Siège de Cherbourg

Siège de Cherbourg (1418)
Description de cette image, également commentée ci-après
Le siège de Cherbourg, enluminure de Martial d'Auvergne, issue des Vigiles de Charles VII, Paris, XVe siècle
Informations générales
Date 1er avril - 29 septembre 1418
Lieu Cherbourg, Manche, Normandie, Royaume de France
Issue
  • Victoire anglaise
  • Capitulation de la ville et du château
  • Occupation anglaise de Cherbourg
Belligérants
Royaume de France Royaume d’Angleterre
Commandants
Jean de La Haye Henri V d’Angleterre
Humphrey de Lancastre
Walter Hungerford
Forces en présence
Inconnue (garnison défensive, incluant gens d’armes et artilleurs) Plusieurs milliers d’hommes (armée anglaise, avec machines de siège)[1]
Pertes
Inconnues, garnison probablement épargnée après capitulation Inconnues, possiblement un tiers de l’armée selon certaines chroniques[2]

Guerre de Cent Ans

Batailles

Coordonnées 49° 38′ 23″ nord, 1° 37′ 30″ ouest
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Siège de Cherbourg (1418)
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Siège de Cherbourg (1418)
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Siège de Cherbourg (1418)

Le siège de Cherbourg de 1418 est une opération militaire menée du au par les forces anglaises dirigées par Henri V d’Angleterre, avec le soutien de Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester, et de Walter Hungerford, contre la ville de Cherbourg[3] en Normandie, dans le cadre de la guerre de Cent Ans. Défendue par Jean de La Haye, capitaine de la ville et du château, Cherbourg résiste plusieurs mois avant de capituler, consolidant la domination anglaise sur la Normandie occidentale.

Contexte

En 1417, Henri V d’Angleterre intensifie sa campagne pour conquérir la Normandie, revendiquant ses droits sur le duché et le trône de France après sa victoire à Azincourt (1415) et la prise de Harfleur[1]. En 1417-1418, les Anglais s’emparent de nombreuses villes normandes, dont Caen, Bayeux, Argentan, Alençon, Vire, Saint-Lô, Coutances, Carentan, Saint-Sauveur-le-Vicomte, Valognes, et Avranches[2],[4]. Cherbourg, située dans le Cotentin, est une place forte stratégique grâce à son château aux douze tours, fortifié par Philippe le Bel vers 1300, et à ses remparts robustes[5],[6].

La ville connaît des troubles avant 1418 : en 1410, le duc de Bourgogne, alors capitaine, est accusé de vouloir céder Cherbourg aux Anglais ; une tentative anglaise échoue en 1412 ; et en 1413, le sire de Torcy est nommé capitaine par Charles VI[7]. En 1418, Jean de La Haye, écuyer, capitaine du château et général des finances de Normandie, prend la tête de la défense[8]. Les divisions entre Armagnacs et Bourguignons, combinées à l’absence de secours de Charles VI ou du dauphin Charles VII, affaiblissent la résistance française[9].

Déroulement

Arrivée des Anglais

Le , après la prise de Bayeux le et le départ d’Henri V pour Cherbourg le , l’armée anglaise, dirigée par Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester, encercle la ville avec des machines de siège, telles que des trébuchets et des canons[1],[10]. D’autres capitaines anglais, comme le sire de Gray et les comtes de Kent, Windsor, Suffolk, et Strafford, participent probablement à l’opération, bien que leur rôle exact reste incertain[11]. Walter Hungerford, sénéchal d’Henri V, est nommé capitaine de Cherbourg le , anticipant la victoire anglaise[8].

Résistance française

La garnison française, commandée par Jean de La Haye, oppose une résistance acharnée, s’appuyant sur les fortifications du château et des remparts de Cherbourg[5],[6]. Les défenseurs utilisent des boulets rouges, une innovation dans l’artillerie médiévale, pour tenter d’incendier le camp anglais, causant des pertes significatives[12]. Malgré ces efforts, l’absence de renforts extérieurs et le blocus anglais prolongé affaiblissent la garnison.

Capitulation

Le , après cinq mois de siège, Jean de La Haye signe un protocole de capitulation, stipulant que la ville et le château sont rendus le si aucun secours français n’arrive. Les conditions incluent un sauf-conduit pour la garnison et probablement une compensation financière[8],[9],[13]. Le , Cherbourg capitule officiellement[13]. Certaines chroniques attribuent la reddition à Jean Ier d’Angennes, accusé d’avoir trahi pour de l’argent et exécuté plus tard à Rouen, mais les documents officiels confirment Jean de La Haye comme commandant[14],[15].

Conséquences

La chute de Cherbourg achève la conquête anglaise de la Normandie occidentale, permettant à Henri V de se tourner vers le siège de Rouen, pris en [1],[2]. L’administration anglaise instaure des mesures fiscales, comme un impôt sur les boissons géré par le vicomte de Valognes, et des aides levées par l’assemblée des Trois États de Normandie[7]. Walter Hungerford, suivi de Ralph Hillary, du duc de Bedford, du sire de Scales, et des ducs d’York et de Somerset, est nommé capitaine de la ville[7],[13].

