Speak and Spell

Speak and Spell

Album de Depeche Mode
Sortie
(réédition)
Enregistré Décembre 1980—août 1981
Blackwing Studios (Londres)
Durée 44 min 58 s
Genre Pop[1], synthpop[2]
Format LP, CD, Cassette
Auteur Vince Clarke, Martin L. Gore
Producteur Daniel Miller, Depeche Mode
Label Mute Records

Albums de Depeche Mode

Singles

Speak and Spell est le premier album studio du groupe anglais Depeche Mode, sorti le 5 ou [note 1] au Royaume-Uni sous le label de leur producteur Daniel Miller, Mute Records, et le de la même année aux Etats-Unis sous le label Sire Records. Il s'agit du seul album du groupe contenant le membre fondateur Vince Clarke, qui écrit la quasi-totalité des chansons présentes dessus, à l'exception de Tora! Tora! Tora! et l'instrumental Big Muff, écrites par Martin Gore.

L'album contient entre autres les chansons New Life et Just Can't Get Enough, qui firent connaître le groupe à ses débuts, permettant à l'album de se classer à la 10ème place du UK Albums Chart[3], et être classé 991ème dans le livre de 2000 All Time Top 1000 Albums[4].

Formation du groupe et premiers singles

Avant Speak & Spell, les musiciens britanniques Vince Clarke et Andrew Fletcher avaient formés un premier groupe de rock nommé Composition of Sound, et ont vu Martin Gore jouer de son synthétiseur Mood Prodigy lors d'un concert dans un pub local. Les trois musiciens décident de se mettre ensemble, et font de Composition of Sound un groupe utilisant principalement le synthétiseur comme instrument[5], une des raisons étant également le fait que cela était moins cher et moins encombrant à utiliser pour les membres[6]. Vince dira que « [Martin] avait là un instrument qui n'avait pas besoin de son propre ampli - il suffisait de le brancher sur les enceintes ! »[5]. Pour leurs concerts locaux, le groupe arrivait souvent en portant leurs claviers, le seul équipement requis, sous leurs bras en arrivant[7].

Ils jouent leur premier concert ensemble le à Basildon, au Royaume-Uni[8]. Vince Clarke s'y occupe du chant, mais ressent vite que le groupe a besoin d'un vrai chanteur pour rendre les concerts plus intéressants, étant donné que Vince était toujours derrière son clavier[8]. Le groupe a auditionné différentes personnes pour ce faire, et sélectionnent Dave Gahan, qui commence à chanter avec le groupe durant leur deuxième concert le , qui fut le premier avec les quatre membres performant ensemble[8]. Martin Gore dira de l'engagement de Gahan que « Ce n'est pas comme s'il était un total étranger. En fait, on se connait tous depuis l'école. C'est bien mieux comme ça. Tu ne peux pas t'entendre aussi bien avec des nouveaux que tu as recruté depuis une annonce dans la presse musicale »[note 2],[9]. Ils changèrent aussi le nom du groupe en Depeche Mode après quelques concerts, et en août, obtinrent leurs premiers concerts réguliers dans un club de la ville de Rayleigh dans l'Essex, le Croc's[8], dans lequel ils jouèrent, entre autres concerts au Royaume-Uni, jusqu'à une prestation du Nouvel An le [10]. Dave affirmera que Depeche Mode était le premier groupe à jouer au Croc's, disant que « Le DJ de l'endroit, Rusty Egan, nous appréciait, et c'est ainsi que nous avons décroché une place dans l'une des soirées du jeudi qu'il organisait dans cette salle »[9]. Etant donné que Martin et Andrew devaient travailler et que Dave avait des engagements universitaires, le groupe devait parfois refuser des opportunités de concerts lorsque leurs emplois du temps ne leur permettaient pas de jouer[11]. Les premiers concerts du groupe incluaient un mix de chansons originales, comme Photographic et Ice Machine, et de reprises de chansons par les Beach Boys, Lieutenant Pigeon, les Everly Brothers ou Gerry and the Pacemakers[12].

Depeche Mode reçoit ensuite une proposition pour apparaître dans une compilation de synthpop alors en production et appelée Some Bizzare Album. Le groupe accepte alors, et enregistre une cassette démo avec trois de leurs chansons, Ice Machine, Photographic et Radio News[13]. Photographic, qui a la particularité d'avoir été la première chanson de Depeche Mode enregistrée dans un studio[note 3],[14], sera incluse dans Some Bizzare Album, sorti en .

