Siège de Merv

Siège de Merv
Des murs en ruine émergent de petits buissons sous un ciel sans nuages. Dans un interstice, on peut voir une structure ressemblant à une mosquée, avec un chameau qui donne une idée de l'échelle.
Les murs de la ville de Merv, qui ne s'est jamais remise de l'Invason mongole. Le Mausolée du sultan Ahmad Sanjar est visible à travers une brèche dans les fortifications en ruine.
Informations générales
Date Avril 1221
Lieu Merv
Issue Victoire mongole
Changements territoriaux Annexion de Merv par l'Empire mongol
Belligérants
Empire mongol Empire khwarezmien
Commandants
Gengis Khan
Tolui
• Dawud (gouverneur) de Merv
Forces en présence
30 000 à 50 000 hommes 12 000 hommes
Pertes
Inconnues 12 000 morts
700 000 à 1 300 000 civils tués après la chute de la cité[1]

Invasion mongole de l'Empire khwarezmien

Coordonnées 37° nord, 62° est
Géolocalisation sur la carte : Turkménistan
(Voir situation sur carte : Turkménistan)
Siège de Merv

Le Siège de Merv (persan : محاصره مرو) a eu lieu en , lors de la conquête mongole de l'Empire khwarazmien.

En 1219, Gengis Khan, souverain de l'Empire mongol, envahit l'Empire khwarezmien dirigé par le Chah Ala ad-Din Muhammad. Le Chah décide de répartir ses forces entre différentes garnisons, situées dans les villes les plus importantes de l'empire, comptant sur l'inexpérience des Mongols en matière de siège pour retarder leur progression et lui donner l'occasion de livrer bataille au moment et à l'endroit de son choix. Mais les Mongols déjouent ses plans et assiègent les unes aprés les autres les villes du Khorassan, le cœur de l'Empire khwarazmien.

La ville de Merv est alors un important centre d'apprentissage, de commerce et de culture du Khorasan. Une armée mongole, dont les effectifs sont estimés entre 30 000 et 50 000 hommes et dirigée par Tolui, fils de Gengis Khan, traverse le désert de Karakum après avoir détruit l'ancienne capitale impériale Gurganj dans le nord ; et assiège Merv. Selon plusieurs historiens contemporains, les défenseurs de Merv se rendent aux Mongols en 7 à 10 jours.

Selon les écrits des historiens de l'époque et des générations suivantes, toute la population de Merv, y compris les réfugiés, a été massacrée. Les Mongols auraient massacré 700 000 personnes[2],[3],[4], l'historien persan Juvayni et R. J. Rummel avancant le chiffre de plus de 1 300 000 personnes[5],[1], ce qui en ferait l'une des prises de ville les plus sanglantes de l'histoire mondiale.

Merv avant le conflit

Merv, anciennement connue sous les noms d'« Alexandrie », d'« Antioche en Margiane » et de « Marw al-Shāhijān », est une grande ville iranienne située dans le Khorassan, sur la Route de la soie. Capitale de plusieurs entités politiques tout au long de sa riche histoire, Merv devient le siège du calife al-Ma'mun et la capitale de l'ensemble du califat islamique au début du IXe siècle[6]. Aux XIe et XIIe siècles, Merv est la capitale de l'Empire seldjoukide[7],[8],[9]. C'est à cette époque que Merv devient un centre important de la science et de la culture islamiques, attirant et produisant des poètes, des musiciens, des médecins, des mathématiciens et des astronomes de grande renommée.

Le grand polymathe persan Omar Khayyam, entre autres, a passé plusieurs années à travailler à l'observatoire de Merv. Le géographe et voyageur persan al-Istakhri écrit à propos de Merv : « De tous les pays d'Iran, ces gens étaient réputés pour leurs talents et leur éducation ». Le géographe arabe Yaqout al-Rumi dénombre jusqu'à 10 bibliothèques géantes à Merv, dont une dans une grande mosquée qui contient 12 000 volumes[10].

