Siège de Mirandole du pape Jules II

Le siège de Mirandole par le pape Jules II eut lieu du au , dans le cadre de la guerre de la Ligue de Cambrai. Il opposa les forces de la Sainte Ligue, commandées par le pape Jules II, à la seigneurie de Mirandole, alors détenue par Francesca Trivulzio (it) (fille du maréchal de France Jacques de Trivulce[réf. nécessaire] et veuve de Ludovico Ier Pico (it), tutrice de son beau-fils Galeotto II Pico (it)). Le siège prit fin après 32 jours avec l'entrée du pape Jules II, qui escalada lui-même les murailles de la ville fortifiée.

Bien qu'il s'agisse de l'action militaire la plus célèbre des quatre siècles d'histoire de l'État de Mirandole (qui demeura indépendant pendant 400 ans), elle n'eut pas une grande importance stratégique dans le contexte de la guerre de la Ligue de Cambrai. Néanmoins, l'événement revêtit une grande portée internationale, car le pape (chef de la chrétienté) participa personnellement à l'opération militaire sur le champ de bataille, qui parut « très inédite aux yeux des hommes », selon François Guichardin dans son Histoire d'Italie (it)[1].

Le siège est également traditionnellement associé à la naissance du zampone, une charcuterie typique de la région de Modène[2].

Contexte

Après l'effondrement de la Ligue de Cambrai (qui regroupait les États pontificaux, la France, le Saint-Empire romain germanique et le duché de Ferrare) en 1510, le pape Jules II décida d'étendre son empire aux territoires de ses anciens alliés, dont le duché de Ferrare. Avec le soutien des Vénitiens, il marcha avec ses troupes durant l'été 1510 et s'empara de Modène le . Quelques semaines plus tard, Jules II arriva à Bologne afin d'être plus proche du théâtre des opérations.

Cependant, les forces des États pontificaux étaient insuffisantes pour assiéger Ferrare ; de plus, le commandant François Marie Ier della Rovere, duc d'Urbino, craignait les troupes du général français Charles de Chamonix, qui, en , lança une attaque de diversion sur Modène avant de marcher sur Bologne. Jules II parvint à conclure une trêve avec les Français, si bien qu'après leur départ, le duc d'Urbino décida de quitter Bologne pour s'emparer des forteresses de Concordia et de Mirandole, situées à l'ouest de Ferrare. D'après le récit de Marino Sanuto dans ses Journaux, au départ de l'expédition, le pontife s'exclama : « On verra bien, il aura le cran du roi de France ! »[3].

Prémices : l'attaque de Concordia

Le , l'armée de la République de Venise, venant de Mantoue, attaqua d'abord la forteresse de Concordia sulla Secchia (défendue par seulement 80 soldats et une centaine d'habitants). Après quinze heures de bombardement, qui firent seize victimes parmi les habitants de Concordia, la citadelle capitula le lendemain.

Par la suite, une partie des troupes vénitiennes demeura à Concordia, tandis que le reste de l'armée de la Sainte Ligue se dirigea vers l'est, en direction de Mirandole, où elle arriva le .

Terrain

Le siège se déroula entièrement autour de Mirandole, alors petite ville fortifiée de style Renaissance et capitale du territoire du même nom, située sur la route reliant l'Allemagne au cœur de la plaine du Pô.

L'hiver 1510-1511 fut décrit par les historiens comme particulièrement rigoureux : le champ de bataille était recouvert de neige et l'eau des canaux était gelée. Le transport des troupes et de l'artillerie fut entravé par les intempéries, qui avaient également pour effet d'humidifier la poudre à canon.

Forces en présence

Seigneurie de Mirandole

  • 400 fantassins, commandés par Alessandro Trivulzio[4]
  • 100 soldats en provenance de Ferrare, commandés par Nicolò d'Este et le capitaine Masino dal Forno[5]
  • 70 soldats de Mirandole

Sainte Ligue

  • 2 500 fantassins
  • 400 cavaliers
  • 100/150 hommes d'armes

Ordres de bataille

Le siège de Jules II, fresque réalisée en 1579 par Ignazio Danti dans la Galerie des cartes géographiques (Musées du Vatican, Rome).