Le premier single officiel de Depeche Mode, Dreaming of Me, sort un mois plus tard, le [15]. Le groupe a ensuite pris quelques mois pour faire des concerts en tournée avant de revenir en studio en pour enregistrer leur second single, New Life, et sa face B Shout![12], qui sort le [16]. Le groupe est plus tard invité à jouer New Life dans l'émission Top of the Pops (TOTP) de la BBC le [17], faisant grimper le single à la 11ème place des charts anglais quelques semaines après[18]. Après la performance dans TOTP, le groupe a commencé à enregistrer le reste des pistes du futur Speak & Spell dans les studios Blackwing à Londres[13].

Arrivée chez Mute Records

Durant leur tournée de 1980, le propriétaire du label Some Bizzare, Stevo Pearce, approche Depeche Mode pour à la fois leur inclusion dans la compilation susmentionnée, mais également pour les signer, n'ayant cependant aucun contrat en tant que tel à leur proposer, Daniel s'en expliquant par le fait que « Je ne voyais pas pourquoi on aurait dû avoir un contrat. Je pensais que si tu étais juste envers un artiste - si tu le payes - et que tu lui donnes de la liberté, [et] que tu fais de ton mieux pour promouvoir ses disques, [alors] pourquoi voudrais-tu un contrat, [pourquoi] mêler les avocats ? Ça semblait tout simplement impur, dans un sens »[12].

Par la suite, Depeche Mode cherche un autre label, envoyant leur cassette démo directement aux maisons de disques, mais se firent refuser plusieurs fois, Dave Gahan affirmant même que jusqu'à 12 labels différents les auraient refusés avant que le label Rough Trade Records ne s'intéresse à leur travail. Cependant, bien que Rough Trade appréciait la cassette, Depeche Mode n'était pas le genre de groupe qu'ils voulaient, mais les ont redirigé vers Daniel Miller[19], qui venait de lancer son propre label, Mute Records. Le groupe fait écouter leur démo à Daniel, qui se montre très virulent à l'égard du groupe. Il s'en expliquera toutefois en disant que « [Ce jour-là], j'avais des problèmes techniques avec une pochette de Fad Gadget. J'ai regardé [Composition of Sound] et je me suis dit : "Je n'ai pas besoin d'écouter ça là, tout de suite", et je suis allé faire ce que j'avais à faire »[7].

Le , Depeche Mode se produit au Bridge House sous leur nouveau nom, et dans le public, Miller est présent, ignorant d'abord qu'il s'agit du groupe qu'il avait rejeté. Il dira de la prestation que « Fad Gadget venait de finir la balance et, normalement, j'aurais dû partir avec eux, mais pour une raison ou une autre, je suis resté en arrière et j'ai regardé ce groupe qui avait l’air d'une bande de Nouveaux Romantiques bizarres. Je détestais les Nouveaux Romantiques, mais ce qui sortait des enceintes était incroyable. Je me suis dit : "Bon, tout le monde commence par une bonne chanson...” Mais c’était de mieux en mieux »[20]. Dave Gahan dira que le groupe a rejoint Mute après qu'il leur ait offert une proposition 50/50, que Gahan décrit comme « nous devions payer la moitié de nos factures, mais nous avions la moitié des bénéfices »[11], bien que Gore clarifiera en 1989 que le groupe avait en fait 75% des bénéfices en Europe, en raison de contrats de sorties[21].

Le groupe avait reçu des offres d'autres grands labels comme CBS Records, Island Records et Phonogram, mais les ont toutes refusés après avoir réalisé que, selon Gahan, les labels « ne se souciaient pas des disques ou des trucs comme ça, ils voulaient juste ajouter notre nom à leur liste »[11]. En 1987, le groupe se souvint de leur choix d'être allé avec Mute plutôt qu'un grand label, car « c'était plutôt tentant [de rejoindre un des grands labels]. En y repensant, je ne peux pas imaginer pourquoi on n'est pas allé avec eux, c'était juste un coup de chance qu'on n'y soit pas allé. Je veux dire, imaginez-vous quatre garçons de 18 ans sans un sou à qui on offre des sommes de 200 000£ ? Mais c'était la meilleure décision qu'on ait pu prendre...On nous a donné toute la liberté qu'on voulait en étant chez Mute. On n'est pas poussé par une direction en particulier, et Daniel [Miller] n'est pas comme un patron de label, il vient dans le studio et nous aide. Il est plus comme un ami »[22].

