Shirani Bandaranayake

Shirani Bandaranayake
Fonctions
Chief Justice of Sri Lanka (en)
28 -
Chief Justice of Sri Lanka (en)
-
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités

Upatissa Atapattu Bandaranayake Wasala Mudiyanse Ralahamilage Shirani Anshumala Bandaranayake, dite Shirani Bandaranayake (en singhalais : ශිරාණි බණ්ඩාරනායක), née en à Kurunegala est une juriste sri-lankaise. Elle est nommée pour la première fois à la Cour suprême du Sri Lanka en 1996, puis en prend la tête en 2011, devenant ainsi la première femme juge à cet poste. Elle est destituée de manière controversée par le Parlement du Sri Lanka en 2013, puis réintégrée le . Elle démissionne le lendemain, invoquant son soutien à un système judiciaire libre et équitable au Sri Lanka.

Biographie

Bandaranayake est née en à Kurunegala[1],[2]. Sa mère est une institutrice parlant anglais, tandis que son père est directeur provincial dans l'éducation[3],[4],[5]. Durant sa jeunesse, le père de Bandaranayake change d'emploi à plusieurs reprises, ce qui lui fait fréquenter différents établissements scolaires entre 1962 et 1972[6].

Elle poursuivit ensuite ses études à l'Anuradhapura Central College (en), où elle obtient son GCE Advanced Levels (en) en 1976[3]. Elle intègre ensuite la faculté de droit de l'Université de Colombo, avec une licence de droit en [3],[7]. Elle obtient une maîtrise en philosophie de l'Université de Colombo en [3],[8]. La même année, elle a décroche la bourse Commonwealth Open Scholarship et la bourse Chevening (en) en 1989. Elle devient avocate en mais n'exerce jamais[3],[8]. En , elle soutient son doctorat en droit de la School of Oriental and African Studies de l'Université de Londres, devenant ainsi la première femme sri-lankaise à obtenir ce diplôme de droit dans une université étrangère[3],[7]. Elle se marie à Pradeep Kariyawasam (en), un ancien cadre d'entreprise[8].

Bandaranayake est devenue chargée de cours invitée à la faculté de droit de l'Université de Colombo en 1981[3],[8]. Elle occupe plusieurs postes au sein du département avant d'être nommée directrice du département de droit en 1987 et a également siégé à la Commission du service judiciaire du Sri Lanka[3],[8]. Elle exerce les fonctions de doyenne par intérim de la faculté à plusieurs reprises avant d'être nommée doyenne en 1992[3],[8]. En 1993, elle est professeure agrégée de droit « au mérite »[3],[8].

Poste à la Cour suprême du Sri Lanka

Après son admission au barreau, Bandaranayake exerce comme avocate auprès de la Cour suprême du Sri Lanka[7]. Sa nomination, le , par la présidente Chandrika Kumaratunga sur recommandation de G. L Peiris (en), alors ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles, suscite la controverse[7],[8]. Bandaranayake n'a jamais été juge ni avocate auparavant : sa nomination provoque des protestations de la part des avocats et des magistrats[9]. Elle est alors la première femme juge à la Cour suprême[10],[7]. Elle occupe le poste de juge en chef par intérim à 11 reprises. En 2011, le président Mahinda Rajapaksa la nomme juge en chef du Sri Lanka (en), succédant à Asoka de Silva (en) qui avait pris sa retraite le . Elle prête serment devant le président Rajapaksa le [8].

Mise en accusation

La motion de destitution de Shirani Bandaranayake (en), signée par 117 députés du parti de l'Alliance de la liberté du peuple uni, est remise au président de l'Assemblée, Chamal Rajapaksa (en), le [11],[12]. Ce dernier révèle 14 chefs d'accusation retenus contre Bandaranayake le , notamment le défaut de déclaration d'intérêts financiers, l'abus de pouvoir et le mépris de la Constitution[13]. Bandaranayake nie les accusations et refuse de démissionner[14].

