Sarah Wynn-Williams

Sarah Wynn-Williams
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Sarah Wynn-Williams, née en 1979 ou 1980, est une avocate, diplomate et experte en politiques publiques et auteure néo-zélandaise. Elle a été auparavant directrice des politiques publiques chez Facebook. Son livre Des gens peu recommandables est publié en 2025 malgré les objections de Facebook.

Biographie

Wynn-Williams grandit à Christchurch[1]. En 1993, elle affirme avoir été attaquée par un requin adolescente alors qu'elle est en vacances au Golden Bay Holiday Park à Tukurua (une partie de Oruru (en)) à Golden Bay[2],[3]. Elle est titulaire d'un bachelor de l'Université de Canterbury et d'un Master of Laws de l'Université Victoria[4].

Carrière

Wynn-Williams exerce le droit au sein du cabinet d'avocats King & Wood Mallesons (en). De 2002 à 2007, elle est conseillère politique au sein du gouvernement néo-zélandais. De 2007 à 2011, elle dirige le bureau des affaires politiques et des relations gouvernementales de la Nouvelle-Zélande à son ambassade à Washington, DC. Elle travaille également pour Oxfam International[4].

Wynn-Williams commence à travailler pour Facebook en 2011, devenant la directrice mondiale des politiques publiques[5]. Facebook met fin au contrat de Williams en 2017, en raison de prétendues « mauvaises performances et d'un comportement toxique »[6]. Williams déclare qu'elle pense que c'est en représailles pour avoir dénoncé Joel Kaplan pour harcèlement sexuel[7]. Sarah Wynn-Williams affirme que Kaplan lui a demandé de travailler durant son congé de maternité, l'a régulièrement bombardée de commentaires à caractère sexuel et s'est moquée d'elle lors d'une fête d'entreprise[8]. En réponse, Meta publie une déclaration affirmant qu'une enquête interne a blanchi Kaplan et que Wynn-Williams avait fait des « allégations de harcèlement trompeuses et sans fondement »[9],[10].

Careless People

Le , Williams publie un livre à charge sur sa carrière chez Facebook intitulé Careless People: A Cautionary Tale of Power, Greed, and Lost Idealism.

Sarah Wynn-Williams y révèle des anecdotes sur le fonctionnement interne de la société. On y apprend que Mark Zuckerberg par exemple ne prend jamais de rendez-vous avant midi par exemple ou que Sheryl Sandberg, derrière le vernis de « féminisme corporate » conféré par son livre Lean In (en) publié en 2013 a des tendances autoritaires[11].

Elle révèle aussi que Facebook développe des outils de surveillance et de modération pour le marché chinois. Elle indique aussi que l'entreprise exploite les données personnelles des jeunes filles en détresse psychologique, afin de pousser des publicités ciblées vers leurs profils[12].

À la suite de ces révélations, Facebook menace d'intenter une action en justice[13],[14] et a lancé en urgence le une procédure d'arbitrage devant l’International Center for Dispute Resolution. L'arbitre interdit toute promotion du livre[15],[16]. Facebook tente de faire respecter un accord de non-dénigrement[17] estimant que l'autrice est tenue par l'accord de confidentialité qu'elle a signé lors de son licenciement[12].

Facebook/ Meta a fait valoir que le livre était « obsolète » et ne reflétait pas les pratiques actuelles[14].

La tentative de censure de Facebook produit l'effet contraire escompté, constituant un exemple d’effet Streisand, et le livre est très médiatisé dès sa sortie[12]. L’action en justice de Facebook conduit à une plus grande publicité et à une augmentation des ventes de livres[18],[19],[20]. Le livre s'est vendu à 60 000 exemplaires la première semaine de sa parution[12].

Michelle Goldberg, journaliste du New York Times indique espérer que « cette tentative maladroite de censure de Meta amènera davantage de gens à lire le livre de Wynn-Williams ». La véracité des propos de Williams n'est en revanche pas mise en cause par l'arbitrage[12].

Stuart Jeffries du Guardian indique que le récit de Wynn-Williams a des relents sectaires et incorpore une forte critique d'internet.org et de la direction de Facebook[12]. Sabhanaz Rashid Diya, ancien responsable des politiques publiques de Meta au Bangladesh, qui a travaillé pour l'entreprise à des moments différents de ceux de Wynn-Williams, a décrit le livre comme « un exploit courageux, mais il passe sous silence l'indifférence de Wynn-Williams aux avertissements des décideurs politiques, de la société civile et des équipes internes en dehors des États-Unis concernant les graves dommages causés aux communautés par Facebook. »[21].

Sarah Wynn-Williams est récompensée du prix Freedom to publish des British Book Awards en 2026[22].

Audition devant le Sénat américain

Wynn-Williams témoigne à propos de Meta devant la commission judiciaire du Sénat le [23]. Après une introduction par Josh Hawley, qui a souligné combien Facebook avait mis tout en œuvre pour empêcher cette audition, Williams devant la sous-commission judiciaire du Sénat, a abordé les relations de Meta avec la Chine. Depuis 2015, Mark Zuckerberg aurait fait collaborer l'entreprise avec le Parti Communiste Chinois en testant des outils de censure sur les communautés Facebook de Hong Kong et Taïwan[24].

