Savoia-Marchetti S.73
| Rôle | Avion de transport civil |
|---|---|
| Constructeur |
|
| Équipage | 4 |
| Premier vol | 4 juin 1934 |
| Production | 1934 - 1938 |
| Livraisons |
55 * 48 construits par Savoia-Marchetti en Italie * 7 produits par SABCA sous licence en Belgique |
Dimensions
| Longueur | 18,37 m |
|---|---|
| Envergure | 24,00 m |
| Hauteur | 4,45 m |
| Max. à vide | 7 300 t |
|---|---|
| Max. au décollage | 10 800 t |
| Passagers | 18 |
| Moteur(s) |
3 Piaggio Stella P.IX en étoile 3 Alfa Romeo 126 RC.34 radiaux 9 cylindres |
|---|---|
| Puissance unitaire |
552 kW (750 ch) |
| Vitesse de croisière maximale | 280 km/h |
|---|---|
| Vitesse maximale |
330 km/h à 4 000 m |
| Distance franchissable | 1 600 km |
| Plafond | 7 400 m |
Le Savoia-Marchetti SM.73 était un avion de transport civil de ligne italien, trimoteur, élaboré par la société Savoia-Marchetti au tout début des années 1930 et mis en service à partir de mars 1935. Les principaux utilisateurs ont été :
- Ala Littoria, la compagnie aérienne nationale italienne qui a opéré pendant le régime fasciste dans les années 1930 et 1940[1],
- Sabena, la compagnie aérienne nationale belge fondée en 1923.
L'avionneur italien Savoia-Marchetti s'est inspiré du SM.73 pour concevoir, en parallèle le bombardier SM.81 « Pipistrello »[2].
Histoire
Le Savoia-Marchetti SM.73 fut le premier avion de la « génération » de trimoteurs conçus par Alessandro Marchetti. Sa conception a débuté en 1933, année où la société milanaise décida de diversifier sa production qui, jusqu'alors, était principalement concentrée sur les hydravions.
Conception
L'avion a été développé en seulement 4 mois, grâce à l'utilisation de l'aile du S.55, avec un fuselage beaucoup plus conventionnel. Une version bombardier SM.81 Pipistrello a été développée en parallèle. Le prototype du S.73 effectua son premier vol le [3],[4] il effectua son premier vol sur la base militaire de Cameri, où était installée une des usines de la société, à l'époque[3], piloté par Adriano Bacula[5].
Le prototype comportait des fenêtres courant, pratiquement sans interruption, le long de chaque côté du fuselage. Il était propulsé par 3 moteurs Gnome-Rhône 9K Mistral (9 cylindres radiaux refroidis par air) entraînant une hélice en bois à 4 pales sur le moteur central et une hélice en bois à 2 pales sur chaque moteur latéral d'aile[3],[4]. Les exemplaires de série furent tous équipés de moteurs au choix, selon les volontés des compagnies aériennes, et d'hélices métalliques à trois pales.
C'est la compagnie aérienne belge Sabena qui commanda les 5 premiers exemplaires, livrés et mis en service en 1935. Par rapport au prototype, ces avions disposaient de hublots traditionnels et de légères modifications des empennages[3],[4].
Technique
Le Savoia-Marchetti SM.73 était un monoplan à ailes basses à trois longerons en bois et train d'atterrissage fixe (de type tricycle à roulette de queue). Sa structure mixte était composée d'un fuselage treillis en tubes métalliques recouverts de contreplaqué et de toile, d'ailes à 3 longerons en bois, d'un empennage horizontal haubané et d'un train d'atterrissage fixe. Un soin particulier a été apporté au système de chauffage, pour le confort des passagers[3].
Le S.73 était un monoplan de construction mixte, fuselage en acier recouvert de bois et de toile. Il comportait deux générateurs, un de chaque côté du fuselage ; les batteries de 24 V avaient une capacité de 90 A.
