Stéphane Nomis

Stéphane Nomis, né le à Versailles (Yvelines), est un judoka français de haut niveau, entrepreneur et dirigeant sportif. Membre de l'équipe de France de judo de 1990 à 1999, il fonde en 2002 Ippon Technologies, cabinet de conseil en transformation numérique aujourd'hui présent dans 14 pays.

Élu en à la tête de la Fédération française de judo (FFJUDO) — et réélu en 2024 avec 67,48 % des suffrages —, il siège également au Comité national olympique et sportif français (CNOSF) en qualité de co-président de la commission olympique, ainsi qu'au Comité exécutif de la Fédération Internationale de Judo (FIJ). Chevalier de la Légion d'honneur depuis 2024, il est l'une des personnalités les plus influentes du mouvement sportif français.

Stéphane Nomis
Image illustrative de l’article Stéphane Nomis
Stéphane Nomis
Contexte général
Sport pratiqué Judo
Biographie
Nationalité sportive Drapeau de la France France
Naissance
Lieu de naissance Versailles
Taille 184 cm
Poids catégorie -81 kg
Palmarès
Championnats d'Europe 0 3 0
Championnats de France 1re division 0 3 0

Biographie

Deuxième d'une fratrie de quatre enfants, Stéphane Nomis grandit à Grigny, dans le quartier de la Grande Borne, élevé par une mère célibataire, femme de ménage. À 7 ans, il découvre le judo — un sport qui devient pour lui à la fois une passion, une discipline de vie et un levier d'émancipation. En 1988, il intègre l'INSEP et s'engage pleinement dans la voie de la haute performance.

Carrière sportive

De 1990 à 1999, Stéphane Nomis est pensionnaire de l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (INSEP) et membre de l'équipe de France de judo, sous la direction de René Rambier. Il évolue dans la catégorie des moins de 86 kg, avant de descendre en moins de 81 kg en 1998.

Il participe aux Championnats d'Europe 1997 à Oostende (Belgique) en −86 kg, puis aux Championnats d'Europe 1998 à Oviedo (Espagne) en −81 kg, qualification obtenue notamment grâce à sa médaille de bronze au Grand Slam de Paris. Au total, il monte à trois reprises sur le podium des Championnats de France avant de mettre un terme à sa carrière en 1999[1].

Il poursuit depuis lors la transmission des valeurs fondamentales du judo — discipline, respect, humilité, persévérance — dans l'ensemble de ses engagements sportifs et institutionnels.

Clubs

Carrière d'entrepreneur

Ippon Technologies (2002 – présent)

Stéphane Nomis au siège Ippon Technologies Paris

En 1999, après sa carrière sportive, Stéphane Nomis se forme à l'informatique et débute comme administrateur réseaux chez Microsoft, avant de rejoindre une start-up en tant que commercial. Fort de cette double expérience, il fonde en 2002 Ippon Technologies, entreprise de services en ingénierie informatique et conseil en transformation numérique[2].

Appliquant à l'entreprise les réflexes forgés dans le sport de haut niveau — performance, adaptabilité, esprit d'équipe —, il développe progressivement une structure internationale. Ippon Technologies, compte aujourd'hui 14 agences à travers le monde et plus de 500 consultants spécialisés (architectes, UX Designers, Scrum Masters, Product Owners, Ingénieurs Cloud & Devops).

Autres projets entrepreneuriaux

En 2008, il cofonde la franchise Supinfo Maroc à Casablanca, puis ouvre un second campus à Rabat[3] l'année suivante, avec l'ambition de former à terme 3 000 étudiants par an sur le continent africain. Les deux campus accueillent 500 élèves par an. En 2012, il confie la gestion des campus à son associé pour se consacrer à d'autres initiatives.

En 2013, il investit dans La Nouvelle Seine [4], salle de spectacle-restaurant sur péniche à Paris.

Engagement dans le judo

Présidence de FLAM 91 (2012 - 2020)

En 2012, Stéphane Nomis prend la présidence de l'AJ91LM, rebaptisé FLAM 91, club où il avait lui-même pratiqué entre 1991 et 1994[5].

À son arrivée, le club est classé 10e club français. S'appuyant sur son parcours sportif et son expérience entrepreneuriale, il engage une transformation en profondeur : professionnalisation des athlètes, recherche de partenaires publics et privés, montée en puissance de la communication[6].

