Slimane Kahia

Slimane Kahia
Biographie
Décès
Nom dans la langue maternelle
سليمان كاهية
Nationalité
Activité
Autres informations
Grade militaire

Slimane Kahia, mort le à Tunis, est un général tunisien d'origine caucasienne, premier commandant en chef de l'armée beylicale tunisienne.

Biographie

Agha à Béja

Jeune mamelouk, il est introduit au palais du Bardo pour y être élevé dans la langue et la religion du pays et recevoir une instruction d'officier militaire. Une fois sa formation achevée, il est affecté au Nord-Ouest du pays comme agha de l'odjak de Béja (commandant de la garnison militaire). Lors de la guerre algéro-tunisienne de 1807, Il vient avec son odjak, ainsi que des forces tribales locales, en renfort des troupes beylicales commandées par Hammouda Pacha à Constantine dans la régence d'Alger, devenant le principal acteur de la victoire tunisienne sur les troupes du dey d'Alger sur les bords de l'oued Serrat. Par cette action, le beylicat de Tunis sécurise la frontière et met fin au ingérences algériennes dans les affaires tunisiennes.

Proximité du souverain

L'agha Slimane est alors promu kahia du bey el mhalla, c'est-à-dire le commandant opérationnel de la mhalla, une force armée mobile chargée de lever les impôts et de rendre la justice parmi les tribus en province. Il passe huit ans au sein de cette fonction avant de passer au service du prince Mahmoud[1], devenu bey après avoir fait assassiner son cousin Osman Bey. Le nouveau souverain lui donne sa fille, la princesse Lalla Aziza bent Mahmoud Pacha Bey, en mariage[2]. Leurs noces sont célébrées dans l'un des plus beaux palais de la médina de Tunis qu'il rachète et fait reconstruire pour l'occasion, l'actuel Dar Ben Abdallah.

Répression des janissaires

En , il sauve de justesse le trône husseinite en réprimant un ultime soulèvement de la milice turque de Tunis ; les janissaires s'étaient révoltés contre la distance que prenait le beylicat de Tunis avec l'Empire ottoman et les multiples traités et concessions avec les nations européennes. De plus, les beys husseinites s'appuyaient de plus en plus sur les régiments tribaux autochtones, ce qui ne manqua pas de susciter la jalousie et la méfiance des janissaires. C'est justement ces contingents de cavalerie, dits « makhzéniens » (au service de l'État ou makhzen), que Slimane Kahia sollicite pour réprimer les janissaires, le . Il utilise aussi les kouloughlis locaux, et les quelques janissaires demeurés fidèles aux Husseinites. Beaucoup de janissaires sont massacrés, les survivants se retirent à La Goulette où ils réquisitionnent des navires et embarquent pour le Levant.

Commandant en chef

En rétribution, le bey le nomme commandant en chef de l'armée beylicale tunisienne, centralisant pour la première fois toutes les troupes beylicales sous un seul commandement, poste qui s'apparente plus à celui de ministre de la Guerre qui viendra ultérieurement, et qu'il cumule avec celui de caïd des tribus des Ouled Amdoun et des Ouled Bou Salem. Il est aidé dans cette tache par ses deux fils dont l'un lui succède à la tête de la garnison de Béja. Lorsque le fils de Mahmoud, Hussein II Bey, accède au trône en 1825, le pouvoir de Slimane Kahia, son âge et son ascendant sur le nouveau souverain font qu'il éclipse souvent Hussein Khodja, son principal ministre. Il entame les réformes militaires et administratifs pour remplacer la milice turque.

Devenue âgé, il se retire des affaires dans sa propriété de La Marsa, un an avant sa mort le . Il est inhumé en présence du souverain, Ahmed Ier Bey, dans la salle des ministres du Tourbet El Bey.

Hommages

Dar Ben Abdallah est aussi appelé Dar Kahia en son honneur. Le palais Slimane Kahia, au milieu d'un verger à La Manouba, banlieue ouest de Tunis, se situe dans le quartier qui porte son nom. Une station de la ligne 4 du métro léger de Tunis porte aussi son nom.

Références

  1. « Renseignements biographiques sur les principaux personnages qui étaient admis dans l'intimité du bey Hassine », Revue tunisienne, t. III,‎ , p. 234 (lire en ligne, consulté le ).
  2. Jacques Revault, Palais et demeures de Tunis (XVIIIe et XIXe siècles), Paris, Éditions du Centre national de la recherche scientifique, , 648 p. (lire en ligne), p. 99.

Bibliographie

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