Sayonara (film, 2015)
| Titre original |
さようなら Sayōnara |
|---|---|
| Réalisation | Kōji Fukada |
| Scénario |
Kōji Fukada Oriza Hirata (pièce de théâtre) |
| Acteurs principaux |
Bryerly Long Hirofumi Arai Geminoid F |
| Pays de production |
|
| Genre | drame, film de science-fiction |
| Durée | 112 minutes |
| Sortie | 2015 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Sayonara (さようなら, Sayōnara) est un film japonais réalisé par Kōji Fukada, sorti en 2015.
Synopsis
Dans un futur proche, le Japon est rendu inhabitable par une catastrophe nucléaire inédite : l'ensemble des centrales nucléaires du pays a explosé et les habitants doivent être évacués au plus vite. Mais Tania n'est pas prioritaire sur le plan d'évacuation du gouvernement notamment à cause de son origine sud-africaine et de sa maladie. Elle attend donc son évacuation dans sa maison de campagne en recevant des visites de son amoureux, Satoshi, et d'une de ses voisines, Sano, mais sa seule compagnie réelle est Leona, son androïde handicapée, qui la soutient en lui lisant des poèmes. Le film suit donc la longue attente de Tania et Leona dans un Japon désertique et désastreux. « Le pays se meurt. Et tout cela est d'une grâce infinie » comme le résume Jean-Michel Frodon[1].
Production
Le film est adapté de la pièce de théâtre Sayonara, d'Oriza Hirata crédité pour l'histoire originale. La pièce, développée dans le cadre du Robot Theater Project mettait déjà en scène la relation entre une humaine mourante et un androïde. Koji Fukada adapte cinématographiquement cette pièce, aidé des conseils techniques d'Hiroshi Ishiguro notamment en ce qui concerne Geminoid F : androïde à la fois présent dans la pièce de théâtre et dans le film.
Le film a ceci de particulier qu'un des deux rôles principaux est tenu par un véritable androïde, Geminoid F[2]. En effet, cet androïde a été conçu par les laboratoires d'Hiroshi Ishiguro pour ressembler le plus possible aux humains. Dans ce sens, le robot possède une peau en silicone et fonctionne à l'aide d'actionneurs pneumatiques. Pour que la ressemblance soit poussée à son paroxysme, l'androïde est doté de 12 degrés de liberté. Néanmoins celui-ci n'est pas entièrement autonome : ses mouvements et sa voix sont préenregistrés dans certains cas comme dans le film par exemple. La conception de l'androïde avait principalement pour but d'étudier les interactions entre automates et humains. L'utilisation de Geminoid F dans le film fait écho à la pièce originale d'Oriza Hirata qui mettait déjà en scène un androïde et une enfant.
Contexte
Le 11 mars 2011, le Japon est frappé par le grand séisme du Tōhoku, suivi d'un tsunami et de la catastrophe nucléaire de Fukushima Daiichi. Cette catastrophe marque profondément le pays et ravive les inquiétudes liées au nucléaire. Elle s'inscrit dans l'imaginaire collectif et inspire de nombreuses oeuvres littéraires, artistiques et cinématographiques, comme God Bless You, 2011 de Hiromi Kawakami, Rebirth de Manabu Ikeda, ou encore Sayonara de Kōji Fukada. En effet, même si le film ne montre pas le désastre comme un événement spectaculaire puisque le récit commence après l'explosion des centrales. L'influence du 11 mars 2011 se manifeste notamment dans la mise en scène lente et silencieuse du film qui dramatise davantage les conséquences de la catastrophe notamment l'attente et l'isolement.
Thèmes
Le film aborde différents thèmes centrés autour de la catastrophe nucléaire et des conséquences désastreuses qu'elle peut engendrer.
A travers le personnage de Tania, Sayonara met en lumière certaines inégalités accentuées par la situation de crise : étant une jeune fille sud-africaine malade, Tania est placée parmi les dernières sur la liste des rapatriements et se voit donc contrainte d'attendre. Cette attente engendre une immense solitude, thème central du film, à la fois sociale, géographique et politique chez le personnage. Les thèmes de l'attente et de la solitude vont alors rythmer toute la narration et la scénographie du film : dans Le Monde, Mathieu Macheret souligne la fixité de la mise en scène accompagnant la solitude et l'attente du personnage.