Dès 2013, FLAM 91 progresse au classement national et devient le 3e club de France ainsi que le 1er club chez les juniors[7],[8].

Président de la Fédération française de judo (2020 – présent)

En 2020, Stéphane Nomis se porte candidat à la présidence de la Fédération française de judo face au président sortant Jean-Luc Rougé[9].

Le , il est élu avec 59,99 % des suffrages[10],[11], conduisant une liste entièrement paritaire — une première dans l'histoire de la fédération.

Son élection intervient dans un contexte particulièrement difficile : la pandémie de Covid-19 contraint à la fermeture des clubs et fragilise économiquement la fédération[12],[13]. Des rapports de la Cour des comptes et du ministère des Sports révèlent parallèlement des difficultés de gestion héritées de la précédente gouvernance[14],[15],[16].

Durant sa campagne, il rencontre les représentants de plus de 90 comités en métropole et en outre-mer. Son programme s'articule autour de la lutte contre les violences dans le sport, le développement des licences, le soutien au haut niveau, l'amélioration de la gouvernance, la création d'une Judo Pro League et le lancement du projet « 1000 Dojos »[17].

Le , il est réélu avec 67,48 % des voix face à Frank Opitz[18]. Son second mandat est axé sur le développement de la Judo Pro League, la poursuite et l'internationalisation des 1000 Dojos, la diversification des ressources financières et la transformation numérique de la fédération et des clubs[18].

La France aux Jeux Olympiques

Équipe de France de judo aux Jeux Olympiques Paris 2024

Sous la présidence de Stéphane Nomis, l'équipe de France de judo réalise deux performances historiques consécutives lors des épreuves par équipes mixtes aux Jeux Olympiques.

Le à Tokyo, la France remporte la toute première épreuve olympique de judo par équipes mixtes de l'histoire, en dominant le Japon 4 à 1 à domicile[19]. L'équipe est composée de Teddy Riner, Clarisse Agbégnénou, Romane Dicko, Sarah-Léonie Cysique, Axel Clerget et Guillaume Chaine[19]. Avec 8 médailles au total, le judo tricolore établit son record sur une édition des Jeux[20].

Le , à Paris, les judokas français conservent leur titre olympique dans l'épreuve par équipes mixtes en battant à nouveau le Japon, cette fois dans une finale au scénario renversant (4-3), après avoir été menés 3-1[21].Avec 10 médailles au total, le judo termine ces JO comme le meilleur pourvoyeur de médailles françaises, un record toutes éditions olympiques confondues[22].

Membre du Comité exécutif de la FIJ et du CNOSF

Son élection en juin 2025 à la présidence de la FFJUDO s'accompagne de responsabilités au plus haut niveau de la gouvernance sportive internationale et nationale: membre du Comité exécutif de la Fédération Internationale de Judo (FIJ)[23],[24] et co-président de la commission olympique du CNOSF[25], il contribue activement aux grandes orientations du judo mondial et du sport français.

Projet « 1000 Dojos »

Inauguration du deuxième Dojo solidaire à Clichy-sous-Bois en présence du Président de la République Emmanuel Macron

En juillet 2021, lors des Jeux Olympiques de Tokyo, Stéphane Nomis présente au président de la République Emmanuel Macron un projet visant à créer 1 000 dojos sur le territoire national[26]. Intégré en au plan gouvernemental « 5 000 équipements sportifs de proximité »[27], le programme prévoit l'implantation d'espaces socio-éducatifs dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV)[28], articulés autour de quatre axes :

  • Pratique régulière du judo et des disciplines associées ;
  • Actions de renforcement du lien social ;
  • Accompagnement éducatif (aide aux devoirs, activités pendant les vacances)[29];
  • Lutte contre la fracture numérique.

Stéphane Nomis qualifie ce programme de « projet de [sa] vie »[30]. En , lors du Paris Grand Slam 2025, le Projet 1000 Dojos est récompensé aux IJF Awards de la Fédération Internationale de Judo dans la catégorie Judo pour les Enfants[31].

Carton rouge à Bercy

Mouvement Carton rouge à Bercy

En , à la suite de l'annonce d'une réduction de plus de 40 % du budget public alloué au sport, Stéphane Nomis lance le mouvement « Carton Rouge à Bercy »[32], rapidement rejoint par les fédérations de rugby, badminton, natation et aviron[33]. Le mouvement alerte l'opinion publique et les pouvoirs publics sur les risques que ces coupes font peser sur le fonctionnement des clubs, l'accès à la pratique sportive et le développement du haut niveau[34]— dans le prolongement direct de l'héritage des Jeux de Paris 2024.

