Shahr-e No

Shahr-e No
Administration
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Ville Téhéran
Géographie
Coordonnées 35° 40′ 19″ nord, 51° 23′ 18″ est
Localisation
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Shahr-e No
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Shahr-e No

Shahr-e No (en persan : شهرنو, « Ville nouvelle ») est l'ancien quartier chaud de Téhéran (Iran), situé à Gomrok, un quartier au sud-ouest.

Apparu dans les années 1920 et rasé en 1979, il a employé jusqu'à environ 1 500 femmes. Son emplacement est aujourd'hui occupé par un parc et par un hôpital.

Histoire

La prostitution à Téhéran est attestée depuis les années 1870, à divers endroits de la ville (les maisons closes étaient signalées par une lanterne). Au cours des quarante années suivantes, les prostituées sont devenues plus visibles, s'affichant dans les rues. En , le ministère de l'intérieur du gouvernement, alors laïc, a organisé une rafle partielle des prostituées et les a rassemblées à Shahr-e No, une zone proche de la citadelle. Les autres prostituées de Téhéran les ont rejointes au cours des onze années suivantes, puis Shahr-e No a été encerclé d'un mur en briques haut de 2,50 m, avec interdiction aux femmes d'en sortir. En , la foule ayant assisté à l'exécution de trois femmes accusées de proxénétisme a pris d'assaut le quartier, brûlé les bordels, persécuté les femmes et semé la panique. À cette époque l'enceinte s'étendait sur plus de 13 ha et abritait 1 500 femmes, 753 vendeurs de rue, 178 commerces et deux théâtres. L'État a terminé le travail l'année suivante, en rasant au bulldozer tout le site, qui est devenu une immense friche. La République islamique s'est ensuite employée à en faire disparaître tout souvenir, en détruisant les livres et les films qui en attestaient l'existence. Les cartes de la ville sont marquées d'un rectangle légendé : « parc en construction »[1]. Restent quelques rares témoignages, notamment un reportage photographique du photojournaliste iranien Kaveh Golestan (en). La zone n'a été réaménagée qu'en 1998, en parc citadin[2],[3],[4].

Notes et références

  1. Bahàr Majdzàdeh, Cartographier les exclus : géographie de la destruction (Iran 1979-1988). Contre-cartographier le monde, Presses Universitaires de Limoges (PULIM), pp.193-202, 2021. ffhal-03669725f lire en ligne
  2. Luis Alemany, « La terrible destruction du quartier rouge de Téhéran », Courrier international, no 1680,‎ 12-18 janvier 2023, p. 47, traduction d'un article publié dans El Mundo le .
  3. Chiara Palazzo, « Iranian photojournalist Kaveh Golestan's Prostitute Series at Photo London », The Telegraph, (consulté le ).
  4. « Photos: Tehran’s brothel district Shahr-e-No 1975-77 by Kaveh Golestan », sur Payvand (consulté le )

Voir aussi

  • icône décorative Portail de l’Iran et du monde iranien
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