Socorro Sánchez del Rosario

Socorro Sánchez del Rosario
Biographie
Naissance
Décès
(à 68 ans)
Saint-Domingue
Sépulture
Dominican National Pantheon (en)
Nom de naissance
María del Socorro Sánchez del Rosario
Nationalité
Activités
Fratrie

Socorro Sánchez del Rosario ( – ) est une éducatrice et journaliste dominicaine. Elle est la première journaliste féministe du pays et fonde la première école laïque mixte de la République dominicaine, ainsi que la première bibliothèque pour femmes, la première école normale pour femmes et les premiers cours de formation en pharmacie pour femmes. Plusieurs écoles du pays portent son nom.

Jeunesse

María del Socorro Sánchez del Rosario est née le sur l'île d'Hispaniola, à Saint-Domingue, qui fait alors partie de la République d'Haïti, de María Olaya del Rosario de Belén et de Narciso Sánchez Ramona[1]. Son père est un descendant d'esclaves et sa mère est une femme de couleur libre, d'origine européenne et africaine[2]. La sœur de son père, María Trinidad Sánchez, fut exécutée pour sa participation à la guerre d'indépendance dominicaine[3]. Sa mère est coiffeuse et fabrique des peignes, tandis que son père travaille dans le commerce de la viande, vendant, abattant et élevant du bétail[2],[4]. Sánchez est l'une des onze enfants de la famille : Francisco (1817–1861) ; Tomás (1819-1878) ; Eugenio (1822-1889) ; Manuel de Jésus (1823-?) ; María de la Cruz (1824-?) ; Juan Francisco (1826-1845) ; Jacinthe (1827-1900) ; Pablo Marcial (1829-?) ; Ana (1832-?) et Idelfonso (1834-1897)[3]. Francisco est reconnu comme l'un des pères fondateurs de la République dominicaine[2].

Carrière

Sánchez grandit dans une famille nationaliste critique du régime haïtien qui gouverne le pays de 1822 à 1844 et de l'annexion espagnole du pays, qui dure de 1861 à 1865. Elle est fortement influencée par sa tante Trinidad et son engagement pour l'indépendance de la République dominicaine[1]. Madame Roland, écrivaine et figure majeure de la Révolution française, exerce également une influence sur elle[5]. Sánchez commence à écrire et à publier ses idées, ouvertement et sous le pseudonyme de Rosa Cruz. Première journaliste féministe du pays, elle dénonce publiquement la corruption des autorités et est qualifiée de « masculine » en raison de sa franchise[1]. Outre ses convictions nationalistes, Sánchez écrit des articles plaidant pour l'éducation et l'emploi des femmes[6]. Elle collabore à divers journaux, dont El Dominicano, El Telégrafo et El Telegrama, tous des titres importants du pays[1].

Après l'exécution de son frère Francisco pour s'être opposé à l'invitation du président Pedro Santana à l'Espagne de recoloniser le pays, Sánchez est exilée à Saint-Thomas, une île faisant alors partie des Antilles danoises, mais pour laquelle l'Espagne a fait une offre d'acquisition[1],[7]. À son retour à Saint-Domingue en 1863, elle passe un an en prison pour avoir exprimé ses opinions antigouvernementales. Parmi les sujets jugés répréhensibles par les autorités figurent ses déclarations en faveur de la souveraineté dominicaine, de la liberté d'expression et de l'éducation des femmes[1].

Sánchez commence sa carrière comme enseignante, dispensant des cours à Cibao et à Saint-Domingue[8]. En 1870, elle s'installe à Santiago de los Caballeros et fonde la même année le premier établissement scolaire mixte et laïc du pays, le Colegio Sagrado Corazón de María (Collège du Sacré-Cœur de Marie)[1],[5]. Ses élèves, issus de la haute société de la ville, paient des frais de scolarité, mais elle exonère de paiements les plus démunies[1]. Parmi les diplômées de cet établissement figurent Eugenia Dechamps, Matilde Grullón, Rita Infante, Clementina Jiménez, Altagracia Perelló et Justina Perelló[5]. Membre du Club des Femmes du , elle participe activement aux salons littéraires et créé en 1876 la première bibliothèque féminine du pays, située au 50, Calle Sol, à Santiago[1].

De retour dans la capitale, en 1881, Sánchez fonde le Colegio La Altagracia (Collège de la Haute Grâce) à Saint-Domingue, qui deviendra l'Escuela Superior de Señoritas (École supérieure pour jeunes filles) et diplômera les premières filles du secondaire du pays. L'année suivante, elle créé un cursus de formation de pharmaciennes pour les femmes au sein de cette école. La première institutrice diplômée du pays , Dolores Rodríguez de Objío (1883), et les premières femmes pharmaciennes (1887) du pays le furent de cet établissement[1],[9].

