Sorin Cerin

Sorin Cerin
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Sorin Cerin en 2010.
Nom de naissance Sorin Hodorogea
Naissance
Baia Mare (Roumanie)
Nationalité Drapeau de la Roumanie Roumain
Autres activités
Conjoint
Dana Cristina Gorincioiu (m.2000)
Auteur
Langue d’écriture Roumain, Français
Mouvement Existentialisme, phénoménologie, postmodernisme, contextualisme,philosophie de l'esprit, manichéisme,agnosticisme, cartésianisme, rationalisme
Genres
Signature de Sorin Cerin

Sorin Cerin (nom de plume de Sorin Hodorogea, né le à Baia Mare (Roumanie)) est un philosophe, poète, logicien et essayiste roumain, d'origine balkanique et grecque. Représentant du courant existentialiste qu'il reconfigure au niveau du temps présent, devenant celui qui poursuit le mouvement existentialiste au XXIe siècle, quand on pensait que l'existentialisme était épuisé[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9].

Sorin Cerin est le fondateur d’un système philosophique appelé Coaxialisme[10],[11],[12],[13],[14].

L'œuvre poétique de Sorin Cerin a été récompensée par plusieurs distinctions[2],[15],[16] décernées par le jury de la Société des Poètes Français, parmi lesquelles le prix Jacques Prévert en 2023[17],[18],[19] et le prix Jacques Viesvil en 2025[20].

Biographie

Jeunesse et formation

Sorin Cerin est né Sorin Hodorogea le à Baia Mare en Roumanie[21],[16], étant d'origine grecque de son père[3]. Fils de Rodica Hodorogea née Pintea, fille du prêtre Iuliu Pintea. Le nom Hodorogea reçu à la naissance appartenait à son beau-père. Plus tard en 1987, il le changera en Cerin[22].

L’église de Sauca, où son grand-père était prêtre.

Il a passé les premières années de son enfance chez ses grands-parents, dans le village de Silindru, comté de Bihor, où son grand-père était prêtre[16].

Plus tard le grand-père de Sorin Cerin s’établit dans la paroisse du village de Săuca, situé dans le comté de Satu Mare. Dans ce village, Sorin Cerin a terminé sa première année d’enseignement primaire. Par la suite, il a effectué le reste de sa scolarité à Baia Mare, où il a suivi ses études primaires et secondaires, obtenant son diplôme en 1983, année à laquelle il a quitté la ville pour poursuivre des études universitaires à Bucarest[21],[16].

Dans son enfance, Sorin Hodorogea nourrissait une passion pour l’aéromodélisme, discipline dans laquelle il s’est distingué en remportant plusieurs prix[16],[23],[21].

Vie et carrière

Sorin Cerin et son épouse, Dana Cristina Gorincioiu, traductrice de son œuvre.

Au début, le nom Cerin était un nom de plume qu’il a officiellement adopté en 1987 après son mariage avec sa première épouse, dont il a divorcé peu de temps après[21],[22].

Après avoir été rédacteur dans un journal roumain, il choisit la voie de l’exil et se réfugie aux États-Unis, où il réside dans des villes comme New York, Dallas ou Las Vegas[16].

Après quelques années passées en Amérique, il part pour l’Australie, où il travaille comme correspondant de presse internationale[24],[23],[16].

En 2000, il revient en Europe et abandonne définitivement le journalisme pour se consacrer entièrement à l’écriture. La même année, il se remarie avec Dana Cristina Gorincioiu, qui traduit une grande partie de son œuvre poétique, aphoristique et philosophique en anglais[21],[24],[16],[22].

Débuts

Il a fait ses débuts en 1987 avec le poème intitulé Marină (Marine), dans Almanahul BTT 1987 (l'Almanach BTT 1987)[25], où il a signé sous le nom de plume Sorin Mara Angel. Durant cette période, plusieurs compositeurs ont mis en musique ses textes. Parmi eux figurent Vasile Veselovski ou encore Elly Roman[22],[23].

Sorin Cerin en décembre 2006, durant la période de sa collaboration avec la maison d’édition Paco à Bucarest.

Sorin Cerin a fait ses débuts éditoriaux aux éditions Paco à Bucarest en 2003[16],[23].

Il a collaboré pendant plusieurs années avec cette maison d’édition, où il a publié de nombreux ouvrages représentant une part importante de son œuvre philosophique, logique, poétique et sapientielle, cette dernière étant illustrée par des volumes d’aphorismes qui constitueront la future Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse)[16].

Plus précisément, les dernières publications de Sorin Cerin aux éditions Paco remontent à 2015, année où cinq nouveaux volumes de sa poésie philosophique ont été publiés par une autre maison d’édition, Editura eLiteratura, à Bucarest[16].

Événements marquants

Parcours littéraire

Il est mentionné dans l’ouvrage de référence intitulé, Un Dicționar al Scriitorilor Români Contemporani, Opera Omnia, Volumul IV (Un dictionnaire des écrivains roumains contemporains, Opéra Omnia, Tome IV), qui rassemble des notices critiques consacrées aux auteurs de la littérature roumaine contemporaine[22].

En outre, il a été sélectionné pour figurer dans l’anthologie internationale publiée en New Delhi, Inde et intitulée, Universal Oneness: An Anthology of Magnum Opus Poems from around the World (L'unité universelle : une anthologie de poèmes de Magnum Opus du monde entier). Cette publication vise à illustrer la diversité et la richesse de la création poétique mondiale contemporaine à travers une sélection de textes traduisant une aspiration commune à l’unité universelle[26].

Sorin Cerin publie un recueil de poésie philosophique aux éditions Stellamaris, à Brest, en France[27], intitulé Le non-sens de l'existence et de l'éternité[28],[29],[30]. Ce recueil reçoit en 2021 le prix de la Fondation de la Société des Poètes Français[31],[2],[32] et est inclus dans l’Anthologie 2022 de la Société des Poètes Français[15].

L'année suivante, il publie un autre recueil de poèmes philosophiques en français, intitulé : Sur les épaules de la mort : poèmes philosophiques[33]. Pour cette œuvre, le jury des prix a proposé de la citer au palmarès 2022 et de décerner un « diplôme d’ouvrage remarqué », récompensant un « ouvrage philosophique de qualité présenté en français »[16]. Le jury de la Société des Poètes Français note que, dans ce recueil, la philosophie prime sur la poésie[16],[34].

Sorin Cerin - poète et philosophe, 2010.

En revanche, en 2023, le jury de la Société des Poètes Français lui a décerné le prix de poésie Jacques Prévert, pour un recueil de poèmes intitulé : Âme, dédié à Vivian Mary Hartley, nom de jeune fille de Vivien Leigh[18],[35]. Le jury a motivé le prix en soulignant que le recueil de poèmes Âme est écrit dans une « forme libérée », l'une des « caractéristiques des vers de Jacques Prévert », et qu'il révèle « une profondeur de réflexions et de sentiments » que le jury « a pris plaisir à découvrir »[18],[17],[19],[35],[36].

Deux ans plus tard, en 2025, le jury de la Société des Poètes Français lui décerne le prix de poésie Jacques Viesvil pour son recueil intitulé La Rosée des Larmes de Braise[20],[37].

Comme l'indique Delia Muntean, Sorin Cerin a constitué un « portfolio, en roumain et en français, qui a attiré de plus en plus l'attention de l'exégèse spécialisée »[24],[3]. Selon elle et d'autres spécialistes, les recueils de poésie, les aphorismes et l'œuvre philosophique de Cerin ont fait l'objet d'analyses critiques et sont considérés comme des supports pédagogiques destinés à l'enseignement universitaire spécialisé[24],[2],[16].

La maison d’édition Estfalia a réédité, à des fins pédagogiques, les œuvres philosophiques[38], poétiques[39] et aphoristiques[40] de Sorin Cerin, initialement publiées par d’autres éditeurs. Selon certaines sources critiques, ces publications, sponsorisées par des établissements d’enseignement, sont destinées à un usage éducatif dans les écoles et universités[16],[3]. Dans ce sens, l'analyse relative à la leçon sur la poésie de Cerin, intitulée « Sorin Cerin - poète des questions et réponses éternelles », écrite par un lycéen qui étudie l'œuvre de Cerin sous la direction de son professeur, est pertinente[41].

Collection de sagesse

En 2009, Sorin Cerin a publié, aux éditions Eminescu à Bucarest, le premier volume de sa Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse)[42],[43],[44]. La collection comprenait alors six volumes d’aphorismes et a été progressivement enrichie pour atteindre un total de 22 volumes d'aphorismes[21],[23].

Des extraits de Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse) ont été publiés en plusieurs épisodes, répartis sur plusieurs années, dans la revue Destine literare (Destins littéraires), parue en Amérique du Nord. Le premier épisode a été publié dans le numéro 8 du magazine, en décembre 2009, accompagné d'une évaluation critique signée par Gheorghe Vlăduțescu[45],[46].

Couverture de l’ouvrage Антология на мъдростта : Афоризми - откъси (Anthologie de la sagesse : Aphorismes - extraits), publié par la maison d’édition Светът на книгите (Sveta na knigite), à Varna (Bulgarie), en 2020.

La parution de la première édition de Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse) a également été annoncée dans le Dicționarul Scriitorilor Români de Azi (Dictionnaire des écrivains roumains d’aujourd’hui)[47].

Des aphorismes de Sorin Cerin, issus de Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse), ont également été traduits en bulgare et réunis dans une anthologie entièrement consacrée à ses aphorismes extraits de l’ouvrage Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse)[48],[21],[49],[23],[3], intitulée Антология на мъдростта : Афоризми - откъси (Anthologie de la sagesse : Aphorismes - extraits), avec une introduction d’Eleazar Harash, l’anthologiste de cette œuvre[24],[3],[49],[48],[21],[23]. L’ouvrage a été publié par la maison d'édition Светът на книгите (Sveta na knigite)[50], à Varna, en Bulgarie[48],[21],[23],[3].

Sorin Cerin a été sélectionné parmi les 20 auteurs représentés dans Antologia dell’aforisma romeno contemporaneo (l’Anthologie de l’aphorisme roumain contemporain), parue à Turin, en Italie, sous les auspices de l'Académie de Roumanie à Rome et de l’Association italienne de l'aphorisme[51],[52],[16],[22],[53].

En 2023, le livre intitulé : Collection de Sagesse, Volume I, Aphorismes philosophiques 1 - 6203[54] a été publié en français[11]. Les aphorismes de la Collection de Sagesse sont également diffusés par le quotidien Ouest-France[55].

Analyse de l'œuvre et de la pensée

La critique considère que l’œuvre de Sorin Cerin se caractérise par sa complexité et la diversité de ses approches, qui intègrent des dimensions philosophiques, poétiques, aphoristiques et théologiques[1],[2],[3],[4],[5],[6],[7],[8],[9],[10],[11],[12],[13],[14],[16],[22],[42],[45],[56],[57],[58],[59],[60],[61],[62],[63],[64],[65],[66].

Œuvres poétiques philosophiques : cadre historique et conceptuel

La poésie de Sorin Cerin est considérée par plusieurs critiques littéraires, comme une poésie philosophique existentialiste[1],[9],[2],[8],[7],[3],[5],[6],[4].

Approche historique et existentialiste de l’œuvre

D’un point de vue historique et doctrinal, Elvira Sorohan, historienne de la littérature, critique littéraire et professeure à l’Université Alexandru Ioan Cuza de Iași, dans sa critique intitulée « Un poète existentialiste du XXIe siècle », publiée dans Convorbiri literare[1], souligne la manière dont Sorin Cerin reconfigure l’existentialisme dans un cadre contemporain. Selon elle, cette démarche renouvelle l’intérêt pour un courant parfois perçu comme dépassé, en l’intégrant dans de nouveaux dispositifs discursifs qui en démontrent la pertinence dans la littérature du XXIe siècle[1].

D’après Sorohan, l’existentialisme, approfondi aux XIXe et XXe siècles par des philosophes tels que Søren Kierkegaard et Jean-Paul Sartre, disposait déjà d’un appareil conceptuel particulièrement élaboré. Dans ces conditions, la possibilité d’apporter des contributions à la fois nouvelles et véritablement originales semblait limitée, en raison du risque de redondance avec la tradition existentialiste déjà solidement établie[1].

Néanmoins, dans la pensée d’Elvira Sorohan, Cerin est parvenu à élaborer une approche originale, intégrant les dimensions philosophiques, théologiques et littéraires de l’existentialisme[1]. Des analyses comparables, portant sur l’originalité et la structuration conceptuelle de l’œuvre, sont également proposées par plusieurs autres critiques, parmi lesquels Cistelecan[5],[67], Gavard-Perret[11], Borbély[6],[29], Muntean[24],[3] et Tupan[68],[58].

Influences historiques et thématiques existentialistes

La poésie de Sorin Cerin explore la question du sens de l’existence et la liberté individuelle face à l’absurde. Dans la vision d’Elvira Sorohan, l’œuvre de Sorin Cerin laisse entendre qu’« il ne reste que la liberté de l’être de juger sa propre existence », dans la mesure où l’existence est « éternellement enfermée dans sa capacité à dépasser l’absurde »[1]. Cette problématique de l’absurde est également abordée par Ștefan Borbély, qui met en évidence dans l’œuvre de Sorin Cerin une structure de pensée de type dualiste, orientée vers la quête de salut et de sens[6],[29]. En plus de ces références philosophiques et littéraires, Sorohan met également en lumière l’influence plus ancienne, mais non moins significative, de « l'Ecclésiaste biblique », dont la tonalité méditative et désabusée résonne, sur le plan existentiel, avec les interrogations ontologiques portées par la poésie de Cerin[1].

Sorohan souligne également que cette démarche inclut une critique sociale et culturelle, liée à des phénomènes contemporains, citant Cerin: « La Société de Consommation qui consomme nos vies, pour un Sens que nous ne trouverons jamais »[1]. La Mathématique de l’Existence, à l’instar d’autres textes de la poésie philosophique existentialiste de Cerin, invoque, comme le souligne Sorohan, la figure du « monde cassé », selon la formulation critique de Gabriel Marcel[1]. D’autres spécialistes, tels qu’Armenescu font également référence à Gabriel Marcel pour analyser la représentation de la fracture entre l’homme et l’ordre ontologique dans l’œuvre de Cerin[2],[69].

Comme l’affirme Elvira Sorohan, le concept de « moment », mis en relation avec celui d’« éternité », s’inscrit dans la tradition de la pensée existentielle associée au philosophe mystique Søren Kierkegaard[1]. D’après Sorohan, les poèmes de Cerin, dans leur approche radicale du divin et de l’institution ecclésiale, mobilisent un langage profondément ancré dans l’héritage de l’existentialisme sartrien[1]. Voir aussi les analyses de Armenescu[2],[69] et Carlugea[16], qui mettent en évidence des références explicites à la pensée de Søren Kierkegaard dans le cadre de l’interprétation de la poésie de Sorin Cerin.

Elvira Sorohan identifie dans l’œuvre de Sorin Cerin des images à connotation triviale, notamment des métaphores culinaires, interprétées comme une mise en scène de la répulsion et rapprochées de la notion de « nausée » chez Sartre, en lien avec la conscience de l’absurde[1]. Par ailleurs, Maria Ana Tupan[58],[68] situe l’œuvre de Sorin Cerin dans une perspective historique, aux côtés de celles de Sartre, Kierkegaard et Camus[58],[68], tandis que Zenovie Cârlugea y relève des influences de ces auteurs[16]. En revanche, Elena Armenescu[2],[69] établit des parallèles avec Sartre, Kierkegaard et Marcel[2],[16].

La reconfiguration de l’existentialisme au XXIe siècle à partir de la pensée de Cerin

Selon une lecture poético-philosophique proposée par Elvira Sorohan, une poésie fondée sur le vocabulaire traditionnel de l’existentialisme, considéré comme « fatigué », ne peut retenir l’attention du lecteur contemporain qu’à travers des adaptations et des actualisations[1]. Dans cette perspective, Sorin Cerin est interprété comme recomposant ce lexique dans de nouvelles configurations et l’actualisant par des éléments du contexte contemporain[1]. Dans l’interprétation proposée par Sorohan, la poésie philosophique de Sorin Cerin invite le lecteur à « revenir sur soi-même », ce qui permet à l’existentialisme de rester pertinent pour « l’être des jours actuels »[1].

Selon Delia Muntean, la poésie philosophique de Sorin Cerin interroge la condition de l’homme contemporain à travers la déconstruction des illusions existentielles, la dénonciation d’une réalité artificielle et la perte progressive du sens, l’existence apparaissant comme une dérive aliénante au sein d’un monde falsifié[24],[3].