Aux XIIe et XIIIe siècles, juste avant la conquête mongole, Merv est peut-être la plus grande ville du monde, avec une population comptant jusqu'à 500 000 habitants. À cette époque, Merv est connue sous le nom de « Marw al-Shāhijān » (Merv la Grande) et est fréquemment désignée comme la « capitale du monde islamique oriental ». Selon le géographe Yaqout al-Rumi, la ville et ses structures sont visibles à une distance équivalente à une journée de voyage.

Situation avant le conflit

Les différentes estimations des effectifs de l'armée d'invasion mongole totale sont contradictoires. Les chiffres les plus élevés sont avancés par des historiens musulmans classiques tels que Minhaj-i Siraj Juzjani et Rashid al-Din[11],[12]. Des chercheurs contemporains ont avancé des estimations moindres. Ainsi, pour Morris Rossabi, les effectifs de l'armée mongole ne peuvent pas dépasser 200 000 soldats[13]; tandis que John Masson Smith donne une estimation d'environ 130 000 hommes[14]. Enfin, Carl Sverdrup avance le chiffre de 75 000 hommes, soit l’estimation la plus faible, en prenant comme hypothèse que les effectifs des tumens, la plus grande unité militaire mongole, ont souvent été surestimée[15].

Les armées mongoles entrent dans le Khwarezm par vagues. Tout d'abord, une avant-garde dirigée par Djötchi, le fils aîné de Gengis, et le général Djebé franchit les cols du Tian Shan et commence à dévaster les villes de l'est de la vallée de Ferghana. Djaghataï et Ögedeï, deux frères de Djötchi, marchent ensuite sur Otrar et l'assiègent[16]. Enfin, Gengis arrive avec Tolui, son fils cadet, et divise la force d'invasion en quatre armées:

  • Djaghataï et Ögedeï restent assiéger Otrar,
  • Djötchi se dirige vers le nord-ouest en direction de Gurganj, la capitale de l'Empire khwarezmien.
  • Un petit détachement a pour mission de prendre Khodjent
  • Gengis prend la direction de l'Ouest avec Tolui et environ la moitié de l'armée, soit entre 30 000 et 50 000 hommes[17]
Map of Central Asian Mongol campaigns between 1216 and 1223.
Campagnes de Gengis Khan entre 1207 et 1225

Son adversaire, le Khwarezmchah Ala ad-Din Muhammad, est confronté à de nombreux problèmes. Son empire est aussi vaste que récent, avec une administration encore en développement[18].Terken Khatoun, la mère du Chah, exerce encore un pouvoir considérable dans le royaume; au point que l'historien Peter Golden a qualifié la relation entre Muhammad et sa mère de « diarchie malaisée ». Ce rapport de force permanent joue souvent en défaveur du Chah[19],[19]. Ce dernier se méfie de la plupart de ses commandants, la seule exception étant son fils aîné et héritier Jalal ad-Din, dont les compétences militaires ont été déterminantes lors de l'escarmouche de la rivière Irghiz mentionnée précédemment[20]. Si le Khwarezmchah avait cherché à combattre ouvertement les Mongols, comme le souhaitent nombre de ses commandants, il aurait été dépassé par l'armée mongole, tant par sa taille que par ses compétences[21]. Le Chah décide donc de répartir ses forces entre différentes garnisons, situées dans les villes les plus importantes de l'empire[22], dont Otrar, Boukhara, Banakat et Samarcande, comptant sur l'inexpérience des Mongols en matière de siège[23], et leur méconnaissance du terrain, pour retarder leur progression et lui donner l'occasion de livrer bataille au moment où il le décidera. Il prévoit de lever une nouvelle armée au-delà de l'Amou-Daria, près de Kelif[24], puis de frapper les Mongols en Transoxiane, ou de défendre la barrière de l'Amou-Daria en empêchant les Mongols de franchir le fleuve et, si nécessaire, de battre en retraite vers Ghazni, puis vers l'Inde[25][note 1].

