Santosh (film, 2024)
| Titre original | संतोष |
|---|---|
| Réalisation | Sandhya Suri (en) |
| Scénario | Sandhya Suri |
| Musique | Luisa Gerstein |
| Acteurs principaux |
Shahana Goswami Sanjay Bishnoi Kushal Dubey |
| Sociétés de production |
Mike Goodridge James Bowsher Alan McAlex Balthazar de Ganay |
| Pays de production |
|
| Genre | Drame, policier, thriller |
| Durée | 128 minutes |
| Sortie | 2024 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Santosh (hindi : संतोष) est un film dramatique et policier indien en langue hindi écrit et réalisé par Sandhya Suri (en). Il est sorti en 2024.
Coproduction internationale entre le Royaume-Uni, l'Inde, l'Allemagne et la France, le film se déroule dans le nord rural de l'Inde et met en scène l'actrice Shahana Goswami dans le rôle d'une veuve qui hérite du poste de policier de son défunt mari et se retrouve impliquée dans l'enquête sur le viol et le meurtre et d'une adolescente dalit.
Initialement conçu comme un documentaire sur les violences sexuelles en Inde, le film a été transformé en fiction par la Réalisatrice après la découverte d'images de manifestantes et d'une policière lors d'une protestation contre le viol collectif et le meurtre commis à Delhi en 2012. Le tournage s'est déroulé d'août à octobre 2023 à Lucknow, en Inde.
Le film a été présenté en avant-première mondiale dans la section Un certain regard du 77e Festival de Cannes, le 20 mai 2024[1],[2]. Sa sortie en Inde, initialement prévue pour janvier 2025, a été reportée sine die, faute de modifications apportées au montage.
Santosh a été bien accueilli pour sa cinématographie et son approche du thème de la corruption. Le film a été sélectionné comme candidat du Royaume-Uni pour le Prix du meilleur long métrage international lors de la 97e cérémonie des Oscars, figurant ainsi sur la liste restreinte de décembre.
Synopsis
Santosh Saini, veuve d'un policier indien tué lors d'une émeute, hérite du poste de son époux en vertu de la loi de « recrutement compassionnel »[3] en vigueur dans le pays. Elle est alors affectée dans une petite ville rurale. Pendant son service, elle surprend une conversation entre un homme dalit à propos de sa fille de 15 ans, Devika Pippal, disparue deux jours plus tôt sans que la Police ne soit intervenue. La Famille tente de déposer une nouvelle plainte au commissariat, mais ses membres sont accueillis avec mépris.
Le lendemain, Santosh découvre une manifestation devant le commissariat. Elle aperçoit le corps de Devika parmi la foule : la jeune fille a été violée, assassinée et jetée dans le puits de son village dalit. Les Parents de Devika, debout près du corps, réclament justice et déclarent qu'ils ne partiront pas tant que le coupable n'aura pas été puni. Santosh et ses collègues policières reçoivent l'ordre de disperser les manifestants. Le meurtre et les manifestations qui s'ensuivent font cependant la une des médias nationaux.
Santosh, l'inspectrice Geeta Sharma et plusieurs policiers arrivent dans le village dalit pour enquêter sur le décès. Santosh apprend des Parents de Devika que cette dernière a été vue pour la dernière fois à l'aube, alors qu'elle allait chercher de l'eau. Elle trouve le téléphone portable de Devika et prend connaissance de SMS échangés avec un certain Saleem, qui mentionnait son départ pour Mumbai. Elle fait part de ses découvertes à Geeta le soir même. Santosh se rend chez le chef du village, où Saleem et son père travaillent à la ferme, et apprend qu'ils sont partis plusieurs jours auparavant. Elle fait ensuite pression sur un ami de Saleem pour obtenir des informations à son sujet et découvre le nom de la ville où il se trouve. sur ordre de Geeta, Santosh part seule, habillée en civile, et découvre où se cache le fameux Saleem. Arrivée sur place, Geeta arrête Saleem dans un hôtel de la ville avec l'aide de Santosh.
Elles se présentent au commissariat, où ce dernier leur suggère de garder Saleem près de chez lui après la visite d'un homme politique nommé Beniwal. Le lendemain de l'arrestation de Saleem, la Police use de violence lors d'un interrogatoire dans une maison abandonnée. Sous les coups, Saleem admet qu'il connaissait Devika, qu'il l'appréciait et qu'il avait obtenu son numéro de téléphone portable. Insatisfaits de ses réponses, les Policiers le torturent et le soumettent à des simulations de noyade lors de l'interrogatoire. Santosh reçoit une palette et, sous la pression de ses collègues, participe à la torture en frappant Saleem à plusieurs reprises avant d'être prise d'une crise de panique.