Sorohan observe que l’auteur recourt à un lexique existentialiste universel, aisément reconnaissable, qu’il ne se contente pas d’adopter, mais qu’il « redistribue selon une nouvelle topique », en l’intégrant dans un champ conceptuel propre[1]. Cela favorise l’émergence de formes d’expression originales et parfois radicales, telles que « des combinaisons étonnamment nouvelles », certaines se révélant audacieuses, voire terriblement dures, notamment dans les prises de position critiques à l’égard des institutions religieuses[1]. Cette redistribution s’opère par des adaptations actualisées, des ajouts complémentaires à l’idée centrale, reflétant ainsi sa conception de l’existence et du langage[1]. Des problématiques religieuses similaires sont abordées par Cistelecan[70],[67], Borbély[6],[29], Armenescu[2],[69] et Cârlugea[16].

D’autres lectures critiques s’appuient sur des concepts existentialistes, tels que l’absurde, l’absolu et l’illusion. Dans cette perspective, Ștefan Borbély met en évidence un imaginaire de nature chrétienne-gnostique, ainsi qu’une cosmologie dualiste à caractère eschatologique, structurée par des tensions entre « l’Absolu » et « l’Absurde », et marquée par des motifs de l’absurde, de la dispersion et de l’illusion, orientée vers une transfiguration par « l’Amour » et « l’Absolu »[6],[29]. Theodor Codreanu prolonge cette interprétation sur le plan philosophique en analysant le Coaxialisme comme un système de pensée structurant, qu’il rapproche de traditions dualistes, notamment gnostiques et manichéennes. Il le considère comme le cadre conceptuel assurant la cohérence et l’organisation de l’ensemble de l’œuvre littéraire et aphoristique de Sorin Cerin, en mettant notamment en évidence des notions telles que la « Vérité absolue » et les « Illusions de la vie »[12],[13],[71],[72].

Suivant Elvira Sorohan, Sorin Cerin peut être considéré comme un auteur qui ne se limite pas à reproduire les idées de l’existentialisme des siècles passés, mais cherche à « les mettre à jour » pour rendre « l’existentialisme pertinent » pour le lecteur contemporain[1]. Comme le soutient Sorohan, tout cela résulte du tempérament expressif du poète, qui le conduit souvent à des excès[1]. Pourtant, cette même intensité lui permet de ressentir profondément l’« aliénation », l’« exil intérieur » et la « solitude », jusqu’au point de percevoir son âme comme une « maison ruinée »[1]. Même lorsque l’existence semble sombrer dans le « néant », elle conserve la possibilité d’atteindre « l’Éternité », révélant ainsi la force de vivre authentiquement ses expériences les plus extrêmes[1].

De Kierkegaard à l’existentialisme français : filiation et renouvellement

Dans l’analyse de Sorohan[1], la poésie philosophique existentialiste de Cerin apparaît ainsi comme une continuation dialectique du mouvement existentialiste propre au XXIe siècle, mettant en lumière une œuvre poétique marquée par les influences des précurseurs de l'existentialisme des XIXe et XXe siècles, tels que Jean-Paul Sartre, Gabriel Marcel ou Søren Kierkegaard. Comme le souligne Sorohan, dans l’œuvre de Cerin, le lexique de la poésie philosophique existentialiste est repris et réorganisé dans une configuration expressive renouvelée[1].

Dans une lecture axiologique, Elena Armenescu souligne que, bien que Cerin présente des influences de Kierkegaard et suive « pas à pas le programme littéraire de l’existentialisme français », initié par Jean-Paul Sartre et Gabriel Marcel, « il ne s’y limite pas »[2],[69]. Armenescu, se référant à Elvira Sorohan[1], présente Cerin comme l’auteur qui « a reconfiguré l’existentialisme du présent », alors que l'existentialisme était jusqu’alors considéré comme « épuisé »[2],[69]. En ce sens, l’œuvre de Cerin est interprétée comme une tentative de redonner vie à un courant philosophique par un retour à l’individu et à ses questionnements existentiels profonds[2],[69],[1].

Contrairement aux interprétations proposées par d’autres exégètes, Zenovie Cârlugea avance une lecture beaucoup plus élaborée de l’œuvre de Sorin Cerin, en la situant à l’intersection de la pensée de Søren Kierkegaard et de l’existentialisme français s’étendant jusqu’à la littérature universelle. Dans l’analyse de Zenovie Cârlugea, dans la poésie philosophique de Cerin, l'existentialisme apparaît comme une doctrine qui répond pleinement à son « esprit de liberté et d'action ». Il incarne également son élan créatif, une forme de « pragmatisme aventureux », ainsi qu’un « sentiment tragique de la vie », et l’idée de l'absurde[16]. Selon lui, ces éléments ne se retrouvent pas uniquement chez les existentialistes tels que Søren Kierkegaard, Edmund Husserl, Martin Heidegger, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Maurice Merleau-Ponty et d'autres, auteurs auxquels l’œuvre de Cerin est souvent comparée, mais aussi chez des écrivains considérés comme précurseurs de l'existentialisme, tels que Fiodor Dostoïevski, Miguel de Unamuno, Franz Kafka, Albert Camus, dont l'influence est perceptible dans sa création littéraire[16].

Par ailleurs, selon Cârlugea, dans l’œuvre de Sorin Cerin se retrouvent des accents communs à la « grande poésie du monde », notamment à travers des affinités thématiques et des résonances avec certains grands auteurs tels que Mihai Eminescu, Tudor Arghezi, Lucian Blaga et Nichita Stănescu[16]. La même idée est également présente dans les travaux de Laura Lazăr Zăvăleanu[60], Eugen Evu[59],[22], Henrieta Anișoara Șerban[10],[73] et Theodor Codreanu[12],[13],[72].

L'existence illusoire comme noyau de la reconfiguration de l'existentialisme chez Cerin

Dans la poésie philosophique existentialiste de Sorin Cerin, le mot, ainsi que le souligne Elvira Sorohan, dépasse sa fonction strictement poétique pour devenir un instrument d’interrogation de « l’existence illusoire »[1]. Cette thématique de l’« existence illusoire », telle qu’elle est formulée par Cerin, participe, selon Elvira Sorohan, à une reformulation de l’existentialisme au début du XXIe siècle. Dans cette perspective, Elvira Sorohan affirme que ce qui relève exclusivement du poète Sorin Cerin est « le problème fondamental de l’existence illusoire », un problème « ressenti comme tel en termes d’existentialisme au début du XXIe siècle »[1]. Pour Sorohan, ce questionnement existentialiste de « l’existence illusoire » constitue le « noyau » et le « leitmotiv » de l’œuvre poétique de Sorin Cerin[1].

Dans une interprétation particulière, la critique littéraire et professeure universitaire Maria Ana Tupan[8] propose que l'œuvre de Sorin Cerin s'inscrive dans une redéfinition de l'être humain, conçue comme un « projet existentialiste »[68],[58]. Selon elle, Cerin « redéfinit l'être humain comme trouvant son authenticité dans la multiplication mentale d'une réalité ternaire ». Tupan décrit un paysage temporel caractérisé par un passé « mort », un futur « vivant » et un présent « illusoire », contrairement à l’idée commune selon laquelle la vie vécue correspond à notre identité certaine, où seul le présent illusoire existant réellement et où « le futur n’est qu’une pure hypothèse »[74],[68],[58].

Dans une perspective critique complémentaire, Alexandru Cistelecan souligne les enjeux de reconfiguration du discours existentiel à partir de la thématique de l’« existence illusoire », notamment à travers la tension entre expérience poétique et construction du sens[5],[67]. Contrairement à une approche épistémologique classique, Cistelecan observe que, dans la poésie de Sorin Cerin, la dénonciation de l’« existence illusoire » s’opère moins par une conceptualisation explicite que par une attitude existentielle exacerbée, une exaspération ontologique dirigée contre les « Illusions de l’Existence »[5],[67]. Cistelecan souligne également que, contrairement à la « poésie philosophique » critiquée par Titu Maiorescu à propos de Panait Cerna, Sorin Cerin maîtrise le risque de subordonner l’imaginaire au concept : son écriture ne cherche pas la pure abstraction, mais combine réflexion et intensité affective, « sans aucun danger à cet égard »[5],[67].

La poésie des grandes équations existentielles

Du point de vue du cadrage conceptuel, sous le titre « Entre réflexion et attitude », publié initialement dans la revue Familia[5],[67], puis dans la revue Poezia[75], Alexandru Cistelecan, critique littéraire et professeur à l’Université Transilvania de Brașov, analyse la poésie de Sorin Cerin comme une forme d’écriture réflexive. Ce lyrisme, imprégné d'une tension affective constante, s'incarne dans une pluralité de registres émotionnels, allant de la colère à la piété, incluant la tendresse et le ressentiment[70],[67]. Dans cette perspective, Cistelecan souligne que l’œuvre de Cerin développe une vision critique et désabusée de la condition humaine et du monde contemporain, marquée par un ton souvent sarcastique, notamment à l’égard de la « société de consommation » et des illusions liées à l’existence moderne. Cette inclination à ancrer des notions abstraites dans des figures concrètes se manifeste par un recours récurrent à des images symboliques qui structurent son imaginaire poétique. L’écriture de Cerin se distingue par une expressivité intense, empreinte d’un pathos marqué, révélant un style passionné et engagé, d’après Cistelecan[70],[67].

À travers une posture à la fois lyrique et philosophique, Cerin interroge ce que Cistelecan appelle les « grandes équations existentielles », plaçant son discours au croisement du poétique et du conceptuel. Le critique estime que cette dialectique entre conceptualisation et lyrisme repose sur une forte implication émotionnelle, éloignée d’une sérénité contemplative, et qu’elle confère à l’œuvre une dynamique d’extériorisation intérieure. Cistelecan considère que Cerin a réussi le pari difficile d’une poésie philosophique, où « l’imaginaire dialogue avec le conceptuel »[5],[67]. Selon lui, les poèmes de Cerin abordent de front les « grandes équations existentielles », sans s’attarder sur des confidences personnelles. Ils visent le « principe de réalité » lui-même, et non ses « manifestations accidentelles »[5],[75]. Ces aspects sont également identifiés dans les analyses d'autres exégètes lorsqu'ils se réfèrent à Alexandru Cistelecan, tels qu’Armenescu[2], Cârlugea [16] ou Borbély[22].

Entre pathos et méditation : la crise de l’homme contemporain

Dans ses analyses, Cistelecan associe le pathos de cette poésie à un traumatisme intérieur que le poète chercherait à dépasser par une tension méditative constante plutôt que par une attitude apollinienne[76],[70],[67]. Selon lui, Sorin Cerin explore les dimensions profondes de la connaissance et de l’existence, réfléchissant à la manière dont l’homme contemporain perçoit son temps, son identité et son destin[70],[67]. Derrière le sarcasme dirigé contre la manipulation par les instruments religieux, il ne s’agit pas « de paroles de provocation et d’imprécation, mais au contraire de paroles de dévotion désespérée et ardente », comme l’observe Delia Muntean en citant Alexandru Cistelecan[24],[3],[5],[67].

Dans une perspective de l’angoisse existentielle, Delia Muntean soutient que Sorin Cerin critique subtilement, dans sa poésie, la nouvelle éthique de la « société de consommation », marquée par les péchés modernes, l’influence des médias et la dégradation des valeurs traditionnelles. Cette réalité affecte l’authenticité de l’expression artistique et entraîne une crise profonde du cadre intellectuel et créatif, confronté à une fragmentation de l’identité[77],[3]. En conséquence, elle soutient que cela engendre un état de malheur, d’isolement émotionnel et de perte de sens, autant de caractéristiques de la postmodernité. Elle affirme également, en se référant à l’œuvre poétique de Cerin, que l’homme contemporain risque de vivre prisonnier d’une psychose permanente, alimentée par le besoin constant de soutenir une réalité artificielle[24],[3].

Critique sociale et nihilisme existentiel

Dans ce contexte, Maria Ana Tupan souligne la dimension nihiliste de cette poétique. Elle note que, dans la poésie de Sorin Cerin, « l’on admire non seulement d’ingénieux sauts mortels de la logique de l’identité, d’un niveau ontologique à un autre », mais aussi « le tropisme d’une inventivité baroque, d’une sorte d’Eucharistie à l’envers »[58],[68]. Elle considère que, dans un univers où la vie est orientée vers la mort, ce qui se désagrège n’est pas le corps physique, mais l’esprit et le langage, révélant un corps « deleuzien », perçu comme un organisme quasi animal, décrit avec un niveau de détail comparable à celui des études anatomiques d’un étudiant en médecine[58],[68].

Elvira Sorohan[1], met en évidence le tempérament démonstratif du poète, qu’elle juge parfois excessif, mais orienté vers la réactivation du pouvoir expressif du langage. Selon elle, l’expression « société de consommation » constitue un signifiant central de l’univers poétique de Cerin, incarnant l’aliénation et la surdétermination des désirs dans le monde contemporain. Comme le soutient Sorohan[1], le poète développe une vision cohérente et fermée du monde, ce qui se reflète dans une rhétorique particulière. Quel que soit le point d’entrée dans son œuvre, le lecteur est immédiatement plongé au cœur d’un univers poétique propre, marqué par des thèmes récurrents et une posture de scepticisme prononcé. Selon elle, le vocabulaire de Cerin s’inscrit dans une perspective existentialiste, tandis que son langage intègre des éléments d’actualité à travers des procédés formels exprimant la condition de l’individu comme un « être jeté » dans un monde affecté par une faute ontologique initiale, souvent associée au péché originel[1].

Langage poétique et existentialisme dans la poésie philosophique de Cerin

Tout au long de l’œuvre poétique de Cerin, Sorohan[1] souligne l’usage récurrent du terme « Vanité » comme motif central, intégré dans un lexique à la fois grave et tranchant, destiné à accompagner, voire à défier, le mystère de la genèse du monde. Elle interprète la Vanité comme un principe fondamental de l’univers poétique existentialiste de Cerin, tel qu’il se manifeste dans ses propres images et formulations poétiques, notamment lorsqu’il affirme que: « Le soc de la Vanité laboure profondément la terre de l’Existence »[1].

Armenescu, analysant la même dimension de l’œuvre de Cerin, montre que celui-ci décrit le monde moderne comme une « lumière des sanctuaires de la Vanité », où l’homme est « nourri de vanités causant maladie et dépression »[2],[69], tandis que Borbély interprète la Vanité, telle qu’elle apparaît dans la poésie de Cerin, comme une métaphore du destin existentiel absurde et aliénant, représenté par le « navire de la Vanité » conduisant l’humanité vers la souffrance et la mort[6],[29].

Delia Muntean considère également la Vanité, dans l’œuvre de Cerin, comme un symbole de l’aliénation et de la perte de sens dans le monde moderne, soulignant son association avec la dégradation de l’existence et les effets négatifs de la société de consommation, que Cerin exprime par l’image selon laquelle : « où le vainqueur emportera toute la Vanité »[24],[3].

Le langage poétique entre structuration mythographique et réflexion philosophique

Dans sa lecture, Ștefan Borbély[6],[29], met en évidence la fonction opérative et structurante du langage poétique de Sorin Cerin. Plutôt que de se limiter à la description ou à l’évocation esthétique, les mots servent de vecteurs conceptuels, participant à l’organisation interne d’une mythologie personnelle et à la cohérence du discours philosophico-spirituel. Borbély souligne notamment l’usage systématique de syntagmes en majuscules, tels que « Le Monde de Personne », « Le Labyrinthe de l’Absurde » ou « Les Mots Gelés », qui indiquent l’existence d’un code sémantique interne devant être lu « à l’intérieur du système mythographique créé par le poète ». Borbély note que la poésie de Cerin « contribue, par chaque nouveau vers, par chaque nouveau poème ou recueil, à l’édification d’un tel système spirituel autarcique »[6],[29].

Dans l’analyse de Borbély[6],[29], le langage poétique de Cerin s’inscrit dans une démarche à portée soteriologique, liée à la construction d’un univers symbolique et spirituel cohérent. Dans ce cadre, certains motifs récurrents, comme « l’Étranger Subconscient » ou « le Dieu de Personne », ne sont pas de simples images poétiques, mais des éléments constitutifs d’un système conceptuel et mythologique propre à l’auteur, dont le sens doit être interprété à l’intérieur de celui-ci. Ainsi, selon Borbély, le langage poétique chez Cerin ne se limite pas à une fonction expressive ou descriptive, mais participe à l’édification d’un ensemble structuré, orienté vers une finalité spirituelle et vers la recherche de l’Absolu[6],[29].

