Sorginetxe
| Sorginetxe | ||
Vue du dolmen de Sorginetxe à Arrizala, Alava | ||
| Présentation | ||
|---|---|---|
| Autre(s) nom(s) | Sorgineche, Casa de las Brujas | |
| Chronologie | ~2500 av. J.-C.[1] | |
| Type | Dolmen à chambre polygonale[1] | |
| Période | Énéolithique[1] | |
| Faciès culturel | Préhistorique basque | |
| Fouille |
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| Protection | Classé Bien culturel (Monument) par décret 183/2011 | |
| Visite | Accès libre depuis le village d'Arrizala | |
| Caractéristiques | ||
| Dimensions | Chambre : 2,3 m × 1,9 m × 2,35 m ; 6 dalles (5 verticales, 1 horizontale) | |
| Matériaux | Calcaire | |
| Inhumations | Restes de 3 individus découverts en 1890 | |
| Mobilier | Pointe de flèche en silex | |
| Géographie | ||
| Coordonnées | 42° 49′ 46″ nord, 2° 22′ 42″ ouest | |
| Pays | ||
| Région | Pays basque | |
| Province | Alava | |
| Commune | Arrizala | |
| Géolocalisation sur la carte : Alava
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Sorginetxe (prononcer « chorguinietché ») est un dolmen de l'Énéolithique[2] situé près du village d'Arrizala, dans la commune d'Agurain (Alava). Daté d'environ 2500 av. J.-C., il constitue l'un des monuments mégalithiques les mieux conservés du Pays basque. Selon la mythologie basque, il a été bâti avec de grandes pierres dressées, amenées de nuit par les sorginak ou sorgiñak sur la pointe de leurs quenouilles.
Étymologie
Sorginetxe signifie « maison des sorginak », c'est-à-dire des sorcières. De Sorgin « sorcière » et etxe signifie « maison » en basque.
Beaucoup de lieux et de monuments mégalithiques (dolmen) portent un nom faisant référence aux Sorgin (Sorgin zilo, Sorginaren Txabola).
Localisation
Le dolmen se trouve dans la Plaine Alavaise, à environ 600 m au nord-ouest du village d'Arrizala, près du chemin reliant Arrizala à Egileor, à une altitude d'environ 620 m[3]
Il appartient à la zone mégalithique de la Ekialdeko Lautada/Llanada oriental d'Alava.
Description
Sorginetxe est un dolmen à chambre polygonale construit avec de grandes dalles de calcaire[4].
La chambre funéraire mesure environ 2,3 m de long, 1,9 m de large et 2,35 m de hauteur[4].
La structure est composée de six grandes dalles :
- cinq dalles dressées verticalement formant les parois,
- une grande dalle horizontale servant de couverture.
Une dalle située à l'ouest forme une ouverture ressemblant à une fenêtre, orientée vers l'ouest (environ 270°). Par cette ouverture, la lumière du soleil couchant peut pénétrer dans la chambre funéraire[4].
Le dolmen est aujourd'hui dépourvu de tumulus (« galgal ») et apparaît « nu ». On ignore la forme exacte du tertre qui recouvrait probablement la structure à l'origine[4].
À proximité du monument se trouvaient autrefois quatre grandes dalles dont la relation avec le dolmen n'a jamais été clairement établie. Selon certaines sources, elles furent détruites au XXe siècle par des habitants des villages voisins[4].
Découverte et fouilles
Le dolmen était déjà connu à la fin du XVIIIe siècle et fut étudié par Federico Baraibar au XIXe siècle[5].
En 1890, l'archéologue Julián Apraiz Sáenz de Elburgo entreprit des fouilles du monument. En déplaçant une grande dalle effondrée pesant environ deux cents arrobas, il découvrit :
- les restes de trois individus,
- une pointe de flèche en silex à pédoncule et ailerons.
Ces objets furent signalés dans plusieurs publications, mais leur localisation actuelle est inconnue.
Au milieu du XXe siècle, l'archéologue José Miguel de Barandiarán mentionna le site dans plusieurs travaux consacrés à la préhistoire basque.
Le dolmen fut également étudié par Jesús Elósegui, qui en réalisa des relevés et des photographies en 1951[6].
Classement patrimonial
Le 26 juillet 2011, le décret 183/2011 du gouvernement basque classa les dolmens des plaines du territoire historique d'Alava comme bien culturel dans la catégorie d'ensemble monumental[7].