Incapable de dormir suite à ce qu'elle vient de faire, Santosh sort de chez elle en pleine nuit et rencontre sa supérieure, qui lui donne un calmant pour lui permettre de dormir. Santosh s'interroge sur la mort de Devika et se demande si Saleem est réellement coupable. Geeta lui répond que son innocence ne ferait pas avancer l'enquête. Santosh consulte discrètement le smartphone de Saleem et découvre qu'il était à Mumbai le jour de la mort de Devika, ce qui implique qu'il ne peut pas l'avoir tuée. Les jours suivants, la Police conclue au suicide par pendaison de Saleem. Cependant, Geeta avertit Santosh en privé que les rapports d'autopsie révéleront finalement sa responsabilité dans la mort de Saleem, Santosh ayant frappé trop fort ce qui a laissé des traces sur le corps du jeune homme.
Le lendemain, Santosh se rend chez le chef du village de Devika et apprend qu'elle était allée chercher de l'eau au puit du Chef car un cadavre de chat avait volontairement été jeté dans leur puit, contaminant l'eau dans ce village dalit. Alors que Santosh est sur place, Beniwal, qui se révèle être le beau-frère du Chef de la Police locale, arrive. Santosh lui demande s'il savait que Devika était entrée sur la propriété. Beniwal esquive la question, et l'un de ses amis fait remarquer que les Dalits n'ont pas le droit de puiser de l'eau au puit du chef, avant de mentionner nonchalamment une fête à laquelle ils ont assisté récemment. Lorsque Santosh confronte Beniwal et lui demande s'il est responsable du meurtre de Devika, il lui répond en lui demandant ce qu'elle ferait s'il était coupable.
Santosh retrouve Geeta dans un restaurant et la confronte au sujet du fait qu'elle savait que Saleem était innocent. Geeta rétorque que la mort de Saleem a rendu justice et servira d'avertissement à tous ceux qui seraient tentés de commettre un viol. Elle ajoute que trouver le véritable coupable ne profiterait ni à la Famille de Devika ni à son village. Geeta montre ensuite à Santosh sa lettre de suspension, lui indiquant qu'elle serait cependant épargnée.
Bouleversée par la brutalité des Policiers à l'égard d'un suspect, par sa propre violence, et refusant de continuer à servir une police soucieuse de préserver l'ordre établi, Santosh décide de démissionner, laisse son uniforme dans ses quartiers et monte à bord d'un train interurbain pour fuir la ville et la corruption de sa police. Envoyer des commentaires[4],[2],[5].
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
- Titre original hindi : संतोष[6]
- Titre anglais et français : Santosh
- Réalisation et scénario : Sandhya Suri (en)
- Musique : Luisa Gerstein
- Direction artistique : Parvindar Singh
- Décors : Devika Dave
- Costumes : Bhagyashree Dattatreya Rajurkar
- Photographie : Lennert Hillege
- Son : Etienne Haug
- Montage : Maxime Pozzi-Garcia
- Production : James Bowsher, Balthazar de Ganay, Mike Goodridge, Alan McAlex
- Sociétés de production : Good Chaos, en coproduction avec Haut et Court, Razor Film Produktion GmbH, British Broadcasting Corporation (BBC) et British Film Institute (BFI)
- Pays de production :
Inde,
Royaume-Uni,
Allemagne,
France - Langue originale : hindi
- Format : couleurs - 2,35:1 - Dolby 5.1
- Genre : drame, policier, thriller[7]
- Durée : 125 minutes[7]
- Dates de sortie :
- France : (Festival de Cannes) ; (sortie nationale)
Distribution
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données cinématographiques IMDb, présente dans la section « Liens externes ».
- Shahana Goswami : Santosh Saini
- Sunita Rajwar (en) : Geeta Sharma
- Nawal Shukla : l'inspecteur Thakur
- Sanjay Bishnoi : Beniwal
- Kushal Dubey : Vikram
- Shashi Beniwal : Amit Kohli
- Pratibha Awasthi : Priya
Production
Pour son premier film de fiction, la réalisatrice Sandhya Suri (en), jusque-là autrice de plusieurs films documentaires, s'est inspirée de l'affaire du viol collectif de New Delhi[1],[8]. Elle souhaitait à l'origine réaliser un documentaire sur la violence contre les femmes en Inde, avant d'opter pour une fiction[9]. Avant le tournage, Suri s'est entretenue avec plusieurs veuves de policiers devenues officières de police en vertu de la « loi de la compassion »[1].
Le film est tourné à Lucknow, dans le Nord de l'Inde[10].
Accueil critique
En France
Le site Allociné propose une moyenne de 3,8⁄5, d'après l'interprétation de 23 critiques de presse[11].