Dans la lecture de la critique littéraire Elena Armenescu[2],[69], le langage poétique de Sorin Cerin est essentiellement réflexif et philosophique, structuré autour de grandes thématiques existentielles et métaphysiques. Selon cette analyse, l’œuvre s’inscrit dans un univers intérieur façonné par des convictions profondes et par une aspiration constante vers la « Vérité absolue ». Le discours poétique se caractérise par un vocabulaire conceptuel et symbolique, dans lequel des notions telles que la Vérité, l’Amour, la Lumière ou le Non-Sens sont fréquemment personnifiées et intégrées dans une dynamique dialogique[2],[69]. L’expression associe une forte densité métaphorique à un ton parfois virulent, orienté vers une critique de la dégradation morale et spirituelle de la société contemporaine, que la critique qualifie de « flèches » poétiques. Elena Armenescu rattache ce langage à une forme de révolte d’inspiration existentialiste, proche de certaines tonalités nihilistes, mais orientée vers une quête du sens, de la pureté et de l’accomplissement par l’amour, en lien avec la vision philosophique développée par l’auteur, notamment le Coaxialisme[2],[69].

Énergie expressive et intensité stylistique du langage poétique de Cerin

Le critique littéraire Alexandru Cistelecan[5],[67] décrit la poésie de Sorin Cerin comme étant dominée par une énergie éruptive, métaphoriquement caractérisée comme « un volcan textuel en éruption continue et maximale », avec une écriture marquée par la frénésie, la vitupération et la déclamation. Bien que l’auteur cultive une poésie réflexive et sapientielle, il souligne que celle-ci ne relève pas d’une philosophisation froide : sous l’apparence du discours conceptuel, se manifeste un lyrisme d’affects existentiels, dans lequel les idées apparaissent comme des « jaillissements d’attitude », issus d’une tension intérieure proche de l’exorcisation. Cistelecan met également en évidence une écriture traversée par une intensité critique, marquée par une contestation de la dégradation du monde contemporain, où se conjuguent sarcasme, révolte et une forme de dévotion paradoxale[5],[67]. De son côté, Elvira Sorohan, observe que le langage poétique de Sorin Cerin se caractérise par une « frénésie de la répétition du mot qui soutient l’idée », tandis que l’usage des majuscules et des répétitions est interprété comme l’expression d’une gravité ontologique du discours[1].

Le langage poétique de Sorin Cerin, tel qu’il est analysé par Delia Muntean[3],[24], se caractérise par une intensité expressive marquée, située à l’intersection de la poésie, de l’aphorisme et du discours philosophique. Les poèmes recourent fréquemment à l’usage des majuscules pour désigner des concepts fondamentaux -Temps, Vérité absolue, Verbe -, interprété comme l’expression de tensions intérieures. La fragmentation syntaxique et la récurrence de la virgule en fin de vers sont analysées comme des procédés stylistiques traduisant un « désordre volontaire » du discours. La métaphore, fondée sur des verbes marqués et des associations contrastées, est présentée comme une modalité d’expression de la confrontation permanente de l’être humain avec l’existence[3],[24].

La fréquence thématique et la vision systémique dans le langage poétique de Cerin

Une caractéristique de l’œuvre poétique de Cerin, telle qu’observée par Raluca Giurgiulescu[61],[78],[79] en s’appuyant sur l’analyse critique de Delia Muntean[24],[3], est la cohérence d’ensemble de ses volumes de poésie philosophique, qui sont liés entre eux par une continuité des idées, des concepts et des approches philosophiques, mais aussi par la possibilité d’y identifier des éléments fréquemment présents susceptibles d’être intégrés à un système[61],[78],[79]. Dans ce contexte, Raluca Giurgiulescu cite Delia Muntean : « Nous détectons une coopération entre les volumes » et souligne que « Sorin Cerin reste fidèle aux dimensions spécifiques du savoir et de l’existence », celles-ci étant « reprises ensuite en spirale et envisagées constamment sous des angles différents »[61],[78],[79],[3],[24].

L’apparition d’éléments fréquents qui constituent la structure poétique de Cerin est également observée par Elvira Sorohan, qui affirme que « le poète se réfugie dans une sphère conceptuelle unitaire, d'où la rhétorique spécifique »[1], une idée également partagée par d’autres critiques tels que Muntean[24],[3] et Giurgiulescu[61],[78]. L’intention de formuler une méditation existentialiste personnelle, difficile à réaliser en raison de l’usure du vocabulaire existentialiste tout au long des XIXe et XXe siècles, est compensée selon Elvira Sorohan, par une maîtrise dans l’agencement des mots[1]. Elle précise également que, malgré cette contrainte, Cerin utilise une mise en forme stylistique fondée sur des associations lexicales expressives, lesquelles se fondent en grande partie sur la fréquence d’apparition de certains termes existentialistes[1].

Un exemple fréquemment rencontré dans la poésie philosophique existentialiste de Cerin, comme le soutient Elvira Sorohan,  se manifeste par l'expression fréquemment utilisée : « Illusion de la vie », que Sorohan considère comme le syntagme le plus fréquent et un véritable leitmotiv de ses poèmes[1]. Cette notion apparaît également dans les analyses ou citations proposées par Alexandru Cistelecan[67],[70],[22], Jean-Paul Gavard-Perret[4] et Elena Armenescu[2]. D'autres termes du vocabulaire existentialiste de Cerin, qui soulignent « le non-sens de l'existence », sont, d’après Elvira Sorohan, qui les considère comme des « mots-clés complémentaires », les suivants : « Immortalité », « Illusion », « Absurdité », « Mort », « Éternité », « Vérité absolue », « Rêve », « Libre arbitre », « Péché originel », « Amour », « Solitude », « Aliénation », « Dieu »[1].

La fréquence de certains motifs et thèmes chez Sorin Cerin, repris « en spirale » et envisagés sous différents angles, constitue un trait marquant de sa poésie philosophique, comme le soutient Delia Muntean[3],[24], constat confirmé par Raluca Giurgiulescu[61],[78]. Mais cette prolifération linguistique d’éléments fréquents, observe Sorohan, tend paradoxalement à recouvrir, voire à obscurcir, ce que la poésie s’efforce d’atteindre : l’expérience intime, affectivement chargée, d’une « vie perçue comme illusion », vécue de l'intérieur vers l'extérieur, plutôt que de l'extérieur vers l'intérieur[1]. En conséquence, selon Sorohan, bien que les concepts transmis par les mots conservent leur signification, le « Verbe », entendu comme principe vivant et créateur, semble perdre de sa vitalité en raison de la fréquence d’expressions telles que « Illusion de la vie » et « Société de consommation »[1], comme le remarquent également Muntean[3],[24] et Cistelecan[70],[67]. Selon Sorohan[1], les mots, détachés de leur ancrage poétique, semblent suivre une trajectoire autonome, comme l’évoque le poète lui-même[1].

La déconstruction de la révolte existentielle dans la poésie philosophique de Cerin

Elvira Sorohan[1], souligne que le poète manifeste une volonté constante de compréhension, exprimée à travers des « déclarations d’une volonté invincible de comprendre », ainsi qu’un retour récurrent aux interrogations fondamentales sur l’existence[1]. Elle met également en évidence une révolte de type nihiliste, « élevée au rang de principe », dirigée notamment contre la société de consommation, le champ politique et certaines formes de discours religieux[1]. Dans cette perspective, le mot devient lui-même un thème poétique, marqué par des processus d’usure et de dégradation, avant d’être réinvesti dans l’écriture : « Ici, les mots sont retournés à la poésie »[1]. Malgré l’intensité du ton, Sorohan précise que Sorin Cerin « n’est ni dépressif ni anxieux », mais animé par une dynamique réflexive orientée vers la connaissance de soi[1].

Delia Muntean met en évidence le fait que Sorin Cerin « déconstruit de nombreuses illusions », notamment celles dans lesquelles l’individu et les communautés cherchent refuge[3],[24]. Elle observe également que le discours poétique se caractérise par une fragmentation et par une succession discontinue des idées, celles-ci pouvant s’interrompre ou se superposer. Ces procédés ne sont pas interprétés comme un défaut de cohérence, mais comme un reflet de la réalité contemporaine elle-même. Dans cette perspective, Muntean souligne que « les pensées elles-mêmes ne respectent pas toujours une succession logique », ce qui s’explique par le fait que « la réalité proprement dite n’est pas non plus envahie par la cohérence »[3],[24].

Cette approche se manifeste, d’une part, dans sa dimension réflexive, selon Ion Vlad, mais aussi dans sa dimension ontologique, qui vise à donner un sens à l’existence, d’après ce qu’observe Micea Muthu, et, d’autre part, dans sa dimension négative et déconstructive de la transcendance, un aspect également relevé par Cornel Ungureanu[8],[22]. D’après Delia Muntean[3],[24], la révolte existentielle du poète vise la société de consommation, la dégradation du sens et l’instrumentalisation du sacré, la poésie devenant un « cri et une malédiction » qui oblige le lecteur à « une prise de conscience » et à un état de vigilance critique[3],[24].

Entre désespoir, vitalité, hasard et paradoxes

Le langage poétique de Sorin Cerin est parfois rapproché de celui d’Emil Cioran en raison de la présence d’un mélange paradoxal de désespoir et de vitalité expressive, mise en évidence par Maria-Ana Tupan[68],[58],[74]. Celle-ci souligne que la perception du tragique et du grotesque de l’existence ne conduit pas à une forme de paralysie, mais à une expression de type nihiliste à fonction exorcisante, marquée par une tension constante entre critique de l’existence et élan vital[68],[58],[74]. Cette tension entre désespoir et dépassement est également relevée par Elena Armenescu[2],[69] et Elvira Sorohan[1], qui insistent, chacune selon sa perspective critique, sur la coexistence dans l’œuvre d’une tonalité existentielle dramatique et d’une orientation vers une quête de l’Absolu.

Le parcours spirituel mis en évidence dans l’œuvre de Sorin Cerin, structuré autour de la souffrance et de la transcendance, est rapproché par Borbély d’une perspective gnostique[6],[29]. Celui-ci suggère que certains motifs renvoient à l’idée de fragments d’une « substance de l’Amour », disséminée dans le champ du divin et dans la création, et interprétée comme porteuse d’une dimension salvatrice. Dans cette lecture, Borbély associe la poésie de Cerin à une dynamique de dépassement spirituel, orientée vers une forme de réintégration symbolique dans une instance supérieure, identifiée à la « Source » ou au « Dieu de Vérité ». Il met également en évidence la dimension conceptuelle de cette poésie, caractérisée par la récurrence de motifs tels que « L’Empreinte Profonde de la Douleur », qui participent à une représentation d’un univers marqué par des tensions entre sens et non-sens[6],[29].

Les critiques littéraires, et notamment Elvira Sorohan[1], ont souligné dans la poésie de Cerin une dimension méditative, marquée par la réflexion sur la condition humaine et le sens de l’existence. D’après Sorohan, le poème La Hiérarchie de la Vanité constitue un exemple représentatif, dans lequel se concentrent plusieurs des thèmes majeurs de son univers poétique[1]. Dans le prolongement de cette observation, et plus largement, dans l’ensemble de l’œuvre poétique de Cerin, le ton général n’est toutefois pas pessimiste : le poète adopte une attitude lucide et réflexive, caractérisée par une volonté constante de compréhension et de connaissance de soi[1]. Par cette approche, selon Sorohan, Cerin exprime, sous une forme poétique symbolique, la tension entre la finitude humaine et l’aspiration à l’absolu[1]. Des convergences interprétatives peuvent être observées chez Muntean[24], Borbély[6] et Cistelecan[67],[22].

Révoltes existentielles et néant dans la poésie philosophique de Cerin

Le poème Débauche, considéré par Elvira Sorohan comme l’un des textes les plus denses en concepts liés au thème de l’existence dans l’œuvre de Sorin Cerin, illustre la dimension philosophique de sa poésie. Selon Sorohan, dans les poèmes de Cerin, la souffrance exprimée découle à la fois de la conscience de la chute de l’homme sous une malédiction divine et du rejet de cette dernière, parfois proche du blasphème[1]. Sorohan voit dans le poème Débauche une métaphore de l’existence, le « monastère » étant conçu comme un « jeu de hasard » et l’« Espérance », privée de toute liberté authentique, ne servant qu’à masquer l’absurde qui conditionne la foi à travers divers aspects existentiels[1]. Une approche similaire se retrouve chez Muntean[24],[3] et Borbély[6],[29].

Ses poèmes, empreints d’une lucidité tranchante, ne sombrent pas dans la résignation. Bien au contraire, ils manifestent une forme de révolte existentielle, comme l’affirme Sorohan[1]. Ils constituent une force de pensée qui transforme le néant en véritables « équations existentielles », comme l’observe Cistelecan[5]. Cette posture donne lieu à un nihilisme actif, presque purificateur, par lequel Cerin exorcise le néant et la vanité du monde au profit d’un éveil spirituel, selon Armenescu[2]. Chaque définition aphoristique présente dans les vers de ses poèmes constitue une invitation à repenser notre rapport à l’existence, à la vérité, comme l’indique Cârlugea[16], et surtout au temps, d’après Tupan[8].

La dimension philosophique de la poésie de Cerin

Dans la pensée d’Elena Armenescu, contrairement à de nombreux poètes dont l'œuvre est imprégnée par une influence philosophique extérieure, Sorin Cerin se distingue en tant que penseur ayant conçu une vision métaphysique autonome, structurée autour d’un système philosophique original qu’il nomme le Coaxialisme[2],[69]. Comme le souligne Armenescu, Cerin n’est pas simplement un poète inspiré par la philosophie : il est d’abord et avant tout un « philosophe de plein droit », dont la production poétique se greffe organiquement sur un cadre rigoureusement élaboré[2],[69]. Plusieurs critiques, notamment Codreanu[12],[13], Șerban[73],[10], Handaric[14],[80], Jean-Paul Gavard-Perret[11], Modorcea[81] et Cârlugea[16], relèvent également qu’il est l’auteur d’un système philosophique propre.

Le principe fondamental de ce système repose sur le concept-clé de « l’Illusion de la vie », selon lequel l’existence constitue un voile illusoire, une apparence trompeuse dissimulant la véritable essence du réel, comme l’explique Armenescu[2],[69]. Comme le soutient Armenescu la poésie philosophique existentialiste de Cerin constitue le prolongement naturel de son propre système philosophique, le Coaxialisme, dont elle s’inspire et qu’elle reconstruit à un niveau lyrique[2],[69]. Selon elle, la poésie servirait ainsi de médiation entre la raison et la transcendance, entre l’absurdité et l’existence, ainsi qu’entre la vérité et l’illusion, autant de notions issues du Coaxialisme[2],[69], interprétation également relevée par Codreanu[12],[13]. Par ailleurs, Sorohan considère que l’œuvre de Cerin aborde des thèmes tels que l’absurde, la condition humaine et la quête de sens, généralement associés à la pensée existentialiste[1]. Selon la critique littéraire Maria Ana Tupan, la poésie de Cerin se caractérise par une dimension philosophique dans laquelle le temps est réorganisé selon une structure à signification existentielle. Dans son analyse, elle observe que le poète construit un « paysage moralisé du temps », dans lequel les dimensions temporelles sont reconfigurées de manière ontologique[68],[58],[74].

L’intersection entre la littérature et la philosophie

Contrairement à d’autres spécialistes, Zenovie Cârlugea observe que la poésie de Sorin Cerin inaugure ce qui pourrait être considéré comme une nouvelle « espèce » à l'intersection de la littérature et de la philosophie. Bien que ces textes soient communément qualifiés de poèmes philosophiques, leur nature profonde les relie plus directement au domaine de la philosophie. Ces poèmes ne se contentent pas d'emprunter des thèmes ou des motifs à la pensée spéculative[44]. Ils fonctionnent comme une incarnation poétique du système philosophique développé par Cerin lui-même, comme l’affirme Cârlugea[44], lecture confirmée également par Codreanu[12],[13],[72] et Modorcea[81],[66]. En d’autres termes, la poésie philosophique cérinienne ne s’inscrit pas dans une tradition de simples paroles réflexives, mais se présente comme l’illustration esthétique et expressive d’une ontologie structurée, dont la cohérence conceptuelle s’exprime à travers le langage poétique, comme le soutient Cârlugea[44]. Selon lui, dans ce sens, elle va au-delà des cadres classiques de la poésie philosophique pour proposer une nouvelle manière de penser, où la forme poétique et le contenu philosophique coïncident dans un même objectif de révélation[44],[82],[83].