Gahan dira aussi en 1981 qu'ils essayaient à tout prix d'éviter les labels offrant des avances, car ils devraient ensuite rembourser cet argent[23]. Fletcher clarifiera cela en disant que « Nous avons opté pour un partage des bénéfices et un pourcentage sur les ventes ; il était impossible qu'un grand label nous propose un tel contrat que celui avec Mute. Nous avons dû nous débrouiller sans beaucoup d'argent les deux premières années car nous n'avions pas d'avance importante »[22].

Production

Enregistrement

Selon Daniel Miller, co-producteur de Speak & Spell avec le groupe, l'album est une collection de chansons que Depeche Mode jouait en concert durant l'année précédente, plus des chansons nouvelles, bien que certaines chansons de concert n'aient pas été incluses sur l'album[24]. Parmi celles-ci, on retrouve Television Set, co-écrite par Martin Gore et un ami du groupe, qui ne l'a probablement pas enregistrée pour éviter de devoir payer des royalties au co-auteur[25]. Vince Clarke a écrit la majorité des chansons enregistrées de l'album, tandis que Gore a écrit deux des chansons[24]. Gahan se souvient que, bien qu'étant un groupe de synthétiseur, ils les utilisaient traditionnellement, avec une ligne principale, une ligne de basse et une ligne rythmique[6]. Miller amène durant l'enregistrement un synthétiseur et séquenceur analogique ARP 2600, qui avait comme particularité de programmer les notes au lieu de les jouer en direct[20], mais l'album sera tout de même enregistré en direct avec de légers réenregistrements, Miller justifiant cela par le fait que « Je voulais capturer du mieux que je pouvais l'atmosphère et les sentiments des chansons de la même façon que je les avais entendues en concert. Juste avoir un bon son de pop électronique qui n'était pas une copie de quelque chose d'autre »[13].

Clarke était le seul membre du groupe au chômage à l'époque, donc lui et Miller travaillaient sur l'album le jour, et les autres membres arrivaient plus tard, lorsqu'ils avaient fini le travail[26]. Vince était par ailleurs le seul membre du groupe intéressé dans la partie production de l'enregistrement. Miller se souvient que Gore et Fletcher avaient l'habitude de s'amuser dans le studio, tandis que Clarke et Miller travaillaient pour assembler les chansons ensemble, ce qui convenait à Clarke qui « n'était pas sans avoir des tendances à tout contrôler »[27]. Fletcher dira que « [Clarke] voulait toujours en faire beaucoup dans le studio, et avec les autres, on se sentait restreints », notant qu'il était souvent dérangeant pour eux de s'opposer à Clarke dans le studio[28]. Miller et le groupe ont testé le mix final de l'album en le pressant sur une cassette et en le jouant dans la voiture de l'ingénieur du son Eric Radcliffe, se disant que si l'album sonnait bien dans une voiture, il sonnerait bien sur n'importe quelle système haute-fidélité[13].

Paroles

Au niveau des paroles, Clarke ne se souciait pas du sens de ses chansons, disant que « Il n'y avait pas de message du tout dans mes chansons - rien ! »[29]. Il a plus tard élaboré en disant « J'aime le son des mots et la façon dont les mots vont ensemble et riment - des trucs comme ça. Ou la façon dont ils sonnent venant de ma bouche. Le son des mots plutôt que le sens des mots. Par exemple, quand j'écris une phrase ou quelque chose, je pense à si ça va être facile de la chanter, de l'insérer dans la mélodie...Je ne peux pas écrire comme Simon et Garfunkel. Je rêverai de pouvoir parfois, mais je ne peux pas, donc quand j'écris des paroles, j'utilise juste les mots comme des mots. Je n'écris pas vraiment à propos de quoi que ce soit »[30]. Gore dira en interview que les paroles sont bizarres car « elles n'ont aucun sens. Il [Clarke] cherche une mélodie, puis trouve des mots qui riment »[29].

