Sara Branham Matthews
| Nom de naissance | Sara Elizabeth Branham Matthews |
|---|---|
| Naissance |
Oxford (Géorgie), en Géorgie (États-Unis) |
| Décès |
(à 74 ans) Oxford (Géorgie), en Géorgie (États-Unis) |
| Nationalité | Américaine |
| Père | Junius Branham |
| Mère | Sarah Stone |
| Conjoint | Phillips S. Matthieu |
| Résidence | États-Unis |
| Domaines | Médecine, microbiologie, chimie, zoologie |
|---|---|
| Institutions | Université du Colorado, Université de Chicago, NIH |
| Diplôme | Wesleyan College, Université du Colorado, Université de Chicago |
| Distinctions | Howard Taylor Ricketts (1924) |
Sara Elizabeth Branham Matthews (-) était une microbiologiste et médecin américaine célèbre pour ses recherches sur l'identification et le traitement de Neisseria meningitidis, un organisme responsable de la méningite.
Biographie
Sara Branham est née le à Oxford, en Géorgie. Elle est la fille de Sarah Stone et de Junius Branham[1]. Bien que l'instruction des femmes n'était pas courante à l'époque, les membres de la famille de Sara Branham croyaient fermement à la valeur de l'éducation des femmes[2]. Emboitant les pas de sa mère (Amanda Stone Branham, diplômée en 1885) et de sa grand-mère (Elizabeth Flournoy Stone, diplômée en 1840)[2], elle a étudié au Wesleyan College à Macon, en Géorgie, où elle a obtenu une licence en biologie en 1907, faisant d'elle la troisième femme de la famille a décroché un diplôme universitaire[3],[4]. Les opportunités professionnelles offertes aux femmes instruites étant alors limitées, elle est devenue institutrice, travaillant pendant dix ans dans le système scolaire public de Géorgie à Sparta, Decatur et enfin au lycée pour filles d'Atlanta[3],[2]. À l'été 1917, Sara commença à suivre des cours à l'Université du Colorado pour élargir ses connaissances[2], mais quelques semaines plus tard, elle fut embauchée par cette même université en 1917 en tant professeure en bactériologie, en raison d'une pénurie d'hommes dans le département due à la Première Guerre mondiale. Elle obtint une deuxième licence en 1919, avec une spécialisation en chimie et en zoologie[4].

Après avoir terminé ses études à l'université du Colorado en 1919, elle se rendit à Chicago durant la pandémie de grippe espagnole avec le désir de se lancer dans la recherche médicale. Elle a rejoint l'Université de Chicago où elle a finalement décroché, avec mention, une maîtrise et un doctorat en bactériologie, ainsi qu'un doctorat en médecine[4]. Son directeur de thèse universitaire lui a suggéré d’étudier l’étiologie de la grippe. Ainsi, dans le cadre de ses études à l'Université de Chicago, elle a mené des études sur les agents filtrables (virus) et a publié plus d'une douzaine d'articles traitant de ce sujet. Ce travail a finalement conduit Sara Branham à occuper un poste de professeur au Département d'hygiène et de bactériologie[2],[5].

En 1927, Branham quitta Chicago et commença à travailler à la faculté de médecine de l'université de Rochester sous la direction de Stanhope Bayne-Jones[5]. Peu de temps après, une épidémie de méningocoque a surgi en Californie en provenance de Chine. C'est ainsi que la carrière de Branham a pris un tournant et qu'elle a commencé à travailler pour ce qui est aujourd'hui le National Institutes of Health (NIH), à Bethesda, dans le Maryland, en tant que bactériologiste, afin d'étudier le méningocoque. Elle a passé le reste de sa carrière au NIH, y occupant ce poste pendant plus de 25 ans jusqu'à ce qu'elle soit promue à celui de chef de la section des toxines bactériennes de la Division des normes biologiques en 1955[6],[2].
Sara Branham a épousé l'homme d'affaires à la retraite Philip S. Matthews en 1945 qui est décédé quatre ans plus tard[3],[5]. De son côté, elle a pris sa retraite du NIH en 1958 à l'âge de soixante-dix ans, du poste de chef de la section des toxines bactériennes[7], et est décédé le à la suite d'une crise cardiaque foudroyante. Elle est enterrée dans la parcelle familiale, à Oxford, en Géorgie[5].
De manière générale, Sara Branham a orienté ses recherches sur les maladies infectieuses, notamment la grippe, la salmonelle, la shigelle, la diphtérie, la dysenterie et l'ornithose[3],[8]. Elle a également étudié les toxines produites par Shigella dysenteriae[5]. Cependant, l'objectif central des travaux de Branham au NIH concernait la méningite. Cette démarche avait pour but de faire face à ce qui devenait rapidement une crise sanitaire : une forme incurable de méningite était arrivée aux États-Unis et avait commencé à se propager à grande vitesse. On lui attribue la découverte et l'isolement de Neisseria meningitidis, un organisme courant de la méningite, et c'est elle, qui a précisément défini sa taxonomie tout au long de ses travaux.
Elle a également découvert que l'infection pouvait être traitée avec des médicaments à base de sulfamides plutôt qu’avec des antisérums qui étaient utilisés à l'époque, mais qui s'avéraient inefficaces contre cette souche. Sara Branham était reconnue comme une experte internationale sur la méningite[5] pour ses contributions significatives sur Neisseria catarrhalis, qui a d'ailleurs été rebaptisée en son nom, Branhamella caterrhalis en 1970, des années après sa mort pour lui rendre hommage[9]. Le nouveau nom a été officiellement accepté dans le Manuel de bactériologie systématique de Bergey en 1974[9],[6]. Les études de Branham sur les maladies infectieuses étaient réputées dans tout le pays, au point qu'elle soit considérée comme l'une des « grandes dames de la microbiologie ». Dans un article biographique sur Branham publié dans l'Atlanta Constitution[10], l'énorme impact de son travail a été résumé par l'exclamation : « Elle a tué des millions de tueurs ! »[10].