Par ailleurs, Jean-Paul Gavard-Perret souligne le rôle central de Sorin Cerin, poète et philosophe, qui se libère des « illusions de la vie », de la mort et de l'existence afin de ne pas tomber dans les pièges d'une fausse morale et de vérités déformées. Dans sa poésie philosophique, Cerin met en scène une lutte fondamentale entre « celui qui cherche à créer l’égrégore d’un nouveau Dieu » et celui qui, par sa vie, aspire à devenir lui-même un égrégore. À travers ses créations poétiques, Sorin Cerin ouvre les portes d’un carrefour spirituel, un moment essentiel de régénération intérieure, qui offre la possibilité d’échapper à l’impasse de la stagnation et de la passivité existentielle. Dans cette entreprise, il remet la parole au premier plan, lui insuffle vie et puissance, et invite à une exploration profonde des royaumes cachés de l’âme et de l’esprit[4].

Approche philosophique de l’œuvre poétique

Contrairement à d’autres critiques, une certaine partie de la critique considère que la poésie philosophique de Cerin est plus proche de la philosophie que de la fiction, selon Modorcea et Cârlugea[16]. Les poèmes philosophiques de Sorin Cerin sont qualifiés par Grid Modorcea d’idiopoèmes ou de conceptpoèmes, en ce qu’ils incarnent une fusion singulière entre expression poétique et pensée[81]. Comme le soutient Modorcea, Cerin opère une véritable transmutation de la philosophie en poésie, inscrivant sa démarche dans une tradition qui puise à la fois dans le transcendantalisme kantien et dans les courants philosophiques post-kantiens, notamment ceux de Schopenhauer, Nietzsche et Wittgenstein[81]. La même idée est également présente dans les travaux de Cârlugea[16], Codreanu[12],[13],[72] et Șerban[10].

D’après Modorcea, cette configuration intellectuelle complexe se trouve en outre articulée à des disciplines connexes telles que la sémiotique, le structuralisme, voire certaines logiques ou modélisations propres à la pensée mathématique. Selon lui, cette architecture conceptuelle trouve son aboutissement dans le Coaxialisme, système philosophique élaboré par Cerin lui-même, qui se fonde sur l’idée d’une « Illusion de la Vie » faisant écran à la Vérité Absolue[81]. Ce système établit une tension dialectique entre les apparences phénoménales et l’Absolu, situant la poésie dans un espace de médiation ontologique, affirme Modorcea. Dans cette perspective, comme le notent Modorcea, Cerin se situe ainsi dans la tradition de l’existentialisme, « non pas comme un révolté camusien ou un désespéré sartrien, mais en tant que penseur habité par une quête de l’Absolu »[81],[66]. C’est cette orientation métaphysique qui le rapproche d’une lignée de philosophes questionnant le fondement de l’existence, de Socrate à Bergson, dans une dynamique où la poésie devient à la fois instrument de questionnement et modalité de révélation, affirme Modorcea[81],[66]. Des constatations similaires se retrouvent également dans les travaux de Alexandru Florin Țene[57].

Intertextualité et philosophie dans la poésie

Contrairement à d’autres spécialistes, une autre partie de la critique littéraire, représentée par Laura Lazar Zăvăleanu, attribue à la poésie philosophique de Cerin des connotations d’intertextualité, identifiées, de manière intrinsèque, à l’œuvre de Lucian Blaga, à travers la « réflexion philosophique et la structure prosodique »[60],[22]. Par ailleurs, Eugen Evu[59],[84] associe la poésie philosophique de Cerin au néo-savoir de l’essence platonicienne-socratique, ce qui fait de ce livre un objet de culte et de culture testamentaire. Il soutient que le concept de Cerin paraphrase ce que Gabriel García Márquez a appelé le macondisme, affirmant que Cerin est pleinement conscient du problème soulevé par Mircea Eliade concernant la chute de l’humain dans le « zoon politikon »[59],[84],[16],[22].

Selon Cezarina Adamescu[85],[9],[86], Sorin Cerin, poète d’une originalité marquée, s’est imposé comme une figure singulière au sein du patrimoine lyrique universel, notamment par une poésie philosophique dense, riche de sens, qui évolue librement au sein des concepts philosophiques et se distingue par de notables inflexions existentialistes, souvent formulées sous la forme d’aphorismes[85],[9],[86]. Cezarina Adamescu[87],[88] décrit Sorin Cerin comme « un remarquable poète des temps modernes »[9],[86], tandis que ses vers, portés par une dynamique intérieure propre, révèlent selon elle « une maîtrise artistique rare dans le paysage de la poésie moderne »[89]. Cette singularité, selon Adamescu, permet de reconnaître en Sorin Cerin le créateur d’un style personnel et incontestable, marqué par des motifs récurrents et pénétrants, animés par le souffle de l’Immortalité, dans un monde où les mots, trop souvent, s’évanouissent sans laisser de trace[87],[88].

Théologie critique et métaphysique du sacré dans la poésie philosophique de Cerin

À l'opposé d'une interprétation strictement littéraire ou esthétique, et dans une approche divergente à celle d’autres spécialistes, Ştefan Borbély, historien de la littérature, critique littéraire et professeur à l'Université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca, au sein du Département de littérature universelle et comparée[6], souligne dans la critique « Les Gnoses de Sorin Cerin » publiée dans Contemporanul[6],[29], la dimension religieuse et métaphysique de la poésie philosophique de Sorin Cerin. Il y met en évidence une combinaison d’influences doctrinales et spirituelles diverses, allant du manichéisme aux traditions mésoaméricaines, en passant par l’hindouisme et jusqu’aux formes de spiritualité préchrétienne. Selon Borbély, ces strates symboliques traversent l’ensemble de l’œuvre poétique de Cerin, lui conférant une profondeur herméneutique particulière et originale[6],[29]. Dans ce contexte, Borbély établit un parallèle entre l’univers poétique de Cerin et des figures telles que Thomas d’Aquin ou Giovanni Battista Piranesi, soulignant « la convergence entre architecture conceptuelle et quête spirituelle». Cerin y apparaît, selon lui, comme « le démiurge d’un anti-monde », un espace textuel structuré par « des cimetières de mots, des significations figées, des éruptions fulgurantes et de l’absurde », que le langage sublime plutôt qu’il ne clarifie[6],[29].

La dimension sotériologique et la foi dans la poésie philosophique de Cerin

Malgré l’opacité du monde, il subsiste, comme le soutient Ștefan Borbély[6],[29], dans la trame profonde de l’œuvre de Sorin Cerin, des « germes d’amour » susceptibles d’être exploités pour construire un chemin de salut. La poésie philosophique de Cerin est décrite par ce dernier comme le lieu d’un paradoxe fondateur : un spiritualisme optimiste, porteur de transcendance, qui s’actualise néanmoins dans des structures inversées du sens et de la parole[6],[29]. Elle exprime une forme d’espérance ontologique, non fondée sur l’adhésion à un ordre préétabli, mais sur la subversion des récits traditionnels du salut, selon Borbély[6],[29],[90].

Dans une approche similaire, Alexandru Cistelecan souligne que Cerin ne critique pas Dieu lui-même, mais plutôt l’instrumentalisation de Dieu et de la foi, notamment à travers des vers comme : « La méchanceté du Diable est appelée Mal, tandis que celle de Dieu est appelée Bien ». Cette attitude serait liée à l’intensité et à la pureté de la foi personnelle de Cerin. Cistelecan reprend par ailleurs l’expression de Borbély qui évoque chez Cerin « une sorte d’absolutisme dévotionnel »[67],[70],[22].

Par ailleurs, Ștefan Borbély[6],[29] et Alexandru Cistelecan[67],[70],[22], considèrent que, dans cet univers inversé de la poésie philosophique de Cerin, l’être humain se trouve engagé dans un jeu dialectique, à la fois ironique et eschatologique, où toute perspective de délivrance semble abolie[6],[29],[67],[70],[22]. Cependant, Borbély précise que cette clôture ontologique n’est qu’apparente : le poète, en tant qu’architecte de son propre édifice spirituel, détient des pouvoirs de nature sotériologique[6],[29]. Ces forces salvatrices, à rebours de tout système dogmatique, s’inscrivent dans une logique résolument anti-eschatologique[6],[29].

La « géographie noire et désespérée » évoque une foi poussée à son extrême limite, proche d’un « état de macération spirituelle, comparable à l’acédie décrite par Thomas d’Aquin » parfois interprétée comme « une forme de torpeur » , affirme Borbély[6],[29]. Pour Borbély, cette condition de négation de l’être ouvre alors deux voies possibles : celle du renoncement menant à la mort, et celle du courage nourri par l’espérance. L’objectif d’une telle représentation extrême est de montrer que, même dans les circonstances les plus adverses, la vie de foi conserve en elle les ressources nécessaires à une élévation ou une « renaissance»[6],[29].

Approche transreligieuse et transculturelle du divin

Elena Armenescu[2],[69], souligne que le Dieu auquel se réfère Sorin Cerin dans sa poésie philosophique, s’apparente à celui de Spinoza, c’est-à-dire un Dieu immanent, indissociable du tout cosmique, que l’on retrouve également, sous des formes poétiques et philosophiques variées, dans les œuvres de Johann Wolfgang von Goethe, William Wordsworth et Percy Bysshe Shelley. Ces influences romantiques, fondées sur une perception panthéiste ou naturaliste du divin, traversent la poésie de Cerin, mais sont réinterprétées et actualisées dans le contexte contemporain, où se manifeste aussi l’empreinte du nihilisme radical d’Emil Cioran, d’après Armenescu[2],[69]. Une approche comparable est également proposée par Maria Ana Tupan[58] à propos de Cioran ainsi que par Elvira Sorohan[1], concernant les dimensions nihilistes de l’œuvre de Cerin[1],[58].

Dans cette configuration, dans l’analyse proposée par Armenescu, la pensée poétique de Cerin conjugue transcendance ontologique et désespoir métaphysique, oscillant entre la quête de l’Absolu et la conscience de son inaccessibilité. Elena Armenescu souligne la place de l'œuvre de Cerin aux côtés de penseurs tels que Jean-Paul Sartre et Gabriel Marcel[2],[69]. Des constatations similaires se rencontrent également chez Sorohan[1], Tupan[58] et Cârlugea[44]. Armenescu souligne que la pensée de Cerin ne se limite pas à des spéculations abstraites, mais s’articule à travers une architecture idéologique rigoureuse, liée à une éthique de l’action profondément ancrée dans la conception morale[2],[69].

De plus, Elena Armenescu salue à ce titre l’analyse de Véronique Flabat-Piot, qui met en lumière les résonances existentialistes profondes présentes dans la poésie philosophique de Cerin, où la poésie se fait lieu d’un questionnement ontologique intense, à la croisée de la foi, du doute et de l’absurde[2],[69]. Le Coaxialisme, considéré par Armenescu comme le système philosophique propre à Sorin Cerin, se caractérise par sa structuration autour d’un concept central : celui de l’« Illusion de la vie »[2],[69]. Cette expression est également soulignée par d’autres spécialistes tels que Codreanu[72] et Șerban[10],[73] concernant le Coaxialisme, ainsi que par Sorohan[1] et Cistelecan[5],[67] dans leurs analyses de la poésie philosophique.

Cette notion désigne, comme le montre Armenescu dans la pensée de Cerin, le voile ontologique qui obstrue l’accès à la réalité ultime, masquant la nature véritable de l’existence. Loin d’être un simple artifice rhétorique, cette illusion joue un rôle fondamental dans sa métaphysique, car elle conditionne la perception humaine et détermine les limites de la connaissance et de la foi[2],[69]. Comme l’indique Armenescu, l’architecture conceptuelle du Coaxialisme repose sur une thèse majeure : l'inaccessibilité radicale de la Vérité Absolue, en raison de son enfermement dans l’illusion. Cette perspective rejoint la notion orientale de Māyā, issue des philosophies hindoues et bouddhiques, tout en la réinterprétant dans une optique propre à Cerin, lesquelles postulent elles aussi une séparation ontologique entre le monde phénoménal et la réalité ultime[2],[69]. Des constatations similaires se retrouvent également dans les travaux de Ștefan Borbély[6],[29].

Dieu, Allah ou le Tao : un seul et même principe créateur

Sorin Cerin en 2007, avec des objets à caractère religieux associés au bouddhisme.

La conception du divin chez Cerin se distingue des formes traditionnelles du théisme dogmatique, comme l’observe Elena Armenescu[2],[69], tandis que Theodor Codreanu interprète sa démarche philosophique comme profondément ancrée dans le rationalisme, en rupture avec toute forme de dogmatisme[12],[13],[71],[72]. Selon l’analyse de Codreanu, Cerin n’envisage pas le divin comme une entité personnelle ou anthropomorphique, mais plutôt comme une présence métaphysique universelle, transcendant les divisions doctrinales[12],[13]. Armenescu cite explicitement Sorin Cerin, lequel affirme que « la Vérité Absolue est Unique, tout comme le Créateur est Unique ». Cette perspective s’accompagne du rejet d’un « Dieu aliéné ou indifférent », au profit d’un « Dieu véritable, Père de la Lumière et de toute la création issue de l’Amour » [2],[69]. Cette approche présenterait des correspondances fonctionnelles avec plusieurs traditions mystiques et sapientielles, telles que les écrits hermétiques attribués à Hermès Trismégiste, les enseignements du taoïsme ou encore la voie de l’Éveil enseignée par le Bouddha Siddhartha Gautama[2],[69].

Armenescu[2],[69] considère que Cerin identifie, à travers ces traditions, certains éléments récurrents pouvant être interprétés comme relevant d’un noyau doctrinal commun, notamment l’idée d’une « Vérité Absolue » et celle d’un « Principe créateur » unique, qui désigne un seul et même Dieu, même si celui-ci est nommé « Dieu », « Allah », « Tao ». Elle mentionne également la référence à la « roue du samsara », comprise comme un symbole du cycle de la souffrance dont l’être humain est appelé à se libérer. Selon elle, ces références renverraient, dans la pensée de Cerin, à une forme d’unité fondamentale et à l’idée d’un seul et même principe divin exprimé à travers des traditions spirituelles diverses. Dans cette perspective, Armenescu interprète le système philosophique de Cerin comme une tentative de synthèse transculturelle et transreligieuse, intégrant des éléments issus de traditions mystiques occidentales et orientales, et visant, selon cette lecture, à interroger les limites de la raison humaine face à l’Absolu[2],[69].

Le caractère unique de Dieu dans l’œuvre de Cerin est souligné par Henrieta Anișoara Șerban, qui cite Sorin Cerin en mettant en évidence que « le Facteur équivaut à Dieu, l’Unique Créateur » et que « l’homme ne connaîtra jamais la Vérité Absolue ni la Connaissance Absolue, puisque toute son existence est axée sur l’Illusion de la Vie ». Cette formulation est interprétée comme relevant d’une conception non dogmatique de la divinité, comprise comme un principe métaphysique de l’existence et du rapport entre vérité et illusion[10],[73]. Par ailleurs, Armenescu[2],[69] et Borbély[6],[29] mettent en évidence de manière convergente la présence, dans l’œuvre de Cerin, d’influences manichéennes, hindoues et préchrétiennes tout en soulignant sa dimension à la fois philosophique et religieuse.

L’étranger subconscient et divin dans l’œuvre poético-philosophique de Cerin

Comme l’indique Ștefan Borbély, un concept central dans l’interprétation de l’essence divine de l’homme chez Sorin Cerin est celui de « l’Étranger subconscient », une entité symbolique qui résiderait en chaque individu. Cette figure représenterait, dans la poésie philosophique d’inspiration existentialiste de Cerin, la part inconnue et divine de l’âme, une dimension mystérieuse dont la connaissance, selon Cerin lui-même, « nous a été interdite ». Dans cette perspective, selon Borbély, l’humanité serait prisonnière d’une « erreur cosmique délibérée » l’empêchant d’atteindre son accomplissement véritable, que Cerin identifie à l’Amour[6],[29].

Le poète Sorin Cerin développe une intuition centrale dans son œuvre : si l’humanité a été privée de la grâce divine et se trouve aliénée, prisonnière d’un « subconscient étranger » à sa nature originelle, la rédemption passe par une reconquête intérieure, d’après Armenescu. Cette reconquête consiste en une restauration d’un subconscient en harmonie avec l’Absolu[2],[69]. Suivant Armenescu , cette harmonie ne peut être atteinte que par l’intériorisation de l’Amour, considéré comme vecteur essentiel de la perfection. Dans son œuvre, Cerin combine l’utilisation de symboles et de métaphores, favorisant ainsi une multiplicité d’interprétations et réinterprétant le réalisme brut à la lumière d’un existentialisme teinté de néoréalisme. Selon Armenescu, Cerin explore les profondeurs de l’angoisse ontologique et de la solitude radicale, manifestations d’une subjectivité fracturée et lucide face à la condition finie et tragique de l’existence humaine[2],[69].

