Stéphanie Kuder, née le à Munich et décédée en [Où ?], était une résistante française[1].
Biographie
Ses parents étaient le peintre René Kuder, qui travaillait en Alsace, et son épouse Mathilde Vollmair. Ils se marièrent en 1909[1]. Elle a une sœur cadette, Marie-France, née en 1919.
À partir d', Stéphanie Kuder travaille au secrétariat de la Faculté des Arts et Lettres de l'Université de Strasbourg.
En 1939, Stéphanie et sa sœur Marie-France, alors étudiante en pharmacie, ont suivi l’université de Strasbourg repliée, juste avant Noël, à Clermont-Ferrand. Elles font partie du groupe des « Gergoviotes »[2], réuni sur le plateau de Gergovie par les professeurs Gaston Zeller et Jean Lassus, qui organisent des fouilles archéologiques. Un lieu de vie est construit - la Maison des étudiants - et c'est René Kuder leur père, qui assure la décoration de la salle commune, en peignant une grande fresque colorée.
Engagement
Grâce à son emploi à l’université, Stéphanie a délivré de fausses cartes d’identité aux étudiants[1]. Elle devient membre du réseau de résistance français Réseau Mithridate, sous le nom de « Murat »[3].
Arrestation et déportation
Le , elle est arrêtée lors de la rafle de l'Université de Clermont. Sur la fiche créée par les SS, il est indiqué que son métier était « secrétaire »[1].
Avant sa déportation, Stéphanie Kuder fut d'abord emprisonnée à la caserne du 92e Régiment d'Infanterie, puis elle est emmenée au camp de Compiègne, avant d'arriver au camp de concentration de Ravensbrück le [4]. Après 4 mois passés là-bas, elle est conduite au camp de travail de Limmer à Hanovre le , où elle effectua des travaux forcés pour Continental AG, où elle fabrique des masques à gaz . Dans le camp, elle a été nommée chef de bloc pour l'un des deux blocs de prisonniers[1].
Stéphanie Kuder est décrite par ses codétenus comme étant toujours positive[1] :
Cécile Huk : « [...] camarade [et] femme d'exception [...] qui a défendu nos intérêts » et « en plus des qualités extérieures, elle a aussi des qualités intérieures »
S. Rohner : « [...] un très bon camarade ».
J. Lorge a souligné que Stéphanie Kuder, en tant qu’ancienne du bloc, était « de mèche » avec ses camarades.
Peu avant la fin de la guerre, au début du mois d', le camp de Limmer est évacué par les SS. Stéphanie Kuder et ses co-détenues sont donc conduites au camp de concentration de Bergen-Belsen. Elle fut libérée une semaine plus tard, le . L'officier des forces d'occupation britanniques, Derrick Sington, a rapporté dans son dernier livre The Gates Are Opening que Stéphanie Kuder « était membre du Comité international de 15 anciens prisonniers qui avait été formé à Bergen-Belsen après la libération »[1].
Le , Stéphanie Kuder rentre enfin en France. Elle prend alors la tête du Syndicat des étudiants de Strasbourg en tant que « Directrice du Comité des œuvres en faveur des étudiants de l'Université de Strasbourg[1] ».
Place Stéphanie Kuder à HanovreEn 2018, une rue nouvellement créée, sur le site de l'ancienne succursale de Continental AG à Hanovre, porte le nom de Stéphanie Kuder[1].
↑Gilles Lévy
Francis Cordet, A nous Auvergne, Presses de la Cité,
↑Titres, homologations et services pour faits de résistance, « Kuder Stéphanie », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, Mémoire des hommes (consulté le )
↑Ouvrage collectif, De l'Université aux Camps de Concentration : Témoignages Strasbourgeois, Presses Universitaires de Strasbourg,
« Kuder Stéphanie », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, Base des déportés-résistants - Mémoire des hommes (consulté le )
↑« Kuder Stéphanie », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr, Base des médaillés de la résistance - Mémoire des hommes (consulté le )
Voir aussi
Bibliographie
« Stéphanie Kuder (1910-1986) », dans Marion Dacko, Arnaud Pocris et Yann Deberge, Les Gergoviotes: des étudiants en résistance, Presses universitaires Blaise-Pascal, , 223 p. (ISBN978-2-38377-271-2), p. 79.