Lors de la première croisade, le Siège de Xerigordon est le premier affrontement notable entre les Croisés et les turcs Seldjoukides. Il est mené en 1096 par la croisade populaire contre Kılıç Arslan Ier. Les croisés capturent le fort turc de Xerigordon, près de l'actuelle ville de İznik, alors Nicée en Turquie actuelle, dans une tentative de mise en place d'un avant-poste de pillage. Elchanes arrive trois jours plus tard et assiège les croisés. Après huit jours de siège, les attaquants n'ont plus ni eau, ni nourriture, et sont capturés et la plupart exécutés, à l'exception de ceux qui acceptent de se convertir à l'Islam.
Contexte
Bien avant celle des barons, une croisade populaire d'environ 30 000 hommes et femmes, menée par Pierre l'Ermite et Gautier Sans-Avoir arrive à Constantinople fin [1]. Devant l'indiscipline et le pillage dont elle fait preuve, l'empereur Alexis Comnène fit passé tout ce monde en Asie mineure le et il leur assigna le camp de Civetot au nord-ouest de Nicée, alors capitale du Sultanat de Roum[2]. Il leur conseilla sagement d'attendre la croisade des barons. Le jeune sultan, Kılıç Arslan Ier, se trouvait alors engagé dans une campagne contre les Danichmendides. Las d'attendre l'arrivée du reste des croisés, des membres de la Croisade populaire commencèrent à attaquer les villages environnant Nicée, ramenant ainsi plusieurs fois du butin sans grande difficulté[3].
Xerigordon
Sous le commandement d'un nommé Renaud, des bandes de Croisés (environ 6 000 hommes) arrivent jusqu'aux Portes de Nicée dont ils pillent les environs. Cherchant une base pour leur pillage, Renaud décide d'attaquer la forteresse de Xerigordon, proche de Nicée. La Garnison est défait rapidement et vers le la forteresse est prise[4]. Les turcs sont massacrés et seuls les grecs sont épargnés. Le , Kılıç Arslan ordonne alors à Elchanes, son général, de s'occuper des Croisés. Il arrive avec une grande troupe le devant Xerigordon où il massacre une troupe venu à sa rencontre. Les croisés survivants se réfugièrent alors dans la forteresse. Après un siège de 8 jours, privés d'eau (car le puits se trouvait à l'extérieur du château), les croisés se rendent. Ceux qui acceptent de se convertir à l'Islam (comme Renaud) sont épargnés et vendus comme esclave, les autres sont massacrés[5].
Épilogue
La nouvelle de la prise de Xerigodon et de la destruction de l'armée de Renaud arrive vers le à Civitot. Une fausse nouvelle leur fait croire que celui-ci s'était emparé de Nicée. Malgré l'avis de Gautier Sans-Avoir qui voulait attendre le retour de Pierre l'Ermite parti à Constantinople, les croisés décident de marcher sur Nicée ce qui conduira au massacre de Civitot.
Notes et références
↑Heinrich Hagenmeyer, Chronologie de la Première Croisade 1094 - 1100, Hildesheim, Georg Olms Verlag, , 346 p. (ISBN978-3-487-40409-7), p. 32-33
↑René Grousset, L'épopée des Croisades, Verviers, Librairie Académique Perrin, , 347 p. (ISBN2-501-00131-1), p. 23
↑(en) Steven Runciman, A History of the Crusades, Cambridge University Press, , 394 p. (lire en ligne), p. 128
↑Heinrich Hagenmeyer, Chronologie de la Première Croisade 1094 - 1100, Hildesheim, Georg Olms Verlag, , 346 p. (ISBN978-3-487-40409-7), p. 39
↑Janin Raymond, Échos d'Orient : La Bithynie Sous l'Empire Byzantin (suite), t. XX : N° 123, Institut Français d'Études Byzantines, coll. « Revue des Etudes Byzantines », (lire en ligne), p. 305