Titre

Le titre de l'album, qui emprunte le nom du jouet éducatif Speak & Spell (connu en France sous le nom de La Dictée magique[31]), a été suggéré au groupe par Daniel Miller, après que le jouet soit devenu récemment disponible au Royaume-Uni[32]. Le nom a été gardé car il indiquait que Depeche Mode était « un groupe faisant ses premiers pas », un clin d'œil au public cible du jouet, les enfants[26].

Couverture de l'album

La couverture de l'album, une photo « déroutante » d'un cygne enveloppé dans du plastique, a été designé par Brian Griffin, et lui a rapporté un salaire « outrageusement gonflé » de 1000 £[32] (environ 3 900 £ d'aujourd'hui[33], soit 4 485 €). Le groupe s'était mis d'accord pour ne pas se montrer sur leurs couvertures d'albums, afin que la qualité de ces dernières reflètent leur sérieux en tant que musiciens[34]. Griffin signa ensuite toutes les pochettes d'albums de Depeche Mode jusqu'à Some Great Reward en 1984.

Sortie et promotion

En , la relation du groupe avec Stevo Pearce du projet Some Bizarre est devenue plus amère. Ils ont été annoncés, mais pas invités, à jouer dans un concert Some Bizarre. Selon Gahan, « Nous n'avons pas joué à la soirée Bizarre ici au Lyceum. On n'a même jamais été approché pour y jouer. C'est seulement quand on y a été annoncé qu'on en a su quelque chose. Nous n'avions aucune intention de le faire ». Clarke a suggéré qu'une partie de la raison était le nom, disant « Nous ne sommes pas bizarre. C'est tout ce truc à propos d'être un groupe futuriste et toute cette merde. Il n'y a pas vraiment de scène futuriste, n'est-ce pas ? C'est seulement un nom »[35].

Le , le groupe a eu leur première séance photo ensemble, faite par une connaissance qui était un de leurs premiers fans, et faite à Basildon[36].

En juillet, Depeche Mode est apparu dans un segment de l'émission télévisée Twentieth Century Box au Royaume-Uni durant la London Weekend Television[37], et le 25 du même mois, le groupe a performé leur premier concert en dehors de l'Angleterre au Parkpop Festival à La Haye, aux Pays-Bas[12].

Durant la fin du mois d'août et au début du mois de septembre, le groupe a performé durant la Rock Week de l'Institute of Contemporary Arts avec The Chefs et Tarzan 5, gagnant une bonne critique dans une review du magazine NME disant que « Les Depeche [Mode] sont dansants, électrisants, sincères, attachants, jeunes, rayonnants et doux. Ils ont plus d'assurance que de pose, et ils sont fiers de plaire à tous »[38]. La critique était accompagnée d'une photographie du groupe prise par Anton Corbijn, qui a aidé à définir le style du groupe à la fin des années 1980 et ensuite, bien que la photo prise ce jour-là ait dérangé Gahan, qui était le seul du groupe en dehors du focus de la caméra[12]. Le second single de l'album, et le troisième du groupe en général, Just Can't Get Enough, est sorti en et a valu au groupe une autre invitation à jouer dans TOTP après que le single se soit classé 8ème dans les charts anglais[39].

Dans le même temps, Daniel Miller est entré en négociations avec Sire Records pour sortir l'album aux Etats-Unis. Seymour Stein, le patron du label, a assisté à un des premiers concerts de Depeche Mode et a été enthousiasmé par leur présence sur scène, disant que « Depeche Mode était un de ces [premiers] groupes [de synthés] qui étaient si putain de bons en concert, c'était juste incroyable »[6].

Le numéro d'octobre du magazine Flexipop comportait un insert avec la chanson I Sometimes Wish I Was Dead comme un outil promotionnel pour la sortie prochaine de l'album[39]. Les pré-commandes de l'album ont atteint 80 000[40] à 100 000 exemplaires 9 jours avant que l'album ne sorte[39]. Mute Records a sorti Speak & Spell au Royaume-Uni le avec comme numéro de catalogue STUMM5[note 4], par Intercord Records en Allemagne de l'Ouest et sur Dischi Ricordi en Italie avec le numéro de catalogue MUT10384. Aux Etats-Unis, l'album est sorti le , sur Sire Records, avec comme numéro de catalogue SRK 3642. Le pressage original anglais de l'album incluait la piste I Sometimes Wish I Was Dead, que les sorties internationales ont remplacées par le premier single de Depeche Mode, Dreaming of Me. Les pressages initiaux sur la sortie Intercord, sous le numéro INT 146.801, possédaient des patchs Iron-on et la couverture de dos incluait une photo des membres du groupe. A noter que les premiers pressages en Yougoslavie n'avaient pas I Sometimes Wish I Was Dead aussi, mais seulement en raison d'une erreur, et ces copies sont plus tard devenues des objets de collection[41].

