Sonate pour piano no 17 de Beethoven

Sonate pour piano no 17
Opus 31 no 2
La Tempête
Image illustrative de l’article Sonate pour piano no 17 de Beethoven
Ludwig van Beethoven en 1803.

Genre Musique classique, sonate pour piano, musique romantique
Nb. de mouvements
  1. Largo-Allegro
  2. Adagio
  3. Allegretto
Musique Ludwig van Beethoven
Sources littéraires La Tempête, de William Shakespeare (1623)
Effectif Piano
Durée approximative 24 min
Dates de composition
Dédicataire La comtesse Anna Margarete von Browne (épouse de son mécène Johann Georg von Browne (en)).
Fichiers audio
1. Largo-Allegro
2. Adagio
3. Allegretto
Piano : Artur Schnabel.
Remerciements à Musopen.

La Sonate pour piano no 17 en ré mineur, opus 31 nº 2 ou La Tempête est la seconde des 3 sonates pour piano opus 31, de 1802, en 3 mouvements, du compositeur allemand Ludwig van Beethoven. Considérée comme un de ses chefs-d'œuvre, elle serait inspirée de l'œuvre La Tempête de William Shakespeare de 1623, et dédiée (avec sa Sonate pour piano no 16) à la comtesse Anna Margarete von Browne (épouse de son mécène Johann Georg von Browne (en)).

Histoire

Partition originale des 3 sonates de Ludwig van Beethoven pour piano-forte

La lecture des œuvres majeures de l'époque classique grec, de William Shakespeare, et des maîtres du romantisme allemand et du mouvement Sturm und Drang (Tempête et Passion), tels que Goethe et Schiller, très en vogue de l'époque, ont profondément influencé le tempérament et l'œuvre de Ludwig van Beethoven.

Âgé de 32 ans, désemparé devant sa surdité naissante (devenue totale vers 1814), il quitte Vienne au printemps 1802, sur les conseils de son médecin personnel Johann Adam Schmidt (en), pour reposer ses oreilles dans la campagne du village autrichien de Heiligenstadt. Il sombre alors dans le désespoir tragique, confie ses affaires à son jeune frère Karl van Beethoven (en), avec lequel il se dispute fréquemment, et rédige son ultime Testament de Heiligenstadt (retrouvé après sa disparition). La composition de cette Sonate à cette période, marque les débuts de sa « période héroïque triomphante » où il décide finalement de triompher de son mal en « transcendant sa musique et son œuvre ». Il cite en 1802 « Je suis peu satisfait de mes travaux jusqu’à présent. À dater d’aujourd’hui, je veux ouvrir un nouveau chemin. ». Il va alors se consacrer à ses compositions innovantes, avec sa grande force de caractère, avec en particulier sa Symphonie n° 3 opus 55 dite « Héroïque » de 1805.

Cette Sonate pour piano-forte n° 17 en ré mineur reflète cette période de « tempête intérieure » de Beethoven, à la fois de virtuose prolifique en composition et en succès et à la fois pleine d'introspection et de doutes sur sa surdité naissante[1],[2].

D'après le compositeur Anton Felix Schindler, biographe de Beethoven, ce dernier lui aurait conseillé de lire l'œuvre La Tempête du dramaturge William Shakespeare de 1623, pour comprendre « le sens » de cette Sonate op.31 n° 2, d'où son surnom « La Tempête »[3],[4],[5].

Cette œuvre fait partie des trois sonates de l'opus 31 (avec la Sonate pour piano no 16 op. 31 no 1 et la Sonate pour piano no 18 op. 31 no 3), éditées en 1803. Elle a, en fait, été composée avant l'opus 31 no 1. Sa composition se situe dans la période délicate qui sépara celle de la Première symphonie de la Deuxième.

Structure et mouvements

L'œuvre comporte trois mouvements[6] et son exécution dure environ un peu plus de vingt minutes.

  1. Largo-Allegro, ré mineur : ce premier mouvement commençant par largo puis allegro, puis ces deux vitesses étant alternées.
  1. Adagio, si majeur
  2. Allegretto, ré mineur : le thème principal de ce dernier mouvement étant assez répétitif, en ré mineur.