Cet ensemble comprend plusieurs monuments mégalithiques répartis dans la plaine d'Alava, la Rioja Alavaise, ainsi que dans les régions de Lantarón et de Kuartango. Ces monuments présentent des similitudes structurelles, chronologiques et matérielles avec d'autres ensembles mégalithiques des plateaux de la péninsule Ibérique[7].
Parmi les dolmens inclus dans cet ensemble figurent notamment[7] :
- Dolmen de Sorginaren Txabola et dolmen d'El Encinal (Elvillar),
- Dolmen de Layaza, dolmen de San Martin, dolmen d'Alto de la Huesera et dolmen de Los Llanos (Laguardia),
- Dolmen d'El Sotillo (Leza),
- Dolmen de La Mina et dolmen de La Lastra (Lantarón),
- Sorginetxe (Agurain),
- Dolmen d'Aizkomendi (San Millán-Donemiliaga),
- dolmen de San Sebastián Sud, dolmen de San Sebastián Nord, dolmen de Gurpide Sud et dolmen de Gurpide Nord(Kuartango),
- Dolmen d'El Montecillo (Villabuena de Álava).
Légende
Le nom Sorginetxe signifie littéralement « maison des sorcières ». Selon la tradition populaire basque, le dolmen aurait été construit par des sorgiñak. La légende raconte que ces sorcières transportaient d'énormes pierres depuis les montagnes environnantes en les portant sur la tête. Pendant qu'elles marchaient, elles filaient la laine avec un fuseau, combinant ainsi leur travail domestique avec la construction du monument.
Selon certaines versions du récit, la construction fut interrompue lorsqu'une des sorcières aperçut un homme portant du pain. Dans l'imaginaire traditionnel basque, le pain est associé à l'arrivée du christianisme et à la disparition des anciennes croyances païennes. L'apparition du pain aurait ainsi fait perdre leurs pouvoirs aux sorcières et interrompu leur ouvrage, laissant le monument tel qu'on le voit aujourd'hui.
Notes et références
- (es) José Miguel de Barandiarán, El hombre prehistórico en el País Vasco, San Sebastián, Editorial Vasca Ekin, , 267 p.
- ↑ (es) Gobierno Vasco, « Sorginetxe trikuharria », Vitoria-Gasteiz, Euskadi.eus (consulté le )
- ↑ (es) Juan María Apellániz, Corpus de materiales de las culturas prehistóricas con cerámica de la población de cavernas del País Vasco meridional, San Sebastián, Sociedad de Ciencias Naturales Aranzadi, , 366 p.
- (eu) Luberri, « Sorginetxe Trikuharria », Euskadi, Luberri (consulté le )
- ↑ (es) Instituto Alavés de Arqueología, Carta arqueológica de Álava : Hasta 1984, Vitoria-Gasteiz, Diputación Foral de Álava, Consejo de Cultura, , 459 p. (ISBN 9788450550320)
- ↑ (es) Bernardo Estornés Lasa, Enciclopedia general ilustrada del País Vasco : Pt. 1: Prehistoria: paleolítico, t. 1, San Sebastián, Auñamendi, Estornés Lasa,
- (es) Gobierno Vasco, « BESTELAKO XEDAPENAK KULTURA SAILA Boletín Oficial del País Vasco, documento 1103920e », Vitoria-Gasteiz, Boletín Oficial del País Vasco (consulté le )
Bibliographie
- Anuntxi Arana (trad. Edurne Alegria), De la mythologie basque : gentils et chrétiens [« Euskal mitologiaz : jentilak eta kristauak »], Donostia, Elkar, , 119 p. (ISBN 9788497838214 et 8497838211, OCLC 698439519)
- Claude Labat, Libre parcours dans la mythologie basque : avant qu'elle ne soit enfermée dans un parc d'attractions, Bayonne; Donostia, Lauburu ; Elkar, , 345 p. (ISBN 9788415337485 et 8415337485, OCLC 795445010)
- Wentworth Webster (trad. Nicolas Burguete, postface Un essai sur la langue basque par Julien Vinson.), Légendes basques : recueillies principalement dans la province du Labourd [« Basque legends »], Anglet, Aubéron, (1re éd. 1879), 328 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980805 et 9782844980809, OCLC 469481008)
- Jean-François Cerquand, Légendes et récits populaires du Pays Basque : Recueillis dans les provinces de Soule et de Basse-Navarre, Bordeaux, Aubéron, (1re éd. 1876), 338 p. [détail de l’édition] (ISBN 2844980937 et 9782844980939, OCLC 68706678, lire en ligne)
Voir aussi
Articles connexes
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