Sita Valles

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Sita Maria Valles, née le à Cabinda et disparue en , est une militante révolutionnaire angolaise, médecin et membre de plusieurs organisations militantes et partis politiques. À Lisbonne, elle milite au sein du parti communiste portugais. En 1975, quand éclate la révolution angolaise elle rejoint le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA). Elle en est exclue lorsque le mouvement se fracture. Elle participe à la tentative de coup d'État de 1977 en Angola qui échoue. Elle est capturée et exécutée avec son compagnon et d'autres conjurés, dans des circonstances mal éclaircies. En 2022, le ministre angolais de la justice annonce que les restes de Sita Valles et João Ernesto Valles Van Dunem sont retrouvés après 45 ans, avec ceux d'autres personnes.
Biographie
Enfance
Sita Maria Valles nait le à Cabinda en Angola, d'un père agronome Edgar Francisco da Purificação Valles et d'une mère traductrice et enseignante Lúcia Aida Florinda Dias Valles[1]. Elle a deux frères, Ademar et Edgar, avec qui elle fréquente l'école publique.
Formation universitaire
En 1968, Sita Maria Valles débute des études de médecine à la faculté de médecine à l'université d'Angola[2]. En 1970, elle rejoint à Lisbonne son frère cadet Edgar qui part étudier le droit[3]. À l'université de Lisbonne, Valles devient membre de l’Union des étudiants communistes (UEC), organisation étudiante du Parti communiste portugais (PCP), et fait partie du conseil d’administration de l’association des étudiants de la faculté de médecine[2].
Engagement politique
En 1972, lorsque la lutte contre le salazarisme-marcellisme éclate, Valles devient secrétaire de la cellule communiste de l'école[4]. Au moment de la révolution des œillets au Portugal d’, elle participe au congrès Konsommol (l’organisation de jeunesse du PCUS) en tant que représentante de l’UEC. En , Valles quitte le Portugal pour rejoindre la révolution angolaise, malgré l'opposition des partis politiques dont elle est membre au Portugal[2]. En 1975, elle rejoint le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) et travaille avec l'un de ses dirigeants, Nito Alves [5]. En , elle devient mère d'un garçon, João Ernesto surnommé Che[2],[6],[4]. Son père est José Van-Dúnem, un membre du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA), dont il critique avec sa compagne la corruption[7],[1].
Après l'indépendance, le MPLA se fracture. En rivalité avec Nito Alves, José Van-Dúnem est envoyé loin de Luanda[7]. En , Lúcio Lara, le commandant en second du MPLA, expulse Valles du mouvement, avec les militants qui font partie d'organisations étrangères et également sous prétexte qu'elle est portugaise[4],[5]. Le , Nito Alves, José Van-Dúnem et Sita Valles, tous trois chassés du MPLA, tentent un coup d'État, mais celui-ci échoue grâce au soutien décisif des troupes cubaines. Lors de la guerre civile angolaise qui s'ensuit, les conjurés sont capturés et exécutés. José Van-Dúnem et Sita Valles disparaissent dans des circonstances mal éclaircies[5].
Restitution des corps
En 2017, lors du 40e anniversaire de la répression politique où sont portés disparus Valles et Van-Dúnem, João Ernesto Valles Van-Dúnem, leur fils et 23 autres orphelins formulent leurs exigences dans une lettre adressée au président José Eduardo dos Santos à savoir [8]: la constitution d’une liste des disparus du ; des tests ADN des os des victimes et leur retour aux familles afin qu’elles puissent leur donner une sépulture digne ; la délivrance des certificats de décès et leur remise aux familles, conformément à la déclaration du Bureau politique du MPLA en date du ; la création à Luanda d’un mémorial en l’honneur des victimes ; la reconnaissance civile des parents de tous les orphelins sur leur carte d’identité, conformément à la déclaration visée au point 3[8].
En 2022, le ministre angolais de la justice, Marcy Lopes, annonce, lors d'une conférence de presse, que les restes de Sita Valles et João Ernesto Valles Van Dunem sont retrouvés après 45 ans, avec ceux d'autres personnes[1],[9]. Face aux doutes de proches sur l'identification des ossements, le gouvernement affirme que les certificats de décès sont crédibles[10]. Le , une cérémonie d'hommage aux victimes du s'est déroulée au cimetière de l'Alto das Cruzes, à Luanda.
Bibliographie
- Leonor Figueiredo, Sita Valles: a revolutionary until death, Goa 1556 in association with Golden Heart Emporium, (ISBN 978-81-938140-2-4).
- Jean-Michel Mabeko Tali, « 7. Jeunesse en armes – Naissance et mort d’un rêve juvénile de démocratie populaire en Angola en 1974-1977 », dans L'Afrique des générations, Karthala, , 299–358 p. (DOI 10.3917/kart.gomez.2012.01.0299, lire en ligne).
- (pt) [vidéo][Production de télévision] « Sita - A vida e o tempo de Sita Valles », Margarida Cardoso (réalisatrice), Béatrice Batarda (actrice) Sita Valles (extraits), Pedro Borges (producteur), , 2 h 47 min, Midas Filmes (consulté le )[11].
Notes et références
- Mary Harper, « Angola : Un tournant tragique pour les orphelins des massacres de masse de 1977 »
, sur BBC News Afrique, (consulté le )
- (pt) Luis Leiria, « As duas revoluções de Sita Valles », sur www.esquerda.net, (consulté le )
- ↑ (pt) « As duas revoluções de Sita Valles », sur www.esquerda.net, (consulté le )
- (pt) rédaction, « Sita Valles – Biografia Política », sur 27 Maio de 1977, (consulté le )
- (en-US) Thomas Manuel, « Sita Valles in Angola on the 27th of May 1977 - 3 Quarks Daily », (consulté le )
- ↑ (en) Pamela D’Mello, « The Goan-origin woman who fought for Angola’s freedom and was killed by its first government »
, sur Scroll.in, (consulté le )
- (en-GB) rédaction, « The orphans of Angola's secret massacre seek the truth », www.bbc.com, (lire en ligne, consulté le )
- (pt) « Angola: 24 órfãos do 27 de Maio dirigem carta à Presidência », sur www.esquerda.net, (consulté le )
- ↑ (en-US) cfeditoren, « Forensic doctors analyze genetic profiles of Sita Valles and José Van-Dúnem », sur Angola, (consulté le )
- ↑ (pt) rédaction, « Angola : Governo rejeita dúvidas em torno das ossadas de José Van-Dúnem e Sita Valles », sur RFI, (consulté le )
- ↑ (pt) « Convidado - Documentário sobre Sita Valles dá voz às vítimas silenciadas do 27 de Maio », sur RFI, (consulté le )
Liens externes
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