Sarcosphaera coronaria

Pézize couronnée, Pézize superbe

Sarcosphaera coronaria
Description de cette image, également commentée ci-après
Pézize couronnée
Classification
Règne Fungi
Division Ascomycota
Sous-embr. Pezizomycotina
Classe Pezizomycetes
Ordre Pezizales
Famille Pezizaceae

Genre

Sarcosphaera
Auersw.

Espèce

Sarcosphaera coronaria
(Jacq.) J. Schröt. 1893

Sarcosphaera coronaria, la Pézize couronnée[1] ou Pézize superbe[2], est une espèce de champignons ascomycètes de la famille des Pezizaceae. Elle est caractérisée par sa période printanière, sa grande taille et son intérieur violet s'ouvrant en étoile.

Systématique

Le nom scientifique complet (avec auteur) de ce taxon est Sarcosphaera coronaria (Jacq.) J.Schröt.[3].

L'espèce a été initialement classée dans le genre Peziza sous le basionyme Peziza coronaria Jacq.[3].

Synonymes

Sarcosphaera coronaria a pour synonymes[3] :

  • Aleuria eximia (Durieu & Lév.) Gillet
  • Cyathus coronarius (Jacq.) J.F.Gmel.
  • Discina coronaria Beck, 1886
  • Peziza cissonii Ripart
  • Peziza coronaria Jacq.
  • Peziza coronaria var. macrocalyx (Riess) Sacc.
  • Peziza coronata Pers.
  • Peziza crassa Santi
  • Peziza eximia Durieu & Lév.
  • Peziza macrocalyx Riess
  • Peziza schyzostoma Richon
  • Plicaria macrocalyx (Riess) Velen.
  • Pustularia coronaria (Jacq.) Rehm
  • Pustularia coronaria var. macrocalyx (Riess) Rehm
  • Pustularia macrocalyx (Riess) Hazsl.
  • Sarcosphaera coronaria f. nivea (M.M.Moser) Carbone, Curti, Picillo & L.Perrone
  • Sarcosphaera coronaria var. macrocalyx (Riess) Boud.
  • Sarcosphaera coronaria var. nivea (M.M.Moser) Péric. & Courtec.
  • Sarcosphaera crassa (Santi) Pouzar
  • Sarcosphaera crassa var. nivea (Moser)

Noms vulgaires et vernaculaires

Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : Pézize couronnée, Pézize superbe[3], pézize en couronne[4], sarcosphère en couronne[4], sarcosphère remarquable[4].

Description du sporophore

Le sporophore de ce champignon est constitué d'une apothécie mesurant entre 3 et 15 cm diamètre[5]. Elle est fermée puis s'ouvre sous forme d'étoile à maturité. L'extérieur est de couleur blanche. L'intérieur est violet voire brun et devient jaunâtre avec le temps[1].

Galerie

Variétés et formes

  • Sarcosphaera coronaria f. nivea, qui est de couleur toute blanche.

Habitat et distribution

On retrouve la pézize couronnée dans les forêts de feuillus et de conifères au sol calcaire[1], entre avril et juin. Elle a également pu être observée sur des sols sablonneux à proximité des littoraux[5].

Elle se rencontre surtout en Europe, en particulier dans les Alpes[6].

Toxicité et consommation

Selon les recommandations actuelles, ce champignon est considéré comme non comestible, voire toxique. Il doit impérativement ne pas être ingéré cru[6]. Plusieurs cas d'intoxication ont été recensés, dont un mortel[6]. Dans la littérature ancienne concernant la mycologie, la pézize couronnée était pourtant considérée comme comestible[6]. Elle aurait d'ailleurs été consommée pendant plusieurs siècles dans le Jura[7].

Les sporophores de S. coronaria, notamment en Romagne, sont souvent confondus avec diverses espèces de Pezizaceae au sens large ; ils sont cueillis et consommés après cuisson, sans qu’aucun problème n’ait été signalé chez les consommateurs. Dans certaines petites régions des Marches et de l'Ombrie, ce champignon est également connu localement en tant que tel par les cueilleurs. Dans certains ouvrages, S. coronaria est présentée comme un champignon toxique, notamment à la suite d'une intoxication familiale survenue en Suisse en 1920, ayant entraîné un décès (Butignot 1921). D'autres intoxications ont été signalées sporadiquement par la suite, mais l'hypothèse d'une teneur en giromitrine a été réfutée par les analyses de laboratoire, car ni Stijve (1978), ni Andary & al. (1985) n'ont détecté la présence d'un quelconque dérivé hydrazinique[8].