L’« Étranger subconscient » apparaît à plusieurs reprises dans son œuvre, où il incarne une présence à la fois inquiétante et potentiellement salvatrice. Borbély suggère que, dans un univers perçu comme fragmenté et absurde, le poète s’en éloignerait, tandis que le salut impliquerait un retour vers cet « Étranger », c’est-à-dire une réconciliation du subconscient avec l’Absolu. Cette idée de « retour », associée à la pensée gnostique, implique une intériorisation préalable de l’Amour, conçu comme le partage d’une essence commune et une ouverture à une possible transfiguration[6],[29].

Dans l’analyse proposée par Elena Armenescu, la poésie de Sorin Cerin place le poète comme médiateur de l’existence, chargé de répondre aux dilemmes existentiels, de rendre intelligibles les arcanes de la vie et de « semer l’Amour dans les âmes humaines », ce qu’il considère comme la seule voie authentique de retour à l’Absolu. Son œuvre dépasse le cadre purement littéraire pour constituer un système idéologique structuré, porteur d’une doctrine de l’action fondée sur une morale intemporelle, proche de celle des Anciens[2],[69]. Armenescu souligne également le rôle du Subconscient, décrit par Cerin comme un dépôt d’informations, une partie de la conscience qui ne se trouve pas dans l’attention consciente des hommes, que le poète cherche à harmoniser avec l’Absolu à travers l’intériorisation de l’Amour. Ainsi, sa poésie devient « un chemin de transfiguration existentielle », guidant l’être humain vers la réintégration d’un lien authentique avec la Vérité Absolue et l’Amour divin[2],[69].

Interférences avec la littérature contemporaine

La quête de sens chez Cerin est marquée par le paradoxe : il affirme la nécessité d’un absolu tout en mettant en doute la possibilité même de l’atteindre. Cela fait écho à la crise du sujet contemporain dans la littérature : un individu tiraillé entre désir d’absolu et conscience aiguë du vide, comme le relève Delia Muntean[24],[3]. Selon elle, cette tension structure ses aphorismes, ses poèmes et ses méditations philosophiques. Elle observe également que Cerin dénonce la prolifération d’illusions identitaires et spirituelles qui naissent de cette divinisation de l’individu, telles que les thérapies pseudo-spirituelles, les idéologies du développement personnel ou la religiosité de la consommation. Elle souligne également que, dans l’œuvre de Cerin, la sécularisation de la transcendance n’efface pas le sacré, mais le dilue dans l’immanence, jusqu’à en faire un simulacre[24],[3], des problématiques similaires sont également abordées par Sorohan[1], Armenescu[2], Cârlugea[16] et Gavard-Perret[4].

Dans l’analyse proposée par Delia Muntean[24],[3], comme chez Marcel Gauchet, le processus de sécularisation n'est pas linéaire ni pacifié. Il engendre une instabilité permanente, un vide sacré que Cerin tente de sonder à travers sa poésie philosophique. Muntean relève également des affinités entre la pensée de Sorin Cerin et celle de Pascal Bruckner, notamment dans le constat que la libération est décidée par la « société de consommation » et ne vient plus du ciel. Dieu s’est de plus en plus vidé de son contenu religieux et dogmatique à mesure qu’il a perdu son aura sacrée conférée par les Livres Saints, cédant la place à des institutions ou à des individus désormais investis d’un pouvoir spirituel, mais corrompu par les « logiques marchandes »[24],[3] . Ces nouveaux acteurs ne portent plus la promesse du salut, mais entretiennent plutôt le naufrage intérieur, la dépression et une forme de dégoût de l’existence[24],[3]. Pour eux, ce constat initial constitue une prémisse ou une révélation, donnant lieu à un développement argumentatif ou à une mise en nuance de l’idée, souvent fondée sur des définitions successives. Cette démarche analytique et cumulative évoque, en filigrane, les célèbres listes infinies d’Umberto Eco, dans lesquelles chaque élément renvoie à un réseau de sens toujours plus vaste[24],[3],[61],[78],[79].

Réflexivité et lyrisme dans la réception de l’œuvre poétique

D’autre part, Gheorghe Andrei Neagu souligne dans sa critique que la poésie philosophique de Sorin Cerin se définit principalement par le « doute ». De nombreux autres critiques littéraires, comme Călin Teutișan, y voient « une fatale nostalgie du Sens »; Cornel Moraru parle d’un poète « prophète du néant existentiel » ; Ovidiu Moceanu considère cette poésie comme celle « des grandes questions existentielles » ; et Ana Blandiana affirme que la poésie de Cerin n’énonce pas des vérités philosophiques, mais tisse des révélations autour de ces vérités[7],[16],[22].

Un autre groupe de critiques littéraires, tels qu’Ion Vlad, qui voit dans l’œuvre de Cerin une réflexivité dominante (au sens de la théorie sociale), ou Mircea Muthu, qui remarque chez lui le désespoir de trouver un Sens à la vie contemporaine, s’accorde sur une lecture existentielle de son œuvre. Ioan Holban compare la poésie de Cerin au « Caïn biblique perdu dans le désert », tandis que pour Marian Odangiu, ses paroles représentent un monde déformé de la valeur. Pour Cornel Ungureanu, enfin, Cerin « ritualise les temps de déconstruction poétique »[8],[16],[22].

À l’inverse d’autres interprétations critiques, certains exégètes, tels que Theodor Codreanu, considèrent que le lyrisme authentique constitue le fondement même de sa création poétique. Dans cette perspective, la poésie de Cerin, au sens que lui donne Peter Sloterdijk, apparaît comme le prolongement naturel d’un mode de pensée méditatif, empreint d’un cynisme mesuré, mais qui parvient néanmoins à rester fidèle à une forme sincère de lyrisme. Dans cette même optique, Theodor Codreanu perçoit Cerin comme un penseur aphoristique, doté d’une grande souplesse intellectuelle, qui manie avec aisance les antithèses, les entremêlant souvent en oxymores ou les alternant pour interroger en profondeur les grands enjeux spirituels et sociaux de notre temps[8],[22].

Œuvres de sagesse

De nombreux autres critiques et historiens, ont écrit sur l'œuvre de sagesse de Cerin en l'inscrivant dans son cadre historique[56],[52],[22],[51],[42].

Le contexte historique

Couverture de l’ouvrage Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse), première édition, maison d’édition Eminescu, Bucarest, 2009.

Parmi ceux qui ont historiquement situé l'œuvre aphoristique de Cerin figure le critique littéraire, professeur d'université, Ion Dodu Bălan[56],[22]. Ce dernier considère Cerin comme un moraliste à part entière et souligne l'impératif de resituer cette création dans une continuité historique. Par cette approche, Ion Dodu Bălan inscrit l'œuvre sapientielle de Cerin dans une lignée intellectuelle prestigieuse, réunissant des figures majeures telles qu’Homère, Marc Aurèle, François de La Rochefoucauld, Baltasar Gracián ou encore Arthur Schopenhauer. Selon lui, parallèlement, dans le contexte spécifique de la littérature roumaine, cette tradition trouve ses racines chez les chroniqueurs des XVIIe et XVIIIe siècles, avant de se prolonger à travers les écrits d’Anton Pann, Constantin Negruzzi, Mihai Eminescu, Nicolae Iorga, Garabet Ibrăileanu, Lucian Blaga et George Călinescu. Selon Ion Dodu Bălan, l’œuvre aphoristique de Cerin s’inscrit pleinement dans un continuum de pensée morale et philosophique, réaffirmant la valeur intemporelle et universelle de la sagesse littéraire[56],[22].

Gheorghe Vlăduțescu, philosophe et professeur à l'Université de Bucarest, membre de l'Académie roumaine et de l'Académie des sciences, considère que l’œuvre sapientielle de Sorin Cerin peut être située, dans une perspective historico-philosophique, dans le prolongement d’une tradition millénaire, dont les origines remontent à l’Orient ancien et à la Grèce antique. Cette formulation lapidaire, choisie délibérément par les sages, visait à exercer une fonction pédagogique en profondeur : celle de la formation morale et spirituelle de l’âme, en conformité avec les canons éducatifs de la tradition hellénique. Gheorghe Vlăduțescu souligne par ailleurs la richesse de cette tradition sapientielle plurimillénaire, à laquelle se rattache l’œuvre de Cerin. Dans ses écrits, Vlăduțescu qualifie cette œuvre aphoristique de Sorin Cerin de « particulièrement remarquable »[45]. Selon lui, cette tradition, fondée sur la quête de sens, la méditation sur l'existence et l’idéal de sagesse, s’est exprimée à travers des formes littéraires concises et « mémorables », telles que les apophtegmes, destinées à former l’âme et à structurer la pensée. Vlăduțescu souligne que la « littérature sapientielle », en tant que forme de savoir existentiel, possède peut-être une ancienneté comparable à celle de l’écriture elle-même[52],[22],[53]. C’est dans ce cadre que l’on peut comprendre la portée philosophique de l’œuvre de Cerin, qui, tout en étant contemporaine, s’inscrit dans la continuité d’une sagesse ancestrale. Ainsi, Gheorghe Vlăduțescu[45] met en évidence le rôle central de l’apophtegme, forme d’expression brève, dense et aisément mémorisable, dans la transmission de la sagesse, tant dans les cultures de l’Orient ancien que dans la pensée grecque antique[45]. Parmi d’autres exégètes, Fabrizio Caramagna[51],[52],[53] et Ioan Holban[22] citent les travaux de Vlăduțescu pour souligner cette appréciation[52],[22],[53].

Cerin peut être considéré comme un « moraliste » doté d’une pensée et d’une sensibilité profondément contemporaines, selon Mircea Pop et Ion Dodu Bălan[42],[56]. Cerin aborde des notions fondamentales telles que l’absolu, la vérité, l’espérance, la foi, le péché, l’absurdité ou encore le bonheur, en les mettant en étroite corrélation, affirme Mircea Pop. Il souligne que les maximes de Cerin dépassent le cadre des pensées simples, adoptant une dimension poétique marquée. Elles oscillent entre un ton parnassien et un surréalisme troublant, évoquant tour à tour Franz Kafka, Marcel Proust, Arthur Schopenhauer ou Ludwig Wittgenstein dans leur quête sapientielle[42]. Par ailleurs, Adrian Dinu Rachieru illustre certains aphorismes qu'il considère comme mémorables de l'œuvre de Sorin Cerin, comme la Vie, qui est : « l'épopée de l'âme », ou le futur,  « père de la mort »[91],[16],[22].

L’œuvre aphoristique et sa réception critique

Les réflexions du livre Revelații (Révélations), qui fait lui-même partie de Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse), s’apparentent à celles d’Henri Bergson, mais aussi des existentialistes, selon Al. Florin Tene[57] et Grid Modorcea[81],[66]. Il considère que Cerin n'est pas loin de Johann Wolfgang von Goethe ou Socrate, soulignant, d'autre part, que les pensées de Cerin sont de véritables micropoèmes exprimant des significations, des sentiments et des interprétations qui le rapprochent des axiomes de l’école ionienne et des principes de devenir d’Héraclite. Il affirme que Sorin Cerin propose une logique originale des mots, car il apprécie les schémas philosophiques visant au dépassement des limites de la connaissance, passant de l’ontologique à l’épistémologique[57],[16],[22].

Parmi d’autres, Jean-Paul Gavard-Perret[11] en se penchant sur l’œuvre aphoristique de Sorin Cerin dans Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse), considère que cette démarche offre à l’être humain - qu’il partage ou non la vérité profonde révélée par l’auteur - un chemin d’apprentissage vers la sagesse, une quête essentielle et universelle. L’ouvrage réunit une vaste palette de thèmes philosophiques majeurs : la sagesse, la passion, l’illusion et la réalité, les révélations du destin, l’absolu, l’absurde, la mémoire, la connaissance, la vanité, la beauté, la pensée, le génie, le chaos, l’erreur, l’infini, l’amour, la mort, la politique, la religion. Par la manière dont ces aphorismes s’enchaînent et se répondent, ils composent un réseau dense de réflexions que l’on peut envisager comme une série d’essais philosophiques[11]. Ce point de vue est précisé également par Florentin Smarandache, qui considère que les aphorismes définissent Cerin comme « un essayiste important »[65].

D'autres exégètes, comme Fabrizio Caramagna[64],[22] observent l’œuvre sapientielle de Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse) de Sorin Cerin, qualifiée de « œuvre monumentale qui écrit l'histoire dans le domaine de l'aphorisme »[64],[22]. Valeria Seican[92],[62] considère Cerin comme « l’un des penseurs les plus représentatifs du genre aphoristique au monde », soulignant que le philosophe « décrypte ainsi symboliquement un autre virus, le virus de la connaissance et les conséquences émergentes de ce processus »[92],[62]. Grid Modorcea[81] déclare, quant à lui, que l’ouvrage intitulé Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse) est « l’un des recueils d’aphorismes les plus précieux au monde »[81]. Tout cela parce que les aphorismes de Cerin, dans Culegere de înțelepciune (Collection de sagesse), nous emmènent, en péripatétisant, à travers un monde qu’il nous révèle à partir de l’absolu et de la vérité, de l’avenir et du rêve, estime Ioan-Aurel Pop[63]. Car Cerin nous apprend à mourir ou à plonger dans l’immortalité, à être éclairés ou à tomber dans le péché, à rechercher la liberté et la démocratie, à croire en Dieu et au destin, à rencontrer les juges du monde de l’ombre ou de l’au-delà, à sonder l’avenir et à comprendre le sort de l’intelligence artificielle[63].

Ouvrages philosophiques

L’œuvre philosophique de Cerin se concentre, selon plusieurs exégètes, sur le Coaxialisme son propre système philosophique[2],[16],[11],[12],[13],[10],[72].

Contextualisation historique et philosophique de l’œuvre

Henrieta Anișoara Șerban, maîtresse de conférences, docteure en philosophie et chercheuse scientifique à l’Institut de Philosophie et de Psychologie « C. Rădulescu-Motru » de l’Académie roumaine, ainsi que membre correspondant de l’Académie des Scientifiques de Roumanie[93], situe l’œuvre de Sorin Cerin à la confluence de plusieurs courants majeurs de la philosophie contemporaine, notamment la philosophie de la conscience, le contextualisme et la philosophie de l’esprit. Selon elle, cette inscription plurielle confère à son travail une dimension critique essentielle, particulièrement vis-à-vis du représentationalisme, qui postule que la connaissance humaine est essentiellement une représentation fidèle du monde, ainsi que par rapport au postmodernisme, souvent accusé de relativisme excessif. Dans l’analyse proposée par Henrieta Anișoara Șerban, Cerin ouvre son exploration philosophique avec son propre aphorisme dans lequel il se demande : « Que sommes-nous, sinon le rêve fou d’un ange, complexé par son propre Soi, perdu quelque part dans la hiérarchie de la numérologie? », amorçant ainsi une réflexion sur la vérité, l’illusion, l’absolu et la vie[10],[73].

L’originalité de Cerin, souligne Șerban, réside dans sa capacité à dépasser ces cadres établis et à proposer une vision renouvelée des concepts fondamentaux que sont la vérité, l’illusion, l’absolu et la vie[73],[10]. Cette démarche philosophique « ne se limite pas à une simple synthèse » des influences classiques, bien que Cerin puise incontestablement dans les réflexions d’Arthur Schopenhauer, Friedrich Nietzsche et Ludwig Wittgenstein, et s’inscrit dans une dynamique créatrice, qui interroge et réinvente la manière même dont ces notions sont comprises et vécues, affirme Șerban. En outre, Șerban souligne le style original de l'œuvre philosophique de Cerin, qui intègre certaines similitudes avec Lucian Blaga, Mihai Eminescu, Novalis et Giacomo Leopardi. Selon elle, l’apport de Cerin apparaît comme « une contribution audacieuse à la philosophie contemporaine »[10],[73], capable de nourrir le dialogue actuel sur la nature de la « Connaissance », la « Conscience » et la « Réalité », en renouant avec une tradition philosophique profonde tout en ouvrant des pistes inédites[10],[73].