Le pilote et le copilote étaient assis côte à côte dans un cockpit fermé, avec un compartiment pour l'opérateur radio et un autre pour le mécanicien[6]. La cabine passagers pouvait accueillir 18 passagers répartis sur deux rangées, de chaque coté du couloir central.
Il était équipé de huit réservoirs de carburant métalliques, tous situés dans les ailes, d'une capacité totale de 3 950 litres. Les appareils de série ont été équipés de moteurs Piaggio Stella P.IX de 522 kW (700 ch), Wright R-1820 de 574 kW (770 ch), Walter Pegasus IIIMR2V de 544 kW (730 ch), Alfa Romeo 125 et Alfa Romeo 126 RC.34, selon les spécifications des utilisateurs, entraînant, tous, des hélices tripales en aluminium et acier à pas variable.
Utilisation opérationnelle
Civile
La compagnie belge a acheté les 5 premiers avions fabriqués par l'avionneur italien en 1935 immédiatement affectés, dès l'été 1935, sur les lignes régulières européennes[7] :
- Londres - Paris - Bruxelles - Hambourg - Copenhague - Malmö,
- Bruxelles - Lille - Ostende
- Londres - Ostende[4].
Ces aéronefs étaient équipés, comme le prototype, de moteurs Gnome-Rhône 9K Mistral.
7 autres SIAI-Marchetti S.73, propulsés par des moteurs Gnome et Rhône 14K Mistral Major ont été construits pour SABENA sous licence par SABCA en 1936 et 1937, pour remplacer les Fokker F.VII sur la liaison Belgique-Congo. Ce trajet durait 4 jours (sans vol de nuit) pour une durée totale de vol de 44 heures[8],[9].
Les livraisons à la compagnie nationale italienne ont commencé également en 1935. 21 exemplaires lui ont été livrés. Comme souvent en Italie, l'utilisation de différents moteurs fut demandée : un premier exemplaire fut équipé de moteurs Piaggio PX « Stella », suivi de 9 appareils propulsés par des Wright R-1820 Cyclone 9 (tous deux à 9 cylindres en étoile). Par la suite, 3 autres appareils équipés de moteurs Piaggio Stella P.IX furent achetés[3]. Les appareils suivants ont été équipés de moteurs Alfa Romeo 126 RC.34.
Le vol inaugural du avait pour but de transporter 200 000 lettres aux militaires et citoyens Italiens d'Afrique orientale. L'appareil atteignit Asmara en 4 jours après avoir parcouru plus de 6 600 km et retourna à Rome le [3]. Ce vol devint une ligne régulière pour le transport de passagers la même année. La compagnie Ala Littoria utilisa également des SM.73 pour assurer des liaisons régulières quotidiennes entre Rome et Berlin, Rome et Thessalonique en Grèce (trois fois par semaine) et, à partir de 1937, pour relier la capitale italienne à d'autres villes italiennes, européennes et nord-africaines[3].
Un SM.73 a également été acheté par l'opérateur italien Avio Linee Italiane, filiale du groupe FIAT propulsé par des moteurs Alfa Romeo 126 RC.34[3].
En 1937, la compagnie aérienne tchèque achète 3 exemplaires équipés de moteurs Walter Pegasus IIM2, (le Bristol Pegasus fabriqué sous licence)[10],[3],[4].
Utilisation militaire
Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale marqua la fin de la carrière commerciale du SM.73. Bien que déjà anciens et moins performants que certains modèles récents ils ont été souvent utilisés.
Les premiers exemplaires SM.73 engagés dans le conflit furent les avions de la Sabena. 8 exemplaires sont intégrés aux unités de la Force aérienne royale belge. Ils opérèrent en soutien aux troupes alliées contre l’invasion allemande. En , les 7 exemplaires survivants parvinrent à rejoindre le Royaume-Uni où ils furent utilisés par la Royal Air Force. Transférés en Afrique du Nord pour des missions de transport tactique lors de la Campagne d'Afrique du Nord, 4 d’entre eux furent capturés par les troupes italiennes et transférés aux unités de la Regia Aeronautica italienne[6].
