Senna bicapsularis

En place à Canberra.

Senna bicapsularis est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Fabaceae. Cette espèce est originaire d'Amérique tropicale. C'est un arbuste qui pousse principalement dans le biome tropical à saison sèche. Il est utilisé comme aliment pour le bétail, comme poison et médicament, et a des applications environnementales, ainsi que comme combustible et aliment.

Description

Senna bicapsularis est un petit arbuste semi-persistant atteignant 1 à 4 m de hauteur[1], à cime basse et étalée, qui se reproduit par graines. Il peut atteindre 2 à 12 mètres de hauteur et se ramifie dès sa base. Ses feuilles, pennées, mesurent de 2,5 à 9 cm de long et sont composées de six à huit folioles de 1,6 à 4,5 cm de long et de 1,1 à 2,3 cm de large. Les fleurs jaunes, groupées en grappes courtes de 12 à 16 mm de long, sont très nombreuses. Les gousses sont brun-clair, pendantes et cylindriques. Elles contiennent de nombreuses graines noires tachées de blanc contenues dans une pulpe brune sucrée comestible[1]. La plante fleurit de l'automne à l'hiver, attirant abeilles et papillons[2],[3]. Senna bicapsularis se distingue de Senna pendula par ses feuilles composées de trois paires de folioles et ses pédicelles allongés, tandis que Senna pendula possède quatre à sept paires de folioles par feuille, une glande entre chaque paire et des pédicelles plus courts. La floraison de Senna bicapsularis s'étend de la fin de l'automne à l'hiver selon le climat, tandis que celle de Senna pendula peut commencer dès la fin de l'été. Senna pendula se multiplie très facilement par semis, contrairement à Senna bicapsularis dont les graines, à tégument dur, nécessitent une scarification mécanique pour germer[4].

Composition

La plante renferme des saponines[5]. Les feuilles sont émétiques et rubéfiantes[1].

Répartition et habitat

Senna bicapsularis est originaire du bassin caribéen, puis est devenu pantropical; du nord de l'Amérique du Sud, du Panama au sud jusqu'au Venezuela et à la Colombie, ainsi que des Antilles[6]. On le trouve au bout des chemins et dans les lieux abandonnés jusqu'à 300 m d'altitude[1].

En Floride, Senna pendula est généralement cultivé et appliqué à tort comme S. bicapsularis[7],[8].

Utilisations

Les Nahuas de San Luis Potosí utilisent cette plante pour se libérer des envoûtements. Pour ce faire, le patient est purifié avec sept feuilles, qu'il passe sur tout son corps. De même, dans le cadre de ce traitement, pendant que le guérisseur prie, il parfume le corps du patient avec un encens de charbon, de romarin et de copal, puis le purifie avec un œuf pour chasser le « mauvais air » qui l'aurait envahi.

Les feuilles sont comestibles et sont utilisées pour soigner l'érysipèle à Morelos et comme antiseptique à Oaxaca. La sève des feuilles séchées peut être utilisée en usage externe, mélangée à du sel, pour soigner les éruptions cutanées, les ulcères, les morsures, les piqûres d'insectes, l'eczéma, la gale, la teigne et la candidose. Au XXe siècle, Maximino Martínez mentionne ses propriétés purgatives et son efficacité contre les piqûres d'arthropodes.

La saveur des gousses rappelle celle du tamarin. Les feuilles peuvent être cuites comme un légume et mélangées à d'autres feuilles, des haricots ou des pois.

Espèce envahissante

Senna bicapsularis est naturalisée et envahissante dans plusieurs zones côtières tropicales, notamment en Tanzanie, au Kenya, aux Îles Galápagos et en Nouvelle-Calédonie, où on la trouve en bordure de route et dans les zones perturbées, les prairies boisées, les jachères et les zones ripaires[2],[9].

Chimie

Les feuilles et les tiges contiennent des alcaloïdes de type chaksine. Les graines contiennent du galactomannane. La présence de cassine, de 2,6-dialkyl-3-hydroxypyridine et de la socassidine dans la plante a également été rapportée.

Synonymes

Illustration botanique

Senna bicapsularis a été décrite sous de nombreux noms qui sont aujourd’hui considérés comme ses synonymes. Certains de ces noms ont également été appliqués par erreur à des plantes apparentées. Ce phénomène s’est produit avec d’autres taxons, qui ont été mal appliqués à cette plante[10]:

  • Adipera bicapsularis (L.) Britton & Wilson
  • Adipera spiciflora Pittier
  • Cassia berterii Colla
  • Cassia bicapsularis L.
Cassia bicapsularis sensu Bojer is erroneous for Senna pendula.
Cassia bicapsularis of other authors is erroneous for Senna pendula var. glabrata
  • Cassia bicapsularis L. var. aristata DC.
Cassia aristata Benth. is a synonym of Chamaecrista aristata
  • Cassia bicapsularis L. var. quadrijuga DC.
  • Cassia collae G.Don
  • Cassia emarginata L.
Cassia emarginata Clos is a synonym of Senna candolleana
Cassia emarginata Mill. is a synonym of Chamaecrista pilosa
  • Cassia inflata Spreng.
  • Cassia laevigata sensu Prain
Cassia laevigata Willd. is a synonym of Senna septemtrionalis
Cassia laevigata of other authors is erroneous for Senna occidentalis
  • Cassia limensis Lam.
  • Cassia sennoides Jacq.
  • Cassia spiciflora (Pittier) Pittier
  • Cathartocarpus bicapsularis (L.) Ham.
  • Chamaefistula inflata G.Don
  • Isandrina arborescens Raf.
  • Isandrina emarginata (L.) Britton & Rose

Senna bicapsularis est dénommé caca-béké en créole antillais[1], rambling senna, winter cassia, Christmas bush, money bush, et yellow candlewood en anglais[2].

Liens externes

Références

  1. Jean-Louis Longuebosse, Plantes médicinales caribéennes Tome 1, Orphie, , 238 p. (ISBN 978-2-87763-367-3)
  2. Senna bicapsularis. Version of 2006-OCT-25. Retrieved 2007-DEC-20.
  3. Christmas Senna (Senna bicapsularis) by The National Gardening Association
  4. CASSIA BICAPSULARIS floridagardener.com
  5. Pétard P., Plantes utiles de Polynésie, Papeete Tahiti, Haere Po No,
  6. Senna bicapsularis United States Department of Agriculture(USDA) (2007): Germplasm Resources Information Network
  7. (en) Marc Frank, « Christmas Cassia Causes Confusion », University of Florida, (version du sur Internet Archive)
  8. Senna bicapsularis Institute for Systematic Botany, University of South Florida, Tampa
  9. Henderson, L. (2001). Alien weeds and invasive plants. A complete guide to declared weeds and invaders in South Africa. Plant Protection Research Institute Handbook No. 12, 300pp. PPR, ARC South Africa.
  10. ILDIS (2005)Senna bicapsularis. Version 10.01, November 2005. Retrieved 2007-DEC-20
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