|
| Genre | Film historique |
| Durée | 111 minutes |
| Sortie | 2007 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Sakuran (さくらん) est un film japonais historique réalisé par Mika Ninagawa, sorti en 2007 au Japon. Il est adapté du manga éponyme de Moyoko Anno.
Synopsis
Dans ce quartier des plaisirs à la réputation sulfureuse, la jeune Kiyoha (Anna Tsuchiya), une fille ambitieuse au charme incandescent, est prête à tout pour s'élever socialement.
De modeste courtisane au plus prestigieux rang d'oiran, Kiyoha va revendiquer son indépendance et concrétiser son souhait le plus cher : mener son existence comme elle l'entend.
Fiche technique
- Titre original : さくらん ()
- Titre international : Sakuran
- Réalisation : Mika Ninagawa
- Scénario : Yuki Tanada d'après le manga éponyme de Moyoko Anno.
- Direction artistique : Namiko Iwaki
- Décors : Toshiharu Aida
- Costumes : Daisuke Iga
- Photographie : Hideo Kumagai, Takuro Ishizaka
- Montage : Hiroaki Morishita
- Musique : Ringo Shiina
- Production : Yoshinori Fujita, Mitsuru Uda
- Société de production : TimeWarp Inc.
- Sociétés de distribution : Asmik Ace Entertainment
- Pays de production :
Japon - Langue originale : japonais
- Format : couleur - 1,85:1
- Genres : film historique
- Durée : 111 minutes
- Dates de sortie :
- Japon :
Distribution
- Anna Tsuchiya : Kiyoha
- Ayame Koike : Kiyoha enfant
- Asuka Saito : Tomeki
- Kippei Shiina : Kuranosuke
- Yoshino Kimura : Takao
- Hiroki Narimiya : Sōjirō
- Miho Kanno : Shōhi
- Ai Yoshikawa : Nihohi
- Masatoshi Nagase : Mitsunobu
- Masanobu Andō : Seiji
- Renji Ishibashi : le tenancier
- Kyōko Koizumi : Oran
Production
Sakuran est une adaptation du manga éponyme de Moyoko Anno. La mise en scène est dévolue à la photographe Mika Ninagawa, dont il s'agit du premier long métrage. L'expérience se révèle douloureuse pour la réalisatrice : pour ses premiers pas derrière la caméra, Ninagawa se sent vulnérable, seule et angoissée. Toutefois, le défi que représente l'adaptation de Sakuran est également une source d'exaltation pour elle et, alors qu'elle œuvre sur des séances photos à l'étranger, elle passe des heures à dessiner les storyboards du film. Sa première démarche est d'extraire ses répliques favorites de l'œuvre originale ; elle considère ainsi que l'esthétique visuelle revêt une importance d'environ 50%, là où les dialogues occupent les 50% restants.
L'autrice-compositrice-interprète Ringo Shiina est choisie pour mettre en musique l'opposition entre tradition et modernité revendiquée par Ninagawa. Ce mélange de sonorités se retrouve déjà dans le parcours créatif de Shiina, cette dernière étant habituée à mêler le rock, le jazz, le blues et les instruments traditionnels nippons dans ses albums. La réalisatrice lui propose de mettre du rock dans la bande originale de Sakuran, une proposition que Shiina décline ; selon elle, l'actrice principale Anna Tsuchiya apporte déjà la touche rock voulue par l'adaptation. Shiina évoque son travail en ces termes : « J'ai restreint l'utilisation de la guitare électrique et me suis concentrée autant que possible sur l'utilisation d'instruments traditionnels afin de mettre en relief le charisme d'Anna [Tsuchiya]. Karisome Otome représente l'entrée de Kiyoha à Yoshiwara et c'est le morceau qui me plaît le plus. J'ai utilisé la sonorité d'un bandonéon afin de mettre en scène un érotisme rafraîchissant ».