Durant le siège, « la petite ville était encerclée de toutes parts » :

  • Dans le village de Santa Giustina Vigona (au nord de Mirandole et face au Château des Pico), les troupes papales et vénitiennes (soit le plus grand nombre de soldats) étaient positionnées, avec huit pièces d'artillerie, sous le commandement de François Marie Ier della Rovere[6], qui lui fut ensuite retiré ;
  • Dans le village méridional de Sant'Antonio, près de l'abbaye et de l'hôpital des Augustins, les forces espagnoles commandées par Ramazzotto da Scaricalasino (it)[7] étaient positionnées ;
  • La cavalerie et une partie des forces papales campèrent à l'ouest, dans le village de San Martino Carano ;
  • Enfin, les troupes restantes, commandées par Fabrizio Colonna, Giovan Francesco Pico et Alberto Pio, se postèrent à Cividale, à l'est.

Les côtés sont bien représentés dans une gravure de Sebastian Münster dans sa Cosmographia Universalis (de) de 1544 et dans la fresque des Ferrariae Ducatus (Duché de Ferrare)[8] réalisée en 1579 par Ignazio Danti dans la Galerie des cartes géographiques des Musées du Vatican à Rome[9].

Déroulement du siège

Le siège de Mirandole par Sebastian Münster in Cosmographia universalis (1544)

Le siège du château de Pico débuta le , mais fut mené avec une lenteur et une hésitation considérables par le neveu du pape, François Marie Ier della Rovere, duc de Montefeltro et capitaine général de l'Église, ce qui entraîna une perte de temps importante. Durant les 21 premiers jours du siège, le duc d'Urbino, proche de la comtesse assiégée Francesca Trivulzio, temporisa délibérément, espérant une issue diplomatique.

Dès le début du siège, la ville assiégée de Mirandole ouvrit le feu et parvint (l'armée d'Este disposait alors d'une artillerie parmi les meilleures) à entraver le déploiement de l'artillerie papale, insuffisante : les quelques projectiles tirés n'atteignirent même pas les remparts de Mirandole.

Le pape, partant de Bologne et passant par Finale Emilia, arriva finalement au camp de Santa Giustina[10] le 8 janvier, accompagné de quatre cardinaux. Après avoir visité tous les autres camps assiégeants et rencontré le surintendant de San Marco le 12 à Concordia, il ne s'installa définitivement à Santa Giustina Vigona que le 13 janvier.

Le 17, un projectile « gros comme une tête d'homme », tiré d'une demi-couleuve depuis Mirandole, frappa la cuisine du presbytère de l'église Santa Giustina, située à côté de la chambre du pape, blessant quatre soldats, dont un grièvement. À la fin de la guerre, le pape offrit le projectile en ex-voto au sanctuaire de Lorette[11], en reconnaissance de sa bravoure, où il est encore exposé aujourd'hui à l'intérieur de la Sainte Maison de Nazareth[12],[13],[14],[15], côté sud[16].

L'incident du boulet de canon marqua un tournant dans le conflit : le pape entra dans une colère noire contre son neveu, le duc d'Urbino, brutalement démis de ses fonctions de commandant des opérations militaires. Il prit lui-même le commandement, ordonnant au prévôt de San Marco (qu'il avait déjà rencontré le 12 à Concordia) d'agir. Dès réception de l'ordre, les Vénitiens se mirent à l'œuvre : ils creusèrent une tranchée toute la nuit jusqu'aux murs de Mirandole, où ils positionnèrent leurs deux plus gros canons et la meilleure artillerie papale. À l'aube du 18 janvier, ils commencèrent à bombarder le château des Pico depuis le nord, à courte distance (celui-ci demeurant cependant imprenable). Simultanément, les Espagnols attaquèrent par le flanc sud et finirent par percer les murs de la citadelle.