En plus de mener une vie professionnelle bien remplie, Sara Branham a joué un rôle actif dans la vie communautaire. Elle est considérée comme une femme d'une grande influence qui a inspiré tous ceux qui ont travaillé avec elle tout au long de sa carrière. Elle a apporté un soutien important en tant que alma mater en assistant aux réunions de son ancien établissement scolaire et en étant membre du conseil d'administration des anciennes élèves de 1936 à 1939. Elle a été l'oratrice principale de plusieurs événements et a donné de nombreuses conférences, dont deux en 1960, quelques années seulement avant sa mort[2]. Elle était aussi impliquée dans de nombreuses sociétés scientifiques. Elle a contribué à ce qui est aujourd'hui la société américaine de microbiologie[5]. Elle fut déléguée aux premier et deuxième congrès internationaux de microbiologie en 1930 à Paris et en 1936 à Londres[5]. Elle a été diplomate au sein de l'American Board of Pathology dans le domaine de la microbiologie clinique et du National Board of Medical Examiners[2]. L’un de ses collègues a fait remarquer que Sara Branham était aussi bien à l’aise dans « une robe en mousseline que dans une blouse de laboratoire ». Elle était connue pour être une ornithologue et une jardinière passionnée[5].
Prix et distinctions
Sara Branham a reçu le prix Howard Taylor Ricketts en 1924 de l'Université de Chicago. Le Wesleyan College, lui a octroyé, en 1950, le premier prix pour service rendu du Wesleyan College en 1950[2]. Elle a ensuite reçu un prix similaire de la part de l’Association des anciens élèves de la faculté de médecine de l’Université de Chicago. Elle a également reçu un doctorat honorifique en sciences de l'Université du Colorado, qui serait le dernier des six diplômes qu'elle a obtenus au cours de sa vie[2],[1]. En 1959, elle a été récompensée en tant que femme médecin de l'année par l'American Medical Women's Association.
Au cours de sa carrière, elle a publié quatre-vingts articles et a contribué à la rédaction de nombreux manuels. Ses travaux sont conservés à la Bibliothèque nationale de médecine des États-Unis.
Voir aussi
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sara Branham Matthews » (voir la liste des auteurs).
- (en) « Sara E. Branham », sur Oxford Historical Society (consulté le ).
- (en) « The Grand Lady of Microbiology Sara Branham Matthews », sur Issuu, Wesleyan College, (consulté le ).
- (en) « Sara Branham Matthews », Georgia Women of Achievement, (consulté le ).
- (en) « Sara Branham Matthews Class of 1907 », Wesleyan College (consulté le ).
- (en) « Branham, Sara Elizabeth, 1888 », sur Snac (consulté le ).
- (en) Marilyn Ogilvie et Harvey Joy, Biographical Dictionary of Women in Science, New York, Routledge, (ISBN 9781135963439).
- ↑ (en) « Know your enemy », sur History at NIH, National Institutes of Health (NIH), (consulté le ).
- ↑ (en) « Early Women Scientists at NIH », sur history.nih.gov, National Institutes of Health (consulté le ).
- (en) B. Wesley Catlin, « Branhamella catarrhalis : an Organism Gaining Respect as a Pathogen », Clinical Microbiology Reviews, vol. 3, , p. 293-320.
- (en) « Georgia-Born Woman Doctor Uncovers Cure for the Dread Germ of Meningitis », Atlanta Constitution, , p. 1 (lire en ligne, consulté le ).
Liens externes
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