Pour expliquer la « toxicité variable » de S. coronaria, Stijve (2008) a mis en cause la capacité de cette espèce à hyperaccumuler l'arsenic, sous forme d'acide méthylarsonique (qui n'est pas la forme la plus toxique mais reste néanmoins dangereuse), ainsi que le fait que les sols de la zone de cueillette en Suisse sont riches en arsenic en raison d'anciennes activités minières. Des recherches plus récentes ont confirmé la capacité d’hyperaccumulation d’arsenic de ce champignon et, outre l’acide méthylarsonique, une forme plus toxique d’un composé organique de l’arsenic a également été détectée, à savoir l’acide métaarsénieux (Braeuer & al. 2020). Les quantités de cette dernière espèce chimique se sont révélées trop faibles pour être dangereuses pour la santé des consommateurs, même si certaines simulations ont permis d’émettre l’hypothèse d’une augmentation de sa concentration en milieu acide pendant la digestion (ce qui n’est toutefois pas encore suffisant pour provoquer des intoxications). Cependant, une autre hypothèse plutôt inquiétante est que l'acide méthylarsénique puisse se former par réduction de l'acide métaarsénieux dans l'environnement de cuisson, en présence de composés soufrés réducteurs tels que les sulfures organiques de l'ail et de l'oignon (Braeuer & al. 2020). Dans ce cas, la consommation de quantités modestes de S. coronaria pourrait suffire à provoquer des intoxications potentiellement graves[8].

Compte tenu de ce risque assez important, bien qu'aucun incident n'ait été signalé dans les zones de consommation traditionnelle en Italie, il faut estimer que la consommation alimentaire de S. coronaria doit être déconseillée[8].

Confusions possibles

  • Sarcosphaera crassa, qui est véritablement son sosie morphologique, mais elle en vient sous les pins dans les régions méditerranéennes[9].
  • La Pézize des Cèdres (Geopora sumneriana), qui a un port similaire mais dont l'intérieur est blanc, sans mauve, et qui pousse sous les Cèdres.
  • Sarcopeziza sicula, qui a un port similaire mais qui a des tons brun-rouge à sanguins, c'est une espèce méditerranéenne rarissime[10].

Notes et références

  1. European Council for the Conservation of Fungi (ECCF), Fiches descriptives des champignons menacés d’Europe susceptibles de figurer à l’Annexe I de la Convention, Strasbourg, Conseil de l'Europe, (lire en ligne), p. 34
  2. « Pezize superbe (Français) », sur Inventaire National du Patrimoine Naturel (consulté le )
  3. GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 2 avril 2026.
  4. Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le 2 avril 2026.
  5. Patrice Tanchaud, « Sarcosphaera coronaria », sur Mycocharentes,
  6. Tjakko Tijve, « Le principe toxique de Sarcosphaera coronaria, la pézize couronnée, est l'acide methylarsonique, un dérivé d'arsénic : première partie », Schweizerische Zeitschrift für Pilzkunde = Bulletin suisse de mycologie,‎ (lire en ligne)
  7. « Sarcosphaera coronaria », sur Société Mycologique des Montagnes Neuchâteloises (consulté le )
  8. (it) Nicola Sitta, Paolo Davoli, Marco Floriani, Edoardo Suriano, « GUIDA RAGIONATA ALLA COMMESTIBILITÀ DEI FUNGHI » Accès libre [PDF], sur regione.piemonte.it,
  9. « La pezize couronnée ne pousse qu’à Chèvremont ! Une espèce rare, toxique, utile à la biodiversité », Vosges Matin,‎ (lire en ligne)
  10. (en-US) « Sarcopeziza sicula – Sociedad Ibérica de Micología » (consulté le )

Liens externes

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