Gengis Khan commence par assiéger Otrar avec toute son armée en . Après un certain temps, il divise son armée, envoyant un détachement sous les ordres de son fils aîné Djötchi vers le Syr-Daria, et un autre marcher sur Banakat. Laissant Djaghataï et Ögedeï maintenir le siège d'Otrar, Gengis Khan et Tolui traversent le Désert du Kyzylkoum pour attaquer Boukhara, qui tombe en , et Samarcande, qui est prise en [27]. Banakat est également occupée, tandis qu'Otrar tombe en . Les armées mongoles de Banakat et d'Otrar rejoignent alors Gengis Khan près de Nasaf, où ils passent l'été 1220 à laisser se reposer l'armée et les chevaux. En , Jochi a pris toutes les villes situées le long du Syr Darya, y compris Sighnaq et Jend, et établit son campement dans les steppes des Kipchak[28]. À ce stade de la campagne, Gengis Khan envoie une armée de 30 000 à 40 000 hommes dirigée par Djebé et Subötaï, ainsi que son propre gendre Toghachar, pour traquer et trouver le Chah[29],[30].

En effet, la chute rapide de la Transoxiane décuple les inquiétudes du Chah Muhammad, qui commence à se replier vers l'ouest avec son fils Jalal ad-Din[31]. Il s'arrête un temps à Nishapur[32], mais lorsque l'armée mongole commandée par Djebé et Subötaï franchit l'Amou-Daria, le chah traverse la Perse, puis échappe aux Mongols en faisant semblant de se diriger vers Bagdad, et finit par trouver refuge sur une île de la mer Caspienne, où il meurt en , après avoir désigné Jalal ad-Din comme son héritier[33].

Après la mort de son père, Jalal ad-Din se rend à Ourguentch, l'ancienne capitale de l'empire, mais il comprend vite que la noblesse lui est hostile, lui préférant son demi-frère Uzlaq-Shah[34]. Lorsqu'il découvre l'existence d'un complot visant à le tuer, Jalal quitte la ville et se dirige vers le sud et traverse le désert de Karakum, dont il ressort à proximité de Nisa où il défait un détachement mongol[35]. Pendant ce temps, deux importantes armées mongoles convergent vers Ourguentch : la première arrive depuis le nord-est et est commandée par Djötchi, tandis que la seconde arrive depuis le sud-est et sous les ordres de Djaghataï[36]. La prise de la ville va prendre six mois aux Mongols, et pour y arriver, ils devront compter sur l'arrivée de renforts dirigés par Ögedeï pour y arriver[37]. Dans le même temps, Gengis envoie son plus jeune fils, Tolui, conquérir la région du Khorassan., ou se situe Merv

Siège

Avant l'arrivée des troupes mongoles, la garnison de Merv ne compte qu'environ 12 000 hommes et la ville est remplie de réfugiés venus de l'est du Khwarezm.

En , Tolui assiège la ville pendant six jours. Le septième jour, il tente de prendre d'assaut la cité, mais la garnison repousse l'assaut et lance une contre-attaque contre les Mongols. Les troupes de la garnison sont repoussées à leur tour et doivent se replier derrière les murailles de Merv. Le lendemain, le gouverneur de la ville se rend contre la promesse de Tolui d'épargner la vie des citoyens. Cependant, dès que les Mongols pénètrent dans la cité, Tolui revient sur sa parole et fait massacrer presque toutes la population. Le carnage qui s'ensuit est probablement d'une plus grande ampleur que celui de Gurganj. Les éléments afghans et khalaj de l'armée mongole se livrent à des tortures inimaginables que « personne n'a jamais vues ». L'historien arabe Ibn al-Athir décrit l'événement, en se basant sur le récit des réfugiés de Merv,de la manière suivante :

