Sang de phénotype rare
Un sang de phénotype rare, ou « sang rare », est un groupe sanguin qui n'est présent que chez au plus quatre individus sur mille[1] dans une zone géographique donnée[2]. Sur les 390 groupes sanguins décrits aujourd'hui, 250 groupes répondent à cette définition de sang rare[3]. En 2025, 48 systèmes de groupe sanguin sont identifiés.
Le don de sang rare est un enjeu de santé publique, car les personnes présentant un sang rare doivent être transfusées avec un sang compatible, qui peut faire défaut dans les stocks puisque peu de gens, et donc de donneurs, en sont porteurs. L'enjeu est particulièrement vif avec la drépanocytose[4].
Notion de sang rare
Un groupe sanguin est considéré comme rare lorsqu'il est porté par moins de 4 personnes sur 1 000.
Un groupe sanguin est défini par l'absence ou la présence d'un ou plusieurs antigènes sur les globules rouges dans le sang d'un groupe d'individus. Les antigènes, aussi nommés agglutinogènes, se trouvent à la surface des globules rouges[5]. Il existe différents systèmes pour catégoriser les groupes sanguins : les systèmes sont des modèles qui tentent d'englober au mieux la diversité des groupes sanguins existants. Parmi ces systèmes figurent notamment les systèmes ABO, Rhésus, Kell, Duffy, Kidd, ainsi que d’autres encore[5].
Le système ABO et le système Rh sont particulièrement utilisés en Europe, mais ils ne permettent pas de prendre en compte la diversité des groupes sanguins existant dans le monde[6]. Ils ne proposent que huit catégories : A+, A-, B+, B-, AB+, AB-, O+, O-[4]. Ce sont les modèles les plus importants pour la transfusion[5]. Or, cela ne permet pas de représenter le groupe sanguin réel de certains personnes, d'autant plus nombreux du fait de l'immigration [6].
L'essentiel est que la présence ou l'absence de certains antigènes n'est pas prises en compte, car soit leur présence soit leur absence est excessivement rare dans une population.
Par exemple, il existe le groupe sanguin doré, porté par une personne sur six millions. Les rares personnes porteuses de ce sang ont des hématies (des globules rouges) qui ne contiennent aucun des plus de 50 antigènes Rh qui existent. Lorsque l'on parle de Rh+ ou de Rh-, l'on fait en fait référence à la seule présence de l'antigène RhD : absent chez les A-, B-, AB- et O-; présent chez les A+, B+, AB+ et O+. Mais le sang de groupe doré contient encore moins d'antigène rhésus, puisqu'ils n'en contiennent aucun, et cela n'est pas pris en compte par le modèle. Cela entraîne des risques transfusionnels pour le patient de sang doré[7].
Groupes sanguins rares découverts
En 2025, un nouveau groupe sanguin rare est découvert chez une personne guadeloupéenne, le « Gwada négatif » [8]. Sa découverte a permis d'identifier un nouveau système de groupe sanguin nommé «PIGZ»[9], le 48e à ce jour [10]
Difficultés et intérêts présentés par les sangs rares
Difficultés rencontrées par les patients
Lorsque deux sangs différents se mélangent alors qu'ils ne sont pas du même groupe, une agglutination se produit. Transfuser un sang d'un groupe compatible avec celui du receveur est donc nécessaire pour la sécurité de ce dernier[5]. Les sangs O-, pourtant considérés comme des donneurs universels, ne le sont pas réellement, car ils possèdent de nombreux antigènes qui ne sont pas tous partagés par les sangs rares.
Principes de compatibilité transfusionnelle
Les antigènes sont dotés d'immunogénicité, ce qui signifie qu'ils peuvent provoquer une réponse immunitaire. Ils sont également comme propriété la réactivité, c'est-à-dire la « capacité de réagir avec les anticorps ou les cellules issues de la réponse immunitaire ». Lorsqu'un antigène reconnu comme étranger est introduit - ce qui se produit si le sang du receveur n'est pas du même groupe que celui du donneur -, l'organisme produit des anticorps contre cet antigène, des immunoglobulines, ou plus précisément des agglutinines. L'agglutinine réagit avec l'antigène reconnu pour le détruire[5].
En transfusant, de nombreux globules rouges sont introduits dans le sang du receveur. Si ces globules rouges ne sont pas compatibles, c'est-à-dire s'ils ont des antigènes que le receveur n'a pas, alors les anticorps vont attaquer les antigènes, causant une agglutination des globules rouges du donneur, qui sont ensuite détruits par l'organisme du receveur : la destruction de globules rouges est nommée hémolyse[5].
Non-universalité du groupe O-
D'après la simplification du système ABO et le système Rhésus, les globules rouges du groupe O- n'auraient aucun antigène : c'est faux. Ils en ont certains, mais que tout le monde possède en général : c'est pour ça qu'il n'est pas utile de les distinguer. Mais dans les cas des personnes ayant un groupe de sang rare, ils ne les possèdent pas tous. Introduire du sang O- chez eux conduit alors à cette agglutination dangereuse pour le patient.
Le problème se pose donc lorsqu'un patient a un groupe de sang si rare qu'il n'y a pas de donneur compatible. Du fait de l'immigration, les porteurs de sang de phénotypes rares sont de plus en plus nombreux en Europe[6], sans qu'il existe pour autant suffisamment de donneurs compatibles pour eux.
Intérêts pour la recherche
La découverte de nouveaux groupes sanguins constitue parfois une avancée pour la compréhension de maladies du sang, telles que l’hémophilie, et leur prise en charge[11]
Notes et références
- ↑ « A la recherche des sangs "rares", essentiels pour répondre à la diversité des besoins », sur ladepeche.fr (consulté le )
- ↑ admin, « Tout savoir sur les sangs rares », sur Etablissement francais du sang, 2021-déc-mar (consulté le )
- ↑ « MSN », sur www.msn.com (consulté le )
- « Au-delà des 8 groupes sanguins majeurs, des sangs rares encore méconnus », sur Le Point, (consulté le )
- https://clarolineconnect.univ-lyon1.fr/clarolinepdfplayerbundle/pdf/4446343
- « Les groupes sanguins rares – Service du Sang de la Croix-Rouge de Belgique », sur www.donneurdesang.be (consulté le )
- ↑ « La magie du groupe sanguin le plus rare au monde », sur BBC News Afrique, (consulté le )
- ↑ https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/06/21/gwada-negatif-une-francaise-identifiee-comme-unique-porteuse-d-un-nouveau-groupe-sanguin_6615051_3224.html
- ↑ Par Julie Bernichan Le 20 juin 2025 à 16h30, « « Gwada négatif » : quel est ce nouveau groupe sanguin découvert et pourquoi c’est important ? », sur leparisien.fr, (consulté le )
- ↑ « Qu’est-ce que le «Gwada négatif», ce nouveau groupe sanguin identifié chez une Guadeloupéenne ? », sur Le Figaro Santé, (consulté le )
- ↑ https://la1ere.franceinfo.fr/le-nouveau-groupe-sanguin-gwada-negatif-suscite-des-espoirs-pour-la-recherche-scientifique-1597503.html
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