Sculpture néo-classique

Antonio Canova, Hercule et Lichas (1795-1815), Rome, galerie nationale d'art moderne et contemporain.

La sculpture néo-classique est un courant sculptural issu du néo-classicisme (qui comprend aussi la peinture, l'architecture, la gravure et les arts décoratifs), qui se développe à partir du milieu du XVIIIe siècle et se poursuit jusqu'au milieu du XIXe siècle. La sculpture néo-classique exprime l'admiration pour l'Antiquité, référence originelle de l'art occidental, et la nostalgie de la grandeur et la rigueur du classicisme français en vogue au cours du siècle de Louis XIV.

Généralités

La sculpture néo-classique s'inspire de la sculpture classique grecque et romaine héritée de l'Antiquité. La connaissance de la sculpture antique est issue des textes, des savants et des découvertes archéologiques notamment à Herculanum au début du XVIIIe siècle. La philosophie des Lumières explique également ce retour du goût pour l'antique se libérant de la doctrine chrétienne et exaltant le corps humain en particulier dans sa nudité idéalisée. L'exubérance émotionnelle de la sculpture baroque et rococo est remplacée par une sobriété des formes et le sérieux des expressions faciales[1]. Même les princes et princesses sont habillés de toges légèrement plissées à la manière gréco-romaine, la mythologie antique dominant tout autre référence sacrée. Les divers supports, constitués de bustes, bas-reliefs, statues, groupes sculpturaux, et réalisations monumentales, sont le plus souvent en marbre poli.

Elle connaît trois périodes dans son évolution, une première période qui voit la transition entre le classicisme et le néo-classicisme (1750-1780), une deuxième période d'apogée du style favorisée par l'épopée napoléonienne (1780-1820), et une dernière période de transition avec le romantisme (1820-1840).

Le principal représentant de ce courant, Antonio Canova, est considéré comme le chef de file du courant orienté vers la grâce hellénistique héritée des canons gréco-romains. Installé à Rome, une bonne partie de sa production s'est orientée vers les tombeaux monumentaux des papes et des princes. Il s'est également mis au service du Premier Empire français, en représentant les dignitaires dont Pauline Bonaparte, idéalisée en Vénus Victrix dans le marbre conformément à la tradition classique. L'école artistique initiée par Canova a été particulièrement en faveur en France notamment avec Antoine-Denis Chaudet et François-Joseph Bosio[2]. Le Néerlandais Mathieu Kessels, installé à Rome, a également adopté le parti pris hellénistique d'Antonio Canova en donnant aux personnages de ses sculptures un style légèrement sentimental[3].

Nombre de sculpteurs européens font à l'époque le voyage à Rome pour s'inspirer de l'Antiquité et de l'enseignement d'Antonio Canova et pour travailler le marbre de Carrare. C'est le cas du Danois Bertel Thorvaldsen qui est l'inspirateur de l'école qui suit rigoureusement les grecs anciens avec une orientation archaïsante. Son patte sculpturale est plus froide et en retenue, d'une complexité moins grande que celle de Canova. Il a eu plus de succès en Italie notamment dans les monuments funéraires[2].

D'autre figures notables du néo-classicisme sont l'Allemand Johann Gottfried Schadow, le Britannique John Flaxman, auteur de tombeaux et statues, et le Français Joseph Chinard.

Galerie

Notes et références

  1. Maylis Poulot-Cazajous, Manuel d'histoire des arts. De l'Antiquite au XXIe siecle, Editions Ellipses, (lire en ligne)
  2. Néo-classicisme. Les Grands Articles d'Universalis, Encyclopaedia Universalis, (lire en ligne)
  3. Michael Palmer et Bart Janssen, 500 chefs-d'œuvre de l'art belge du XVe siècle à nos jours, Bruxelles, Racine, (lire en ligne), p. 239

Annexes

Bibliographie

  • (en) Alison West, From Pigalle to Préault : neoclassicism and the sublime in French sculpture, 1760-1840, Cambridge, Cambridge University Press, , 324 p. (ISBN 0-521-44326-1 et 9780521443265, OCLC 860323703, lire en ligne).
  • Uwe Greese, « Sculpture néoclassique », dans Rolf Toman, Néoclassicisme et Romantisme : architecture, sculpture, peinture, dessin : 1750-1848, H.F. Ullmann, (ISBN 978-38331-3557-6), p. 250-317.

Articles connexes

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