Sanctuaire d'El Carambolo
| Sanctuaire d'El Carambolo | ||||
Statue de la déesse phénicienne Astarté (-) découverte dans le sanctuaire et exposée au musée archéologique de Séville. Il s'agit probablement d'une offrande votive. | ||||
| Localisation | ||||
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| Pays | ||||
| Province | Province de Séville | |||
| Ville | Camas | |||
| Coordonnées | 37° 23′ 35″ nord, 6° 02′ 14″ ouest | |||
| Histoire | ||||
| Époque | Âge du fer | |||
| Géolocalisation sur la carte : Espagne
Géolocalisation sur la carte : Andalousie
Géolocalisation sur la carte : province de Séville
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Le sanctuaire d'El Carambolo est un site archéologique situé dans la commune de Camas, à environ 15 km de Séville, en Espagne. Ce sanctuaire date de l'âge du fer. Lors de fouilles, le trésor d'El Carambolo est mis au jour : il se compose de 21 joyaux contenus dans un vase en argile.
Localisation
De par sa situation, sur un promontoire près de l'estuaire du Guadalquivir, le sanctuaire sert non seulement de lieu de culte, mais aussi de point de repère pour les navires remontant le fleuve vers Ispal/Spal.
Histoire
Le sanctuaire est fondé à la fin du IXe ou au début du VIIIe siècle av. J.-C., au moment de la colonisation phénicienne.
Description
Le sanctuaire compte parmi les sites les plus importants pour la recherche du XXIe siècle sur la civilisation tartessienne. Bien qu'initialement interprété comme un village de huttes habité par des populations autochtones, se développant après les contacts avec les Phéniciens, des fouilles au XXIe siècle ont mis au jour un vaste édifice, que l'on peut interpréter comme un lieu de culte semblable à ceux qui existent au Proche-Orient au début de l'âge du fer.
Il s'agit probablement d'un double sanctuaire, dédié à la fois à Astarté et à Baal ou Melqart. Il est sans doute également un lieu d'échanges économiques et commerciaux, sous la protection des divinités qui y sont vénérées.
Phases de construction
Première phase
Il est utilisé pendant environ deux siècles, période pendant laquelle il est reconstruit à plusieurs reprises, tout en conservant son caractère sacré. La construction initiale, assez simple, est monumentalisée et se complexifie au fil du temps. Cinq phases de construction sont identifiées.
La première phase, date de la fin du IXe à la fin du VIIIe siècle av. J.-C., est appelée Carambolo V. À ce stade primitif, le sanctuaire est une structure rectangulaire, accessible par une ouverture sur le côté court exposé au soleil levant. L'entrée mène à une grande salle rectangulaire entourée d'un banc périphérique. Cet espace donne accès aux autres pièces du sanctuaire. Il semble s'agir d'un patio multifonctionnel à ciel ouvert, où sontt préparés les offrandes et les sacrifices. Ces derniers sont effectués sur une plateforme à degrés située au fond. De part et d'autre de la plateforme se trouvent deux ouvertures donnant accès à deux pièces rectangulaires, interprétées comme des chapelles de culte. À gauche se trouve une pièce dont la partie extérieure comprend une série d'habitations et un autel circulaire au centre. Au fond de cette pièce se trouve une petite pièce qui peut être interprétée comme le sancta sanctorum, ou lieu d'apparition du dieu. La pièce de droite est structurée comme une chambre rectangulaire, probablement de même configuration que la précédente. Une pierre est repérée à côté de la marche menant à la pièce. Elle peut être interprétée comme un bétyle, ou pierre sacrée consacrée à la divinité.
Deuxième phase
Entre le VIIIe siècle av. J.-C. et la transition du VIIe au VIe siècle av. J.-C., un agrandissement majeur de la construction d'origine est documenté, délimitant le sanctuaire par un imposant mur qui enserre une série de bâtiments aux fonctions différentes, même si l'ensemble de la structure peut être divisé en quatre zones.
Zone 1
Cette zone est un grand patio ouvert, accessible de l'extérieur par le grand mur qui délimite l'espace. Il sert d'entrée aux autres bâtiments du sanctuaire et donne accès aux différents espaces. Derrière ce vaste espace se trouvent les bâtiments qui forment le cœur du sanctuaire, tandis que sur les côtés, on accède à d'autres espaces annexes.
Zone 2
Depuis le grand patio ou zone 1, on accède à une série de pièces quadrangulaires et rectangulaires qui peuvent être interprétées comme les appartements des principaux prêtres du temple. Ces pièces sont accessibles par un côté du grand patio.