Engagements sociaux et philanthropiques

Fondation Ippon (2016)

Fondation Ippon X Fondation Didier Drogba à Abidjan

Créée en 2016, la Fondation Ippon a pour mission de réduire la fracture numérique en France et en Afrique. Son action est concrète : équiper des établissements scolaires en matériel informatique (ordinateurs, électricité, internet) et former les enseignants pour un usage pérenne des outils.

Dès 2018, douze classes sont déployées dans plusieurs pays africains — Cameroun, Togo, Sénégal — grâce à l'engagement direct des ingénieurs d'Ippon Technologies. Le footballeur Didier Drogba en devient vice-président[35]. Pendant la pandémie de Covid-19, la Fondation distribue 100 ordinateurs configurés aux enfants de Grigny[36], ville où Stéphane Nomis a grandi. D'autres initiatives sont menées à Bordeaux et en Île-de-France[37].

Pacte de performance

Stéphane Nomis aux côtés de Kévin Mayer et Marie-Amélie Le Fur

En 2014, Ippon Technologies rejoint le Pacte de Performance, dispositif lancé par le secrétaire d'État aux Sports Thierry Braillard, permettant aux entreprises d'accompagner des sportifs de haut niveau via des contrats d'image ou des aménagements professionnels adaptés à la préparation olympique.

En 2016, Stéphane Nomis est élu président de l'association Athlètes & Partenaires, qui fédère l'ensemble des entreprises engagées dans le dispositif. Aux côtés de champions comme Kévin Mayer et Marie-Amélie Le Fur, il contribue à structurer un modèle de coopération vertueux entre monde économique et sport de haut niveau[38].

Distinctions

Stéphane Nomis décoré de la légion d’honneur au grade de Chevalier par le Président de la République, Emmanuel Macron à l’Élysée - Le 23 Janvier 2024

2023 : Chevalier de la Légion d'honneur[39], décoré le au palais de l'Élysée par le président de la République Emmanuel Macron, en reconnaissance de son engagement au service du sport français et de l'intérêt général

Palmarès

1993

  • 1er Championnats de France 2e Division - 86 kg
  • 1er Championnats de Universitaire 1re Division - 86 kg

1994

  • 2e World Cup de Birmingham (Angleterre), - 86 kg
  • 1er Tournoi de Vizé (Belgique), -86 kg

1995

  • 2e Championnats de France 1re Division, - 86 kg

1996

  • 2e Champion d'Europe par équipe de club (Paris Judo)
  • 1re World Cup de Bâle (Suisse), - 86 kg
  • 2e Championnats de France 1re Division, - 86 kg

1997

  • 2e Champion d'Europe par équipe club de (PSG)
  • 5e Championnat d'Europe (Oostend, Belgique), - 86 kg
  • 2e Grand Chelem de Munich (Allemagne), -86 kg
  • 1re Jeux de la Francophonie (Madagascar), - 86 kg[40]
  • 2e Jeux Méditerranéens (Bari, Italie), - 86 kg
  • 5e Tournoi de Rome (Italie), - 86 kg
  • 2e World Masters (Munich, Allemagne), −86 kg
  • 3e World Cup de Leonding (Autriche), - 86 kg
  • 2e Championnats de France 1re Division, - 81 kg

1998

  • 2e Championnat d'Europe par équipe de Nation (France)
  • 3e Grand Chelem de Paris (France), -81 kg
  • 1re World Cup de Varsovie (Pologne), - 81 kg
  • 2e Grand Chelem de Munich (Allemagne), -86 kg
  • 7e Championnat d'Europe (Oviedo, Espagne), - 81 kg