Plusieurs pays ont également sortis des disques promotionnels des chansons de Speak & Spell : En Allemagne de l'Ouest, Intercord Records a inclus New Life sur leur compilation de 1982 Wave News[42]. Big Muff et Just Can't Get Enough ont quant à eux eu droit à des sorties en single aux Etats-Unis grâce à Sire Records[41]. Au Canada, Warner Music Group a sorti Dreaming of Me en single avec Any Second Now (voices) en face B, ainsi que Just can't get enough et Tora! Tora! Tora! comme face B en . Toujours au Canada, Dreaming of Me est apparu sur le sixième volume de la série de compilations promotionnelles de Warner WEA Sampler sortie au début de l'année 1982 avec comme numéro de catalogue SAM 6[43]. Au Japon, Warner-Pioneer a sorti Just Can't Get Enough sur un single promotionnel avec le numéro de catalogue P-1662[41].

Tournée et départ de Vince Clarke

Afin de faire la promotion de l'album, le groupe a accordé des interviews à plusieurs magazines britanniques et européens, notamment Smash Hits et le Daily Star. Une interview accordée à ce dernier s'est d'ailleurs mal passée pour Clarke, qui a été mal cité, ce qui provoqua une rupture entre lui et le reste du groupe, qui continua les interviews sans se soucier de savoir comment la presse couvrait (ou déformait) leur actualité[44]. Dans une interview à la fin du mois d'octobre, par Record Mirror, le journaliste nota l'absence de Clarke, affirmant que celle-ci était « flagrante...Il en veut encore au piège évident dans lequel il est tombé lors de son interview avec le sensationnaliste Daily Star. Et il ne parlera plus à la presse. Cela remonte à quelque temps déjà et ses collègues estiment qu'il est temps qu'il se ressaisisse »[45]. Lorsqu’un journaliste de Melody Maker réussit à interroger le musicien en novembre, celui-ci se montra réticent, ce qui amena le journaliste à déclarer : « [Clarke] semble moins intéressé par le fait de parler de musique que par le fait de la faire »[46]. Au moment où la partie européenne de la tournée Speak & Spell allait débuter, Clarke et le reste du groupe se parlaient à peine[44]. Le fossé entre les deux parties était tel que Gore, Gahan et Fletcher se sont souvenus plus tard qu’à un moment donné, Clarke leur avait apporté des démos de nouvelles chansons qu’il voulait enregistrer et qu’ils avaient rejetées[47]. En interne, le groupe fonctionnait démocratiquement et partageait les bénéfices en parts égales entre tous les membres[48]. Ainsi, lorsque l'album sort en octobre, Clarke manifeste l'envie de quitter le groupe[24].

Histoire générale

Cet album se caractérise par des mélodies tantôt entraînantes, tantôt expérimentales, et un son synthpop marqué par l'utilisation exclusive de synthétiseurs. Dans son livre Techno rebelle, un siècle de musiques électroniques (2002), Ariel Kyrou écrit à ce propos : « Plus de basse. Plus de guitare. Plus de batterie. Juste synthé, boîte à rythme et belle voix pop[49] ». Ce premier album a également un ton plus enjoué qu'à l'habitude, dû notamment à la présence de Vince Clarke.

Peu après la parution de cet album et la tournée qui suivit, Vince Clarke quitte Depeche Mode pour fonder successivement les groupes Yazoo, The Assembly, puis Erasure[50] ; ce qui fait de Speak and Spell le seul album de Depeche Mode à contenir des chansons écrites par lui.

NME, reprenant une blague du groupe, écrira à ce sujet le que « Depeche Mode sortira leur album 'Speak And Spell' sur Mute Records à un moment donné le mois prochain. Ils ne peuvent pas donner de date précise car, comme ils disent, ils attendent que leur astrologue leur donne conseil pour le moment le plus favorable pour la sortie »[51].

Liste des morceaux

Sorties originales en LP (1981) et CD (1984) au Royaume-Uni et en Europe

Toutes les chansons sont écrites par Vince Clarke, sauf Tora! Tora! Tora! et Big Muff qui sont de Martin Gore. Tous les vocaux principaux ont été chantés par Dave Gahan, sauf exceptions notées.