Après un bombardement ininterrompu qui dura plus de deux jours et demi, le 20 janvier à 18h30, les habitants de Mirandole furent contraints de capituler, les renforts promis par Charles II d'Amboise n'étant pas encore arrivés en raison des conditions météorologiques épouvantables. Au même moment, les hommes de Jacques de Trivulce furent repoussés au-delà du fleuve Secchia par les Vénitiens menés par Troilo Savelli[17].

La déclaration de reddition fut prononcée par le régent de Mirandole, le comte Roberto Boschetti (it), qui reçut l'assurance que sa sécurité, celle de ses sujets et de ses demeures ne seraient pas pillées par les soldats victorieux. Le pape, à ce moment-là, était si impatient d'entrer dans la ville conquise qu'il ne voulait même pas attendre que la porte d'entrée soit dégagée (obstruée, comme dans tous les sièges, par des barricades et de la terre pour l'empêcher d'être défoncée) : il décida donc de franchir personnellement les murs avec une longue échelle[18] appuyée contre la brèche près d'un remblai de canons du côté sud de la ville, près du bastion de Sant'Antonio[19], où se trouvaient les Espagnols (du côté opposé de la ville par rapport au château des Pico).

Vers 22 heures[18], le pape Jules II, vêtu d'une tenue martiale et d'une armure ornée de gravures dorées, arriva enfin à Mirandole, accompagné du prévôt de San Marco et des capitaines de ses troupes et de celles de ses alliés. Il s'entretint aussitôt avec la comtesse Francesca Trivulzio : le pape demanda à la noble dame si elle était donc « la femme qui avait osé défendre la ville contre le pape ». La comtesse Trivulzio répondit avec mépris qu'elle avait bel et bien défendu la ville contre le pape : la forteresse n'avait en réalité pas été conquise, mais s'était rendue par manque de vivres et de munitions. La comtesse ajouta qu'elle reprendrait bientôt possession de la ville de toute façon, dès l'arrivée du père Jacques de Trivulce et de sa puissante armée (qui avait cependant été vaincue par les Vénitiens).

L'image de la reddition et de la rencontre est représentée dans le grand tableau « La Reddition de Mirandole », réalisé en 1890 par le peintre napolitain Raffaello Tancredi (it) et exposé dans la Sala Granda de l'hôtel de ville de Mirandole (it). Ce même peintre a également réalisé d'autres œuvres sur le siège, présentées à l'Exposition italienne de Londres (1888) et à l'Exposition nationale de Turin pour le 50e anniversaire du Statut Albertin (1898).

Un boulet de canon espagnol est encore visible, incrusté dans le mur sud d'un bâtiment situé à l'angle de la Via Giovanni Pico et de la Via Cesare Battisti.

Conséquences

Le 24 janvier, la comtesse Francesca Trivulzio quitta Mirandole après avoir versé 6 000 écus d'or, somme qui servit à raser les villages de Santa Giustina et Sant'Antonio (y compris l'abbaye). Pour la restitution de Mirandole, Giovan Francesco II Pico dut payer 20 000 ducats aux États pontificaux.

Le 31 janvier, le pape Jules II tint un concile et une réunion à l'église San Francesco (it), comme en témoignent une plaque commémorative à l'intérieur de l'église et un vitrail. À cette occasion, le pape fit don au couvent franciscain d'une mitre et de l'anneau papal ayant appartenu à son oncle, le pape Sixte IV. Cet anneau est conservé au musée Galleria Estense de Modène [18].

Le 1er février, après avoir rendu la ville à Jean-François II Pic de la Mirandole[19], le pape et les soldats vénitiens poursuivirent leur marche vers Ferrare, tandis qu'environ 600 soldats espagnols et 200 soldats pontificaux restèrent en garnison à Mirandole.