Références

  1. « Stéphane Nomis, Président de la Fédération Français de Judo, Président-Fondateur d'Ippon Technologies », sur Ausha (consulté le )
  2. « Reconversion: il enfile le costard comme un kimono », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  3. « Supinfo : des franchisés trop affranchis ? », sur letudiant.fr, (consulté le )
  4. « Et vogue la Nouvelle Seine », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. « Élection FFJDA : le méconnu Stéphane Nomis se lance à l'assaut »
  6. « L'ambition selon Nomis », sur Le Parisien, (consulté le ).
  7. « Judo - Article - Le Flam 91 prend sa revanche », sur alljudo.net, (consulté le )
  8. « Judo - Article - France juniors, les favoris au rendez-vous », sur alljudo.net, (consulté le )
  9. « Stéphane Nomis présentera une liste », sur alljudo.net, (consulté le ).
  10. ÉLECTIONS FFJDA 2020-2024 : LES RÉSULTATS, sur ffjudo.com, (consulté le ).
  11. Stéphane Nomis élu président de la Fédération française, Jean-Luc Rougé battu, sur L'Équipe, (consulté le ).
  12. « Jean-Luc Rougé défait, Stéphane Nomis nouveau président de la fédération », sur eurosport.fr avec AFP, (consulté le )
  13. « Judo: une élection en pleine tourmente », sur la-croix.com, (consulté le )
  14. « La Cour des Comptes et l'Igesr pointent du doigt la gestion de la FFJudo », sur lespritdujudo.com, (consulté le )
  15. « Judo. Subventions détournées, dettes, désintérêt : la gestion désastreuse de la Fédération française », sur ouest-france.fr, (consulté le )
  16. « Analyse sévère de la Cour des Comptes sur la gestion de la FFJudo », sur lespritdujudo.com, (consulté le )
  17. « Stéphane Nomis : « Refaire du judo l’élève modèle » » [vidéo], sur lespritdujudo.com, (consulté le )
  18. « Stéphane Nomis réélu à la tête de la Fédération française de judo », sur L'Équipe (consulté le )
  19. « Retour sur les Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo », sur www.sortiraparis.com (consulté le )
  20. « JO Tokyo : médaille assurée pour le judo par équipe. CNEWS », sur www.cnews.fr, (consulté le )
  21. « JO de Paris 2024. Judo par équipes mixtes : La France conserve son titre olympique à l'issue d'un scénario fou. Résultats »
  22. France Judo, « Paris 2024 : Ensemble dans l'histoire ! »
  23. Thomas Rouquette, « FIJ : M. Vizer réélu, S. Nomis entre au comité exécutif - L'Esprit du Judo », (consulté le )
  24. France Judo, « Stéphane NOMIS, Président de France Judo, élu au Comité exécutif de la Fédération Internationale de Judo »
  25. « Le CA du CNOSF poursuit la mise en place de sa gouvernance et fixe les priorités », sur CNOSF (consulté le )
  26. Pierrick Bastide, « Sylvain Havez : « Un héritage avec les 1 000 Dojos » », (consulté le )
  27. « Stades, skate parks... Emmanuel Macron promet 5.000 nouveaux équipements sportifs. CNEWS », sur www.cnews.fr, (consulté le )
  28. « 1000 DOJOS », (consulté le )
  29. « 1000 nouveaux dojos pour 2024. Ligue de Judo de Normandie », sur www.judonormandie.fr (consulté le )
  30. « Stéphane Nomis : « Les 1 000 dojos, c'est le projet de ma vie » », sur sportmag.fr, (consulté le )
  31. (en-GB) Szandra Szogedi, « IJF AWARDS », sur European Judo Union, (consulté le )
  32. France Judo, « Lettre ouverte au gouvernement : "Carton rouge à Bercy !" »
  33. « Les Français au soutien du budget des Sports d'après un sondage », sur L'Équipe (consulté le )
  34. Par Sandrine Lefèvre Le 27 janvier 2025 à 18h11, « « Les émotions, le vivre-ensemble, la santé » : grâce aux JO à Paris, un quart des Français s’est (re)mis au sport », sur leparisien.fr, (consulté le )
  35. « De l’Afrique à Grigny, le combat contre la fracture numérique de Stéphane Nomis », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  36. Par Gilles Tournoux Le 14 avril 2020 à 14h50, « Confinement : Stéphane Nomis, l’ex-judoka qui vient en aide aux enfants de Grigny », sur leparisien.fr, (consulté le )
  37. « Bordeaux : la fondation du judoka Stéphane Nomis distribue des ordinateurs à des collégiens défavorisés », sur SudOuest.fr, (consulté le )
  38. « Judo - Article - Stéphane Nomis, nouveau président de « Athlètes et Partenaires » », sur www.alljudo.net (consulté le )
  39. France Judo, « Stéphane Nomis, décoré de la Légion d'honneur par Emmanuel Macron »
  40. Site des jeux de la francophonie

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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