La chanson Dreaming of Me remplace I Sometimes Wish I Was Dead dans l'édition allemande du disque.

Face A
NoTitreDurée
1.New Life3:43
2.I Sometimes Wish I Was Dead2:16
3.Puppets3:55
4.Boys Say Go!3:03
5.Nodisco4:11
6.What's Your Name?2:41
Face B
NoTitreVocaux principauxDurée
7.Photographic4:44
8.Tora! Tora! Tora!4:34
9.Big MuffInstrumental4:20
10.Any Second Now (Voices)Martin Gore2:35
11.Just Can't Get Enough3:40
39:42
Pistes bonus sur la ressortie en CD de 1988
NoTitreDurée
12.Dreaming of Me (cold end version)4:03
13.Ice Machine (cold end version)4:05
14.Shout!3:46
15.Any Second Now3:08
16.Just Can't Get Enough (Schizo mix)6:41
61:25

Sorties originales en LP (1981) et CD (1987) aux Etats-Unis

NoTitreDurée
1.New Life (remix)3:56
2.Puppets3:57
3.Dreaming of Me (fade out version)3:42
4.Boys Say Go!3:04
5.Nodisco4:13
6.What's Your Name?2:41
7.Photographic4:58
8.Tora! Tora! Tora!4:24
9.Big Muff4:21
10.Any Second Now (Voices)2:33
11.Just Can't Get Enough (Schizo mix)6:41
44:30

Réédition collector CD + DVD de 2006

  • Le disque 1 est un CD/SACD hybride avec une couche multi-chaines SACD.
  • Le disque 2 est un DVD qui inclut Speak & Spell en DTS 5.1, Dolby Digital 5.1 et PCM Stereo avec des bonus.
  • Depeche Mode: 1980-81 (Do We Really Have to Give Up Our Day Jobs?) est un documentaire vidéo.
Disque 1 (CD)
NoTitreDurée
1.New Life3:46
2.I Sometimes Wish I Was Dead2:18
3.Puppets3:56
4.Boys Say Go!3:08
5.Nodisco4:15
6.What's Your Name?2:45
7.Photographic4:43
8.Tora! Tora! Tora!4:38
9.Big Muff4:24
10.Any Second Now (Voices)2:35
11.Just Can't Get Enough3:44
12.Dreaming of Me (cold end version)4:03
Disque 2 (DVD) : DTS 5.1, Dolby Digital 5.1, PCM Stereo
NoTitreDurée
1.Depeche Mode: 1980-81 (Do We Really Have to Give Up Our Day Jobs?)28:24
2.New Life3:46
3.I Sometimes Wish I Was Dead2:18
4.Puppets3:56
5.Boys Say Go!3:08
6.Nodisco4:15
7.What's Your Name?2:45
8.Photographic4:43
9.Tora! Tora! Tora!4:38
10.Big Muff4:24
11.Any Second Now (Voices)2:35
12.Just Can't Get Enough3:44
13.Dreaming of Me (cold end version)4:03
Disque 2 (DVD), pistes bonus : PCM Stereo
NoTitreDurée
14.Ice Machine (cold end version)4:05
15.Shout!3:46
16.Any Second Now3:08
17.Just Can't Get Enough (Schizo mix)6:44

Singles

  • Dreaming Of Me / Ice Machine ()
  • New Life / Shout ()
  • Just Can't Get Enough / Any Second Now (). Cette version d'Any Second Now est instrumentale.

Crédits

Crédits tirés des notes de pochette de Speak & Spell[24].

Classements et certifications

Classements hebdomadaires de 1981-1982
Classement (1981-1982) Meilleure
position
Drapeau de l'Australie Australie (Kent Music Report)[52] 28
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (Media Control Charts)[53] 49
Drapeau de l'Espagne Espagne (AFYVE)[54] 26
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Nouvelle-Zélande (RIANZ)[55] 45
Drapeau de la Suède Suède (Sverigetopplistan)[56] 21
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[18] 10
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Independant Albums)[18] 1
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[3] 10
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard Pop Albums)[57] 192
Classements de fin d'année
Classement (1982) Position
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (BMRB)[58] 77
Classements hebdomadaires de 2006
Classement (2006) Meilleure position
Drapeau de l'Italie Italie (FIMI)[59] 99
Certifications
Pays Certification Ventes certifiées
Drapeau de l'Allemagne Allemagne (BVMI)[60] Disque d'or Or 250 000
Drapeau de la Suède Suède (GLF)[61] Disque d'or Or 50 000
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (BPI)[62] Disque d'or Or 100 000