D’autres exégètes, tels que Theodor Codreanu, membre d’honneur de l’Académie des sciences de Moldavie[94], soulignent l’originalité de Sorin Cerin en affirmant que l’ensemble de sa production littéraire et aphoristique repose sur le concept de Coaxialisme, à la fois titre de son ouvrage et nom de son système philosophique[12],[13],[71],[72]. Comme l’indique Codreanu, le Coaxialisme, bien que proche du Paradoxisme, s’en distingue nettement en s’inscrivant principalement dans la tradition des systèmes dualistes, tant philosophiques que religieux, et présente des affinités notables avec le Gnosticisme[12],[72],[95]. À une première analyse, on peut également y déceler une parenté avec le cartésianisme et le rationalisme classiques, tout en observant l’influence de penseurs tels que Friedrich Nietzsche et Emmanuel Kant, particulièrement dans l’interprétation logique de la théorie postmoderne de l’histoire et de l’agnosticisme, affirme Codreanu[12]. Selon lui, toutefois, l’approche logique développée par Cerin s’apparente davantage à celle de Kant, pour qui la raison pure ne peut accéder qu’au phénomène et reste impuissante face au noumène[12].

Comme le montre Codreanu, cette thèse se ramène à l’idée de « Vérité absolue », opposée aux « Illusions de la Vie ». Ces dernières assument le rôle de maintenir ce que nous appelons la réalité, car elles se présentent comme des formes de la « Vérité absolue », alors qu’elles sont, en essence, un mensonge, puisque la « Vérité absolue », à la différence d’elles, ne peut être ni fragmentée, ni relativisée[12],[72]. Ce paradoxe révèle une forme de mensonge inhérente à la condition humaine, caractérisée par une tension entre « Connaissance » et « Illusion »[12],[13],[71],[72], approche également constatée par Șerban[10],[73].

Le Coaxialisme

Lancement de la première édition de Coaxialisme en avril 2007, à la librairie Mihai Eminescu de Bucarest.

Dans l’analyse proposée par Theodor Codreanu, Sorin Cerin, fondateur du Coaxialisme, définit la coaxiologie comme « une science des contraires » et le Coaxialisme comme « une nouvelle philosophie qui superpose la Connaissance au substrat de l’Existence ». Codreanu précise également qu’il s’agit d’une philosophie « en l’attribuant implicitement à d’autres opposés de celle-ci, mais aussi à l’Existence elle-même »[12],[72].

Toujours selon Codreanu, par le terme « coaxial », Cerin désigne une « égalité ontologique des contraires », fondée sur un principe numérique centré sur l’Un[12],[72]. Dans cette perspective, l’Un est décrit comme un « Facteur Créateur » donnant naissance à son opposé, tandis que le nombre un est associé à l’instinct, défini comme « qui est en tout » et « La première image de l’Ordre »(p.34)[38],[12],[72].

Codreanu souligne par ailleurs que, dans une perspective qu’il rapproche du postmodernisme, Cerin affirme l’abandon de l’ontologie traditionnelle, laquelle « perd absolument tout statut », tout en maintenant une structure coaxiale des opposés, ceux-ci partageant un axe commun doté « d’un dénominateur commun dans l’idée de substrat, qu’il soit mental ou de toute autre nature »[12],[72],[95], ce que souligne également Șerban à propos de l’existence de ces structures coaxiales et de l’agencement dynamique des contraires[10],[73].

Les principes du Coaxialisme

Comme le souligne Codreanu, dans le vaste domaine des « Illusions de la vie », il ne peut être question de connaissance, mais seulement de conscience, et cette « connaissance » est remplacée par une structuration coaxiale et sémantique de l’Être, approche également constatée par Codreanu [12],[13],[72]. À cet égard, Șerban cite l’un des principes du Coaxialisme : « De même que l'on peut parler d'un Univers sans substrat dans l'Existence », de la même manière, on peut parler de « connaissance sans substrat dans l’essence, donc sans sujet », puisque chaque Facteur Créateur détermine un sens sémantique distinct de celui de l’Existence, qu’il peut remplacer par n’importe quel autre[10],[96], circonstances également mises en évidence par Codreanu[73],[12],[13],[72].

Sur le plan épistémologique, dans la vaste dimension des « Illusions de la Vie », la « Connaissance » est tenue pour inaccessible, dans la mesure où la « Vérité Absolue » ne peut être connue, et où seule la « Conscience » y aurait accès. Comme le montre Theodor Codreanu citant Sorin Cerin, « La Conscience est la Trace dans laquelle sera enfouie la Forme de la Connaissance, à l'aide d'un Élément-miroir »[12],[97]. Comme le soutient Codreanu, l’homme, limité par sa logique, ne perçoit que l’« Illusion de la Vie ». Par conséquent, il rappelle une déclaration de Cerin selon laquelle « Tout système philosophique ou philosophe qui prétend dire la vérité est un menteur »[12],[13], une dénonciation également rapportée par Șerban [96].

L’être humain n’ayant pas accès à la « Connaissance Ouverte » de la « Vérité Absolue » et du « Grand Créateur », ce terme étant interprété par Codreanu et d'autres exégètes chez Cerin comme désignant Dieu[12],[13],[71],[72], cette approche est également relevée par Șerban[10],[73]. Codreanu résume ainsi cette position : « Ne cherchant pas la vérité, le coaxialisme croit trouver seulement l’axe entre les antithèses, ce qui légitimerait ontologiquement les deux antithèses (néo-ontologie[12],[13],[72],[96].

Dans ce cadre, la réflexion coaxialiste sur les oppositions ne se réduit pas à une égalité ontologique statique, mais introduit un principe dynamique de la contrariété. La dimension ontologique vient ainsi étayer la perspective épistémologique, comme le souligne Henrieta Anișoara Șerban en se référant à Sorin Cerin, pour qui le Coaxialisme repose sur une opération conceptuelle portant sur les opposés, indépendamment d’un ancrage direct dans l’Existence elle-même, opération qui fonde la coaxiologie[10],[73].

D’après Șerban, Cerin soutient le principe suivant : « plus un opposé est éloigné, plus les similitudes entre ces opposés deviennent prononcées »[10],[73]. À ce titre, Codreanu rappelle une autre formulation de Cerin, selon laquelle « chaque opposé possède, à l’infini, un autre opposé identique à lui-même »[12],[13],[72]. Comme le montre Codreanu, cette conception suggère l’existence d’une continuité ontologique des oppositions, lesquelles demeurent constitutives de la structure même de l’univers[12],[13],[72],[73], une observation confirmée par Șerban[10],[73].

Facteurs Créateurs, connaissance et hiérarchie de l’infini dans le Coaxialisme

Dans l’analyse proposée par Henrieta Anișoara Șerban, Sorin Cerin développe dans Coaxialisme une ontologie structurée autour d’un Facteur Créateur Primordial, à partir duquel se déploie une multiplicité hiérarchisée de « Facteurs Créateurs et Uniques Accidentels »[10],[73]. Cette multiplicité est décrite comme un ensemble potentiellement illimité de niveaux ontologiques, ordonnés selon un principe numérique et relationnel, exprimé par la formule symbolique d’un « infini moins Un »[10],[73]. Dans ce contexte, Cerin affirme que « depuis Un, qui est le Facteur Créateur Primordial, [se déploie] un Infini moins Un de Facteurs Créateurs et Uniques Accidentels »[10],[73]. Codreanu interprète cette formule comme l’expression d’une structure ontologique numérique, dans laquelle les oppositions sont distribuées le long d’un axe infini de niveaux logiques, sans que l’infini ne soit jamais pleinement atteint[12],[13],[72].

Dans l’analyse proposée par Codreanu, l’idée d’un « infini moins Un » de Facteurs Créateurs et Uniques Accidentels, dérivés du Facteur Créateur Primordial, est interprétée comme une expression symbolique de l’interdépendance des multiples réalités ou « univers ». Cette structure hiérarchisée permet de représenter les relations entre le fini et l’infini, ainsi que la distribution des identités et des oppositions sur plusieurs niveaux ontologiques (p.19)[38],[12],[13],[72].

Henrieta Anișoara Șerban souligne que cette structure repose sur l’interaction des « Facteurs Créateurs », des entités qui reflètent des oppositions et des correspondances numériques au sein des univers[10],[73]. Theodor Codreanu remarque que cette hiérarchie ontologique influence la manière dont se manifeste la « Connaissance Fermée », associée aux Illusions de la Vie, et souligne le rôle de la logique bivalente et du rationalisme dans la perception humaine de cette structure[12],[13],[72]. Selon Codreanu, Handaric et Șerban, le système coaxialiste combine des dimensions ontologiques, gnoséologiques et numériques pour explorer les relations entre les univers, les créateurs et les limites de la connaissance[12],[14],[80],[72],[10],[73].

Le Coaxialisme : néo-ontologie des contraires et connaissance

Dans l’analyse proposée par Codreanu, Cerin s’écarte du chemin transdisciplinaire de Nietzsche, dans lequel est recherché un point situé entre deux niveaux de réalité, au-delà du bien et du mal[12],[72]. Et pourtant, Codreanu souligne également que Cerin soutient l’existence d’une identité numérique infinie déployée sur l’échelle des niveaux logiques, c’est-à-dire qu’à côté du bien et du mal il existe « une infinité moins un de niveaux logiques »[12],[72]. Ainsi, « nous, les êtres humains, sommes situés au niveau 2 », celui qui demeure dépendant d’une logique bivalente, structurée par l’opposition du bien et du mal[12],[72]. En ce sens, Cerin ne nie pas l’existence de multiples niveaux au-delà du bien et du mal, mais affirme seulement que, pour l’être humain, le point de passage ou de médiation entre ces niveaux ne peut être réalisé qu’à travers le prisme du rationalisme et de la logique qui gouverne le jugement humain, à savoir la logique bivalente[12],[72]. Dès lors, comme le soutient Codreanu, la néo-ontologie de Cerin implique une réduction de l’homme - et, implicitement, de la divinité telle qu’elle est perçue par l’homme - au cadre d’une logique bivalente, plus précisément à l’horizon du bien et du mal sur lequel se concentre rationnellement la connaissance humaine[12],[72].

D’un point de vue comparatif avec Nietzsche et Wittgenstein, certains commentateurs comme Henrieta Anișoara Șerban, croient, de manière diamétralement opposée, qu'il existe certaines empreintes entre le système philosophique de Cerin et Nietzsche, comme le fait que le monde réel est un mensonge, empreinte que l'on retrouve également chez Wittgenstein. pour laquelle la philosophie serait la réorganisation de ce que nous avons toujours connu, ou d'autres empreintes liées à Schopenhauer, en ce sens que l'homme en tant que sujet connaissant se connaît comme un sujet doté de « Volonté » et ne peut devenir un pur sujet de « Connaissance» sans que la « Volonté » disparaisse[10],[73].

Le Coaxialisme : relativisme épistémologique

Le Coaxialisme repose sur l'idée fondamentale que la Vérité Absolue échappe à la connaissance humaine, et que l'existence elle-même est marquée par des illusions intrinsèques. Codreanu cite Sorin Cerin comme suit : « Rien n’est vrai. Tout est un rêve. La réalité n’existe pas »[12],[13],[72]. Dans cette perspective, l’être humain est limité aux Illusions de la Vie, des représentations qui façonnent ce qu’il perçoit comme réel. Ces illusions permettent à l’individu de fonctionner dans un monde inaccessible dans sa totalité. La quête de la Vérité Absolue devient ainsi une entreprise vaine. L’homme est limité à une perception fragmentée et conditionnée, incapable de saisir l’essence de la réalité elle-même, conclut Codreanu[12],[13],[71],[72], des circonstances également signalées par  Șerban[10],[73] et Modorcea[81].

D’après Codreanu, Cerin évoque la notion de « Matrice » et de « But », suggérant que notre univers serait « auto-causé »[12],[13],[72]. Cela l’amène à rejeter la théorie du Big Bang, qu’il considère comme un produit de notre logique bivalente, logique qui, selon lui, empêche l’accès à la « Vérité Absolue »[11],[12],[13] Dans ce contexte Codreanu, souligne que Cerin utilise les relations coaxiales entre opposés pour exprimer une structure des oppositions dépassant le simple bien et mal, et ces constructions peuvent être interprétées comme des reflets de la réalité divine dans le cadre de son système ontologique (p.296-303)[38],[12],[13],[72] , circonstances également remarquées par Șerban[10],[73], Handaric[14],[80], et Gavard-Perret[11].

Le Coaxialisme : Connaissance Ouverte et Fermée

Couverture de l’ouvrage Le Coaxialisme, première édition, maison d’édition Paco, Bucarest, 2007.

Le Coaxialisme est le livre[38] qui explique le système philosophique de Sorin Cerin appelé Coaxialisme. Mihai Handaric souligne l’originalité de l’ouvrage de Sorin Cerin, le Coaxialisme, qui propose une analyse approfondie de la relation entre l’homme et l’Univers. Dans l’analyse proposée par Handaric, Cerin mobilise des notions telles que « l’empreinte karmique » pour conceptualiser la « volonté », considérée comme un facteur essentiel de la « conscience » humaine, aux côtés de la raison et des émotions[14],[80]. Selon lui, Cerin distingue la « connaissance » en deux catégories la « Connaissance Ouverte », attribuée au « Grand Créateur », et la « Connaissance Fermée », qui se rapporte à l’état immanent de l’être humain[14],[80].

Comme le montre Handaric, la « Conscience » résulte de l’équilibre dynamique entre ces deux formes de « connaissance ». Handaric met en exergue l’importance de la « volonté » comme principe d’action, affirmant que « vouloir », c’est agir. Selon lui, dans le cadre du Coaxialisme, la limitation de la « conscience » humaine à une ou deux dimensions crée un déséquilibre, une tension intérieure[14],[80]. Par conséquent, Handaric affirme à propos de Cerin que l'information accumulée tout au long de la vie, sans l’intervention active de la « volonté », ne sauraient être considérées autrement que comme « un rêve que nous vivons de la naissance à la mort », dénué d’une véritable substance existentielle[14],[80],[16].

Comme l’indique Codreanu, Cerin défend l’idée que les vérités essentielles de l’univers sont inaccessibles à l’homme, et que ce que celui-ci peut expérimenter n’est qu’une forme de « Connaissance Fermée », basée sur la perception phénoménale[12],[72]. Ainsi, la connaissance pourrait être atteinte par un « retour à l’Instinct Primordial », et ce retour implique une reconnexion avec l’amour et l’essence divine originelle de l’homme, oubliée à cause de l’Illusion de la Vie[12],[72]. Dans ce sens, le système de Cerin se rapproche de la philosophie du mysticisme éclairé et de l’idéal d’une connaissance ésotérique, au-delà de la raison[12]. Ces observations descriptives servent de point de départ à une lecture critique de Codreanu, qui approfondit et nuance la portée philosophique du Coaxialisme[12],[13].

Dans cette critique, Theodor Codreanu interprète le coaxialisme comme une forme de dualisme ou de monisme-dualiste présentant des affinités gnostiques. Il affirme que la réduction de la divinité à un principe logique et numérique, ainsi que la mise de Dieu et de son opposé sur un plan d’égalité ontologique, conduisent à une conception anthropocentrique et sécularisée de la divinité, surtout lorsqu’elle est considérée à travers le prisme des Illusions de la Vie, puisque la logique bivalente du bien et du mal, du beau et du laid, appartient à cette perspective. Codreanu considère également que la distinction entre la Connaissance Ouverte et la Connaissance Fermée reste dépendante de la logique bivalente et d’un rationalisme radical, propice aux Illusions de la Vie par lesquelles l’être humain perçoit le monde[12],[13],[72], circonstances également mises en lumière par Șerban[10],[73] et Handaric[14],[80].

La théologie dans le système coaxialiste

Sur le plan théologique et métaphysique, dans le cadre du système coaxialiste, Henrieta Anișoara Șerban souligne que Sorin Cerin introduit le concept de « Facteur », présenté à la fois comme citation et définition : « Le Facteur sera équivalent à Dieu, l’Unique Créateur, mais également à l’Accidentel par rapport à ses mondes »[10],[73]. Selon Șerban, Le Facteur est conçu comme « l’opposé de l’infini », rapporté à celui-ci en tant que fini, dans une analogie avec les relations entre connaissance et ignorance, ou entre vie et mort, Le Facteur Créateur Primordial (identifié à « Un ») engendre, par un processus de réflexion numérique, une pluralité de Facteurs Créateurs, chacun participant à la structuration de la réalité[10], circonstance également remarquée par Codreanu[73],[12],[13],[72]. Șerban[10],[73] souligne également la distinction opérée par Cerin entre la « Connaissance Ouverte » (p.59)[38], associée à la Vérité Absolue et inaccessible à la condition humaine, et la « Connaissance Fermée », spécifique à l’existence humaine et définie par les Illusions de la Vie[10], approche également constatée par Codreanu [73],[12],[13],[72].