Gengis Khan s'assit sur un trône d'or et ordonna que les soldats qui avaient été capturés soient amenées devant lui. Lorsqu'ils furent devant lui, ils furent exécutés et le peuple regarda et pleura. Pour ce qui est des gens du peuple, ils séparèrent les hommes, les femmes, les enfants et les biens. Ce fut un jour mémorable où l'on entendit des cris, des pleurs et des lamentations. Ils prirent les riches, les battirent et les torturèrent avec toutes sortes de cruautés, à la recherche de leurs biens... Puis ils ont mis le feu à la ville, brûlé le tombeau du sultan Sanjar et creusé sa tombe à la recherche d'argent. Ils ont dit : « Ces gens nous ont résisté » et les ont tous tués. Gengis Khan ordonna alors de compter les morts et il y avait environ 700 000 cadavres[10].

Mausoleum of the Seljuq sultan Ahmad Sanjar.
Great Kyz Qala.
Little Kyz Qala.
Bâtiments ayant survécu au siège. Dans le sens des aiguilles d'une montre, en partant du haut à gauche : le mausolée du sultan Ahmad Sanjar ; le grand Kyz Kala, et le petit Kyz Kala

Juvayni, un historien persan, avance le chiffre de plus de 1 300 000 morts[5] car, selon lui, chaque soldat de l'armée mongole « se voyait attribuer l'exécution de trois à quatre cents personnes ». Une grande partie de ces soldats sont des hommes recrutés de force à Sarakhs qui, en raison de l'inimitié de leur ville envers Merv, « dépassaient la férocité des Mongols païens dans le massacre de leurs compatriotes musulmans[38] ». La quasi-totalité de la population de Merv, ainsi que les réfugiés originaires des autres parties de l'Empire khwarezmien, sont massacrés[39].

Conséquences

Pendant ces événements, Jalal ad-Din ne reste pas inactif. Il regroupe ses forces à Ghaznî[40], puis en 1221, il attaque un détachement de Mongols près de Wilan. Gengis Khan réagit en envoyant une armée de 30 000 hommes commandée par Shigi Qutuqu traquer et détruire les troupes du nouveau Shah[41] . Mais grâce aux tactiques utilisées par Jalal ad-Din, l'armée mongole est détruite en deux jours lors de la bataille de Parwan.

Lorsque la nouvelle de cette défaite se répand, les Khwarezmiens se révoltent a travers tout l'empire. Inspiré par les victoires consécutives de Jalal al-Din contre l'armée mongole, Kush Tegin Pahlawan lance une insurrection à Merv, prend le contrôle de la ville et attaque avec succès Boukhara[42]. Mais Gengis Khan réagit rapidement, et après avoir vaincu Jalal ad-Din sur les rives de l'Indus, il passe les mois suivants à mater les différentes révoltes avec son fils Tolui[43]. Enfin, le Khan charge Yelü Ahai de restaurer la souveraineté mongole à Samarcande et Boukhara, ce qu'il réussit à faire en 1223, mettant un terme à la révolte de Kush Tegin[42].

Des fouilles réalisée à l'époque contemporaine mettent en lumière une reconstruction rapide des fortifications de la ville après leur destruction, mais la prospérité de la ville appartient au passée. L'invasion mongole marque l'éclipse de Merv et d'autres centres importants pendant plus d'un siècle. Après la conquête mongole, Merv est rattachée à l'Ilkhanat et est régulièrement pillée par le Khanat de Djaghataï dans le cadre des nombreux conflits opposant ces deux puissances. Au début du XIVe siècle, la ville devient le siège d'un archevêché chrétien de l'Église orientale sous le règne des Kartides, des vassaux des Ilkhanides. En 1380, Merv est intégrée à l'empire de Tamerlan.