Pour Olivia Cooper-Hadjian, dans les Cahiers du cinéma,
« À l’inverse de tant de cinéastes prompts à dénoncer la corruption et la violence comme des phénomènes extérieurs à leurs protagonistes (et à eux-mêmes), Sandhya Suri a le courage de les aborder comme une potentialité quasi universelle, une évidence qui prend par surprise, tant le manichéisme règne[11]. »
Santosh est décrit dans la presse comme un « polar féministe »[9],[12],[5],[13],[14],[15]. La Nouvelle République du Centre considère que le rôle principal est « merveilleusement incarné par Shahana Goswami »[10]. Ouest-France écrit que « ce premier long métrage de fiction épate par sa maîtrise et sa finesse dans l’art de dresser un portrait sans concession de l’Inde par le prisme d’un thriller policier » et ajoute que « le passage du documentaire à la fiction de Sandhya Suri se révèle une franche réussite[14]. »
Pour L'Obs, l'œuvre est « un mélange très réussi de polar sociétal et de film dossier. Classique et élégant, malgré quelques longueurs, Santosh est d’une force remarquable[2]. » Pour L'Humanité, il s'agit d'« un film féministe qui refuse le simplisme, [...] instille un grain de sable dans les rouages d’un patriarcat solidement ancré dans les mœurs » et pointe « les compromissions et la rigidité d’une société de castes. » Enfin, Les Inrocks affirme que « Santosh est le récit d’une impasse mais incarne la promesse d’un renouveau du cinéma indien[5]. »
Dans la presse anglophone
L'agrégateur de critiques Rotten Tomatoes donne à Santosh un score moyen de 100 % sur une base de 12 critiques de presse[7].
Distinction
Sélection
- Festival de Cannes 2024 : sélection en section Un certain regard
Notes et références
- Damien Leblanc et Léa André-Sarreau, « CANNES 2024 · « Santosh » de Sandhya Suri : enquête sur un féminicide » [archive du ]
, sur Trois couleurs, (consulté le ).
- Danel 2024.
- ↑ David Rich, « "Recrutement compassionnel" : en Inde, il est possible d'hériter d'un travail, mais à quel prix ? » [archive du ]
, France 24, (consulté le ).
- ↑ Luc Hernandez, « Santosh, une femme mène l’enquête et c’est du brutal » [archive du ]
, sur Exit Mag, (consulté le ).
- Deruisseau 2024.
- ↑ (hi) « 'लापता लेडीज' चूकी मगर ऑस्कर में पहुंची ये हिंदी फिल्म, UK की तरफ से है ऑफिशियल एंट्री », sur aajtak.in
- (en) Santosh sur Rotten Tomatoes
- ↑ Raja 2024.
- avec AFP, « Santosh : polar féministe et fresque de la société indienne contemporaine » [archive du ]
, France Info, (consulté le ).
- Brinaire 2024.
- « Critiques presse pour le film Santosh », sur Allociné (consulté le ).
- ↑ Thierry Chèze, « Santosh : un thriller politique féministe passionnant d'ambiguïté » [archive du ]
, Première, (consulté le ).
- ↑ Mélinard 2024.
- Cheze 2024.
- ↑ Antoine Desrues, « Santosh : critique d’une nouvelle claque venue d’Inde » [archive du ]
, sur Écran Large (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Lelo Jimmy Batista, « Santosh, caste and furious », Libération, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Jacques Brinaire, « Cinéma : avec Santosh, gros plan sur la place des femmes dans la police indienne », La Nouvelle République du Centre-Ouest, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ).
. - Thierry Cheze, « Au cinéma ce mercredi, Santosh, un polar indien féministe », Ouest-France, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ).
. - Nathalie Chifflet, « Santosh de Sandya Syri : un polar glaçant et millimétré », Le Bien public, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Isabelle Danel, « Santosh : autour d’une enquête pour féminicide en Inde, un polar sociétal d’une force remarquable », Le Nouvel Obs, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ).
. - Olivier De Bruyn, « Santosh : Mais que fait la police (indienne) ? », Les Échos, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Olivier De Bruyn, « Santosh : le film indien implacable sur une femme flic qui illumine l’été cinématographique », Marianne, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Bruno Deruisseau, « Santosh ou la belle promesse de renouveau du cinéma indien », Les Inrocks, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ).
. - Clarisse Fabre, « Santosh : en Inde, une femme flic confrontée à un féminicide et à la corruption de la police », Le Monde, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Jean-Luc Gadreau, « Santosh, face à l’injustice », Réforme, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Pascal Le Duff, « Santosh : une policière seule contre tous », Le Télégramme, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Michaël Mélinard, « Santosh, de Sandhya Suri : un polar féministe qui bouscule l’ordre établi », L'Humanité, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ).
. - Norine Raja, « Féminicides et corruption : Comment le film Santosh explore les maux de la société indienne », Vanity Fair, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ).
. - Céline Rouden, « Santosh, un polar féministe dans l’Inde patriarcale », La Croix, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Marie Sauvion, « Santosh, polar sombre sur la brutalité en Inde », Télérama, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ). - Étienne Sorin, « Notre critique de Santosh : les démons indiens dans le viseur », Le Figaro, .
- Frédéric Theobald, « Santosh : toutes les nuances de gris de l’Inde sur grand écran », La Vie, (lire en ligne [archive du ]
, consulté le ).
Radio
- Sandhya Suri, Interview, Santosh : une policière mène l'enquête dans l'Inde patriarcale, France Culture va plus loin, France Culture, (consulté le )..
Liens externes
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