Sibylle d'Acerra

| Reine de Sicile (d) | |
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| - | |
| Prédécesseur | |
| Successeur | |
| Naissance | |
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| Décès | |
| Père |
Rainaldo d'Aquino (d) |
| Mère |
Cecilia di Medania (d) |
| Fratrie | |
| Conjoint | |
| Enfants |
Roger III de Sicile Guillaume III de Sicile Constance de Sicile (en) Valdrade de Sicile (en) Elvire de Sicile Sibylle de Sicile (d) |
| Statut |
Sibylle d'Acerra ou Sibylle d'Aquino, plus tardivement appelée Sibylle de Mandanie (° v. — † apr. [1]) était reine de Sicile en tant qu'épouse de Tancrède de Lecce[2]. Elle fut régente de Sicile pendant la minorité de son fils Guillaume III. Elle était aussi sœur de Richard d'Acerra.
Biographie
En , Tancrède de Lecce succède à son cousin Guillaume II, roi de Sicile, malgré l'opposition de sa tante Constance. Mariée à l'empereur Henri VI, elle estime que la naissance illégitime de Tancrède s'oppose à son accession au trône. En , Henri VI revendique le royaume de Sicile au nom de son épouse Constance. Il tente de conquérir la couronne, mais est battu et doit faire retraite, alors que Constance est capturée. Tancrède a d'abord emmené Constance à Palerme sous la surveillance de Sibylle, mangeant la même chose et dormant dans la même chambre. Sibylle s'opposa énergiquement à ce que Tancrède accueille Constance avec les honneurs, estimant que cela équivaudrait à une reconnaissance explicite de sa prétention au trône. Constatant que la prisonnière s'attire la sympathie de la population locale, Sibylle suggère de la faire mettre a mort, mais Tancrède s'y oppose, craignant de perdre en popularité et la considérant comme un otage pour obliger Henri VI à signer une paix.
Elle s'entretient avec Matthieu d'Ajello sur le meilleur endroit où détenir Constance, et finalement leur choix porte sur le château de l'Œuf, une forteresse située sur une île à Naples. Cependant, sur l'influence du pape Célestin III, Tancrède envoie Constance à Rome, en échange de la reconnaissance pontificale comme roi de Sicile. En cours de route, Constance est libérée en par des soldats de l'empereur.
Tancrède meurt le et Sibylle devient régente du royaume au nom de son fils Guillaume III, nouveau roi de Sicile[3]. Henri VI envahit à nouveau le royaume et, alors que son armée traverse le détroit de Messine, Sibylle négocie un accord de soumission, mais permettant à Guillaume III de se retirer dans le comté de Lecce.
L'empereur Henri VI est couronné roi de Sicile dans la cathédrale de Palerme le [4] en présence de Sibylle, de ses trois filles Elvire, Constance et Sibylle (ou Madonia), et de son fils Guillaume, souverain déchu après dix mois de règne[5]. Installée aux places d'honneur dans la cathédrale, l'ancienne famille royale est ainsi témoin du triomphe d'Henri et de Constance, mais également de sa propre humiliation[6].
Quelques jours plus tard, le nouveau roi invoque un complot contre sa personne et ordonne l'arrestation de l'ancienne reine Sibylle, de ses enfants et de leurs soutiens qui avaient été invités pour le couronnement. Les principaux barons siciliens sont ainsi arrêtés et emprisonnés : Nicolas d'Aiello, fils de Mathieu et archevêque de Salerne, et l'amiral Margaritus de Brindisi. Le jeune Guillaume se fait crever les yeux et castrer avant d'être incarcéré en Germanie jusqu'à sa mort. D'autres actes violents sont commis à Palerme par les troupes des Henri VI à la suite de ces arrestations[7].

Sybille et ses filles sont exilées à l'abbaye de Hohenbourg sur le mont Sainte-Odile qui surplombe la plaine d'Alsace. Elles y demeurent en liberté surveillée, au milieu des nonnes jusqu'en , sous la garde d'un haut dignitaire, Conrad de Lutzelhardt (de)[8]. Elles sont libérées qu'après la mort d'Henri VI l'année précédente et sur les instances du pape Innocent III. La présence de Sibylle à l'abbaye de Hohenbourg est mentionnée dans la Chronique d'Othon de Saint-Blaise[9], mais également dans les Annales Argentinenses rédigées à Strasbourg[1].
Elle figurerait sous le nom de « Sibilla » sur une page de l'Hortus deliciarum, encyclopédie réalisée par l'abbesse Herrade de Landsberg au Hohenbourg à la fin du XIIe siècle[9].
Postérité
Sibylle d'Acerra a donné naissance à[1] :
- Roger III, roi associé à son père (° v. — ) ;
- Guillaume III, roi de Sicile après son père (° v. — ) ;
- Sibylle ou Mandania, mariée à Roberto di Montescaglioso, noble napolitain ;
- Elvire († apr. ), mariée à Gautier III, comte de Brienne ;
- Constance, mariée à Pietro Ziani, futur doge de Venise ;
- Valdrade, mariée à Jacopo Tiepolo, futur doge de Venise[10].
Références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Sibylla of Acerra » (voir la liste des auteurs).
- Cawley 2006.
- ↑ (en) The New Cambridge Medieval History: Volume 4, C.1024-c.1198, Part II, David Luscombe and Jonathan Riley-Smith, (Cambridge University Press), , p. 760.
- ↑ Aubé 2006, p. 257.
- ↑ Gros 2009.
- ↑ Aubé 2006, p. 258.
- ↑ Norwich 2018, p. 386-387.
- ↑ Aubé 2006, p. 259.
- ↑ Cames 1984, p. 3884.
- Griffiths 2007, p. 26-27.
- ↑ (en) Edgcumbe Staley, The dogaressas of Venice : The wifes of the doges, Londres, (lire en ligne), p. 97.
Ascendance
Bibliographie
- [Aubé 2006] Pierre Aubé, Les empires normands d'Orient, Paris, Perrin, , 344 p. (ISBN 978-2-262-02297-6).
- [Cames 1984] Gérard Cames, « Herrade de Landsberg », dans Encyclopédie de l'Alsace, vol. 7 : Hemmerlé-Kientzheim, Strasbourg, Publitotal, , p. 3883-3884.
- [Cawley 2006] (en) Charles Cawley, « Sicily/Naples: Counts & Kings », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025 (consulté le ).
- [Griffiths 2007] (en) Fiona J. Griffiths, The garden of delights : Reform and renaissance for women in the twelfth century, Philadelphie, University of Pennsylvania Press, , 412 p. (ISBN 978-0-8122-3960-7 et 0-8122-3960-1, JSTOR j.ctt3fhx7k, lire en ligne).
- [Gros 2009] Colette Gros, Images de la femme dans l’historiographie florentine du XIVe siècle, Aix-en-Provence, Presses universitaires de Provence, , XVI-418 p. (DOI 10.4000/books.pup.5609, lire en ligne).
- [Matthew 1992] (en) Matthew Donald, The Norman Kingdom of Sicily, Cambridge University Press, (ISBN 0-521-26911-3).
- [Norwich 2018] (en) John Julius Norwich, The kingdom in the sun : 1130-1194, the Normans in Sicily, vol. 2, London, Faber & Faber, , XV-426 p. (ISBN 978-0-571-34023-1).
Liens externes
- (en) Charles Cawley, « Sibylle d'Acerra sur le site Medieval Lands », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025 (consulté le )
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