Une commission parlementaire spéciale (CPS) de onze membres, composée de sept députés du parti au pouvoir et de quatre députés de l'opposition, est nommée pour enquêter sur les accusations de destitution[15],[16],[17]. La CPS conclut que trois des cinq accusations portées contre Bandaranayake sont fondées, ce qui est suffisant pour justifier sa destitution[18],[19]. Elle est reconnue coupable d'irrégularités dans une transaction immobilière, de détention de comptes bancaires non déclarés et de conflit d'intérêts dans une affaire judiciaire impliquant son mari[20],[21]. Les députés de l'opposition ont rejeté le rapport de la PSC en déclarant que : « Ce n'était pas une enquête, c'était une inquisition. »[22]. Le rapport de la PSC est transmis au président Rajapaksa et le Parlement vote ensuite sur la motion de destitution au début de l'année suivante[23]. Mais grâce à de nombreux recours qui mettent en avant des problèmes techniques, le , le président Sirisena informe que la destitution de Bandaranayake en 2013 était illégale et que, par conséquent, la nomination de son successeur était nulle ab initio. Cette décision leve tous les obstacles empêchant Bandaranayake d'occuper son poste de 43e juge en chef et lui permit de reprendre ses fonctions le [24]. Toutefois, elle démissionne le lendemain en invoquant son soutien à un système judiciaire libre et équitable au Sri Lanka.

Distinctions

Shirani Bandaranayake est lauréate de la bourse Fulbright-Hays en 1996 et du prix Assert du British Council en 1993 et 1994[8].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Shirani Bandaranayake » (voir la liste des auteurs).
  1. ↑ « Dr. Shirani Bandaranayake, first woman Chief Justice: A shining example », Sunday Observer,‎ (lire en ligne [archive du ])
  2. ↑ « Her Lordship! First Woman Chief Justice sworn in », Daily FT,‎ (lire en ligne [archive du ])
  3. « Dr. Shirani Bandaranayake, first woman Chief Justice: A shining example », Sunday Observer (Sri Lanka),‎ (lire en ligne [archive du ])
  4. ↑ Upul Joseph Fernando, « Creating a heroine by default », Ceylon Today,‎ (lire en ligne)
  5. ↑ (en) « Appreciations », sundaytimes.lk, sur The Sunday Times Sri Lanka (consulté le )
  6. ↑ Upul Joseph Fernando, « Creating a heroine by default », Ceylon Today,‎ (lire en ligne)
  7. « Her Lordship! First Woman Chief Justice sworn in », Daily FT,‎ (lire en ligne [archive du ])
  8. « Dr Shirani Bandaranayake new Chief Justice », Daily News (Sri Lanka),‎ (lire en ligne [archive du ])
  9. ↑ (en) « Overview » [archive du ], Judicial Service Commission Secretariat (consulté le )
  10. ↑ « Sri Lanka's first female Chief Justice to take oaths on Tuesday », Colombo Page,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le )
  11. ↑ « Shirani Bandaranayake: Sri Lanka MPs' impeachment bid », BBC News,‎ (lire en ligne)
  12. ↑ « Impeachment motion against CJ handed over to Speaker », The Daily Mirror,‎ (lire en ligne)
  13. ↑ Charles Haviland, « Shirani Bandaranayake: Charges set out as impeachment begins », BBC News,‎ (lire en ligne)
  14. ↑ Charles Haviland, « Shirani Bandaranayake denies Sri Lanka impropriety charges », BBC News,‎ (lire en ligne)
  15. ↑ Mark Magnier, « Sri Lankan president dismisses nation's first female chief justice », Los Angeles Times,‎ (lire en ligne)
  16. ↑ (en) « Sri Lankan president ratifies chief justice's dismissal in impeachment standoff with judiciary », The Washington Post/Associated Press,‎ (lire en ligne)
  17. ↑ (en) « CJ decides to stay on and fight », The Sunday Times,‎ (lire en ligne)
  18. ↑ « Sri Lanka chief judge Bandaranayake found guilty by MPs », BBC News,‎ (lire en ligne)
  19. ↑ « Three out of five charges against CJ proven », The Daily Mirror,‎ (lire en ligne)
  20. ↑ (en) « Sri Lankan chief justice found guilty on 3 counts », Associated Press/New Jersey Herald,‎ (lire en ligne)
  21. ↑ Gagani Weerakoon, « CJ found guilty of three charges -PSC », Ceylon Today,‎ (lire en ligne [archive du ])
  22. ↑ Hafeel Farisz, « Opp. members of the PSC reject report », The Daily Mirror,‎ (lire en ligne)
  23. ↑ « Sri Lankan parliament recommends dismissal of chief justice », The Hindu,‎ (lire en ligne)
  24. ↑ (en) « Shirani is back as CJ, Mohan out » [archive du ], sur Colombo Gazette (consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail du Sri Lanka
  • icône décorative Portail du droit