Notes

  1. Les sources divergent sur la date exacte de sortie de l'album. Différentes publications indiquent la date officielle comme étant le 29 octobre, mais le propre site de Depeche Mode indique le 5 octobre.
  2. Le commentaire présage de la façon dont Alan Wilder serait inclus dans le groupe moins de six mois plus tard.
  3. Photographic a été ré-enregistrée pour Speak & Spell, et la version Some Bizzare de la chanson n'apparaîtrait plus nulle part avant la ressortie en 1988 de The Singles 81-85.
  4. Comme le premier album sur le label de Miller était un groupe allemand, il utilisait stumm, allemand pour 'mute', comme base pour les numéros de catalogue.

Références

  1. (en) Ned Raggett, « Depeche Mode – Speak & Spell », sur AllMusic (consulté le )
  2. (en) Nitsuh Abebe, « Depeche Mode: Speak & Spell », sur Pitchfork, (consulté le )
  3. (en) Official Albums Chart Top 100. UK Albums Chart. The Official Charts Company.
  4. « The Colin Larkin/Virgin 1000 Y2K » [archive du ], sur www.rocklistmusic.co.uk (consulté le )
  5. Ian Gittins (trad. Louise Courtin), Depeche Mode : Foi et dévotion, Paris, Place Des Victoires, , 240 p., p. 16
  6. [vidéo] « Depeche Mode: 1980-1981 Speak & Spell Documentary - “Do we really have to give up our day jobs?“ », zombi, , 28:25 min (consulté le )
  7. Ian Gittins (trad. Louise Courtin), Depeche Mode : Foi et dévotion, Paris, Place Des Victoires, , 240 p., p. 32
  8. (en) Dennis Burmeister et Sascha Lange, Depeche Mode: Monument, New York, Akashic Books, , 435 p., p. 10-15
  9. (en-US) « Depeche Mode - Angels With Shining Faces (Record Mirror, 1981) », sur dmremix.pro, (consulté le )
  10. (en) Dennis Burmeister et Sascha Lange, Depeche Mode: Monument, New York, Akashic Books, , 435 p., p. 420
  11. (en) Dave Thomas, Depeche Mode, Londres, Bobcat Books,
  12. Stripped: The True Story of Depeche Mode (trad. Anne-Spooky), Londres, Omnibus Press, (lire en ligne)
  13. (en) Dennis Burmeister et Sascha Lange, Depeche Mode: Monument, New York, Akashic Books, , 435 p., p. 16-23
  14. [vidéo] « Depeche Mode 2006-04-29 Indio, Coachella Music Festival - JAM/Slickmode Master Collection », Ryan J, , 97:31 min (consulté le )
  15. (en) Daniel Barassi, « Depeche Mode: The Archives », sur Depeche Mode: The Archives (consulté le )
  16. (en) Daniel Barassi, « Depeche Mode: The Archives », sur Depeche Mode: The Archives (consulté le )
  17. [vidéo] « Depeche Mode - 1981-07-16 - NEW LIFE (Top of the Pops BBC) », DEPECHE MODE Far East Community, , 3:18 min (consulté le )
  18. (en) « Official Singles Chart on 2/8/1981 » [archive du ], sur Official Charts (consulté le )
  19. Ian Gittins (trad. Louise Courtin), Depeche Mode : Foi et dévotion, Paris, Place Des Victoires, , 240 p., p. 24-25
  20. Ian Gittins (trad. Louise Courtin), Depeche Mode : Foi et dévotion, Paris, Place Des Victoires, , 240 p., p. 34
  21. (en-US) « Depeche Mode - The Unlikely Lads (Q, 1989) », sur dmremix.pro, (consulté le )
  22. « Depeche Mode Press File », sur tiptopwebsite.com (consulté le )
  23. (en-US) « Dave Gahan - Basildon Band! (My Guy, 1981) », sur dmremix.pro, (consulté le )
  24. (en) Depeche Mode, Speak & Spell (notes de pochette), Mute Records,
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Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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