Lors de son entrée en guerre, 9 SM.73 ont été engagés sous l'égide de la compagnie Ala Littoria en Afrique orientale et militarisés sur place[3]. Les exemplaires basés en Italie furent affectés aux 605e et 606e escadrons du 148e groupe de transport[6],[3]. Après la chute des territoires coloniaux, 3 SM.73 parvinrent à regagner l'Italie et furent réaffectés au 247e escadron opérant sur le front de l'Est en soutien au corps expéditionnaire italien en Russie[6].
Caractéristiques techniques
Le SM.73 était un avion très fiable et robuste. Comme meilleure preuve, certains SM.73 étaient encore opérationnels au moment de la signature de l'armistice : 3 servaient sous les couleurs de la Force aérienne cobelligérante italienne (Royaume du Sud)[6]. L'avion immatriculé 60352, ex I-NOVI, fut réquisitionné par la Luftwaffe et affecté à la Deutsche Luft Hansa AG qui, réimmatriculé D-APGX, l'utilisa pour des liaisons internes[11]. Un autre SM.73 (I-STAR) fut affecté au Reparto Aereo Collegamenti dell'Aeronautica Nazionale Repubblicana où il vola jusqu'en [12]. Enfin, un SM.73 était en service au sein du Groupe de transport aérien de l'ANR[13] mais son immatriculation reste inconnue.
Le SM.73 pouvait être utilisé depuis de petits aéroports, offrait une grande maniabilité. Il atteignait des vitesses de croisière/maximales de 270/340 km/h (150/180 nœuds). Équipé du moteur Alfa Romeo 126 RC.34 de 552 kW (750 ch) à 3 400 m, le S.73 atteignait une vitesse maximale de 345 km/h (186 nœuds), disposait d'une autonomie de 1 600 km et d'un plafond de 7 400 m. L'avion a également été produit sous licence par le constructeur belge SABCA équipé de moteurs Gnome-Rhône 14K Mistral Major de 671 kW (900 ch) pour un total de 2 013 kW (2 699 ch), comparable aux derniers modèles militaires SM.79 ou CANT Z.1018.
Le S.73 bénéficia d'un programme d'essais en vol très court. Après les essais, la Regia Aeronautica n'a recommandé que très peu de modifications. L'avion, facile à piloter, robuste et aisé à manœuvrer au sol, pouvait notamment décoller de pistes courtes en terrain accidenté, malgré sa faible puissance relative et l'absence de becs de bord d'attaque. Sa construction mixte et son train d'atterrissage fixe constituaient ses principaux défauts, comparé aux avions contemporains américains et allemands, de construction entièrement métallique avec train d'atterrissage rétractable. Si certains de ces derniers avions offraient parfois de meilleures performances, le SM.73 resta néanmoins compétitif pendant de nombreuses années.
Caractéristiques générales
Caractéristiques générales[14] :
- Équipage : 4
- Capacité : 18 passagers + 370 kg de bagages
- Longueur : 18,37 m
- Envergure : 24,00 m
- Hauteur : 4,45 m
- Surface alaire : 92,97 m2
- Poids à vide : 5 788 kg
- Poids brut : 9 280 kg
- Capacité de carburant : 3 950 L
- Groupe motopropulseur : 3 × moteurs Piaggio Stella P.IX RC à piston radial refroidis par air de 9 cylindres, 520 kW (700 ch) chacun
- (prototype équipé de moteurs radiaux Gnome-Rhone 9Kfs de 3 x 447,42 kW (600 ch))
- Hélices : métalliques à pas variable
Performances
- Vitesse maximale : 330 km/h (205 mph) à 4 000 m (13 150 pieds).
Avec deux moteurs, la vitesse maximale était de 270 km/h.