Zone 3
Cette zone, considérée comme le cœur sacré, se situe derrière le grand patio appelé Zone 1. Elle présente une symétrie rigoureuse. Elle comprend un espace dédié à la préparation des offrandes aux dieux et deux salles de culte ou chapelles, de part et d'autre de l'aire sacrificielle. L'espace de préparation des sacrifices est structuré en pièces rectangulaires disposées autour d'un patio central. De nombreux foyers, fours, restes d'animaux et fragments de céramique y sont mis au jour. De chaque côté de ces pièces se trouvent deux espaces interprétés comme des chapelles ou des salles de culte en raison de la présence d'autels, de leurs dimensions et de leur orientation, du soin apporté à leurs finitions et de leur agencement. Dans ces pièces, des offrandes de nourriture sont faites aux dieux protecteurs du sanctuaire. La chapelle de gauche, de plan rectangulaire, est bordée de marches peintes en damier. En son centre, un autel en forme de peau de taureau, teintée en rouge par des traces de combustion, est exhumé. La chapelle de droite, également de plan rectangulaire et dotée de marches peintes, mais en rouge et blanc, comporte dans sa partie centrale une structure rectangulaire qui est interprétée comme un autel.
Zone 4

Cette zone peut être interprétée comme un lieu de concentration des vestiges des sacrifices offerts au sanctuaire et se caractérise par la présence de nombreuses tombes remplies d'offrandes faites dans les espaces sacrés. C'est dans cette zone qu'est découvert le trésor d'El Carambolo. Située à l'ouest du complexe, elle est fortement altérée par les travaux de construction du XXe siècle. On peut néanmoins distinguer quelques pièces rectangulaires.
Autres phases
Dans les phases suivantes, de nouveaux bâtiments occupent l'espace sacré au détriment du grand patio d'accès appelé Zone 1, tout en conservant une structure similaire.
Parmi les agrandissements successifs, le plus notable est celui de l'espace sacré à Carambolo III, où les chapelles sont agrandies et un vaste vestibule pavé de coquillages est aménagé pour accéder à la zone de culte. Dans les phases plus récentes (Carambolo II et Carambolo I), on remarque également la suppression de l'autel en forme de peau de taureau et la transformation d'une partie du sanctuaire en une série de salles rectangulaires. La présence de fours métallurgiques y indique la production d'objets en bronze, une activité courante dans d'autres sanctuaires méditerranéens de la même période et du même contexte culturel.
Annexes
Bibliographie
- (es) José Luis Escacena Carrasco, Alvaro Fernández Flores et Araceli Rodríguez Azogue, « Sobre el Carambolo: un « hippos » sagrado del santuario IV y su contexto arqueológico », Archivo español de arqueología, vol. 80, , p. 5-28 (ISSN 0066-6742, lire en ligne, consulté le ).
- (es) Fernando Fernández Gómez, « El santuario fenicio de El Carambolo: un santuario que nunca lo fue », Temas de estética y arte, no 34, , p. 135-192 (ISSN 0214-6258, lire en ligne, consulté le ).
- (es) Álvaro Fernández Flores et Araceli Rodríguez Azogue, « La construcción con tierra en edificios sagrados y profanos en el mundo colonial fenicio: El santuario de El Carambolo », dans Oliva Rodríguez Gutiérrez et Arturo Jiménez Viera, Adobes & cía.: Estudios multidisciplinares sobre la construcción en tierra desde la prehistoria hasta nuestros días, (ISBN 978-84-472-2377-0), p. 41-58.
- (es) Eduardo Ferrer Albelda et Álvaro Fernández Flores, « La metalurgia en el santuario fenicio de El Carambolo », dans Ana Dolores Navarro Ortega, Carmen Rueda Galán (es), Ida Oggiano, Lorenzo Nigro (it) et Eduardo Ferrer Albelda, Trabajo sagrado II: Contextos de producción en espacios de culto del Mediterráneo durante el I milenio a.C., (ISBN 978-84-472-2678-8), p. 163-228.
- (es) Ángeles Hernández-Barahona et José Luis Escacena Carrasco, « A propósito de la anastylosis infográfica del Carambolo. Diálogo teórico y metodológico sobre la Arqueología Virtual », Virtual Archaeology Review, vol. 1, no 1, , p. 117-121 (e-ISSN 1989-9947, lire en ligne, consulté le ).
- .
- (es) Araceli Rodríguez Azogue et Alvaro Fernández Flores, « El complejo monumental del Carambolo Alto, Camas (Sevilla): un santuario orientalizante en la paleodesembocadura del Guadalquivir », Trabajos de Prehistoria, vol. 62, no 1, , p. 111-138 (ISSN 0082-5638, lire en ligne, consulté le ).
- (es) Araceli Rodríguez Azogue, « El santuario orientalizante del cerro del Carambolo, Camas (Sevilla): avance de los resultados de la segunda fase de la intervención », dans Javier Jiménez Avila et Sebastián Celestino Pérez, El periodo orientalizante. Protohistoria del Mediterráneo occidental: actas del III Simposio Internacional de Arqueología de Mérida, vol. 2, (ISBN 84-00-08347-4), p. 863-872.
- (es) Juan Ignacio Vallejo Sánchez, « ¿ Objetos para el rito u objetos domésticos ? Los ralladores del santuario protohistórico de El Carambolo (Camas, Sevilla) », dans Ana Dolores Navarro Ortega et Eduardo Ferrer Albelda, Trabajo sagrado: producción y representación en el Mediterráneo Occidental durante el I Milenio a. C., (ISBN 978-84-472-1998-8), p. 183-206.
Liens externes
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