Notes et références

Notes

  1. Les historiens s'accordent à dire que le choix du Khwarezmchah Muhammad est dû à une escarmouche entre les troupes mongoles et celle des Khwarezmides, survenu en 1209 ou 1219, sur les rives de la rivière Irghiz. Le Chah, qui commande personnellement ses troupes ce jour-là, aurait été effrayé par vitesse et la mobilité des Mongols, d'où son refus d'engager directement le combat[26]

Références

  1. Rudolph J. Rummel, « PRE-20TH CENTURY GENOCIDE AND MASS MURDER », sur www.hawaii.edu (consulté le )
  2. Norman Naimark, Genocide A World History, Oxford University Press, (ISBN 9780199765263), p. 21 :

    « The city of Merv fell in February 1221 to Tolui, Genghis Khan's youngest son, who is said to have massacred 700,000 persons while sparing some eighty craftsmen. »

  3. Joshua Goldstein, Winning the War on War The Decline of Armed Conflict Worldwide, Penguin Publishing Group, , 45–63 p. (ISBN 9781101549087)
  4. Jay Bonner, Islamic Geometric Patterns Their Historical Development and Traditional Methods of Construction, Springer New York, (ISBN 9781441902177), p. 115
  5. Alāʼ al-Dīn ʻAṭā Malik Juvaynī, History of the World Conqueror, J.A. Boyle, transl., pp.163-4 (Harvard Univ. Press. 1968).
  6. Dominique Sourdel, « Al-Maʾmūn, Abbāsid caliph » [archive du ], sur Encyclopedia Britannica (consulté le ) : « Al-Maʾmūn, having become caliph of the entire ʿAbbāsid empire, decided to continue to reside at Merv, assisted by his faithful Iranian vizier al-Faḍl. »
  7. Frederick Starr, Lost Enlightenment. Central Asia's Golden Age from the Arab Conquest to Tamerlane, Princeton University Press, , p. 425 :

    « Sanjar's capital at Merv was not the ancient center around the ErkKala but a ... »

  8. Tertius Chandler, 3000 Years of Urban Growth, Elsevier Science, , p. 232 :

    « Hence under 125000 and probably under 100000—as Merv rose very fast as a Seljuk capital »

  9. Paul Brummel, Turkmenistan, Bradt Travel Guides, , p. 7 :

    « The Seljuks were to establish a mighty empire stretching right to the Mediterranean, with Merv as its capital. »

  10. Kanishk Tharoor, « Lost cities #5: how the magnificent city of Merv was razed – and never recovered » [archive du ], sur The Guardian, (consulté le )
  11. Juzjani 1873, p. 968.
  12. al-Din 1998, 346.
  13. Rossabi 1994, p. 49–50.
  14. Smith 1975, p. 273–274, 280–284.
  15. Sverdrup 2010, p. 109, 113.
  16. Buniyatov 2015, p. 114.
  17. Sverdrup 2010, p. 113.
  18. Barthold 1968, p. 373–380.
  19. Golden 2009, p. 14–15.
  20. Jackson 2009, p. 31.
  21. Sverdrup 2013, p. 37.
  22. May 2018, p. 60–61.
  23. Mclynn 2015, p. 270–272.
  24. Bregel, Yuri 2003, p. 36.
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  30. Mclynn 2015, p. 284.
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  34. Buniyatov 2015, p. 123.
  35. McLynn 2015, p. 295.
  36. Barthold 1968, p. 433.
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  38. Cambridge History of Iran, Vol. V, Ch. 4, "Dynastic and Political History of the Il-Khans" (John Andrew Boyle), p.313 (1968).
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  40. Jean-Paul Roux 2006, p. 337
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  42. Sverdrup 2017, p. 29, 163, 168.
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Bibliographie

Médiévale

Contemporaine

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  • Jean-Paul Roux, Histoire de l'Iran et des Iraniens : Des origines à nos jours, Paris, Fayard, , 523 p. (ISBN 2-213-62736-3)
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