Le personnage de Leona est également un enjeu clé du film. En tant qu'androïde Leona est insensible à la mort mais accompagne tout de même Tania dans sa maladie et sa solitude. Cette dualité entre un androïde "durable" et une humaine malade mise face à la mort permet au film d'aborder les thèmes de la vie et la mort et de la fragilité de l'être humain. Thème qui dans la pièce originale avait déjà retenue l'attention de Kōji Fukada comme il l'a confié dans son interview avec ScreenAnarchy.
La relation entre les deux personnages pose également la question de la frontière entre l'artificiel et l'être humain.
Fiche technique
- Titre original : さようなら (Sayōnara)
- Titre français : Sayonara[3]
- Réalisation : Kōji Fukada
- Production : Keisuke Konishi, Hiroyuki Onogawa, Koji Fukada, Bryerly Long
- Scénario : Kōji Fukada d'après la pièce de Oriza Hirata[3]
- Conseiller technique : Hiroshi Ishiguro
- Photographie : Akiko Ashizawa
- Décors : Kensuke Suzuki
- Son et effets sonores : Hiroyuki Onogawa
- Lumière : Hidenori Nagata
- Société de distribution : Survivance (France)[4], Phantom film (Japon)
- Pays de production :
Japon - Langues originales : japonais, français, anglais, allemand[2]
- Format : couleur - 35 mm
- Genre : drame ; film de science-fiction
- Durée : 112 minutes[5]
- Dates de sortie :
Distribution
- Bryerly Long : Tania
- Geminoid F : Leona, son androïde
- Hirofumi Arai
- Noémie Nakai : androïde français
- Nijirō Murakami
- Mariko Murata
- Yūko Kibiki
- Mari Yamamoto (en)
- Irène Jacob (caméo)
- Jérôme Kircher (caméo)
Réception du film
Dans Variety, Peter Debruge décrit le film comme une étude sombre des relations entre humains et robots, son intérêt reposant presque uniquement sur la beauté des paysages[6]
Dans l'article du Monde, Mathieu Macheret décrit le film comme une œuvre poétique mais difficilement à classable. L’article insiste sur l’étrangeté du récit, centré sur une jeune femme réfugiée et son androïde, derniers témoins du Japon en voie d'extinction[7].
Deborah Young du magazine The Hollywood Reporter qualifie le film de "sombre". Néanmoins elle n'hésite pas à mettre en lumière l'intérêt du que le spectateur peut potentiellement avoir pour le film notamment en ce qui concerne sa propre identification à des personnages humains ou non[8].
La critique de cinéma Sahoko Hata a déclaré que "le sujet est une relation réelle et mystérieuse avec les gens qui vivent vers la mort et les androïdes qui ne connaissent pas la mort, y compris les accidents des centrales nucléaires et les questions raciales". Le sujet principal du film réside donc pour elle dans la relation étrange entre une humaine mourante et un androïde qui ignore la mort malgré que des sujets comme la catastrophe nucléaire ou la question raciale sont abordés.
Sélection en festival
- 2015 : Festival international du film de Tokyo- competition
- 2016 : Festival international du film de Rotterdam- programme ID : The Generic Self
- 2016 : Japan Cuts- première en Amérique du Nord
Notes et références
- ↑ Jean-Michel Frodon, « «Sayonara», «Le Christ aveugle»: pas besoin d'attendre Cannes pour s'émerveiller au cinéma », sur Slate (magazine), (consulté le ).
- (en) Peter Debruge, « Film Review: ‘Sayonara’ », sur variety.com, (consulté le )
- « Sayonara », sur Kinotayo (consulté le )
- « Sayonara », sur Centre national du cinéma et de l'image animée (consulté le )
- (ja) « さようなら » [« Sayōnara »], sur www.kinenote.com (consulté le )
- ↑ article de Peter Debruge dans Variety.
- ↑ article de Mathieu Macheret dans Le Monde.
- ↑ article de Deborah Young dans The Hollywood Reporter.
Liens externes
- (ja) « さようなら », sur sayonara-movie.com (version du sur Internet Archive)
- Ressources relatives à la fiche technique : Japanese Film Database
- Ressource utile pour la partie thème : ScreenAnarchy
- Ressource utile pour le synopsis et la sélection en festival : International Film Festival Rotterdam, Japanese Film Database
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
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