Mort et héritage

Sánchez meurt le à Saint-Domingue[1],[5]. Sa nécrologie publiée dans Listín Diario (en) n'est pas flatteuse, la qualifiant de « virile » et ajoutant que Sánchez était connue pour « su apostolado en la enseñanza pública, en la agitada intromisión de sus energías en la vida política del país y en el audaz empeño que puso siempre por distinguirse entre sus conciudadanos » [son ministère dans l'éducation publique, dans l'ingérence agitée de ses énergies dans la vie politique du pays et dans l'effort audacieux qu'elle a toujours déployé pour se distinguer de ses concitoyens][5]. Elle est initialement enterrée dans la Capilla de los Inmortales (Chapelle des Immortels) dans la Basilique-cathédrale de Santa María la Menor, mais ses restes sont transférés en 1974 au Panteón Nacional[8].

Une rue du quartier Gascue de Saint-Domingue, qui portait son nom, est rebaptisée dans les années 1920[5]. En 2002, l'Escuela Básica Socorro Sánchez (École primaire Socorro Sánchez) ouvre ses portes dans des locaux loués à Los Alcarrizos. En 2016, un nouveau bâtiment est inauguré pour l'établissement[10]. En 2015, une école portant le même nom est créée à Villa Altagracia[11].

Références

Citations

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Socorro Sánchez del Rosario » (voir la liste des auteurs).

Bibliographie

  • Luis Amador et Dennis R. Hidalgo, Dictionary of Caribbean and Afro–Latin American Biography, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-199-93580-2, lire en ligne), « Sánchez, Francisco del Rosario (1817–1861), political and military leader »Inscription nécessaire.
  • Ginetta E. B. Candelario, Dictionary of Caribbean and Afro–Latin American Biography, Oxford, Oxford University Press, (ISBN 978-0-199-93580-2, lire en ligne), « Sánchez, María del Socorro del Rosario (1830–1899) »Inscription nécessaire.
  • Isaac Dookhan, A History of the Virgin Islands of the United States, Kingston, Canoe Press, (ISBN 978-976-8125-05-7, lire en ligne).
  • (es) Ramón Alberto Ferreras, Historia del feminismo en la Republica Dominicana: su origen y proyección social [« History of Feminism in the Dominican Republic: Its Origin and Social Projection »], Saint-Domingue, Editora Cosmos, (OCLC 123174029, lire en ligne).
  • (es) Julio González Hernández, « Cápsulas genealógicas. Sánchez genealógico » [« Genealogical Capsules: Sánchez Genealogy »], Hoy, Saint-Domingue,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  • (es) Ángela Peña, « Calles y avenidas. Maestra Dolores Rodríguez Objío » [« Streets and Avenues: Teacher Dolores Rodríguez Objío »], Hoy, Saint-Domingue,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  • (es) Emilio Rodríguez Demorizi, Acerca de Francisco del R. Sánchez [« About Francisco del R. Sánchez »], Saint-Domingue, Editora Taller, (OCLC 1025652086) :

    « Francisco del Rosario Sánchez, hijo de Narciso Sánchez y de Olaya del Rosario, "parda libre". Legitimado por matrimonio posterior, en 1819 [Francisco del Rosario Sánchez was born, son of Narciso Sánchez and Olaya del Rosario, free parda. Legitimated by subsequent marriage, in 1819.] »

  • (es) Héctor Tineo, « Nace Socorro Sánchez » [« Birth of Socorro Sánchez »], Vanguardia del Pueblo, Saint-Domingue,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  • (es) Juan Ventura, « Personajes exaltados al Panteón Nacional: Socorro Sánchez del Rosario (18) » [« People Exalted to the National Pantheon: Socorro Sánchez del Rosario (18) »], Acento, Saint-Domingue,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  • (es) « Medina entrega escuela básica en Villa Altagracia » [« Medina Delivers Elementary School in Villa Altagracia »], Listín Diario, Saint-Domingue,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  • (es) « Muere Socorro del Rosario Sánchez » [« Socorro del Rosario Sánchez [sic] Dies »], Diario Dominicano, Saint-Domingue,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
  • (es) « Nacimientos 1810–1847: Francisco del Rosario » [« Births 1810–1847: Francisco del Rosario »], sur FamilySearch, Saint-Domingue, Archivo General de la Nación, (consulté le )Inscription nécessaire.
  • (es) « Presidente Medina inaugura escuela de 29 aulas en Los Alcarrizos a un costo de RD$74.8 millones » [« President Medina Inaugurates a School with 29 Classrooms in Los Alcarrizos at a Cost of RD$ 74.8 Million »], Diario Libre, Saint-Domingue,‎ (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
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