Elle a notamment déclaré sous serment[25] : « Le plus grand tour de passe-passe de Mark Zuckerberg, fondateur et patron de Meta, a été de se draper du drapeau américain, de se qualifier de patriote et de dire qu’il n’offrait pas de services en Chine, alors qu’il a passé la dernière décennie à y construire une entreprise de 18 milliards de dollars. »

Vie personnelle

Wynn-Williams est mariée à un journaliste du Financial Times. Elle a trois enfants[12],[26].

Publications

Voir aussi

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sarah Wynn-Williams » (voir la liste des auteurs).
  1. Julie Hill, « When Zuck snubbed Key: Careless People by Sarah Wynn-Williams, reviewed », The Spinoff,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. Catherine Hubbard, « Mystery shark attack victim revealed as Sarah Wynn-Williams », The Nelson Mail,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. Sarah Wynn-Williams, Careless People: A Cautionary Tale of Power, Greed, and Lost Idealism, Flatiron Books, (ISBN 978-1-250-39123-0, OCLC 1504756807), p. 7
  4. « Sarah Wynn-Williams », World Economic Forum, (consulté le )
  5. Duffy, « Ex-Meta executive: 'People deserve to know what this company is really like' », CNN, (consulté le )
  6. Daisley, « Careless People—the jaw-dropping account of Sarah Wynn-Williams' time at Facebook—The executive's harrowing, tell-all memoir questions the integrity of the world's biggest social network company », Financial Times (consulté le )
  7. Rissman, « Ex-Facebook worker claims she was fired after she reported sexual harassment by company executive », MSN, (consulté le )
  8. Sarah Wynn-Williams, Careless People: A Cautionary Tale of Power, Greed, and Lost Idealism, MacMillan, (ISBN 978-1-250-39124-7)
  9. Hannah Murphy, « How Joel Kaplan became Mark Zuckerberg's most trusted political fixer », Financial Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. Bruce Daisley, « Careless People — the jaw-dropping account of Sarah Wynn-Williams' time at Facebook », Financial Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. (en-GB) Emma Brockes, « Lean In, said Sheryl Sandberg – but after this week, can we ever see her or Facebook in the same light again? », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  12. Marie Dupin, « L’ex-salariée de Facebook, Sarah Wynn-Williams, dévoile ses secrets et défie la censure », sur Franceinfo, (consulté le )
  13. Datta, « Meta to take legal action against Macmillan books over explosive memoir », Euractiv, (consulté le )
  14. (en-US) Jonathan Zavaleta, « Meta Forcefully Responds to 'Searing' Memoir From Former Facebook Official », Rolling Stone,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. Jonathan Vanian, « Meta goes to arbitrator to prevent whistleblower from promoting tell-all book », CNBC,‎ (lire en ligne, consulté le )
  16. Michael Hiltzik, « Inside the book Zuckerberg is trying to suppress », The Los Angeles Times,‎ , A002 (lire en ligne, consulté le )
  17. (en-US) Lapowsky, « Meta's Response to Explosive Tell-All Is Ripped From a Familiar PR Playbook », Vanity Fair,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. Kit Eaton, « Meta's Efforts to Block a Muckraking Exposé Make 'Careless People' a Must-Read Book », Inc.,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. (en-US) Christopher Zara, « A Meta tell-all memoir is soaring on Amazon's best-sellers rankings after legal efforts to quash it », Fast Company,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  20. Ella Creamer, « Meta exposé tops bestseller chart despite company's attempt to ban its promotion », The Guardian,‎ (lire en ligne, consulté le )
  21. (en-US) Diya, « A former Meta employee reviews the new Facebook memoir », Rest of World, (consulté le )
  22. « Virginia Giuffre sacrée à titre posthume aux British Book Awards », sur ActuaLitté.com, (consulté le )
  23. Barbara Ortutay, « Former Facebook executive testifies », Rapid City Journal,‎ , A9 (lire en ligne, consulté le )
  24. Le Temps avec l’ATS, « Devant le Sénat américain, une ex-employée de Meta accuse le groupe de travailler « main dans la main » avec Pékin - Le Temps », www.letemps.ch,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le )
  25. « Au Sénat américain, une ancienne employée de Meta accuse la société de collaboration avec la Chine », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. (en) Faye Bradley, « Who is Meta whistle-blower Sarah Wynn-Williams, whose new book is causing a stir? », South China Morning Post, (consulté le )
  27. Szalai, « Book Review: 'Careless People,' by Sarah Wynn-Williams », The New York Times, (consulté le )
  28. Naomi Nix, « Zuckerberg's Meta considered sharing user data with China, whistleblower alleges », The Washington Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  29. Nolan, « Former Meta says Mark Zuckerberg worked 'hand in glove' with Beijing », Fortune, (consulté le )
  30. David Ingram, Kenzi, « Ex-Facebook employee alleges sexual harassment and human rights failures in new memoir », NBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  31. Rissman, « Ex-Facebook worker claims she was fired after she reported sexual harassment », The Independent, (consulté le )
  32. (en) Ava Whitworth, « Kiwi former exec exposes Meta in 'explosive' tell-all memoir », Stuff,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Liens externes

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