Section photographique et cinématographique des Armées

La Section photographique et cinématographique des Armées (S.P.C.A) est un organisme français de cinéma fondé en et dissous en 1919, remplacé par le Service d'informations et de relations publiques des armées.
Historique

Au début de l'année 1915, la création de la section cinématographique de l'armée est impulsé par le général Joffre qui comprend très vite le poids des images[1].
Dans un rapport au ministre de la Guerre en , le général Joffre écrit :
« Il est indiscutable que la presse étrangère, même celle qui nous est favorable, est beaucoup plus nourrie de nouvelles par l’Allemagne que par nous. En Amérique, on parle beaucoup de l’armée allemande, assez souvent de l’armée anglaise, presque jamais de l’armée française. »
A la demande de Joffre, le ministère de la Guerre (dirigé par Alexandre Millerand) et les sociétés cinématographiques vont créer la section cinématographique de l'armée (SCA)[1]. Peu après est créée la section photographique de l'armée (SPA) afin de contrer la propagande allemande et de constituer des archives[2].
Le premier tournage de la Section cinématographique de l’armée
Le premier tournage officiellement reconnu de la Section cinématographique de l’armée (SCA), a eu lieu le en Lorraine et en Alsace. Ce tournage a été réalisé par les quatre premiers opérateurs recrutés au sein de la Chambre syndicale de la cinématographie : le maréchal des logis Alfred Machin (Pathé), Pierre Périn (ou Perrin) (Gaumont), le caporal Georges Maurice (Éclair) et le soldat de deuxième classe Émile Pierre (Éclipse). Chaque caméraman a filmé simultanément, ce qui explique que leurs images se trouvent dans plusieurs films, conservés à l’ECPAD[3].

Ce jour-là, les opérateurs accompagnent le général Joseph Joffre, commandant en chef des armées françaises, lors d’une inspection des troupes de l’Est. Ils filment successivement Joffre en déplacement avec les généraux Varin, Lamy et le commandant de Galbert, ainsi que deux cérémonies militaires mettant à l’honneur les chasseurs alpins. La première, le matin à Gérardmer (Vosges), rassemble le 24e bataillon de chasseurs alpins en présence des généraux Dubail, de Maud’huy et de Pouydraguin. La seconde, l’après-midi à Willer-sur-Thur (Haut-Rhin), réunit le 7e bataillon, avec les généraux Dubail, Serret et le commandant Hellé[3].
L'essor de la Section cinématographique de l’armée
Les deux entités fusionnent en 1917[4], et les équipes sur le terrain sont constituées d'un photographe et d'un cadreur. Les firmes Pathé, Éclipse et Éclair éditent des journaux d'actualité diffusés dans les salles de cinéma de l'époque. Le service est dirigé par le Lieutenant J.L. Croze qui avait demandé la création de ce type d'organisme dès [5].
À partir de 1917, le SPCA devient un organisme important, et les cinéastes mobilisés à l'époque sont presque tous affectés à ce corps. De nombreux opérateurs sont tués, prisonniers ou blessés[6].
Chaque semaine, la S.P.C.A. éditait une bande documentaire de 200 mètres, intitulée Les Annales de la Guerre[7].
Les importantes archives de films et de photos sont conservées au musée de l'Armée à Vincennes jusqu'en 1940.
Le SPCA a été remplacé ultérieurement par le Service d'informations et de relations publiques des armées (SIRPA) et l'Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD).
Bibliographie
- René Jeanne, Histoire encyclopédique du cinéma (en collaboration avec Charles Ford), Ed. Robert Laffont, 1947.
Notes et références
- « Le Maréchal Joffre », sur ECPAD,
- ↑ Sené, Xavier, « Création de la Section cinématographique de l'armée », sur FranceArchives (consulté le ).
- « Le premier tournage de la Section cinématographique de l’armée », sur ECPAD,
- ↑ « Le cinéma et la photo des armées », sur Site ECPAD (consulté le ).
- ↑ L'Encyclopédie du Cinéma, Roger Boussinot, Ed. Bordas 1986 p. 1157
- ↑ René Jeanne, « La guerre et le cinéma : Souvenirs de la S.C.A. (1914-1918) », Le Petit Journal, 4 articles no 28.038, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ René Jeanne et Charles Ford, Histoire illustrée du cinéma, vol. 1 : Le muet 1895-1930, Verviers, Gérard & Co, coll. « marabout université », (réimpr. 1966), p. 69
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