En 1427, une flotte de Saint-Malo tente sans succès de reprendre Cherbourg[7]. En 1429, Phelippot le Cat, inspiré par Jeanne d’Arc, tente de livrer la ville aux Français, mais est capturé et exécuté[2]. Cherbourg reste sous contrôle anglais jusqu’en 1450, lorsque Jean V de Bueil la reconquiert pour Charles VII[16]. Le siège de 1418 illustre la robustesse des fortifications de Cherbourg et l’efficacité de la stratégie anglaise combinant blocus prolongé et négociations[5],[6].

Références

  1. Jean Favier, Histoire de la Normandie, Privat, , 228 p.
  2. Enguerrand de Monstrelet, Chroniques d’Enguerrand de Monstrelet, Société de l’Histoire de France, , 234-235 p. (lire en ligne).
  3. Cherbourg-en-Cotentin depuis 2016
  4. Charles de Beaurepaire, L’émigration normande et la colonisation, Imprimerie de L. Danel, , 9 p. (lire en ligne).
  5. Jean Froissart, Chroniques, vol. 8, Société de l’Histoire de France, .
  6. Jacques Gomboust, Plan de Cherbourg sous Louis XIII, Bibliothèque nationale de France, .
  7. Robert Le Roy, « Les institutions de la ville de Cherbourg sous l’occupation anglaise (1418-1450) », École des Chartes, (consulté le ).
  8. Non précisé, Rôles normands et français, Société de l’Histoire de France, , 34a, §219.
  9. Émile Gaillard, Le siège de Rouen, en 1418, Revue anglo-française, , 392 p. (lire en ligne).
  10. Charles de Beaurepaire, Siège et capitulation de Bayeux en 1417, Imprimerie de H. Delesques, , 52 p. (lire en ligne).
  11. Alexandre de Salgues, Histoire de la Ville de Cherbourg, Imprimerie de P.-J. Le Boullenger, , 75-76 p. (lire en ligne)
  12. Charles Dupin, Les forces de l’industrie et des machines, Bachelier, , 164 p. (lire en ligne).
  13. Jean-Marie Moeglin, Dictionnaire de la Guerre de Cent Ans, Perrin, (lire en ligne).
  14. Jean Le Fèvre, Chronique de Jean Le Fèvre, seigneur de Saint-Rémy, Société de l’Histoire de France, , 411-412 p. (lire en ligne).
  15. François-Joseph Grille, Cherbourg : Accompagné d’un plan et de planches, P.-J. Le Boullenger, , 6-7 p. (lire en ligne).
  16. André Plaisse, La délivrance de Cherbourg et du Clos du Cotentin à la fin de la guerre de Cent Ans, Presse de la Manche, , 82 p. (lire en ligne).

Bibliographie

  • Jean Favier, Histoire de la Normandie, Privat, , 228 p.
  • Enguerrand de Monstrelet, Chroniques d’Enguerrand de Monstrelet, Société de l’Histoire de France, , 234-235 p. (lire en ligne)
  • Charles de Beaurepaire, L’émigration normande et la colonisation, Imprimerie de L. Danel, , 9 p. (lire en ligne)
  • Jean Froissart, Chroniques, vol. 8, Société de l’Histoire de France,
  • Jacques Gomboust, Plan de Cherbourg sous Louis XIII, Bibliothèque nationale de France,
  • Robert Le Roy, « Les institutions de la ville de Cherbourg sous l’occupation anglaise (1418-1450) », École des Chartes, (consulté le )
  • Non précisé, Rôles normands et français, Société de l’Histoire de France, , 34a, §219
  • Émile Gaillard, Le siège de Rouen, en 1418, Revue anglo-française, , 392 p. (lire en ligne)
  • Charles de Beaurepaire, Siège et capitulation de Bayeux en 1417, Imprimerie de H. Delesques, , 52 p. (lire en ligne)
  • Alexandre de Salgues, Histoire de la Ville de Cherbourg, Imprimerie de P.-J. Le Boullenger, , 75-76 p. (lire en ligne)
  • Charles Dupin, Les forces de l’industrie et des machines, Bachelier, , 164 p. (lire en ligne)
  • Jean Le Fèvre, Chronique de Jean Le Fèvre, seigneur de Saint-Rémy, Société de l’Histoire de France, , 411-412 p. (lire en ligne)
  • François-Joseph Grille, Cherbourg : Accompagné d’un plan et de planches, P.-J. Le Boullenger, , 6-7 p. (lire en ligne)
  • Jean-Marie Moeglin, Dictionnaire de la Guerre de Cent Ans, Perrin, (lire en ligne)
  • André Plaisse, La délivrance de Cherbourg et du Clos du Cotentin à la fin de la guerre de Cent Ans, Presse de la Manche, , 82 p. (lire en ligne)
  • Ferdinand Hoefer, Nouvelle biographie générale, Firmin-Didot, , 653 p.
  • Isaac de Larrey, Histoire d’Angleterre, Chez les héritiers de P. Gosse et J. Neaulme, , 397 p. (lire en ligne)
  • Non précisé, Mémoires de la Société Nationale Académique de Cherbourg, Société Nationale Académique de Cherbourg, , 170 p. (lire en ligne)
  • Amedée Hellot, Guillaume Le Talleur, Les Chroniques de Normandie (1223-1453), Société de l’Histoire de Normandie, , 211 p. (lire en ligne)

Articles connexes

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