Comme le montre Codreanu, Le Coaxialisme propose une redéfinition du Créateur, celui-ci n’étant pas interprété comme une instance théologique personnelle, mais une fonction ontologique de production du sens, où nombre, conscientisation et opposition se superposent sur un même axe[12],[13],[72],[96], approche également constatée par Șerban[10],[73]. Comme le note Codreanu en citant Cerin, « Le Facteur sera le démiurge qui, grâce à sa propre capacité de conscientisation, intégrera en lui-même toujours davantage d’Éléments de la Connaissance Fermée », tout en évaluant simultanément « les Éléments de la Connaissance Ouverte », ce qui confirme le caractère réflexif et non substantialiste de la création[12],[13],[72].

Le principe créateur et la dynamique de l’infini dans le système coaxialiste de Sorin Cerin

Ainsi, comme le souligne Șerban, le Facteur Créateur ne crée pas l’Univers comme objet, mais le rend intelligible comme relation[10],[73]. Dans cette interprétation, comme le souligne Șerban, chaque Facteur Créateur peut être considéré, d’un point de vue numérique, comme un nombre allant de un à l’infini[10],[73]. Dans l’analyse proposée par Șerban, chaque Facteur Créateur, en tant qu’entité numériquement définie de l’Un à l’infini, illustre la structuration numérique de l’existence, où la « Connaissance Ouverte » et la « Connaissance Fermée » se distinguent sans que l’être humain puisse atteindre directement la Vérité Absolue, la réflexion sur ces pôles révélant davantage « l’Illusion de la vie » et les oppositions fondamentales au sein du système coaxial[10],[73].

Ainsi, dans la lecture proposée par Gavard-Perret[11], le principe créateur n’apparaît pas comme produisant l’Univers en tant qu’objet achevé, mais comme instaurant une Impulsion fondatrice et des structures logiques à travers lesquelles l’Univers devient intelligible et se déploie selon une dynamique autonome[11]. Dans la perspective de Codreanu, le Facteur Créateur et Unique Accidentel peut être compris comme un principe structurant de l’existence, doté également d’une dimension numérique, s’inscrivant dans une hiérarchie qui commence avec l’Un et s’ouvre vers l’infini[12],[13],[72].

Facteurs Créateurs et théologie dans le coaxialisme

Dans la philosophie coaxialiste de Sorin Cerin, selon Henrieta Anișoara Șerban, le Facteur Créateur Primordial (Un) représente le commencement de la hiérarchie numérique de la création, à partir duquel dérivent d’autres Facteurs Créateurs[10],[73]. Ceux-ci sont décrits par elle comme assumant le rôle de démiurges et d’entités « accidentelles » dans leurs propres univers, se reflétant mutuellement au sein d’un système d’oppositions et de correspondances numériques[10]. Dans cette perspective, le Facteur Créateur est assimilé à Dieu en tant que Créateur unique de son propre Univers[10],[73]. Cette conception implique toutefois l’existence d’une infinité de Facteurs Créateurs, chacun étant unique en relation avec l’Univers qu’il engendre, au sein duquel il assume la fonction de Dieu. Aucun Facteur Créateur ne saurait être réduit, par essence, à une simple entité numérique. Cependant, dans le cadre de la réflexion réciproque entre les Facteurs Créateurs, chacun se manifeste sous la forme d’un nombre, allant du Facteur Primordial, identifié au nombre Un, jusqu’à un Infini moins Un[10],[73].

Ainsi, chaque Dieu est numériquement déterminé en relation avec les autres Facteurs Créateurs, tout en demeurant ontologiquement le Créateur de son propre Univers, une interprétation également relevée par Codreanu[12],[13] et Jean-Paul Gavard-Perret[11]. Par ailleurs, Codreanu souligne que les relations établies par le Facteur Créateur au sein de la hiérarchie de l’univers coaxial intègrent également l’Amour, compris comme un principe fondamental de l’Être et comme condition d’accès à la Connaissance Ouverte et à la Vérité Absolue. Cette lecture s’appuie sur l’affirmation de Sorin Cerin selon laquelle « la seule chose véritable dans la vie d’un homme est l’amour »[12],[13].

Jean-Paul Gavard-Perret propose dans une lecture théologico-métaphysique, que le système de Cerin puisse être interprété comme impliquant un « Dieu de Dieu » ayant engendré certains algorithmes à l’origine de la constitution de notre univers. Dans cette perspective, un « Événement primordial », qualifié d’Impulsion, aurait inauguré le déploiement de la « Conscience universelle », tandis que l’univers ainsi constitué serait laissé à lui-même, suivant le cours de son propre « Destin »[11], une approche également relevée par Codreanu concernant le « Destin »[73],[12],[13],[72].

Cette conception met en évidence une dynamique auto-organisée de la réalité, dans laquelle la création divine agit comme un principe moteur initial, sans se maintenir comme instance de contrôle permanent[11]. Les « Coefficients logiques » y apparaissent comme des principes fondamentaux de la connaissance, telle qu’elle se manifeste dans un univers structuré par des dualités constitutives, le Bien et le Mal, le Beau et le Laid, le Vrai et le Faux[11]. Gavard-Perret interprète enfin cette démarche comme l’élaboration, à travers le « coaxialisme », d’une voie menant à l’émergence d’une conscience individuelle capable de générer son propre capital ontologique, articulant essence et existence, dans un cadre où les bornes de l’être sont pensées et posées par le sujet[11].

Le Facteur Créateur et les structures coaxiales

Comme le souligne notamment Șerban, notre Facteur Créateur est associé à l’amour : «  L’homme est un tel Facteur, bien qu’il se situe à une échelle hiérarchique beaucoup plus insignifiante que celle des Grands Créateurs »[10],[73], approche également constatée par Codreanu [73],[12],[13],[72]. Ainsi, comme le soutient Codreanu, le Facteur Créateur se distingue également par la position qu’il occupe dans la hiérarchie coaxiale et par la nature des interactions qu’il entretient avec les autres Facteurs, ce qui définit sa singularité au sein de l’univers[11],[12],[13],[72].

Codreanu souligne que ces « configurations » sont selon Cerin, décrites non comme de simples matrices, mais comme des « structures coaxiales » au sein desquelles la Connaissance, l’Illusion de la Vie et la réflexion des opposés constituent un ensemble dynamique et évolutif, que Cerin désigne sous le terme de « Coaxiologie » (p.14-19)[38],[12],[72]. Cette approche met ainsi en évidence un agencement coaxial où les contraires partagent un axe commun doté d’un dénominateur commun, observation également relevée par Șerban[10],[73].

Publications

Livres de poésie philosophique

  • Sorin Cerin, La rosée des larmes de braise de l'amour interdit, Brasov, Roumanie, Editura Etnous, (ISBN 978-6-30313-158-0)
  • Sorin Cerin, Âme, Brasov, Roumanie, Editura Etnous, (ISBN 978-6-30313-046-0)
  • Sorin Cerin, Sur les épaules de la mort, Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-118-9)
  • (ro) Sorin Cerin, Existenta si timp : poeme filosofice [littéralement : Existence et temps : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-113-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Marea Contemplare Universala : poeme filosofice [littéralement : La grande contemplation universelle : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-123-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Paradigma Eternitatii : poeme filosofice [littéralement : Paradigme de l'éternité : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-126-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Strainul Subconstient al Adevarului Absolut : poeme filosofice [littéralement : L'étranger subconscient de la vérité absolue : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-127-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Copacul cunoasterii : poeme filosofice [littéralement : L'arbre de la connaissance : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-110-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Dinainte de Spatiu si Timp : poeme filosofice [littéralement : Avant l'espace et le temps : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-111-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Bisericile cuvintelor : poeme filosofice [littéralement : Les églises des mots : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-108-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Divinitate : poeme filosofice [littéralement : Divinité : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-109-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Eternitate : poeme filosofice [littéralement : Éternité : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-112-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Filosofia iubirii - fructul oprit : poeme filosofice [littéralement : La philosophie de l'amour - le fruit interdit : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-115-8)
  • (ro) Sorin Cerin, Filosofia iubirii - verighetele privirilor : poeme filosofice [littéralement : La philosophie de l'amour - les alliances des regards : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-117-2)
  • (ro) Sorin Cerin, Filosofia iubirii - lacrimi : poeme filosofice [littéralement : La philosophie de l'amour - les larmes : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-116-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Filosofia iubirii - dragoste si destin : poeme filosofice [littéralement : La philosophie de l'amour - amour et destin : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-114-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Iluzia Amintirii : poeme filosofice [littéralement : L'illusion de la mémoire : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-120-2)
  • (ro) Sorin Cerin, Iluzia Mortii : poeme filosofice [littéralement : Illusion de mort : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-121-9)
  • (ro) Sorin Cerin, La cabinetul stomatologic : poeme filosofice [littéralement : Au cabinet dentaire : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-122-6)
  • (ro) Sorin Cerin, Obiecte de cult : poeme filosofice [littéralement : Objets cultes : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-124-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Origami : poeme filosofice [littéralement : Origami : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-125-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Trafic de carne vie : poeme filosofice [littéralement : Trafic de viande vivante : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-128-8)
  • (ro) Sorin Cerin, Vremurile cuielor tulburi : poeme filosofice [littéralement : Les temps troubles des ongles : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-129-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Absurd : poeme filosofice [littéralement : Absurde : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-060-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Iluzia Existentei : poeme filosofice [littéralement : Illusion d'Existence : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-097-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Pe Umerii Lacrimii Unui Timp : poeme filosofice [littéralement : Sur les épaules des larmes d'un temps : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-103-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Singuratatea Nemuririi : poeme filosofice [littéralement : La solitude de l'immortalité : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-104-2)
  • (ro) Sorin Cerin, Steaua Nemuririi : poeme filosofice [littéralement : Étoile de l'immortalité : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-105-9)
  • (ro) Sorin Cerin, Tot Ce A Ramas Din Noi Este Iubire : poeme filosofice [littéralement : Tout ce qui nous reste est amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-106-6)
  • (ro) Sorin Cerin, Transcendental : poeme filosofice [littéralement : Transcendantale : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-107-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Oglinzile Paralele ale Genezei : poeme filosofice [littéralement : Les miroirs parallèles de la Genèse : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-102-8)
  • (ro) Sorin Cerin, Marea Iluzie a Spargerii Totului Primordial : poeme filosofice [littéralement : La grande illusion du brisement du tout primordial : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-101-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Intamplare Neintamplatoare : poeme filosofice [littéralement : Aléatoire-Pas accidentel : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-099-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Iluzia Mantuirii : poeme filosofice [littéralement : L'illusion du salut : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-095-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Intelesul Iubirii : poeme filosofice [littéralement : Le sens de l'Amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-098-4)
  • (ro) Sorin Cerin, In Salbaticia Sangelui : poeme filosofice [littéralement : Dans le sauvage de sang : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-096-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Inceput si Sfarsit : poeme filosofice [littéralement : Début et fin : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-094-6)
  • (ro) Sorin Cerin, Fiinta si Nefiinta : poeme filosofice [littéralement : Être et Non-Être : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-093-9)
  • (ro) Sorin Cerin, Existentialism : poeme filosofice [littéralement : Existentialisme : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-092-2)
  • (ro) Sorin Cerin, Calea Spre Absolut : poeme filosofice [littéralement : Le chemin vers l'absolu : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-089-2)
  • (ro) Sorin Cerin, Angoase Existentiale : poeme filosofice [littéralement : Angoisse existentielle : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-088-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Amintirile Viitorului : poeme filosofice [littéralement : Mémoires du Futur : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-087-8)
  • (ro) Sorin Cerin, Drame de Companie : poeme filosofice [littéralement : Drames compagnons : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-090-8)
  • (ro) Sorin Cerin, Zambetul Este Floarea Sufletului : poeme filosofice [littéralement : Le sourire est la fleur de l'âme : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-086-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Omul Este o Soapta Mincinoasa a Creatiei : poeme filosofice [littéralement : L'homme est un murmure menteur de la création : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-085-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Mai Singur : poeme filosofice [littéralement : Plus seul : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-084-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Creatia Iubirii : poeme filosofice [littéralement : Création de l'Amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-083-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Zilele Fara Adapost ale Absurdului : poeme filosofice [littéralement : Les jours sans-abri de l'absurde : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-082-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Vise : poeme filosofice [littéralement : Rêves : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-081-6)
  • (ro) Sorin Cerin, Teatrul Absurd : poeme filosofice [littéralement : Le théâtre de l'absurde : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-080-9)
  • (ro) Sorin Cerin, Stelele Cazatoare ale Durerii Lumii de Apoi : poeme filosofice [littéralement : Étoiles filantes de la douleur de l'au-delà : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-079-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Greata si Absurd : poeme filosofice [littéralement : Nausée et Absurde : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-075-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Statuile Vivante ale Absurdului : poeme filosofice [littéralement : Statues Vivantes de l'Absurde : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-078-6)
  • (ro) Sorin Cerin, Iubire si Sacrificiu : poeme filosofice [littéralement : Amour et Sacrifice : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-077-9)
  • (ro) Sorin Cerin, In Inima Ta de Jar Iubire : poeme filosofice [littéralement : Dans ton cœur de braises Amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-076-2)
  • (ro) Sorin Cerin, Disperare : poeme filosofice [littéralement : Désespoir : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-074-8)
  • (ro) Sorin Cerin, Depresiile Absurdului Carismatic : poeme filosofice [littéralement : Dépressions de l'Absurde charismatique : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-073-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Cunoasterea Este Adevarata Imagine a Mortii : poeme filosofice [littéralement : La Connaissance Est Vraie Image de la Mort : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-072-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Arta Absurdului Statuilor Vivante : poeme filosofice [littéralement : L'art de l'absurde de statues vivantes : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-070-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Alienarea Absurdului : poeme filosofice [littéralement : Aliénation de l'Absurde : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-067-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Agonia : poeme filosofice [littéralement : Agonie : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-066-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Conditia Umana : poeme filosofice [littéralement : La Condition Humaine : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-071-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Dumnezeul Meu : poeme filosofice [littéralement : Mon Dieu : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-091-5)
  • (ro) Sorin Cerin, O moarte a iubirii : poeme filosofice [littéralement : Une mort d'amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-139-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Fara tine iubire : poeme filosofice [littéralement : Sans toi l'amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-135-6)
  • (ro) Sorin Cerin, Am crezut in nemarginirea iubirii : poeme filosofice [littéralement : Je croyais à l'infinité de l'amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-133-2)
  • (ro) Sorin Cerin, De ce plang ingerii iubirii? : poeme filosofice [littéralement : Pourquoi les anges d'amour pleurent-ils ? : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-134-9)
  • (ro) Sorin Cerin, Timpul pierdut : poeme filosofice [littéralement : Temps perdu : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-143-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Sa dansam iubire : poeme filosofice [littéralement : Dansons mon amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-140-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Sfintenia iubirii : poeme filosofice [littéralement : Le caractère sacré de l'amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-141-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Te-am iubit : poeme filosofice [littéralement : Je t'ai aimé : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-142-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Nemurirea iubirii : poeme filosofice [littéralement : L'immortalité de l'amour : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-138-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Inimi de cenusa : poeme filosofice [littéralement : Cœurs de cendre : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-137-0)
  • (ro) Sorin Cerin, In memoriam : poeme filosofice [littéralement : Dans ta mémoire : poèmes philosophiques], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-136-3)
  • Sorin Cerin, Le non-sens de l'existence et de l'éternité, Brest, France, Édition Stellamaris, (ISBN 978-2-36868-736-9)
  • (ro) Sorin Cerin, Nonsensul existenţei : poezii de meditaţie [littéralement : Le non-sens de l'existence : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-103-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Marile tăceri : poezii de meditaţie [littéralement : Les grands silences : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-101-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Moarte : poezii de meditaţie [littéralement : Mort : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-102-8)
  • (ro) Sorin Cerin, Prin cimitirele viselor : poezii de meditaţie [littéralement : À travers les cimetières de rêves : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-105-9)
  • (ro) Sorin Cerin, Iluzia vieţii : poezii de meditaţie [littéralement : L'illusion de la vie : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-100-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Liberul arbitru : poezii de meditaţie [littéralement : Libre arbitre : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-107-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Fericire : poezii de meditaţie [littéralement : Bonheur : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura eLiteratura, (ISBN 978-606-700-748-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Suntem o hologramă : poezii de meditaţie [littéralement : Nous sommes un hologramme : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura eLiteratura, (ISBN 978-606-700-752-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Zile de carton : poezii de meditaţie [littéralement : Jours de carton : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura eLiteratura, (ISBN 978-606-700-754-1)
  • (ro) Sorin Cerin, O clipă de eternitate : poezii de meditaţie [littéralement : Un moment d'éternité : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura eLiteratura, (ISBN 978-606-700-750-3)
  • (ro) Sorin Cerin, A fi poet : poezii de meditaţie [littéralement : Être poète : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura eLiteratura, (ISBN 978-606-700-746-6)
  • (ro) Sorin Cerin, Ploi de foc : poezii de meditaţie [littéralement : Pluies de feu : poèmes de méditation], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-104-2)
  • (ro) Sorin Cerin, Îngeri şi nemurire : poeme [littéralement : Anges et immortalité : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-070-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Facerea lumii [littéralement : La fabrication du monde : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-038-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Adresa unei cești de cafea [littéralement : Adresse d'une tasse de café : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-062-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Alegerea Mantuitorului : poeme [littéralement : Le Choix du Sauveur : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-026-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Cuvantul lui Dumnezeu : poeme [littéralement : La Parole de Dieu : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-028-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Politice : poeme [littéralement : Politique : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-039-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Inima de piatra amara : poeme [littéralement : Cœur de pierre amère : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-019-9)
  • (ro) Sorin Cerin, Umbrele inimilor : poeme de dragoste [littéralement : Ombres de cœurs : poèmes d'amour], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-8006-97-0)
  • (ro) Sorin Cerin, Parfum de eternitate : poeme de dragoste [littéralement : Parfum d'éternité : poèmes d'amour], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-8006-96-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Memento mori : poeme de dragoste [littéralement : Memento mori : poèmes d'amour], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-8006-99-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Legendele sufletului : poeme [littéralement : Légendes de l'âme : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-020-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Adevar, amintire, iubire : poeme de dragoste [littéralement : Vérité, mémoire, amour : poèmes d'amour], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-8006-98-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Eram marile noastre iubiri : poeme [littéralement : Nous étions nos grands amours : poèmes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-018-2)