L'armée française se dirigea ensuite vers Mirandole et Ferrare ; pour éviter cette grande menace, les Vénitiens battirent en retraite.

En juin 1511, Jacques de Trivulce, après avoir positionné son artillerie, entra dans Mirandole sans combattre et rendit la ville à sa fille Francesca Trivulzio, tutrice du jeune Galeotto II Pico. Giovan Francesco Pico, qui avait également préparé une défense de 200 fantassins et 200 cavaliers, fut contraint de quitter la ville[20].

La naissance du Zampone

La tradition culinaire de Modène situe l'invention du zampone, un salami typique de la région, pendant ce siège[21],[22] : les habitants de Mirandole utilisèrent la peau des pieds de porc en guise de boyau, évitant ainsi de laisser leurs porcs vivants à la disposition de l'ennemi[2].

Autres sièges

La ville fortifiée de Mirandole subit de nombreux sièges, notamment ceux de 1502, juin 1511 et 1551, ce dernier mené par l'armée papale sous le pontificat de Jules III.

Le siège de 1704-1705, durant la guerre de Succession d'Espagne, marqua la fin du duché de Mirandole après 400 ans d'autonomie. En 1735, lors de la guerre de Succession de Pologne, la ville fut contrainte de se rendre aux troupes espagnoles.

En 1742, Mirandole fut attaquée par l'armée piémontaise du royaume de Sardaigne, commandée par Charles-Emmanuel III de Savoie et son allié, le général autrichien Otto Ferdinand von Traun. Curieusement, ce siège est étroitement lié à la tradition culinaire de Mirandole : c'est à cette occasion que furent inventés les maccheroni al pettine, un plat typique de la ville[23].

Notes et références

Notes

(it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Assedio della Mirandola di papa Giulio II » (voir la liste des auteurs).