Discographie

Au cinéma

Bibliographie

  • (en) « Form as the Process of Becoming: The Beethoven-Hegelian Tradition and the “Tempest” Sonata », Taylor & Francis,‎ (DOI 10.4324/9781315096506-16, lire en ligne [archive du ], consulté le )
  • (en) James Hepokoski, « Formal Process, Sonata Theory, and the First Movement of Beethoven’s “Tempest” Sonata », Music Theory Online, vol. 16, no 2,‎ (lire en ligne, consulté le )
  • Dave Molk, « Beethoven's “Tempest” Sonata: Ambiguity and Largo-Allegro Hybrid Passages », Indiana Theory Review, vol. 36, nos 1-2,‎ , p. 86–113 (ISSN 0271-8022, DOI 10.2979/inditheorevi.36.1-2.04, lire en ligne, consulté le )
  • Nathan John Martin, « Review of Beethoven's "Tempest" Sonata: Perspectives of Analysis and Performance. Leuven Studies in Musicology, vol. 2 », Theory and Practice, vol. 35,‎ , p. 169–189 (ISSN 0741-6156, lire en ligne, consulté le )
  • Christoph Hust, « Review of Beethoven's Tempest Sonata: Perspectives on Analysis and Performance. (Analysis in Context. Leuven Studies in Musicology. Band 2) », Die Musikforschung, vol. 64, no 3,‎ , p. 281–283 (ISSN 0027-4801, lire en ligne, consulté le )
  • (en) William E. Caplin, « Beethoven’s “Tempest” Exposition: A Response to Janet Schmalfeldt », Music Theory Online, vol. 16, no 2,‎ (lire en ligne, consulté le )
  • (en) Janet Schmalfeldt, « One More Time on Beethoven’s “Tempest,” From Analytic and Performance Perspectives: A Response to William E. Caplin and James Hepokoski », Music Theory Online, vol. 16, no 2,‎ (lire en ligne, consulté le )
  • (en) William Drabkin, « Ludwig van Beethoven, Piano Sonata in G major op. 31 no. 1; Piano Sonata in D minor op. 31 no. 2 (‘Tempest’); Piano Sonata in E♭ major op. 31 no. 3, edited by Norbert Gertsch and Murray Perahia, fingering by Murray Perahia. (Munich: G. Henle Verlag, 2004). 3 vols (HN 754, HN 755, HN 784) €6 each. », Nineteenth-Century Music Review, vol. 3, no 1,‎ , p. 156–158 (ISSN 2044-8414 et 1479-4098, DOI 10.1017/S1479409800000495, lire en ligne, consulté le )
  • Allyson Carroll, « Bridging the Gap Between Theory and Practice: Interpreting Beethoven's Sonata No. 17, "The Tempest" », University of Montana Conference on Undergraduate Research (UMCUR),‎ (lire en ligne, consulté le )
  • Chelsea O'Donnell, « Tempestuous translations: Exploring the artistic and thematic relationship between Shakespeare's The Tempest and Beethoven's "Tempest" piano sonata in D minor op.31 no.2 », Honors Program Theses,‎ (lire en ligne, consulté le )

Notes et références

  1. ↑ « La Sonate pour piano « La Tempête » de Beethoven, un hommage à Shakespeare », sur www.radioclassique.fr
  2. ↑ « Les sonates opus 31 (nos 16, 17, 18) de Ludwig van Beethoven », sur www.musicologie.org
  3. ↑ « Romain Rolland », sur Wikisource (consulté le )
  4. ↑ Massin J. et B., Beethoven, Fayard, 1967, p. 628
  5. ↑ « Beethoven : Sonate pour piano n°17 en ré mineur op. 31 n°2 La Tempête », sur www.radiofrance.fr
  6. ↑ Esprits nomades, « Ludwig van Beethoven, sonate n° 17 en ré mineur « Tempête », Op. 31, n° 2 »

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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