- Vitesse de croisière : 280 km/h (151 nœuds)
- Vitesse de décrochage : 90 km/h (49 nœuds)
- Portée : 1 600 km (994 mi)
- Plafond pratique : 7 400 m. Sur deux moteurs 4 400 m
- Vitesse ascensionnelle : 3,333 m/s
- Temps nécessaire pour atteindre l'altitude :
- 2 000 m (6 562 pieds) en 10 minutes
- 4 000 m (13 123 pieds) en 20 minutes
- 6 000 m (19 685 pieds) en 33 minutes
Utilisateurs
Civil
- Deutsche Luft Hansa AG (renommée Lufthansa en 1953)
Militaire
Dans la bande dessinée
Un Savoia-Marchetti S.73, appartenant à Sabena, peint dans sa livrée habituelle (jaune) apparaît dans l'album de Tintin Le Sceptre d'Ottokar datant de la fin des années 1930 : Tintin et le professeur Halambique embarquent à son bord de l'aérodrome de Haren (Bruxelles), à destination de Prague, via une escale à Francfort. Le même avion apparait également dans la dernière case de l'édition de 1943 de L'Île Noire.
Voir aussi
Article connexe
- Savoia-Marchetti SM.81 Pipistrello bombardier et avion de transport de troupes de la Seconde Guerre mondiale, 535 exemplaires, dérivé du SM.73.
- Junkers Ju 52, surnommé Tante Ju en allemand et Iron Annie par les anglais. Avion trimoteur de transport en tôle ondulée fabriqué par la firme allemande Junkers à partir des années 1930 et produit à 4 845 exemplaires entre 1932 et 1952[1
Références
- ↑ (it) Caprotti F (2011), Profitability, practicality and ideology: Fascist civil aviation and the short life of Ala Littoria, 1934–1943, The Journal of Transport History (lire en ligne), p. 17–38
- ↑ Apostolo - 1981 - page 168
- Angelucci & Matricardi, Guida agli Aeroplani di tutto il Mondo, , p. 121-122
- Angelucci & Matricardi, Guida agli Aeroplani di tutto il Mondo, , p. 174-175
- ↑ Emilani & Cony - 2000 - pages 25 & 26
- Achile & Adolfo Boroli, L'aviazione Volume 12, Istituto Geografico De Agostini Novara, , p. 35
- ↑ (en) John Stroud, European Transport Aircraft since 1910 - London: Putnam date=1966, p. 444–445
- ↑ Stroud - 1966 - page 446
- ↑ Wulf - 1980 - pages 72 & 73
- ↑ Stroud - 1966 - pages 445 & 446
- ↑ Arena - 1995 - page 147
- ↑ Arena - 1995 - page 219
- ↑ Arena - 1995 - pages 245 & 246
- ↑ (en) Kenneth Munson, Airliners between the wars 1919-1939 (ISBN 0-7137-0567-1)
- ↑ Stroud 1984, p. 374.
Bibliographie
- (en) AA.VV. - The Illustrated Encyclopedia of Aircraft, London, Aerospace Publishing/Orbis Publishing, 1985.
- Enzo Angelucci, Paolo Matricardi, Guida agli Aeroplani di tutto il Mondo, Vol.2, Milano, Arnoldo Mondadori Editore, 1979.
- Giorgio Apostolo, Guida agli Aeroplani d'Italia dalle origini ad oggi, Milano, Arnoldo Mondadori Editore, 1981.
- Nino Arena, L'Aeronautica Nazionale Repubblicana: la guerra aerea in Italia : 1943-1945, Parma, Ermanno Albertelli Editore, 1995, (ISBN 88-85909-49-3).
- Achille Boroli, Adolfo Boroli, L'Aviazione, Vol.12, Novara, Istituto Geografico De Agostini, 1983.
- Emilio Brotzu, Michele Caso, Gherardo Cosolo, SM.73 Savoia Marchetti, in Dimensione cielo: aerei italiani nella 2ª guerra mondiale, Vol. 7: trasporto, Roma, Edizioni Bizzarri, 1975, p. 27-36.
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