Pour les costumes, le styliste Daisuke Iga a l'idée de reproduire des photos de Mika Ninagawa sur des kimonos. Si, traditionnellement, les kimonos sont peints et brodés, Iga ne peut se permettre d'investir autant de temps et d'argent pour la conception des costumes ; il s'oriente alors vers des méthodes occidentales pour imprimer les motifs. Il ajoute toutefois à la main des lamés et des perles de verre, assez résistants pour tenir durant la totalité du tournage. Selon le styliste, une oiran doit posséder un côté rock star car, « plus que son corps, c'est son talent qu'elle vend ». Pour les costumes de Tsuchiya, il s'oriente ainsi vers des représentations animales et mise également sur le noir afin d'accentuer l'aura rockeuse de la comédienne.
Le directeur artistique Namiko Iwaki opte pour des décors spectaculaires, notamment le design de la grande porte donnant accès à Yoshiwara, où le symbole du poisson rouge est omniprésent. Côté couleurs, il mise sur les teintes primaires. Il met surtout l'accent sur un rouge pur, qu'il baptise « rouge sakuranien », là où le vermillon est d'ordinaire employé dans les longs métrages japonais centrés sur le quartier des plaisirs. Il travaille étroitement avec Hideo Kumagai, le directeur de la photographie, afin que le rouge choisi rende bien à l'écran.
Choisie pour camper la protagoniste, Anna Tsuchiya compare le rôle de Kiyoha à un autre personnage, celui d'Ichigo, qu'elle incarnait dans le film Kamikaze Girls de Tetsuya Nakashima ; selon elle, ces deux figures possèdent un vague à l'âme similaire, même si Kiyoha est plus directe et énergique qu'Ichigo. Ainsi, Tsuchiya se focalise avant tout sur la mélancolie de son héroïne, qu'elle analyse de la façon suivante : « [Kiyoha] agit quand le besoin s'en fait sentir mais hormis cela, elle est quasiment apathique. Elle dissimule ses émotions et préfère la solitude. Je pense que c'est cette beauté de l'isolement, cette espèce de misérabilisme que [Mika Ninagawa] souhaitait montrer. [...] Cette souffrance se mêle à la beauté et devient elle aussi beauté ».
Réception
Au Japon
Le film est un succès public et rapporte environ 730 millions de yens sur le territoire japonais.
Il est également bien accueilli par la presse et les professionnels du milieu.
En France
La presse française se montre enthousiaste à l'égard de Sakuran. Studio Magazine affirme que « la beauté des couleurs fait de chaque plan un tableau vivant ». Première loue « un tourbillon enivrant de couleurs [sur] fond de jazz ensorcelant ». Ciné Live le qualifie d'« éblouissant ». Brazil le trouve « haut en couleurs et riche en sentiments ». Pour Télérama, « chaque plan est une savante composition de lignes, de courbes et de couleurs chatoyantes ». S'il juge le film « parfois trop esthétique », Le Nouvel Obs apprécie son « univers ambigu où la volupté n'est que la partie émergée d'une lutte sans merci pour le pouvoir. [...] [Le tout est] d'une envoûtante sensualité »[1].
Nominations et récompenses
En 2008, aux Asian Film Awards, Ringo Shiina est nommée au Prix de la Meilleure musique et Namiko Iwaki est sélectionné pour la Meilleure direction artistique ; ils perdent respectivement face à Om Shanti Om et Le soleil se lève aussi.
Lors de la 31e cérémonie des Japan Academy Prize, le film est nommé dans les catégories Meilleure musique et Meilleure direction artistique mais les prix sont remportés par Michiru Ōshima pour Bizan et Kyoko Heya pour Soredemo boku wa yattenai[2].
En 2015, au Festival international du film Nouveaux Horizons organisé en Pologne, Daisuke Iga est récompensé par le prix des Meilleurs costumes[3].
Notes et références
- (ja) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en japonais intitulé « さくらん#映画 » (voir la liste des auteurs).
- ↑ AlloCine, « Sakuran: Les critiques presse » (consulté le )
- ↑ « 2008 (31st) Japan Academy Prize - AsianWiki », sur asianwiki.com (consulté le )
- ↑ « 2015 (15th) New Horizons International Film Festival - AsianWiki », sur asianwiki.com (consulté le )
Liens externes
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
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