Livres de sagesse

  • Sorin Cerin, Collection de Sagesse Volume1: Aphorismes philosophiques 1 - 6203, Brașov, Roumanie, Editura Etnous, (ISBN 978-630-313-050-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Culegere de înţelepciune : 16 777 aforisme filosofice - Opere complete - Editia 2022 - Editie de referinţă pentru uz didactic [littéralement : Collection de Sagesse: 16 777 aphorismes philosophiques - Œuvres complètes - Édition 2022 - Édition de référence à usage didactique], Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-130-1)
  • (bg) Sorin Cerin, Антология на мъдростта: Афоризми (откъси) [littéralement : Anthologie de la Sagesse : Aphorismes (Extraits)], Varna, Bulgarie,‎ (ISBN 978-619-7449-55-6)
  • (ro) Sorin Cerin, Dumnezeu şi destin: aforisme [littéralement : Dieu et destin : aphorismes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-069-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Cugetări esenţiale: aforisme [littéralement : Réflexions essentielles : aphorismes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-027-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Rătăcire: aforisme [littéralement : Errant : aphorismes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-057-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Libertate: aforisme [littéralement : Liberté : aphorismes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-665-040-3)
  • (ro) Sorin Cerin, Culegere de înţelepciune: aforisme [littéralement : Collection de sagesse : aphorismes], Bucarest, Roumanie, Editura Eminescu, (ISBN 978-973-22-1086-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Învaţă să mori: aforisme [littéralement : Apprendre à mourir : aphorismes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-8006-14-7)
  • (ro) Sorin Cerin, Nemurire: aforisme [littéralement : Immortalité : aphorismes], Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-606-8006-04-8)

Livres philosophiques

  • Sorin Cerin, Amour - la philosophie de l'amour, Brașov, Roumanie, Editura Etnous, (ISBN 978-630-313-048-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Coaxialismul : ediţia finală de referinţă - editie de referinţă pentru uz didactic (littéralement : Coaxialisme : l'édition de référence finale - édition de référence à usage didactique), Bucarest, Roumanie, Editura Estfalia, (ISBN 978-606-757-131-8)
  • (ro) Sorin Cerin, Coaxialismul : coaxiologie, numerologie, neoontologie şi neognoseologie (littéralement : Coaxialisme : coaxiologie, numérologie, néoontologie et néognosologie), Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-973-8314-66-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Logica coaxiologică (littéralement : Logique coaxiologique), Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-973-8314-79-5)
  • (ro) Sorin Cerin, Starea de concepţiune în coaxiologia fenomenologică (littéralement : État de la conception en coaxiologie phénoménologique), Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-973-8314-76-4)
  • (ro) Sorin Cerin, Antichrist, fiinţă şi iubire (littéralement : Antéchrist, être et amour), Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-973-8314-77-1)
  • (ro) Sorin Cerin, Moarte, neant, anihilare, viaţă şi Bilderberg Group (littéralement : La mort, le néant, l'anéant, la vie et le groupe Bilderberg), Bucarest, Roumanie, Editura Paco, (ISBN 978-973-8314-74-0)

Prix et honneurs

Études littéraires et philosophiques sur l’œuvre

Cette section comprend les analyses littéraires et philosophiques significatives de l’œuvre, organisées selon les thèmes, les auteurs et les périodes de publication des études critiques.

Littérature

  • Delia Muntean : Cand stihul devine stihie (Quand le vers devient la tempête) Curtea De La Arges, Curtea de Argeș, Roumanie, L'année XIV, Nr.12(157), 2023, pages 22-23[24],[77]; Pe muchia poemului (Au bord du poème), maison d'édition Limes, Floresti-Cluj, Roumanie, 2024, pages 57-65, (ISBN 978-606-799-747-7)[3].
  • Raluca Giurgiulescu (Université technique de Cluj-Napoca, Centre universitaire Nord de Baia Mare) : recension de Delia Muntean, Pe muchia poemului (Delia Muntean, Au bord du poème), Florești, Éditions Limes, 2024, 340 p., dans Philologica Jassyensia, Académie roumaine – Institut de philologie roumaine « A. Philippide », vol. XX, n° 2 (40), 2024, p. 347-351[61],[78],[79].
  • Jean-Paul Gavard-Perret : Sorin Cerin : La puissance de Dieu, Linternaute - Le salon littéraire, France, juin, 2023[4].
  • Cezarina Adamescu : Proiectii in eternitate (Projections dans l'éternité), Caiete Silvane, Zalău, Roumanie, , nr. 2019, p. 45-46[85],[9]; Proiectii în eternitate - Sorin Cerin,Transcendental, Poeme filozofice (Projections dans l'éternité - Sorin Cerin, Transcendantal, Poèmes philosophiques), Armonii culturale, Adjud, Roumanie, avril, 2023[86].
  • Cezarina Adamescu : Singurătatea eternității clipei - Sorin Cerin, Mai Singur, Poeme filozofice (La solitude de l'éternité du moment - Sorin Cerin, Plus seul, Poèmes philosophiques), Boema, Galați, Roumanie, juin (L'année XV) No. 6 (172), 2023, pages 11–13[89]; Singurătatea Eternității Clipei (La solitude de l'éternité du moment), Natiunea, Bucarest, Roumanie, mai, 2023. L'année XII[87]; Sorin Cerin - Mai Singur - Cronică (Sorin Cerin - Plus seul - Chronique), Armonii culturale, Adjud, Roumanie, [88].
  • Zenovie Carlugea : Poezia conceptuală a unui neo-existențialist cu sistem – Coaxialismul (La poésie conceptuelle d'un néo-existentialiste à système - Coaxialisme), Curtea De La Arges, Curtea de Argeș, Roumanie, Nr. 6 (151) L'année XIV, Juin, 2023, (p. 21- 22)[44],[82]; Poezia conceptuală a unui neo-existențialist cu sistem – „Coaxialismul” Sorin Cerin poezia filozofica (La poésie conceptuelle d'un néo-existentialiste à système - "Coaxialisme" Sorin Cerin poésie philosophique), Boema, Galați, Roumanie, Nr.170 (4/2023) L'année XV, (p. 5-9)[16],[98],[99].
  • Maria Ana Tupan : Un filosof al meditatiilor lirice (Un philosophe des méditations lyriques), Curtea de la Arges, Curtea de Argeș, Roumanie, L'année XIV, No. 2(147), , page 28[58],[68]; Un filosof al meditatiilor lirice (Un philosophe des méditations lyriques), Armonii culturale, Adjud, Roumanie, décembre, 2022[74].
  • Grid Modorcea : Un poet-filosof neînregimentat (Un poète philosophe non enrégimenté) Natiunea, Bucarest, Roumanie, , L'année XII[81]; Istoria literaturii neinregimentate (L'histoire de la littérature non enrégimenté), Capitolul Lumea a II-a (Chapitre Monde II), maison d'édition Editura Scriitorilor, Braila, Roumanie, 2023, pages 603-649 (ISBN 978-606-8824-97-0)[66].
  • Elena Armenescu : Lirica de reflectie in opera lui Sorin Cerin (La lyrique de la réflexion dans l'oeuvre de Sorin Cerin), Armonii culturale, Adjud, Roumanie, [69]; Cautatorii sensului (Chercheurs de sens), Capitolul, Lirica de reflectie in opera lui Sorin Cerin ( Chapitre, La lyrique de la réflexion dans l'oeuvre de Sorin Cerin), p. 267 - 276, maison d'édition Editura Jurnalistilor Profesionisti din Romania UZP., Bucarest, Roumanie, 2022, pages 267-275 (ISBN 978-630-6504-13-8)[2].
  • « Critique de Le non-sens de l'existence et de l'éternité - Sorin Cerin par LivresdAvril », sur Babelio (consulté le ).
  • Ștefan Borbély : Gnozele lui Sorin Cerin (La Gnose de Sorin Cerin), Contemporanul, Bucarest, Roumanie, (no 10 (823)) L'année XXXI, octobre, 2020, page 5[6],[29].
  • Alexandru Cistelecan : Avant la lettre 3.Intre reflectie si atitudine (Avant la lettre 3.Entre réflexion et attitude), Familia, Oradea, Roumanie,(no (151) Nr. 11-12 (600-601) L'année 51), novembre - [5],[67],[100]; Intre reflectie si atitudine (Entre réflexion et attitude), Poezia, Iași, Roumanie, nr.1 (75), printemps (primavara), 2016[75],[76],[70].
  • Elvira Sorohan : Un Poet Existentialist din Secolul 21 (Un poète existentialiste du XXIe siècle), Convorbiri Literare, Iași, Roumanie, septembre, 2015, L'année CXLIX, page 25-28[1].
  • Eugen Evu : Fulgurante... la Sorin Cerin (Foudre... à Sorin Cerin), Armonii culturale, Adjud, Roumanie, septembre, 2022[59]; Thérapie par le jeu, (Terapie de joc), Maison d'édition Tipo Moldova, Iași, Roumanie, page 268, 2014, (ISBN 978-606-676-502-2)[84].
  • Laura Lazar Zavaleanu : Taceri lirice (Silences lyriques), Familia, Oradea, Roumanie, juillet - août, 2015, NR. 7-8 (596-597) Série V. L'année 51, pag. 242[60],[101],[100].
  • Gheorghe Andrei Neagu : Un autor al meditatiei si al revelatiei (Un auteur de méditation et de révélation), Oglinda Literara, Nr.163, L'année XIV, Focșani, Roumanie, juillet, 2015, pag. 10998[7].

Philosophie

  • Jean-Paul Gavard-Perret : Sorin Cerin, Collection de sagesse, Volume - I, Capital Humain et Divin, lelitteraire.com, France, août, 2023[11].
  • Theodor Codreanu : Dualismul ca ispita a rationalismului la Sorin Cerin - prima parte (Le dualisme comme tentation du rationalisme chez Sorin Cerin - la première partie), Boema, Galați, Roumanie, , (Année XV) No. 7 (173) - (pages 37–39)[12],[99],[102]; Dualismul ca ispita a rationalismului la Sorin Cerin - a doua parte (Le dualisme comme tentation du rationalisme chez Sorin Cerin - la seconde partie), Boema, Galați, Roumanie, , (Année XV) No. 8 (174) - (pages 33–34)[13],[97]; Anamorfoze (Anamorphoses), maison d'édition Scara, Bucarest, Roumanie, 2017, pages 130-147, (ISBN 978-606-940-119-4)[71]; Dualismul ca ispită a rationalismului (Le dualisme comme tentation du rationalisme), Natiunea, Bucarest, Roumanie, mai, 2023, L'année XII[95]; Dualismul ca ispita a rationalismului la Sorin Cerin (Le dualisme comme tentation du rationalisme, chez Sorin Cerin), Armonii culturale, Adjud, Roumanie, septembre, 2022[72].
  • Henrieta Anisoara Serban: Despre Coaxialism, sistemul filozofic al lui Sorin Cerin (À propos du coaxialisme le système philosophique de Sorin Cerin), Curtea de la Arges, Curtea de Argeș, Roumanie, L'année XIV, No. 3(148), , page 7[10],[73]; Despre Coaxialism, sistemul filozofic al lui Sorin Cerin (À propos du coaxialisme le système philosophique de Sorin Cerin), Armonii culturale, Adjud, Roumanie, , 2022[96].
  • Al Florin Tene : Sorin Cerin – Un filosof al metaforei (Sorin Cerin – Un philosophe de la métaphore), Armonii culturale, Adjud, Roumanie, septembre, 2022[57].
  • Florentin Smarandache : Un expatriat şi repatriat scriitor român (Un écrivain roumain expatrié et de retour), Destine literare, Montreal, Canada, nr.39, juillet-octobre, p. 92, 2016[65].
  • Fabrizio Caramagna : The Wisdom Collection, a monumental work what writes the history of the aphorism (Collection de la Sagesse une œuvre monumentale qui écrit l'histoire de l'aphorisme), Destine literare, Montreal, Canada[46],no 30, p. 33, avril-[64].
  • Mihai Handaric : Istoria doctrinei din spatele cortinei: din culisele scrierii teologice și creștine, capitolul: 1.3. Voința influențează formularea doctrinelor (L'histoire de la doctrine derrière le rideau : des coulisses de l'écriture théologique et chrétienne, le chapitre: 1.3) Maison d'édition universitaire "Aurel Vlaicu", Arad, Roumanie, 2013, pages 68–70 (ISBN 978-973-752-667-0)[14],[80].
  • Ansamblu de critică literară semnată de Gheorghe Vlăduțescu și aforisme din Culegere de Înțelepciune (Ensemble de critique littéraire signé par Gheorghe Vladutescu et aphorismes de La Collection de la Sagesse), Destine literare, Montreal, Canada, nr. 8, , pages 26–27[46],[45].
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Notes et références

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Voir aussi

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  • (it) Fabrizio Caramagna, Antologia dell'aforisma romeno contemporaneo - autori-vari - Genesi Editrice - Libro Genesi.org, Torino, Italia, 2013, p.43-50, (ISBN 978-8874143887).
  • (ro) Aurelia Codreanu, Svetlana Stanţieru,Texte literare/ Antologie, - Bălţi, editura Universitatii de stat « Alecu Russo », 2019, 250 p., Rép. Moldavie (ISBN 978-9975-50-238-2).
  • (ro) Carmen Cătunescu, Antologie de proza romaneasca contemporana, Colectia Sarmanul Dionis, editura Scrisul, Ploiești, Roumania, 2014, p. 99-100 (ISBN 978-973-0-17290-4).
  • (ro) Carmen Cătunescu, Antologie de poezie contemporana romaneasca, colectia Porni Luceafarul, editura Scrisul, Ploiești, Romania, 2014, p. 79-80 (ISBN 978-973-0-17289-8).
  • (ro) Valentina Becart, Dincolo de cuvant, Arhip Art, Sibiu, Romania, 2012, p. 155-173 (ISBN 978-606-8164-32-8).

Dictionnaires

  • (ro) Ioan Holban, Un Dicționar al Scriitorilor Români Contemporani, volumul IV, Opera Omnia, Tipo Moldova, Iasi, Romania, 2016, pages 137 - 146 (ISBN 978-6066768818).
  • (ro) Boris Craciun et Daniela Crăciun-Costin, Dicţionarul scriitorilor români de azi, Porțile Orientului, Iaşi. Romania, 2011 (ISBN 978-973-7863-64-5).
  • (ro) Anda Dejeu, Nicoleta Avram, Izabela Cerchezan, Andrei Cete, Sandra Cibicenco, Mădălina Olteanu, Andreia Precub, Roxana Roman, Dicţionarul biobibliografic, Dacia XXI, Cluj Napoca, Romania, 2011 (ISBN 978-606-604-345-8).

Encyclopédies

  • (ro) Mihai Cimpoi, Traian Vasilcău, Enciclopedia Scriitorilor Români Contemporani de Pretutindeni- Colecția Pasărea Phoenix. - Chisinau, Rep. Moldova, Imprimeria centrala, 2019 - pages 203 - 204 (ISBN 978-997-533-567-6).

Liens externes

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