Références

  1. ↑ Francesco Guicciardini (François Guichardin), Il pontefice presso l’esercito all’assedio della Mirandola. Pericoli corsi dal pontefice; presa della Mirandola. Il re di Francia ordina una più decisa azione di guerra, in XIII, Storia d'Italia, Livre IX.
  2. (it) « La storia », sur Consorzio dello Zampone Modena e Cotechino Modena (version du sur Internet Archive).
  3. ↑ (it) Marino Sanuto, Diario, vol. IX, col. 721, issue de Christine Shaw, Julius II: the Pope Warrior, Crux Publishing Ltd, (ISBN 978-1-909979-20-8, lire en ligne).
  4. ↑ (it) « Alessandro da Trivulzio di Milano », sur condottieridiventura.it (consulté le ).
  5. ↑ (it) « Masino dal Forno », sur condottieridiventura.it (consulté le ).
  6. ↑ (it) « Francesco Maria della Rovere di Senigallia », sur condottieridiventura.it.
  7. ↑ (it) « Melchiorre Ramazzotto », sur condottieridiventura.it (consulté le ).
  8. ↑ Carte n° 275 de la Galerie des cartes géographiques
  9. ↑ (it) Massimo Rossi, « Il Ferrariae Ducatus della Galleria delle Carte Geografiche in Vaticano » [« Les Ferrariae Ducatus de la Galerie des Cartes Géographiques du Vatican »], sur Le delizie estensi ("Les Délices d'Este") (version du sur Internet Archive).
  10. ↑ Le camp de Santa Giustina était situé beaucoup plus près du château des Pico que son homologue actuel à Santa Giustina Vigona.
  11. ↑ (it) Giuseppe Sacchi, « Loreto », dans Cosmorama pittorico, Milano, Tipografia del Cosmorama, (lire en ligne), p. 373.
  12. ↑ Orazio Torsellini, Che Giulio Secondo da un colpo di bombarda scampato honorò con doni la Santa Casa, in De l'historia della ssma. Maria di Loreto, livre V, traduction de Bartolomeo Zucchi, Venezia, Domenico Imberti, 1604, pp. 124-127 (lire en ligne sur googlebooks).
  13. ↑ Gaetano Ferri, La santa casa di Nazareth e la città di Loreto descritte storicamente e disegnate, Macerata, Tipografia Giuseppe Cortesi, 1853, p. 17 ([https://web.archive.org/web/20170801195551/http://lupa.biblhertz.it/portable/E-LOR82-4530-1.pdf lire au format PDF) - Consulté le 1er août 2017 (archivé le 1er août 2017).
  14. ↑ Autonio Gaudenti, Storia della Santa Casa di Loreto, esposta in dieci brevi ragionamenti fra un sacerdote custode di S. Casa, ed un divoto pellegrino: coll'aggiunta delle rarità più osservabili nel tempio lauretano, Loreto, Eredi Sartori, 1790, p. 112 (lire en ligne sur googlebooks)
  15. ↑ Vincenzio Murri, Dissertazione sulla identità della Santa Casa di Nazarette ora venerata in Loreto. Con una nuova aggiunta di tutte le rarità, e doni preziosi, che si conservano nel tesoro di questo santuario, Loreto, Stamperia di Alessandro Carnevali, 1791, p. 108 (lire en ligne sur googlebooks)
  16. ↑ Vincenzo Murri, Relazione istorica della Prodigiose Translazioni della Santa Casa di Nazarette ora venerata in Loreto, a cura di Lucio Gianuizzi, Loreto, Fratelli Rossi, 1841, p. 146 (lire en ligne sur googlebooks).
  17. ↑ Gian Giacomo da Trivulzio detto il Magno aussi connu par Jacques de Trivulce, (lire en ligne sur condottieridiventura.it) - Consulté le 22 novembre 2016.
  18. Memorie storiche, p. 161.
  19. Memorie storiche, p. 120.
  20. ↑ Giovan Francesco della Mirandola (lire en ligne sur condottieridiventura.it)
  21. ↑ Bottura, insieme a zampone e cotechino, per rinascita Mirandola, in ANSA, 30 novembre 2012 (lire en ligne sur le site ansa.it).
  22. ↑ Gabriele Cremonini et Giovanni Tamburini, Maiali si nasce, salami si diventa, Edizioni Pendragon, 2010, p. 84 (lire en ligne sur googlebooks).
  23. ↑ Simona Goldoni, Maccherone al pettine delle valli mirandolesi, in Modena Economica, Camera di Commercio di Modena, mars 2015 (lire en ligne sur mo.camcom.it).

Bibliographie

  • (it) Memorie storiche della città e dell'antico ducato della Mirandola pubblicate per cura della Commissione municipale di storia patria e di belle arti della Mirandola, vol. 1, Tipografia di Gaetano Cagarelli, 1872 (lire en ligne sur googlebooks).
  • Pietro Balan, Gli assedii della Mirandola di papa Giulio II nel 1511 e di papa Giulio III nel 1551 e nel 1552, Mirandole, Cagarelli, 1876.
  • Vilmo Cappi, L'assedio della Mirandola di Papa Giulio II, San Felice sul Panaro, Banca popolare dell'Emilia, juin 1989.
  • Francesco Guicciardini aussi connu sous le nom de François Guichardin, Il pontefice presso l’esercito all’assedio della Mirandola. Pericoli corsi dal pontefice; presa della Mirandola. Il re di Francia ordina una più decisa azione di guerra, in XIII, Storia d'Italia, Livre IX (lire en ligne sur wikisource.org).
  • Antonio Saltini, L'assedio della Mirandola. Vita, guerra e amore al tempo di Pico e di papa Giulio, Parme, Diabasis, 2003, (ISBN 978-88-8103-280-8).
  • Giovanni Veronesi, Quadro Storico della Mirandola e della Concordia, Modène, Tipografia di Pasquale Minghetti, 1847, Modèle:SBN.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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