Solet annuere
| Solet annuere | |
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| Bulle pontificale du pape Honorius III | |
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| Date | 29 novembre 1223 |
| Sujet | Confirmation solennelle de la règle de saint François (Regula bullata). |
Solet annuere est une bulle pontificale promulguée par le pape Honorius III le . Adressée à François d'Assise et à ses compagnons, elle officialise la règle définitive de l'Ordre des Frères mineurs, connue sous le nom de Regula bullata. Ce document marque l'aboutissement du processus de reconnaissance juridique de la communauté franciscaine au sein de l'Église catholique, conférant une stabilité canonique définitive à l'ordre après l'approbation orale initialement accordée par Innocent III[1].
La bulle a été donnée au palais du Latran. Elle constitue un jalon majeur de l'histoire franciscaine en fixant de manière immuable le cadre de vie des frères mineurs[1].
Contexte historique
L'émission de Solet annuere s'inscrit dans la phase finale d'organisation législative de l'ordre. La règle primitive avait évolué depuis 1209 à travers plusieurs rédactions, dont la « Règle non bullée » de 1221. La version définitive de 1223 fut élaborée avec le concours du cardinal Ugolino — futur Grégoire IX — et de conseillers juridiques. Par cet acte, le Saint-Siège intègre formellement la règle franciscaine parmi les normes canoniques régissant les ordres religieux, mettant fin à une période d'incertitude institutionnelle[1].
Contenu
Dans le préambule, Honorius III souligne la disposition de la Curie à accueillir les vœux pieux et les aspirations des ordres mendiants. Le texte de la bulle contient l'intégralité de la règle, structurée en douze chapitres, qui définit l'identité spirituelle et l'organisation pratique de la fraternité. Le texte prescrit une vie fondée sur l'observance de l'Évangile, caractérisée par l'obéissance, la chasteté et une pauvreté absolue. La règle interdit strictement aux frères de posséder ou de manipuler de l'argent, même par l'intermédiaire de tiers, sauf en cas de nécessité impérieuse liée aux soins des malades. Le travail est présenté comme un remède à l'oisiveté, mais la rémunération doit demeurer exclusivement en nature. L'organisation interne repose sur le Ministre général, serviteur de la communauté, et sur la tenue périodique de chapitres. La dimension missionnaire est également codifiée, notamment la prédication et l'apostolat en terre de mission, sous réserve de l'autorisation des autorités ecclésiastiques. Enfin, la bulle rappelle que les frères vivent sous la protection d'un cardinal-protecteur, garant de leur fidélité à l'Église romaine. Le document se conclut par les formules juridiques d'usage, déclarant l'inviolabilité des dispositions prises et prévoyant des sanctions spirituelles pour tout contrevenant[1],[2].
Approbation de la règle des Frères mineurs
La règle de l'Ordre des Frères mineurs est officiellement confirmée par le pape Honorius III par une bulle apostolique, ratifiant ainsi l'approbation orale préalable d'Innocent III. Ce document reconnaît le fondement évangélique du mode de vie prôné par François d'Assise et confère une autorité juridique et ecclésiale à la Règle[2].
- Chapitre I - Vie et règle des Frères mineurs : Les frères s'engagent à observer le saint Évangile de Jésus-Christ en vivant dans l'obéissance, la pauvreté e la chasteté. Le fondateur promet obéissance au pape e à l'Église romaine, tandis que les autres membres sont tenus d'obéir à François et à ses successeurs[2].
- Chapitre II - Admission des candidats : L'entrée dans l'ordre est soumise à un examen de foi catholique, à la renonciation aux biens propres, à l'absence de lien matrimonial et à un an de noviciat. Une fois la profession prononcée, le frère promet une obéissance perpétuelle et ne peut plus quitter l'Ordre[2].
- Chapitre III - Prière, jeûne et comportement : Les clercs récitent l'Office divin selon le rite romain, tandis que les laïcs récitent les prières prescrites (Pater Noster). La Règle fixe les périodes de jeûne et exhorte les frères à l'humilité, à la paix et à la douceur, privilégiant l'exemple par la conduite[2].
- Chapitre IV - Interdiction de l'argent : La possession ou la réception de monnaie est strictement prohibée. Seuls les ministres peuvent pourvoir aux besoins urgents, comme les soins aux malades, par l'intermédiaire d'amis spirituels[2].
- Chapitre V - Le travail : Le travail est conçu comme un remède à l'oisiveté. Les frères reçoivent les biens nécessaires à leur subsistance en échange de leur service, mais jamais de rémunération pécuniaire, préservant ainsi la pauvreté évangélique[2].
- Chapitre VI - Pauvreté, mendicité et soin des malades' : Le texte réaffirme la renonciation totale à la propriété. Les frères vivent en pèlerins, pratiquant la mendicité avec confiance et s'entraidant mutuellement, particulièrement en cas de maladie[2].
- Chapitre VII - Correction et pénitence : En cas de péché grave, les frères doivent s'adresser aux ministres provinciaux. Ces derniers imposent une pénitence avec miséricorde, en veillant à ne pas céder à la colère afin de préserver la charité fraternelle[2].
- Chapitre VIII - Gouvernement de l'Ordre : L'élection du ministre général se tient lors du Chapitre de la Pentecôte. Le ministre général est défini comme le serviteur de l'ensemble de la fraternité[2].
- Chapitre IX - Prédication : La prédication requiert l'autorisation de l'évêque local et du ministre général. Les discours doivent être concis, clairs et axés sur l'édification spirituelle (vices, vertus, peine et gloire)[2].
- Chapitre X - Correction fraternelle et vertus : Les ministres dirigent avec humilité tandis que les frères obéissent avec fidélité. L'accent est mis sur la lutte contre l'orgueil et l'avarice pour privilégier l'Esprit du Seigneur[2].
- Chapitre XI - Relations avec les moniales : Sauf autorisation spéciale du Saint-Siège, il est interdit aux frères de fréquenter les monastères féminins ou d'entretenir des relations suspectes avec des femmes[2].
- Chapitre XII - Mission auprès des infidèles : Le départ en mission chez les Sarrasins ou autres non-catholiques nécessite une autorisation. L'Ordre est placé sous la protection d'un cardinal protecteur pour garantir sa fidélité à l'Église[2].
Confirmation de la Règle : Le Pape déclare la Règle inviolable. Toute tentative d'opposition au document expose son auteur à l'indignation de Dieu et des apôtres saint Pierre et saint Paul[2].
Notes et références
- (it) OFSL Liguria, « Documenti della Curia Romana », (consulté le )
- Uribe 1989, p. 243-252.
Bibliographie
- (es) Fernando Uribe, La Regla Franciscana hoy, vol. XVIII, coll. « Selecciones de Franciscanismo », , chap. 53, p. 243-252.
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